28 décembre 2019

Conseil d'arrondissement

Arrondissement de Ruffec.
Composé de 4 cantons, 83 communes, 58.745 habitants.
M. Badou, sous-préfet, à Ruffec.

Messieurs.

Binet du Palais, prop. à Verteuil.
D'Hémery, maire de Bioussac.
Gauthier-Laplaine, maire d'Aigre.
Labarde, prop. à Fouqueures.
Lambert, prop. à Mansle.

Lassée, avocat, à Salles.
Martin-Lacombe, prop. à Fontclaireau.
Nadaud, maire de Ventouse.
Poitevin-Lépinière, maire d'Empuré.

Source : Almanach royal, 1836.

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La Révolution française à Confolens

Plus grave fut l'affaire du choix du temple de la Raison le 7 décembre 1793. La commune opina pour les Récollets mais des citoyens préféraient l'église St-Maxime (ce qui empêchait tout culte catholique dans Confolens). Une assemblée des habitants convoquée au son du tambour à 1 1 heures du matin donna une forte majorité pour les Récollets. Aussitôt le comité révolutionnaire casse la décision communale et demande une nouvelle assemblée l'après-midi à St-Barthélémy. Motif : l'assemblée du matin (où on votait en levant ou non son chapeau) a été entachée d'irrégularités et d'incidents. «La tumulte a régné» et des femmes ont levé les chapeaux de quelques citoyens malgré eux pour sauver St-Maxime; une «femme Richard» est nommément mise en cause. C'est Babaud Lacroze qui vient apporter l'ordre signé Stanga et Grellier où le choix d'une assemblée à St-Barthélémy est habile : les habitants de ce quartier ne manqueraient pas de venir en masse voter pour que le temple de la Raison s'installe à St-Maxime, ce qui rouvrirait leur église désaffectée...

On vote jusqu'au soir, les citoyens ayant été chapitrés par un discours de Mallat qui décrit «les erreurs où depuis plusieurs siècles les prêtres ont plongé les humains». 137 acceptent la proposition du comité et 128 la refusent. Le scrutin est clos quand le prêtre Lagrange de St-Maxime arrive avec «quelques citoyens» pour voter, ce qui est refusé. L'étroitesse des résultats (ou la menace d'une émeute ?) vont pourtant convaincre le comité que «provisoirement la fête de la Raison se ferait dans l'église des Récollets». Cet incident est riche d'enseignement : crainte d'un engagement de la part des élus, attitude des femmes attachées au culte (ce qui nuance sérieusement le jugement de Barbarin mentionné plus haut), pragmatisme des jacobins locaux pour éviter des troubles.

Après cette expérience peu heureuse, le comité ne s'est pas hasardé à casser d'autres décisions municipales et reporte tout son zèle sur le sort des suspects. Le 25 mars 1794, le délégué du représentant Romme, Lassée, se présente pour épurer la société populaire et les élus. Il cherchait alors les homologues des « enragés » parisiens et il faut croire qu'on n'en trouvât point. Lassée se contenta de chapitrer les Confolentais du haut de la tribune du temple de la Raison où on lisait religieusement les lois voire les correspondances édifiantes tous les décadi. Une autre tentative de la Société Populaire pour transférer le temple à St-Maxime (où le culte avait cessé) échoua le 31 mai 1794. La commune refusa la demande en invoquant les travaux déjà faits aux Récollets. Il est vrai qu'elle avait alors de la peine à payer les dix instituteurs et institutrices qui assuraient un enseignement primaire à Confolens.

Source : La Révolution française à Confolens.

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26 décembre 2019

Les frères Forien, deux Nontronnais maires de Poitiers au XVIIIe siècle

Les frères Forien, deux Nontronnais maires de Poitiers au XVIIIe siècle
Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1915

L'article Forien du Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou débute ainsi : « Famille qui habitait le Poitou au XVIIIe siècle. Elle parait être d'origine étrangère à la province. Ses membres occupèrent de hautes situations dans la magistrature et les administrations civiles et possèdèrent une grande fortune (1). »

Le hasard nous a permis de confirmer les prévisions des savants auteurs de cet important ouvrage et de solutionner la question ainsi posée : les Forien ne sont pas Poitevins, mais Nontronnais, et les deux maires de Poitiers de ce nom sont nés à Nontron (2).

Cette famille y était fort ancienne ; M. de Laugardière (3) cite un Forien notaire en 1482 ; d'autres furent avocats au siècle suivant et au XVIIe ; nous les trouvons, nombreux, appartenant à des classes diverses : bourgeois et marchands.

Dans les registres d'état-civil et les minutes de notaires, nous pouvons suivre la filiation de plusieurs branches :

Forien de Villopré, de la Borie, de la Courarie, de la Planèze, de la Chapoulie, de Mantrop et des Places, tous éteints, sauf ces derniers (4).

Jean Forien, né le 3 mai 1648, de Jean (5) et de Jeanne Arbonneau (6), qui se titre de sieur de Grafeuille (7), comme son père, exerçait à Nontron la profession modeste de maître chirurgien ; de sa femme, Anne Baylet (8), il eut, de 1679 à 1695 de nombreux enfants ; dans les registres d'état-civil, nous avons relevé douze baptêmes le concernant (9).

Chose singulière, si l'on examine de près tous ces actes, où invariablement notre Jean Forien est qualifié de bourgeois, on remarque que partout cette qualité a été inscrite après des grattages plus ou moins habiles et, sans être déchiffreur de palimpsestes, il est facile de se rendre compte, par les lettres qui subsistent, que partout les mots maistre chirurgien existaient antérieurement (10). Ce qui va suivre nous expliquera le pourquoi de cette substitution.

Parmi les actes de baptêmes des enfants de Jean Forien, on relève à la date du 31 août 1681 celui de Thibault, né le 28, et à la date du 1er mai 1692 celui d'Elie, né le même jour.

Si l'on se reporte aux deux premiers degrés de la généalogie donnée par MM. Bauchet-Filleau, d'après Chérin, on voit qu'il y a concordance presque absolue comme dates, noms et prénoms (11) ; il ne saurait donc y avoir de doute sur la patrie de ces personnages.

