Toutes les régions périphériques avaient leurs nobles marginaux, tels les frères du Rousseau de Coulgens au XVIIIe siècle, dont la série judiciaire de l'Angoumois révèle l'existence. L'abbé Rullier, curé de Coulgens, rapporte à propos des frères, hobereaux de sa paroisse : « Nous apprîmes de témoins que les Sieurs du Rousseau de Coulgens, s'étaient battus avec quelques paysans du village de Sigogne qu'ils avaient attirés dans leur logis pour jouer avec eux ». Ces rencontres de fortune se terminaient souvent en rixes. Orphelins, réduits à un revenu de misère, ils avaient été élevés sous la tutelle bienveillante du curé de la paroisse Rullier qui réussit à les faire admettre au régiment de Guyenne. Inaptes à saisir leur chance, cause de rixes et de beuveries, ils en furent exclus à la suite de multiples désordres, et revinrent au pays où ils n'eurent de cesse de tyranniser leur malheureux protecteur et sa servante, allant jusqu'à les frapper et les menacer de mort, ce qui l'amena à porter plainte.

Source : La douceur des Lumières, de Michel Figeac.