18 janvier 2020

Violences du seigneur de Charras

En 1646, dans le bourg de Charras, vivaient Jean de La Laurencie, seigneur de Charras, Bertrand son fils, sieur de Seguignas et Jean son petit-fils, sieur de Jumillac. Y vivait aussi Jean Autier, procureur au Présidial d'Angoulême. Le 17 juillet 1646, le sieur de Jumillac et deux de ses valets, armés d'arquebuses, entrèrent dans la cour et le jardin du procureur qu'ils finirent par rencontrer. Ce dernier, probablement en colère de voir qu'on pénétrait ainsi chez lui sans autorisation, ne salua pas le sieur de Jumillac, son seigneur, « lequel lui demanda s'il ne le connaissait pas et lui bailla un grand soufflet. Et incontinent, les deux valets mirent leurs armes en état de tirer »... Le procureur n'avait plus qu'à rentrer chez lui... Comme il s'en allait, le sieur de Jumillac lui cria « qu'il était aussi absolu dans Charras que le Roi était dans Paris ! »

Une trentaine d'années plus tard, le 13 août 1675, on se plaignit encore du sieur de Jumillac. Il avait donné des coups de bâton à Pierre Rivet, praticien, qui dut attendre plusieurs années pour obtenir réparation de cet outrage. « En effet, disait l'offensé dans sa plainte au Lieutenant-Criminel, que peut-on s'imaginer de plus injurieux et de plus outrageant que des coups de bâtons qui portent avec eux une flétrissure irréparable et l'entière perte de l'honneur, comme a remarqué un des premiers orateurs de notre temps qui, faisant à ce sujet la différence de l'épée et du bâton, dit que c'est un grand malheur de recevoir des coups de bâton, que l'épée est l'instrument de la guerre et que par conséquent il est honnête ; que le bâton est l'instrument des outrages et que par conséquent il est infâme ; que qui frappe avec une épée veut attenter à la vie, mais que qui frappe avec un bâton veut attenter à l'honneur »...

Une douzaine de jours plus tard, le sieur de Jumillac adressa de son côté une plainte au Lieutenant-Criminel. « Se promenant dans son bourg de Charras, il rencontra le Père Baruteau, religieux, accompagné de Pierre Rivet et de quelques autres personnes. Il salua le religieux en particulier, et les autres en général, lesquels aussi de leur part lui rendirent le salut qui lui était dû, à la réserve de Pierre Rivet, lequel avec une mine et une contenance fières se tint toujours couvert pendant que son seigneur avait la tête nue, ce qui l'obligea d'essayer de faire tomber le chapeau de Pierre Rivet hors de sa tête, en le poussant avec son bâton et en lui remontrant son devoir. Cependant, poursuivit le seigneur dans sa plainte, ledit Rivet qui se croyait hors la girouette de son seigneur à raison de la qualité de praticien qu'il était venu prendre à Angoulême, prétendait que ce procédé était un grand crime et une injure très outrageante. Il ne s'agissait pourtant que d'un chapeau, qu'un seigneur avait pensé pouvoir renverser au fils d'un paysan, son tenancier, pour une incivilité aussi grossière. Il n'y avait que trois jours que ledit Rivet avait quitté l'aiguillon avec lequel il piquait les bœufs de la charrue que son père conduisait tous les jours. Il était venu en cette ville d'Angoulême, il s'était mis une plume à la main et s'était acquis la qualité de praticien. Il croyait par là être autant que son seigneur et s'imaginait être en droit de lui contester jusque dans le bourg de Charras et de lui refuser le salut. Or, s'il était bien vrai que le salut entre égaux était seulement de civilité, il était de devoir et d'obligation aux Inférieurs envers les Supérieurs, comme du tenancier envers son seigneur ».

A tout cela, Pierre Rivet, répliqua « qu'il demeurait d'accord que véritablement il n'était pas né gentilhomme, mais peu s'en fallait, qu'il était d'une bonne famille et descendait de bourgeois considérables »... et il finit par obtenir 40 livres de dommages-intérêts.