Jean Forien était bien apparenté, mais sa situation pécuniaire ne paraît pas des plus brillantes ; on voit dans un acte du 5 octobre 1690 (12) qu'en 1689 son parent, Louis de Camain, l'avait fait saisir pour défaut de paiement de loyers ; à sa chirurgie, il joignait, comme beaucoup de bourgeois d'alors, l'exploitation du temporel d'établissements ecclésiastiques qu'il prenait à ferme (13).

Comment son fils, Thibault, put-il acquérir, dès 1711, des charges importantes, c'est-à-dire ce que nous n'avons pu découvrir d'une façon précise ; mais, comme le 4 avril 1709, nous voyons celui-ci prendre à bail les droits à percevoir sur les courtiers jaugeurs de Poitiers (14). Il est à croire que c'est dans les fermes des nombreuses charges créées au commencement du XVIIIe siècle que Thibault commença sa fortune, dont il fut lui-même l'artisan. D'autant plus qu'un acte du 21 juin 1714 nous le montre constituant une pension viagère de 400 livres à sa mère, alors veuve (15).

Thibault, né à Nontron le 28 août 1681, fut baptisé le 31 suivant ; il eut pour parrain son oncle breton, Thibault Forien, juge de Nontron, et pour marraine, sa tante maternelle, Marie Baylet, femme de Léonard Vieillemard, sieur du Peyrat. Nous n'avons rien trouvé sur sa jeunesse ; mais dès 1707, il est fixé à Poitiers, paroisse Saint-Cybard ; il se qualifie alors de bourgeois (16).

En 1711, il achète une charge de trésorier provincial de l'extraordinaire des guerres à Poitiers où, le 13 juillet de cette même année, il épouse Marie-Radégonde de Montenay, fille d'Etienne, seigneur de Thorus, et de Marguerite Delage (17). L'année suivante, il acquiert la charge de receveur alternatif des tailles et deniers communs de l'Election (18) ; à partir de 1718, il prend la qualité de seul receveur des tailles de l'Election (19).

Lors du rétablissement du système électif pour la municipalité de Poitiers, en 1719 (20), il fut nommé échevin ; le 20 décembre de cette même année, il déclare aux officiers de l'Election que, conformément aux privilèges qui viennent d'être rétablis, il entend vivre noblement (21).

Le 26 juin 1722, il fut élu maire et capitaine de Poitiers, par 64 voix sur 95 votants ; aussitôt après l'élection, il se plaça à la gauche du maire sortant et remercia l'assemblée « avec beaucoup d'érudition » ; puis il fut reconduit à son domicile avec tambours et trompettes (22).

Le 14 juillet suivant, il prêta un double serment, d'abord devant l'avocat du Roi, puis entre les mains de son prédécesseur ; il reçut après celui des échevins ; les grenadiers, la compagnie colonelle, avec tambours et trompettes, l'accompagnèrent ensuite chez lui, où il fit servir cinq tables « avec toute la délicatesse et l'abondance possible ». Il y eut parmi la population beaucoup de réjouissances (23).

Durant sa magistrature, il s'employa surtout à la réduction du prix de rachat des charges municipales qui avait été fixé à 446 985 livres à imposer sur les habitants (24). A cette fin, il fit de fréquents et longs séjours à Paris.

Réélu les années suivantes (25), il ne quitta la mairie que le 14 juillet 1727, lequel jour le conseil se rendit avec lui à l'église Notre-Dame pour remercier Dieu « de sa sage administration (26). »

Il était encore échevin en 1730 et fut renommé maire en 1740 ; lors de sa sortie de charge, le 14 juillet 1741, le conseil lui témoigna à nouveau sa reconnaissance pour tous les services qu'il avait rendus à la ville, tant que cette année que dans les cinq antérieures, notamment par son zèle à conserver à Poitiers la protection du prince de Conti, gouverneur du Poitou (27).

Thibault mourut à Poitiers le 8 août 1752 et fut inhumé le jour suivant dans l'église Saint-Savin ; dans son acte de décès, il est qualifié de seigneur Saint-Juire, les Touches, Thorus et autres lieux (28).

Ses filles avaient contracté de brillants mariages ; l'une avait épousé le vicomte de Barthon de Montbas ; l'autre un Avice de Mougon ; son fils Thibault-François-Gaspard fut président au présidial de Poitiers, conservateur des privilèges royaux de l'Université, puis conseiller au parlement de Paris ; il ne laissa pas de postérité.

Elie Forien, né à Nontron le 1er mai 1692, fut tenu sur les fonts baptismaux par Elie Arbonneau, sieur des Martinies, bourgeois, son cousin remué de germain, et par Bertrande Pastoureau, veuve de Thibault Forien, juge de Nontron.

Il n'eut pas, semble-t-il, la valeur de son frère et se contenta de marcher dans son sillage.

Le 10 janvier 1725, il est élu bourgeois de l'hôtel de ville de Poitiers, par 63 voix sur 75 votants, et le 17 suivant, 64 voix sur 81 le désignent comme échevin ; en suite de quoi il déclare vouloir vivre noblement (29).

La même année, il est nommé receveur des tailles de Niort, où il épouse, le 12 février de cette année, Marie-Thérèze-Angélique Desprez, fille de feu François, écuyer, seigneur de la Poterie, receveur des tailles, et de Marie-Anne Aubusson (30).

Vers 1740, son frère se démit en sa faveur de ses charges de receveur des tailles, et en 1741, il le remplaça également comme maire de Poitiers. A cette occasion, Thibault prononce un éloquent discours, où il fait remarquer que son frère a vu son administration de près, qu'il connaît « les voyes qu'il a employées pour la rendre douce et heureuse et qu'il a puisé dans la même source des dons si précieux (31). »

Remarié vers 1746 à Marie-Thérèze Aubusson, il était encore maire en 1747 et échevin en 1760 (32). Nous ignorons la date de sa mort ; il se titrait de seigneur de la Rochesnard, Fougerye, Bassue et de la Bergerie.

