Charles-Eutrope de La Laurencie, né à Villeneuve-la-Comtesse, diocèse de Saintes, le 30 avril 1740, vicaire général de Poitiers, nommé évêque de Nantes le 9 octobre 1783, sacré le 11 février 1784 ou le 20 décembre (Sem. relig. 9 juillet 1887), quitta le diocèse le 22 novembre 1790, a la suite des difficultés que les administrations lui avaient suscitées ; cette lutte a été racontée avec détails dans le premier volume. Par ordonnance datée de Gand le 28 mars 1791 (in-80 de 12 p.), il protesta contre l’élection de Minée ; dans une lettre de la Haye du 21 septembre 1794, il écrivait au pape Pie VI : « J’ai résidé dans les Pays-Bas, ou dans les villes d'Allemagne qui en sont les plus voisines, jusqu’au moment ou nos derniers revers m'ont conduit en Hollande ; j’ai regardé comme un devoir de m’écarter le moins possible de mon diocèse. » Il était a ce moment a bout de ressources et demandait un secours à. la Cour de Rome (Theiner, Documents relatifs aux affaires religieuses de la France de 1790 à 1800, Didot, 1857, t. II, p. 229). Tresvaux (Persécution en Bretagne, t. I, p. 150) mentionne un mandement de lui, daté de Dusseldorf le 27 mai 1793, auquel, dit-il , le député Voidel rendit hommage dans son rapport. Cet historien veut parler du mandement du 22 novembre 1790 (Réimp. du Moniteur, 1790, VI, p. 482). Voidel ne fit partie que de la Constituante. Mais de la Laurencie écrivit en effet un mandement à Dusseldorf, daté du 24 mai 1793, dont je n’ai jamais vu un seul exemplaire. Il en existe une copie faite en Espagne par un religieux cordelier du couvent des Robinières, le P. de la Rose, que M. l'abbé Pontdevie m’a communiquée. Ce mandement est une homélie bien composée,dans laquelle l’évêque de Nantes s’adresse a ses prêtres exilés. Il y développe ces idées que la persécution est une épreuve ; que le martyre a été une grâce supérieure accordée par Dieu a quelques-uns, mais que les exilés ont reçu eux aussi une grâce, celle de n’être pas témoins des horreurs qui se sont accomplies sous les yeux des prêtres demeurés en France ; en terminant il exhorte les exilés à la patience. De Hollande, M. de la Laurencie alla a Londres, et si l’on en croit une nouvelle insérée au Moniteur (Réimpression, t. XXV, p. 762), il aurait quitté Londres pour aller a Southampton le 24 août 1795 s’embarquer avec lord Moira dans le but de rejoindre l’armée des émigrés, où il devait remplacer comme aumônier l’évêque de Dol qui avait été fusillé. Il se joignit à un certain nombre d'évêques exilés pour condamner, en 1797, la déclaration de soumission aux lois de la République (Sicard, Les Evêques pendant la Révol. Correspondant du 25 juin 1892, p. 1075). Il fit à la fin de 1798, frimaire an VII, un appel aux Bretons et aux Vendéens pour le rétablissement du trône et de l’autel (Mellinet, La Comm. et la Milice de Nantes, X, 230) ; refusa, avec d’autres évêques réfugiés en Angleterre, la démission de son siège qui lui était demandée par le Pape (Lettre du 27 septembre 1801, d’Haussonville, L’Eglise rom. et le Premier Empire, I, 409) ; signa, le 8 avril 1804, une Déclaration des droits du roi en opposition a l’établissement de l’Empire, 8 avril 1804 (Abbé Sicard , Correspond. juillet 1892, p. 86) ; rentré en France en 1814 ; mort à Paris le 13 mai 1816. -— P. 26, 27, 28, 29, 39, 40, 44, 47, 57, 58, 60, 62, 64, 66, 74, 75, 85, 88, 89, 91, 104, 111, 461, 462, 519, 521, 578.

Source : Le diocèse de Nantes pendant la Révolution, d'Alfred Lallié.