C'était autrefois le siège d'un prieuré, dépendant de l'abbaye de Figeac. Dans le principe, ce prieuré était très important, mais, à la suite des guerres de religion, une grande partie de ses droits et de ses possessions furent usurpés par les seigneurs de Charras. L'église n'a de remarquable que les mâchicoulis et les meurtrières, dont son pourtour est fortifié et qui lui donnent un aspect des plus imposants. Elle comprend une nef et une abside ; la nef doit être du dixième siècle et l'abside, du douzième ; les fortifications ont dû être ajoutées probablement à l'époque de la guerre de Cent ans.

Des foires très anciennes se tiennent au bourg de Charras. A la demande de François de La Laurencie et par lettres-patentes de mars 1519, le roi François Ier autorisa la création à Charras de quatre foires par an et d'un marché par semaine ; les quatre foires se tenaient le 6 des mois de mai, juillet, août et novembre. Supprimées pendant les guerres de religion, elles furent rétablies, en 1609, par Henri IV. Aujourd'hui elles se tiennent le 9 de chaque mois.

Les premiers registres de l'état civil remontent à l'année 1699.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, la seigneurie de Charras s'était formée en grande partie aux dépens du prieuré. Aussi, au quinzième siècle, cette seigneurie était-elle fort importante. Elle appartenait à Jean de Plouer, écuyer, seigneur de Claix, dont la fille, Marie de Plouer, épousa, le 25 janvier 1493, François de La Laurencie, qui devint ainsi marquis de Charras. La famille de La Laurencie, une des plus considérables de notre pays, conserva le marquisat de Charras jusqu'à la Révolution.

La plupart des membres de la famille émigrèrent alors ; le chef de la famille, marquis de Charras, retenu par la maladie, ne put suivre leur exemple. Son état maladif lui valut de ne pas être inquiété ; mais sa femme, Anne-Jeanne Roëttiers de La Chauvinerie, et sa sœur, Marie de La Laurencie-Charras, furent saisies comme complices de l'émigration et périrent sur l'échafaud révolutionnaire.

Le château de Charras, qui fut construit au dix-septième siècle, s'élève près de l'église. Il tombait en ruines ; mais son propriétaire actuel, M. de Saint-Alary, y a fait de grandes réparations, qui lui ont restitué son caractère primitif. C'est un logis grandiose, qui rappelle bien l'époque de sa construction.

Source : Géographie historique et communale de la Charente, de Jules Martin-Buchey.