Ses filles s'allièrent aux de la Haye de Rigny et aux Lecomte de Rivault ; en 1760, il abandonna ses charges à son fils Jean-Elie ; il réunissaient alors sur sa tête les titres suivants : receveur alternatif des tailles de l'Election de Poitiers ; receveur ancien des tailles de la même Election ; trésorier receveur ancien mitriennal et alternatif mitriennal des deniers d'octroi et patrimoniaux de la Géneralité de Poitiers ; deux offices de conseiller contrôleur-vérificateur ancien mitriennal et alternatif mitriennal des deux trésoriers-receveurs des deniers d'octroi et patrimoniaux des villes de Poitiers et de Parthenay (33). Un véritable trust !

Il fit partie du ban de Poitou en 1758 et vit sa noblesse confirmée en 1773 (34). Marié à Paris en 1760, à Catherine-Dauphine de la Gauderie, il ne laissa pas de descendance masculine.

Ce fut probablement lui qui, en 1785, fit dresser sa généalogie par Chérin, et c'est sans doute à cette occasion que, pour masquer l'origine modeste de sa famille, il fit procéder, avec la complicité du curé de Nontron, à la falsification des registres paroissiaux (35).

Les Forien n'avaient du reste pas complètement abandonné leur pays d'origine et ils étaient restés en relation avec plusieurs de leurs parents, notamment avec les Moreau de Villejallet (36).

Ce ne fut qu'en 1756 qu'ils aliénèrent, moyennant 1.400 livres, la maison paternelle qui était située à Nontron, place de la Cahue (37).

Le Dictionnaire précité donne comme armes aux Forien : coupé : 1er d'or ou d'argent à 3 fasces de gueules ; 2e d'azur à trois fleurs de lis d'or et un triangle en cœur ; la pointe en haut.

Ces armes se retrouvent sur le testament en date du 21 juillet 1748, de Catherine Forien, veuve de François Forien de Villopré ; mais le triangle est remplacé par un croissant (38). Elles figurent également, écartelées avec les armes des Moreau, sur des assiettes d'étain en la possession de M. Th. de Saint-Martin.

Telle est, rapidement esquissée, après des recherches superficielles, la biographie de ces deux Nontronnais ; souhaitons de la voir quelque jour reprise par un confrère poitevin ; mieux placé que nous, il pourra nous dire, grâce aux riches archives muncipales, quel fut exactement leur rôle ; déjà, tel qu'il ressort des documents cités, il paraît suffisamment honorable pour mériter aux deux frères Forien une place dans le Panthéon Nontronnais.

Ces faits étaient d'autant plus à signaler que, d'une part, sous l'ancien régime, le Nontronnais était fort casanier et que, d'autre part, dans une ville comme Poitiers où l'esprit local et municipal était fort développé -- même après un régime vénal comme celui instauré par l'édit de 1692 -- l'accession aux charges du corps de ville, qui conféraient la noblesse, était jalousement gardée au profit des familles du pays.

Pour obtenir ainsi leurs grandes lettres de naturalisation et s'imposer aussi rapidement au caractère poitevin, peu liant et peu disposé à laisser l'étranger s'installer en maître chez lui, ces deux personnages durent joindre à un savoir-faire incontestable, à des qualités de cœur sérieuses, de réels talents d'orateur et d'administrateur.

R. D.

Pièces justificatives :

Baptême de Thibault Forien

Le trente uniesme d'août a ésté baptizé Thibault Forien, fils naturel et légitime de Jean Forien, bourgeois (39), et Anne Bayllé, damoiselle; lequel naquit le vingt huitiesme du présent mois; an que dessus; a esté son parrain Monsieur Me Thibault Forien (40), juge de Nontron, oncle breton, et sa marraine Marie Bayllé, damoiselle, sa tante maternelle, femme de M Léonard Vieillemard, sieur du Peyrat, tous natifs et habitans de la présente ville, présens les soubsignés. Faict par moy, vicaire soubsigné.

Signé : T. Forien, parrain, J. Pastoureau, Etienne Forien, Bertrande Forien, P. Laborie, Forien, Vieillemard, Estienne Forien.

Baptême d'Elie Forien

Le mesme jour que dessus, premier jour de may mil six cents quatre vaingt et douze, ont ésté nés et baptizés Hellie et Estienne Forien, frères jumeux, fils naturels et légitimes de Jean Forien, bourgeois (41), et de Anne Baylet; a esté le parrain de Hellie, Hellie Arbonneau (42) sieur des Martinies, bourgeois, son couzain remué de germain paternel, et sa marraine, Bertrande Pastoureau, veuve de feut Thibaud Forien, en son vivant advocat et juge de la présente ville, sa cousine remuée de germain paternelle, et a ésté le parrain d'Estienne, Estienne Mazerat, greffier d'Augignat, son cousin troiziesme paternel, et sa marraine, Marie Deyriaud (43), demoizelle de Bellevue, toutes parties habitantes et de la présente ville; lesquelles parties et Marie Deyriaud ont signé et non Bertrande Pastoureau, ne schachant.

Lesdicts baptesmes ont ésté faits dans l'église Saint-Estienne, présente paroisse, par Monsieur Garat, vicaire, en présence des soubzsignés.

Signé : La Farge, Pécon, Mazerat, parrain, Arbonneaud, paraint, Marie Deyriau, marène, Léonard Garat, vicaire.

(Registres d'état-civil de Nontron)

Notes :

1. Par MM. Beauchet-Filleau, seconde édition en cours de publication, t. II, p. 500 ; Poitiers, Société française d'imprimerie.

2. M. Rambaud, président de la Société des Antiquaires de l'Ouest, qiui, avec une complaisance infinie, a bien voulu faire pour nous des recherches aux archives municipales de Poitiers, trouvera ici l'expression de notre vive gratitude.

Nous n'oublierons pas non plus MM. Prévost et Villepontoux, notaires à Nontron, qui, si aimablement, ont mis leurs vieilles minutes à notre disposition.

3. Ribault de Laugardière : Essai sur l'arrondissement de Nontron, dans les Bulletins de la Société archéologique du Périgord et tirage à part.

