Les terrains de Puyréaux, calcaires sur le plateau et sablonneux dans la vallée de la Bonnieure, sont aptes à toutes les cultures.

M. de Chancel exagère quand il dit de Puyréaux : « Revenu médiocre par suite de la mauvaise qualité du terraîn ; » il est vrai que cette opinion est empruntée au cahier des plaintes, pour la confection duquel l'exagération était de rigueur.

Au XVIIe siècle, on cultivait avec succès à Puyréaux, la vigne, le froment, l'avoine, le seigle, l'orge, le maïs, les fèves, pois, etc., etc. ; la pomme de terre n'apparaît qu'à la fin du XVIIIe siècle. Une autre culture autrefois très soignée et maintenant abandonnée, était celle du chanvre et du safran. Les terrains qui longent la route de Puyréaux à Mansle, appelés petits-chènebeaux, c'est- à-dire chènevières, étaient très propres à ce genre de culture.

En 1786, soixante personnes seulement étaient propriétaires de biens-fonds dans la paroisse de Puyréal-Chastelard ; encore ces soixante personnes n'appartenaient qu'à une quarantaine de familles.

Voici quels étaient les revenus imposés des principales familles : de la Grésille, propriétaire de maisons, rentes, dîmes, agriers, moulin, domaine, 697 liv. ; Boissier des Combes, 260 liv. ; Mallat de l'Etanche, 240 liv. ; Marquet, 160 liv. ; Cholet, 220 liv. ; Constantin de Beauregard, 180 liv. ; Chevalier, 160 liv. ; Mallet, 130 liv. ; du Lau de la Brangerie, 140 liv. ; Ravion, 120 liv. ; Léchelle-Véron, 120 liv.

Comme aujourd'hui, la propriété était très morcelée, par suite des partages de succession. Souvent on voit les enfants d'une même famille, au lieu d'accepter au partage des biens patrimoniaux, l'un tel champ, l'autre tel autre, s'entêter à diviser le même champ ; dès lors, ils comptent le nombre des sillons contenus dans la pièce de terrain, et ils se les partagent.

Les gros propriétaires, et ils sont peu nombreux à Puyréaux, font exploiter leurs terres par métayage; les autres exploitent par eux-mêmes, avec l'aide de domestiques ou seuls. Cependant, même parmi ces derniers, il y a une distinction à établir : ceux qui n'ont que leurs bras pour travailler leurs terres, sont appelés « laboureurs à bras, » ceux qui ont des bœufs, sont appelés « laboureurs à bœufs. »

A peine comptait-on aux XVIIe et XVIIIe siècles dix propriétaires à Puyréaux qui possédaient des bœufs. Citons : les Hugon, Chollet, Ravion, Constantin, Léchelle, Marquet, Chevalier.

Le prix des terres semble peu élevé, si on le compare au prix où elles se sont vendues depuis. Pour être juste, il faut dire aussi que l'argent avait alors une plus grande valeur que de nos jours.

Source : Notes historiques sur la paroisse de Puyréaux, de l'abbé Chevalier.