Beaucoup d'entre elles sont contemporaines de l'irruption dela classe marchande sur la scène locale au début du XVIIe siècle. Il se peut qu'elles aient remplacé des constructions plus anciennes, ruinées par les temps mais leur classicisme laisse peu de doute quant à la date de leur fondation.

Les dynasties bourgeoises se sont réparties l'espace rurale, Albert à la Marvaillière (Taponnat) ; les Barraud à Lagerie (La Rochette), aux Doussineaux (Rancogne) ou la Ménardière (Rivières) ; les Desaunières à la Maison-Blanche, à Glory et à Roumagne (Rancogne et la Rochefoucauld) pour l'une de ses branches ; à la Basse-Ville et à la Vacherie (Saint-Adjutory) pour l'autre ; les Dulignon à la Mirande de Rancogne et aux Charumes de Saint-Sornin ; les de Garoste au Roule (Rancogne) et à Russas (St-Adjutory) ; la famille Héraud aux Espinasses (Taponnat) ; les Jarrigeon à la Villandière (Rivières) ; les Lériget à la Taillandière (Taponnat) et à Bourdelière ; les Maret à Cloulas (Fleurignac) et à Saint-Projet ; les Mathieu à la Bergerie ; les Mayou à Lespardelière (Saint-Adjutory), les Pasquet à Cloulas-Fleurignac, Lavaud (Rivières), Lagebaston et Rochebertier ; les Pintaud à Fonceau et à la Maison-Blanche de Saint-Constant ; les Poutignac à la sortie de la Rochefoucauld à la Braconne d'Yvrac et à Libourne (Saint-Projet), les Regnaud à la Mirande (Marillac) et à Taponnat ; les Sautereau à Olérat ; les Villemandy à Anthieu, à la Croutelle, à la Vallade, à la Mesnière et au Maine-Charnier.

Cette liste est loin d'épuiser le sujet. Bien entendu, il y a encore la maison en ville, ces belles maisons patriciennes qui font la gloire de la grande rue et de la rue des Halles et pour les plus fortunés, proches du présidial, l'hôtel particulier d'Angoulême avec sa porte cochère et sa cour intérieure, fierté des bonnes maisons.

Nous connaissons la date de construction de quelques unes de ces maisons de la ville ou des champs. Les deux frères Pierre et Henry de Saunières ont fait construire les leurs vers le milieu du siècle, Henry, en 1645, dans le bas de la grande rue là ou se trouve aujourd'hui l'hôtel de France ; les initiales H D S sont mentionnées en même temps que la date. Pierre de Saunières a fait construire sa maison au lieu-dit «entre les ponts» sur la rive droite de la Tardoire face aux moulins du château. Cette maison était connue à l'époque sous le nom de Laurière dont Pierre avait pris le nom pour se distinguer de son frère, sieur de l'Hermitage. La date de construction est rappelée sur le proche : 1649.

L'une des portes du logis du Roule porte la date de 1638.

Ce logis aux façons de gentilhommière rappelle que son hôte Pierre de Garoste, avocat au présidial, l'un des Pairs de l'assemblée de ville portait le titre de «noble homme». Cette distinction n'est pas tout-à-fait la noblesse mais elle incline à vivre «noblement».

Source : La Rochefoucauld au péril de Calvin, d'Yvon Pierron.