4. Une famille de Faurien-Desplaces existe encore dans la commune de Pensol (Haute-Vienne).

5. Lui-même fils de sire François Fourien, marchand.

6. Jeanne Arbonneau, décède à Nontron le 6 décembre 1692 ; son père, Jean, était en 1609, procureur d'office des paroisses distraites de Nontron.

7. Il y a plusieurs Grafeuil, Grafeuille ou Grafeuilh, aux environs de Nontron ; en 1638, le ténement de la Grafuilh, paroisse d'Abjat, dépend de la seigneurie de la Roderie ; en 1778, nous voyons mentionner dans un acte une pièce de terre appelée de la Grafeuil, près Nontron ; c'est sans doute de celle-ici dont il s'agit ici.

8. Bayle ou Bayllet, famille originaire de Nontron ; Anne était fille de Jean, bourgeois, et de Suzanne Forien, celle-ci appartenant à la branche des Chapoulies. Ele avait deux sœurs : Marie, femme de Léonard Vieillemard, sr du Peyrat, et autre Marie, mariée d'abord à François Basset, juge de Quinsac, puis à Pierre Boulen, écuyer, sieur de Boslaurent, aide-major de la ville de Dunkerque.

9. Quatre enfants eurent seulement postérité : les deux dont nous nous occupons ici et deux filles : Anne, qui épousa à Nontron, le 27 janvier 1713, Nicolas de Marcilhac, receveur des tailles de l'Election de Confolens, et Marie, mariée aussi à Nontron, le 3 novembre 1716, à Jean Moreau, seigneur de Villejallet, avocat et juge de Nontron.

10. Marie Baylet, au lieu de Anne, et 30 août 1681, au lieu de 28 ; différences dues à des erreurs matérielles, la constitution de rente de 1714 prouvant surabondamment la filiation.

11. Cette substitution a été opérée avec soin : un acte de baptême du 25 novembre 1685, où sont encore encore en blanc les prénoms de l'enfant, du parrain et de la marraine, a même été rectifié.

12. Minutes de Grolhier, notaire à Nontron, du 5 octobre 1696.

13. Le 23 septembre 1694, notamment, il prend la régie du prieuré de Saint-Sauveur de Nontron, appartenant à Claude Séguret, docteur en théologie, prévôt de la chapelle d'Eymoutiers, prieur de Saint-Denis de Pile ; Forien touchera 100 livres par an, et s'il est obligé d'aller à Bordeaux, il recevra 40 sols par jour. (Arch. de la Pouyade très obligeamment communiquées par M. le marquis de Lagarde).

Jean Forien dut mourir en 1711.

14. Archives départementales de la Vienne, C. -- 743.

15. Minutes de Danède.

16. Acte de Grolhier, du 9 juin 1693, par lequel Jeanne Basset, veuve de François Dufraisse, sieur du Cluzeau, reconnaît lui devoir 441 livres 13 sols, payés par lui, pour Hugues Dufraisse, fils de la dite dame, (qui a demeuré depuis le 30 décembre 1705 à Poitiers, pour apprendre à lire, écrire et autres instructions convenables).

17. En présence de son frère Elie et d'un autre Nontronnais, Etienne Vieillemard, sieur du Peyrat, son cousin germain. (Arch. communales, paroisse St-Paul, reg. n. 183).

18. Archi. dép. de la Vienne, C. -- 147, 648, 748 ; ses provisions sont du 24 juillet ; sa prestation de serment du 18 août.

19. Arch. dép. C. 255.

20. C'est en 1718 que la charge de maire perpétuel, créée en 1692, fut supprimée, et que le maire fut élu, selon les anciennes formes. Les lettres patentes sont de décembre 1718 ; (cf. Arch. dép. C. 755).

21. Arch. dép. C. 755 et arch. com. reg. del. n. 143.

22. Arch. com. de Poitiers, reg. des délibérations n. 140.

23. Arch. com. reg. del. n. 141.

24. Arch. com. reg. del. n. 142.

25. En 1725, par 64 voix sur 81 votants. (Arch. com. reg. del. n. 124).

26. Arch. com. reg. del. n. 124.

27. Arch. com. reg. del. n. 161.

28. Arch. com. reg. par. de St-Savin.

29. Arch. com. reg. del. n. 124.

30. Dict. des fam. du Poitou, t. II, p. 500

31. Arch. com. reg. del. n. 161.

32. Arch. com. reg. del.

33. Arch. dép. C. 782.

34. Idem. Ea 106.

35. Ce n'est pas le seul « tripatouillage » que l'on rencontre dans ces registres ; pour un motif qui nous échappe, tous les actes inscrits en 1713 et 1714 jusqu'au 6 mars, ont été surchargés et rajeunis d'une année !

36. On voit dans un acte du 4 avril 1718 que Thibault s'était chargé de l'éducation de l'un des enfants d'Hélie Foirne, sieur du Fanis. (Quilhac, notaire).

37. Vente Boyer, du 3 mai 1756, consentie par Elie Forien, qui demeurait alors à Poitiers, place Saint-Pierre, par. Saint-Hilaire, et son neveu, Thibault-François-Gaspard, domicilié place Royale, par. Saint-Porchaire. Cette maison, qui est peut-être leur maison natale, est dite joignant du levant à la place ; du couchant, à la rue qui va du canton à la fontaine de St-Pierre ; du nord, à l'acquéreur Elie Pastoureau, sieur de la Besse ; du sud, au jardin de Joseph Mazerat, avocat.

38. Boyer, notaire.

39. Après ce nom, espace gratté sur lequel se trouve le mot bourgeois. On distingue encore les lettres m a.

40. Fils de Etienne Forien, sieur des Salles et de Bertrande Deyriaud et cousin germain du chirurgien.

41. Les mots Forien, bourgeois, recouvrent un grattage ; dans bourgeois, est incorporé la syllabe urg du texte primitif, i a été changé en e et de en on a fait ois ; le b recouvre le i et devant on voit le s de sirurgien.

42. Elie Arbonneau était fils d'Antoine, sieur de la Jarthe, et petit-fils de Jean Arbonneau, procureur d'office des paroisses distraites.