Source : Emotions populaires en Angoumois, de Gabriel Delâge.

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La Laurencie à la chambre des députés

Laurencie de Charras [le marquis de La] (Charente), chevalier de la Légion d'honneur, officier des gardes-du-corps, est un excellent militaire : ses principes de discipline lui ont fait connaître tout le mérite de l'obéissance passive, et il répète avec autant de fidélité les mots clôture et aux voix que les commandements à la tête de son escadron.

Source : Biographie des députés de la Chambre Septennale de 1824 à 1830, de Jean-Gabriel Dentu.

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Laurent de La Laurencie

Au mois de juin 1250, Adhémar de Gain, chevalier, emprunta dans la ville d'Acre, à des marchands italiens, tant en son nom qu'en celui de Laurent de La Laurencie et de Guillaume de Bonneval, damoiseaux, la somme de 250 livres tournois, sous la garantie d'Alphonse, comte de Poitiers, son seigneur.

Laurent de la Laurencie portait d'azur, à l'aigle éployée d'argent.

(Galeries historiques du palais de Versailles, 1844)

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Dette du marquis

6 octobre 1778. — Mémoire des déboursés faits par J.-B. Poupart, procureur au Châtelet, pour la séparation volontaire de la marquise de Charas (332 livres, 13 sols, 9 deniers).

19 juin au 4 septembre 1779. — Saisie réelle faite à la requête de Joseph-Charles Roëttiers de la Brétêche, écuyer, demeurant rue des Blancs-Manteaux, à Paris, des biens de François de la Laurancie, marquis de Charas, prévôt général de la Connétablie et inspecteur des Maréchaussées, et de Anne-Jeanne Roëttiers, son épouse, demeurant rue des Blancs-Manteaux à Paris, à cause d'une dette de 38166 livres, 11 sols, 7 deniers; ladite saisie comprenant la seigneurie de Neuvicq, les châtellenies de Macqueville et d'Herpe, les seigneuries du Verger, du Petit-Bordeaux, de Charas et de Riffaud, près d'Angoulême.

14 octobre 1779. — Reçu de J.-B. Poupart, procureur au Châtelet, donné à Jean-Claude Roëttiers de la Chauvinerie, de la somme de 264 livres, 13 sols, déboursée pour l'obtention d'un pareatis du grand sceau obtenu pour parvenir à la saisie réelle des terres appartenant au marquis de Charas et pour les autres frais.

(Nouvelles archives de l'art français, 1894)

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Actes de Saintonge

1753, 16 février. — Dame Marie-Anne Thomas, veuve de Bertrand de La Lorancie, chevallier, seigneur de Chadurie et autres places, demeurant ordinairement en son château de Chadurie, reconnaît avoir reçu d'Anthoyne Charrier, conseiller du roy et son procureur au siège royal de Saint-Jean d'Angély, et de dame Théreze Thomas d'Authon, son épouse, y demeurant, la somme de 4,500 livres à elle due par dame Marie-Jeanne Guillemain, veuve de Pierre Thomas, seigneur de la baronnie d'Authon, mère commune desdites dames Chadurie et Charrier.

1771, 23 décembre. — François de La Laurancie, prestre du diocèse d'Angoulesme, curé de la paroisse de Saint-Jean de Rouffiac, diocèse d'Angoulesme, et doyen de l'église Saint-Hérie de Mastas, diocèse de Saintes, demeurant en laditte paroisse de Saint-Hérie, constitue son procureur général et spécial M. Bertrand de La Loransie, chevallier, marquis de Charras, Neuvicq et autres places, donne plein pouvoir de remettre entre les mains de l'évesque d'Angoulesme sa démission de la cure de Rouffiac et de ses dépendances, en présance de Jean Courtain, notaire et procureur du comté de Mastas, et Anthoine Courtin, chirurgien, du bourg de Saint-Hérie, qui ont signé avec moi. Bérard, notaire royal à Aujac.

(Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1886)

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Le baron de La Laurencie émigré

Charles Antoine de La Laurencie, dit le baron de la Laurencie, chevalier, sgr de Chadurie, enseigne des vaisseaux du roi, lieutenant de la compagnie des apprentis canonniers, chevalier de St Louis - électeur à Angoulême en 1789 - fils de Bertrand, chevalier, sgr de Chadurie et des Thibaudières, et de Marie Anne Thomas d'Authon - né le 20-5-1742 et bapt. le même jour à Authon (Charente-Maritime) - + à St-Jean-d'Angély (Charente-Maritime) le 20-4-1820 - sorti de France en septembre 1791, ayant habité les Pays-Bas, la Hollande, la Westphalie et l'Angleterre, il fit sa déclaration devant le commissaire du gouvernement à Calais, le 20 thermidor an X, et fut amnistié le 18 germinal an XI. Il avait épousé à Grandjean (Charente-Maritime) Marie Geneviève de Brilhac de Nouzières, fille de Charles Seguin et de Marie Bénigne Chitton, née à Grandjean et décédée à St-Jean-d'Angély le 13-11-1822 - dont postérité éteinte. Leur fils, Charles Joseph Nicolas de La Laurencie, décédé à Migron (Charente-Maritime) en 1860, émigra lui aussi et fut amnistié le 10 nivôse an XI - il resta sans alliance (Q XII/34 - Q XX/1 - F7/5.983 - Pin. III/56).

Source : Les émigrés charentais, 1791-1814, de Pierre Bureau.

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Registre paroissial d'Authon

Aujourdhuy, 12e du mois de septembre 1740, après avoir obtenu dispense de deux bans et préalablement toutes les autres formalités de l'Eglise observées, ont reçu la bénédiction nuptialle messire Bertrand de La Laurantie, écuyer, chevalier, seigneur de Chadurie et autres lieux, avec mademoiselle Marie-Anne Thomas d'Authon, en présence de Louis Baudouin notaire à Taillebourg, et d'André Huteau, notaire royal et de leurs parents et amis soussignés. Bertrand de Lalaurencie de Chadurie. De Lalorancie, doyen de Saint Herie. Marie-Anne Thomas d'Authon. Thérèse Thomas. Laloransie. M. Guillemin Charras. Huteau. Baudouin. M. Thomas d'Authon. Thomas Desnoue. Lavigne, curé d'Authon.

Aujourdhuy 19e aoust 1741, a été baptisé François-Bertrand-Augustain, nai du même jour, fils légitime de messire Bertrand de La laurentie, écuyer, chevalier, seigneur de Chadurie, et de dame Marie-Anne Thomas le parrein messire François de Lalaurentie, prêtre, doyen de Saint-Herie, et la marreine Marie-Jeanne Guillemin, dame et seigneure d'Authon, en présence des soussignés. M. Guillemin. De La Lorantie, doyen de Saint-Herie. M. Thomas d'Authon. Bertrand de Lalaurentie de Chadurie. T. Thomas d'Authon. Lavigne, curé d'Authon.

(Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1913)

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Assistance aux pauvres de Chadurie en 1770

Les notables de la paroisse se réunissent le 22 mai pour confectionner « le Roole concernant l'estat des pauvres et des contribuables de la paroisse de Chadurie ».

Ce rôle porte les signatures de Pierre Decescaud-Dureclaud, notaire royal et procureur de la juridiction de Chadurie ; François Egretaud, commis du greffier ; Me Chauvignon l'aîné, procureur de la juridiction ; Messire Pierre-Jean Guimberteau, curé de Chadurie ; Mérillat et Valladon, marchands, nommés par les habitants, et Claude Arnaud, syndic.

La liste des assistés comprend quatorze familles, environ trente personnes, dont de nombreux enfants qui recevront, par jour 18 livres 3/4 de pain de méture, des contribuables résidant dans la paroisse, 77 livres 4 sols 3 deniers en argent, du 22 mai au ler août, des non résidants, ce qui représente à 3 sols la livre de pain sept livres et quart de pain par jour. Les pauvres recevront donc en tout 26 livres de pain par jour.