43. Sans doute femme de Jean de Rouffignac, seigneur de Belleville.

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François de Montsalard, médecin d'Henri IV

François de Montsalard, médecin d'Henri IV
Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1902

A la liste des médecins les plus distingués du Périgord, il convient d'ajouter un nom nouveau, celui de François de Montsalard, sieur du Peyratier, médecin ordinaire du roi et intendant des bains et fontaines minérales du royaume.

Ce dernier était originaire de la paroisse de Champagne, où la famille de Montsalard possédait le domaine de la Foucaudie, qui, par suite de transaction, passa, en 1722, aux mains de François Jaubert, sieur de la Courière, juge sénéchal de Bourzac.

Henri IV, dont le premier chirurgien était aussi un Périgourdin, François Martel, satisfait des services de François de Montsalard, lui accorda une pension annuelle de 600 livres tournois à prélever sur les amendes de la sénéchaussée du Périgord.

Les lettres patentes confirmant ce don portent la date du 24 juillet 1609 ; elles furent enregistrés à Paris par la Chambre des comptes, le 12 août, et à Bordeaux par les trésoriers généraux de France en Guyenne, le 11 décembre de la même année. François de Montsalard vint requérir lui-même (1), le 8 janvier 1610, au greffe du présidial de Périgueux, l'enregistrement du brevet royal, dont le texte est ainsi conçu :

« Henry, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à nos amez et féaux conseillers les gens de nos comptes à Paris et tresoriers generaux de France establis à Bordeaux, salut,

Ayant pris en consideration le bon et fidelle debvoir que nre cher et bien amé François de Montsalard, sieur de Peratier, l'un de nos conseillers et medecins ordinaires, intendant et maistre des bains et fontaines minérales de nre royaume, a jusques a pnt rendus soubs nre premier medecin en exercice et fonction de lad. charge d'intendant et mre desd. bains et fontaines minérales, et que pour s'en acquitter dignement et fidellement comme il a faict et desire continuer à l'advenir, il luy convient faire de grandes despences, lesquelles il ne pourroit supporter, n'ayant esté par nous attribué aucuns gaiges à lad. charge.

Sçavoir faisons que Nous, desirant en ceste occasion gratifier et favorablement traicter led. de Montsalard et luy donner moyen de s'acquitter soigneusement comme nous sommes asseurés qu'il en a la volonté, de ce qui est du debvoir et de la fonction de lad. charge d'iceluy, pour ces causes et autres a ce nous mouvans, Avons accordé, donné et octroyé, comme par ces pntes signées de nre maine, Nous luy accordons, donnons et octroyons la somme de six cents livres tournois, dicelle avoir et prendre doresnavant par chacun an par forme de pention, tant et si longuement qu'il sera pourveu de lad. charge, sur les deniers provenans des amandes a nous adjugees en nre seneschaussée de Perigort, les charges ordinaires sur icelles prealablement acquittées. Si vous mandons et ordonnons que par celuy de mes recepveurs qu'il appartiendra et des deniers de la nature susdicte lesd. charges préablablement acquittées, vous faictes payer et delivrer comptant aud. de Montsalard lad. somme de six cents livres que nous luy avons, comme dict est, accordé par forme de pention doresnavant par chascun an tant et si longuement qu'il sera pourveu de lad. charge, aux termes et en la manière accoustumée, à commencer du jour et datte des pntes, rapportant lesquelles ou copie dicelles deuement collationnées pour une fois, avec quittance dut. de Montsalard, nous voulons lad. somme et tout ce que pour ce payé et délivré luy aura esté, estre passé et alloué en la despence des comptes dud. receveur desduict et rabatu de la recepte diceux par vous gens de nosd. comptes, vous mandant ainsi de la faire sans difficulté, car tel est nre plaisir, nonobstant quelsconques ordonnances, reglemens, mandemens, deffences, et lettres a ce contraires.

Donné à Paris, le XXIVj jour de juillet l'an de grace mil six cents neuf et de notre regne le vingtiesme.

(Signé) Henry.

Par le roy :

(Signé) Potier »

On ne possède presque aucun renseignement sur le personnage qui mérita cette libéralité.

Les registres paroissiaux se bornent à révéler sa présence, en 1627, à Champagne, en constatant le parrainage de François de Montsalard, « docteur en médecine et médecin du roi, » au baptême d'un enfant (2) issu du mariage de Jean de Montsalard, aussi docteur en médecine, probablement son frère, et d'Antoinette Dumas, de la Foucaudie Haute.

Notre docteur fut-il marié et laissa-t-il des enfants ? On serait tenté de le croire, car les registres mentionnent encore un Charles de Montsalard, écuyer, qualifié comme lui de sieur du Peyratier dans l'acte de baptême d'une fille des mêmes propriétaires de la Foucaudie, en l'année 1630. Cette qualification ainsi transmise permet de supposer que l'ancien médecin d'Henri IV était mort dans l'intervalle des deux baptêmes.

Les Montsalard jouissaient d'une grande considération dans la contrée. Philippe de Lageard, conseiller du roi en son conseil d'Etat et privé, son sénéchal au duché d'Angoumois, seigneur de Cherval et de Saint-Martial, et Madeleine de La Châtre, marquise de Bourdeille, Archiac, Montrésor et autres places, avaient été, en 1624, parrain et marraine du premier enfant de Jean de Montsalard.

Enfin, il est hors de doute que la charge d'intendant général des bains et fontaines minérales de France, qui avait valu une pension à François de Montsalard, ne sortit pas après lui de sa famille, qui ne tarda point à s'implanter à Nontron.

Jean de Montsalard, docteur en médecine, sieur de Savanat, conseiller du roi, son médecin ordinaire, intendant général et maître des bains et fontaines minérales de France (3), y épousa, par contrat du 9 juin 1636, Jeanne de Saint-Angel, veuve de Françoi Robin, juge de ladite ville.

Les archives nontronnaises relatent d'honorables services rendus par les Montsalard à leur nouvelle patrie.

Albert Dujarric-Descombes

Notes :

1. Il signa sur le registre : Montsalard.

2. Ce filleul fut François de Montsalard, sieur de la Foucaudie, marié à Françoise Sardain. Leur fils, Joseph, but baptisé en 1649. (Registres de Champagne.)

3. Les registres paroissiaux de Champagne le montrent tenant sur les fonts baptismaux, avec Marguerite de Conan, dame de Bellussière, en 1634, un enfant de Jean de Montardy. Ils le désignent, dans un acte de baptême de 1637, sous le titre de surintendant des eaux et minéraux de France.

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Les subdélégués de Nontron

Le renouvellement d'une commission de subdélégué en faveur de membres d'une même famille ne paraît pas toujours aller de soi comme le prouve la lutte pour le siège de Thiviers en 1781. Nous avons vu, précédemment, comment les visées du subdélégué de Nontron avaient été rejetées. D'autres candidatures surgissent néanmoins, celle d'un fils de médecin et celle d'un dénommé Bourdelles dont nous ignorons la profession. La veuve du subdélégué Rochefort, sentant le danger, s'empresse de réagir en écrivant à Dupré de Saint-Maur. Elle fait d'abord l'apologie de son défunt mari : « Il est de notoriété publique qu'il n'a pas augmenté son héritage d'une obole... Il serait bien à désirer que tous les hommes en place s'acquittassent de leur devoir, avec le même désintéressement et la même probité ». Elle plaide, alors, la cause de son neveu, doté des mêmes qualités d'âme que le défunt, puis s'en prend violemment aux autres compétiteurs ; la veuve vise, notamment le fils du médecin, accusé d'etre l'auteur de lettres anonymes dirigées contre l'ancien subdélégue. Nous pouvons voir, ici, le réseau relationnel tissé par les auxilaires de l'intendant. Le neveu de M. de Rochefort, alors sous-lieutenant dans un régiment de dragons, bénéficie, à l'appui de sa candidature personnelle, de témoignages de grande valeur adressés à l'intendant. Il peut, en effet, se prévaloir du concours des officiers municipaux de Thiviers ainsi que du soutien apporté par le subdélégué de Périgueux, Eydely. Mais la lettre, envoyée par le ministre Bertin, constitue son meilleur atout. L'ancien contrôleur général des finances écarte, habilement, le principal argument susceptible de faire rejeter cette candidature, la qualité de militaire du postulant, avant de souligner, au contraire, les aspects positifs d'une telle nomination : la collaboration avec l'oncle décédé quand il était en semestre, pendant plusieurs années, et, surtout, l'estime accordée au jeune militaire par la noblesse du canton. Le comte de Jumilhac prend d'ailleurs la plume pour défendre la cause du neveu de M. de Rochefort en montrant la maturité du candidat agé de trente et quelques années. L'intendant de Bordeaux tient, certes, à démontrer qu'il est le seul à prendre la décision définitive, comme le révèle sa réponse adressée au subdélégué Eydely : « J'attends encore quelques éclaircisssement avant de me décider ». La correspondance administrative, échangée avec le subdélégué de Thiviers, dans la décennie pré révolutionnaire, prouve la victoire du jeune Rochefort. Elle souligne le poids des appuis dont il bénéficiait, et les limites du pouvoir de l'intendant devant les sollicitations de Versailles.

Les dynasties de subdélégué ne réussissent pas à s'imposer toujours et doivent tenir compte de règles incontournables. La famille Duboffrand en fait l'amère expérience dans son ressort de Nontron. Le subdélégué revendique, en juillet 1774, l'attribution d'une commission, comme subdélégué adjoint, au profit de son petit-fils. Il fournit deux arguments pour étayer sa demande : une telle charge favoriserait, d'abord, la conclusion de l'alliance matrimoniale que le jeune avocat veut nouer avec une riche nontronnaise ; elle permettrait au vieux subdélégué de bénéficier de l'assistance d'un collaborateur qu'il pourrait bien controler. Les espoirs de la famille Duboffrand sont anéantis, dès le surlendemain par une lettre de l'intendant. Ce dernier cherche bien à ménager l'honneur de son auxiliaire en faisant référence aux témoignages favorables relatifs aux talents et à la bonne conduite de l'avocat. Mais Esmangart apporte son veto à l'octroi d'une telle commission car elle transgresserait les règles d'âge : le jeune avocat est encore mineur. Il donne, cependant, l'assurance d'une conclusion favorable à la délivrance d'une telle commission, dans un avenir plus ou moins proche, afin de faciliter le mariage du petit-fils de M. Duboffrand. Le subdélégué fait, contre cette mauvaise fortune, bon coeur, assure son supérieur du maintien de son zèle dans l'exercice de la tâche qui lui a été confiée, mais exprime les plus vives réserves quant au succès de l'alliance matrimoniale recherchée.

[...]

Bien qu'auxiliaires de l'intendant, les subdélégués n'adoptent pas toujours un comportement passif face à ces bouleversements administratifs. Ils n'ont, certes, guère le choix et doivent apprendre à s'incliner devant les décisions qui leur sont transmises. Prenons l'exemple du subdélégué de Périgueux, Eydely, lors de la création de la subdélégation de Ribérac en 1762. Sa position personnelle ne lui permet guère de protester car il vient d'etre maintenu, comme seul titulaire, dans cette charge depuis quelques mois. Remarquons, cependant, l'habileté dont il fait preuve dans la lettre adressée à l'intendant Boutin, le 15 septembre 1762.

« Je vois, non seulement sans regret mais avec satisfaction, le démembrement que vous faites de la subdélégation de Périgueux pour en former une à Ribérac, sur la tete de Monsieur Pourteyron ; vous m'y avez préparé avant qu'il fut question de travail à Ribérac... Vous savez avec quelle franchise j'ai approvué votre projet ; la bonne administration de cette partie de votre généralité est au-dessus de l'interet qui aurait pu me faire désirer la subdélégation de Périgueux dans son intégrité ». Le subdélégué cherche, tout en s'inclinant, à défendre son interet personnel. Il demande à conserver deux paroisses qui devaient etre rétrocédées à l'arrondissement de Ribérac. La première, le Bourg des Maisons, appartient au controleur général Bertin ; la seconde, Saint-Aquilin, lui tient à coeur parce que proche de l'Isle. Eydely a vraisemblablement obtenu satisfaction puisque ces deux localités figurent, au titre de son département, dans le dénombrement de 1767 relatif à la milice.