Chadurie comptait 58 contribuables résidants et douze non résidants. Parmi les non résidants figurent : Marie Anne Thomas d'Authon, veuve de Bertrand de La Laurencie (qui paiera 2 livres de pain par jour) ; Guimberteau, curé de Chadurie (3 livres de pain aux enfants de son bordier) ; de Reymond Ecuyer (une demi livre) ; Gabriel Bignon, maître écrivain (un quart de livre) ; Aguesseau et La Gravelle, maîtres chirurgiens (un huitième de livre chacun), etc...

Source : La Charente au XVIIIe siècle, de Gabriel Tesseron.

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Le village de Charras en Charente

C'était autrefois le siège d'un prieuré, dépendant de l'abbaye de Figeac. Dans le principe, ce prieuré était très important, mais, à la suite des guerres de religion, une grande partie de ses droits et de ses possessions furent usurpés par les seigneurs de Charras. L'église n'a de remarquable que les mâchicoulis et les meurtrières, dont son pourtour est fortifié et qui lui donnent un aspect des plus imposants. Elle comprend une nef et une abside ; la nef doit être du dixième siècle et l'abside, du douzième ; les fortifications ont dû être ajoutées probablement à l'époque de la guerre de Cent ans.

Des foires très anciennes se tiennent au bourg de Charras. A la demande de François de La Laurencie et par lettres-patentes de mars 1519, le roi François Ier autorisa la création à Charras de quatre foires par an et d'un marché par semaine ; les quatre foires se tenaient le 6 des mois de mai, juillet, août et novembre. Supprimées pendant les guerres de religion, elles furent rétablies, en 1609, par Henri IV. Aujourd'hui elles se tiennent le 9 de chaque mois.

Les premiers registres de l'état civil remontent à l'année 1699.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, la seigneurie de Charras s'était formée en grande partie aux dépens du prieuré. Aussi, au quinzième siècle, cette seigneurie était-elle fort importante. Elle appartenait à Jean de Plouer, écuyer, seigneur de Claix, dont la fille, Marie de Plouer, épousa, le 25 janvier 1493, François de La Laurencie, qui devint ainsi marquis de Charras. La famille de La Laurencie, une des plus considérables de notre pays, conserva le marquisat de Charras jusqu'à la Révolution.

La plupart des membres de la famille émigrèrent alors ; le chef de la famille, marquis de Charras, retenu par la maladie, ne put suivre leur exemple. Son état maladif lui valut de ne pas être inquiété ; mais sa femme, Anne-Jeanne Roëttiers de La Chauvinerie, et sa sœur, Marie de La Laurencie-Charras, furent saisies comme complices de l'émigration et périrent sur l'échafaud révolutionnaire.

Le château de Charras, qui fut construit au dix-septième siècle, s'élève près de l'église. Il tombait en ruines ; mais son propriétaire actuel, M. de Saint-Alary, y a fait de grandes réparations, qui lui ont restitué son caractère primitif. C'est un logis grandiose, qui rappelle bien l'époque de sa construction.

Source : Géographie historique et communale de la Charente, de Jules Martin-Buchey.

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Rôle des vingtièmes de l’élection d’Angoulême

Charras

Le sieur Noël-Bertrand de La Laurencie, écuyer, propriétaire de château, rentes, vignes, bois, préclôtures, héritages et trois domaines dans ladite paroisse ; rentes et deux domaines dans celle de Feuillade ; le tout du revenu de 3,200 livres, payera trois cent cinquante-deux livres.

Chadurie

Le sieur de La Laurencie de Chadurie, propriétaire de maisons, rentes, trois domaines et préclôtures dans la susdite paroisse, du revenu de 3,400 livres, payera trois cent soixante-quatorze livres.

Ruelle

Le sieur abbé de Charras, chanoine à Angoulême, propriétaire de cens, rentes, agriers et un domaine dans la paroisse de Ruelle, le tout du revenu de 1,700 livres, payera cent quatre-vingt-sept livres.

Pillac

Le sieur de La Laurencie, propriétaire de rentes dans la paroisse de Pillac, du revenu de 520 livres, payera cinquante-sept livres quatre sols.

(Société Archéologique et historique de la Charente, 1866)

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