D'autres subdélégués adoptent une attitude plus agressive. Ainsi, celui de Nontron essaie d'exploiter, à son profit, le décès de son collègue de Thiviers, Jacques de Cros de Rochefort, survenu le 24 novembre 1781. Pierre Duboffrand n'hésite pas à écrire à l'intendant Dupré de Saint-Maur, dès le surlendemain de cette mort. Il met, d'abord, l'accent sur l'inutilité de cette petite subdélégation qui ne compte que 25 paroisses et qui a été créée en 1765 par Monsieur Boutin, au détriment de celle de Périgueux. Il avance, ensuite, des arguments liés à une meilleure efficacité administrative ainsi que la perspective d'économies. Trois semaines plus tard, Dupré de Saint-Maur lui signifie un refus polis mais ferme : « Il me paraîtrait difficile de penser à la supprimer... ». Il concède, néanmoins, quelques mots de consolation pour panser les blessures d'amour-propre de son auxiliaire : « Si elle avait été dans ce cas, j'en aurais joint volontiers une partie à votre subdélégation ». Les créations de subdélégations supplémentaires paraissent, donc, sans appel.

Source : Château et territoire d'Yves Guéna.

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Les élites nontronnaises en 1789

Pouvons-nous pour Nontron et son pays dégager ces élites sociales de 1789, que la Révolution va soit conforter soit ébranler ? C'est particulièrement ardu pour le Nontronnais, où tout bon bourgeois porte plusieurs chapeaux : propriétaire foncier, officier local et parfois même maître de forges tout en ayant prétentions nobiliaires, du moins dans l'appellation qu'il prend soin de se faire donner dans les actes notariés (écuyer, sieur de...).

La noblesse conserve, dans notre région, une forte emprise économique et sociale : noblesse d'épée ou noblesse de robe, ce n'est parfois qu'une question de génération, ou de tradition familiale. La vieille noblesse, qui possède encore de grandes propriétés foncières et de nombreux fiefs, semble pourtant en perte de vitesse. Les nombreuses ventes de fiefs et même de domaines en faveur des "entrepreneurs de fiefs et domaines" locaux, des maîtres de forges, et de la noblesse de robe nous semblent des preuves suffisantes de cette évolution. Donnons deux exemples de ces mutations révélatrices : en 1787, monsieur le Comte de la Ramière, vend à M. Vallade maître de forges, le fief de la Sudrie (Saint Etienne le Droux), ce même Vallade, qui achetait en 1780, la propriété et le fief de Jomelières (Javerlhac) à une vieille famille locale. En 1754, la famille d'Aydie vend la terre et seigneurie de Saint Martial de Valette à Jean-Thibault Moreau, déjà seigneur de Villejalet, président de la cour des aides au Parlement de Bordeaux. Celui-ci cumule, en 1789, les seigneuries de Montcheuil, Saint Martial et Teyjat.

Certes, il reste encore de puissantes vieilles familles nobles, il serait fastidieux de les citer, limitons-nous à deux d'entre elles, qui ont déjà été évoquées précédemment. D'abord la plus prestigieuse, elle est représentée en 1789 par César-Pierre Thibault de Labrousse, chevalier, marquis de Verteillac, comte de Saint Maine, baron de la Tour Blanche, Saint Martin-le-Peint, Saint Front de Champniers, Nontronneau... maréchal de camp des armées du roi, gouverneur et sénéchal du Périgord. Il émigrera pendant la Révolution, ses biens seront vendus comme Biens Nationaux, divisés en 14 (gros) lots et achetés par F. Laborde de Nontron, Vallade (celui de Jomelières) qui achètera deux métairies, Labrousse de Bosfrand, le subdélégué de 1789, deux notaires... Nous pouvons aussi citer le comte Louis Gabriel de la Ramière, mort en 1789, baron de Nontron, seigneur d'Augignac, Saint Etienne le Droux, ... sans parler des Rouffignac (la Chapelle Saint Robert), Hélie de Pompadour (Piégut), Lambertie (Maillet), Tessier de Javerlhac (Abjat).

Ces grands nobles sont souvent absentéistes ; ne venant que de temps en en temps sur leurs terres, passant l'essentiel de leur temps à Paris, Versailles, Bordeaux (Les Verteillac, Rouffignac à Paris). Ils laissent ainsi le champ libre à la bourgeoisie locale, qui a très souvent dans son patrimoine plusieurs offices de justice seigneuriale. Bien sûr, la petite noblesse locale est davantage encore affectée par ce mouvement de repli : combien de maisons ou de "repaires réputés nobles" qui ne lui appartiennent plus ! Combien de familles dont on perd la trace ! Extinction, certes, de la filiation mâle, mais aussi émigration. Nos entrepreneurs de fiefs et de domaines voient au contraire leur richesse et leur influence grandir dans le Nontronnais. Ayant acquis terres, fiefs, offices, voire forges, bien immergés dans une société rurale qu'ils connaissent parfaitement, ils sauront très vite ajouter à leur influence sociale une influence politique que 1789 nous fait déjà pressentir. Leur rôle dans la rédaction des cahiers, leur élection quasi constante par les paroisses, sont des signes qui ne peuvent pas tromper. Mais comment déterminer chez eux la limite entre petite noblesse d'office et bonne bourgeoisie, quand toute famille plus ou moins parvenue se rajoute une petite particule devant ou derrière son patronyme. Deux moyens indirects nous ont permis, pour Nontron, d'essayer de cerner cette fragile frontière, que l'on tente, avant 1789, de franchir dans un sens avant d'essayer quelques années plus tard de la franchir dans l'autre : les élus des paroisses ont été classés dans la bourgeoisie parce que membres du Tiers Etat, ainsi que les inscrits sur les registres des tailles. On peut, pour notre ville, citer un nombre assez important de gens qualifiés de bourgeois, preuve supplémentaire que Nontron joue bien son rôle de pôle régional : le juge Mazerat, l'avocat Fourien de Villopré (juge dans d'autres paroisses), Villedary dernier syndic et avocat, Authier, Filhoud... eux aussi avocats, les Pastoureau (du Contirand, procureur d'office, de la Besse, les Ribadeau (du Maine, du Mas ), Grolhier (notaire), tous taillables, mais très pointilleux, pas pour longtemps, sur leur appellation de "Sieur de" pour attester leur possession de fief, leur position sociale, et leur genre de vie parfois. [...]

Nous ne reviendrons pas sur les institutions administratives (subdélégué) ou paroissiales, pour nous intéresser plus particulièrement aux institutions seigneuriales ou communales nontronnaises, qui permettront de dégager, en partie, les familles influentes de la ville.

En 1751, la baronnie-Châtellenie de Nontron (qui se limite à la paroisse) est achetée par M. de Lavie, Président au Parlement de Bordeaux, aux héritiers de la famille Hélie de Pompadour (qui la possédaient depuis 1610) pour la somme de 25.000 livres (somme faible, qui atteste que cette baronnie avait été particulièrement aliénée). En 1788, M. de Lavie fils, la revendra à M. de la Ramière, qui sera le dernier seigneur-châtelain et baron de Nontron. Le comte de la Ramière la paye 42.000 livres (car les Lavie avaient augmenté sa valeur par des acquisitions locales : fiefs, terres comme au Puy de Fleury, moulin, maison noble de Tuzat...). Mais de nombreux fiefs étaient indépendants de la baronnie, les Peytavis, la Chapoulie, la Francherie, la Mothe, les Granges, Gaumondières, Barouffières, Puyrigard, Tuzat...

Il est intéressant de voir à qui ils appartiennent en 1789.

La veuve de François de Lapouge, le maître de forges, possédait le fief de la Mothe, le juge de Mazerat possédait les Peytavis et la Francherie, le subdélégué Labrousse du Bosfrand possédait Gaumondières, Puyrigard, le Puy et avait possédé Tuzat, un autre Labrousse possédait Barouffières. Si on se souvient que le Sénéchal, marquis de Verteillac seigneur de Saint Martin-le-Peint, Saint Front de Champniers, Nontronneau... s'appelait aussi Labrousse, que de Labrousse dans le Nontronnais ! D'ailleurs tous parents entre eux, et "alliés" aux de Mazerat.

Ce système seigneurial complexe, dont nous avons déjà étudié le fonctionnement, avait ses propres officiers. En 1789, le juge est M. J.B Michel de Mazerat, avocat, avec pour lieutenant, maître Grolhier, notaire royal. Le Procureur d'office est maître Authier de Chatillon, avocat. Il y a aussi un greffier, 8 sergents, 4 notaires royaux ou châtelains, avant qu'en 1790 ce système fût aboli et remplacé par un tribunal de district, puis d'arrondissement.

Source : Cahiers de doléances du Nontronnais, de Dominique Beaudry.

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La subdélégation de Nontron en 1741

Habitans: 28,000.

Sacs de bled consumez: 112,000.

La récolte ne va qu'au 3 quarts, c'est-à-dire à 84,000, et il manqueroit beaucoup pour la subsistance, sans les châtaignes et les autres grains.

Le pais produit du froment, du seigle, bled d'Espagne, bled sarrazin, de l'avoine, des légumes dans les jardins seulement, chàtaignes qui font le quart de la récolte et de la subsistance des habitans.

Le sac froment pèze 130 livres et le septier de Paris 240 livres. Ainsi les deux sacs pèzent le septier de Paris et vingt de plus.

Le froment se vend 8 livres c'est le septier de Paris 16 livres 10 sols.

Le seigle 5 livres, le septier 10 livres 12 sols 6 deniers.

Le bled d'Espagne 4 livres, le septier 8 livres 10 sols.

Le bled sarrazin 3 livres, le septier 6 livres 7 sols 3 deniers.

L'avoine 3 livres 10 sols, le septier 7 livres, 12 sols 6 deniers.

Les moyens de multiplier les bleds seroient de deffendre de semer du bled d'Espagne, qui ruine absolument les terres. Depuis 40 années que l'usage de ce bled s'est introduit, la récolte du froment est diminuée.

Le Subdélégué ne croit pas que les denrées et surtout celle-là puisse conserver un prix, si l'argent et les espèces diminuent; tandis que les espèces seront hautes, les grains auront leur juste prix. Mais on voit le contraire en l'année 1731 et 1732 où les espèces estant encore hautes, le prix du bled et du vin est tombé.

Légumes. — On n'en sème point en plein champs, mais seulement dans des jardins pour l'usage des propriétaires.

Chamvres. — Ils ne peuvent venir que dans les terres arrosées par les rivières et les ruisseaux. Il n'en vient point dans ce pais.

Foins et paccages. — Il y en a très peu dans le pais, à cause qu'il est pierreux, et on ne peut guères les multiplier.

Vins. — Il y en a assez pour les habitans, et il se consume dans le pais, se vend 18 livres la barrique.

Bois de haute-futaye. — On croit qu'il seroit inutile de les multiplier à cause de l'éloignement des rivières pour le transport, mais ils serviroient à la construction des maisons. Ceux qui ont esté coupez, ont esté convertis en bois taillis que l'on coupe à l'âge de 15 ou 16 ans, pour servir aux forges qui en consument beaucoup.

Terres incultes. — On a défriché les terres qui estoient propres aux grains et à la vigne. On convient que le reste doit demurer inculte pour servir de pàturages aux bestiaux, quand les fourrages leur manquent.

Bestiaux. — Il y en a un grand nombre, et on ne peut les multiplier qu'en laissant incultes les terres qui n'ônt point esté défrichées.

Cette partie du Périgord qui est fort pierreuse, a besoin de ces pâturages pour les bestiaux dont la vente luy sert à payer les impositions publiques.

Brebis et moutons. — Pour en multiplier le nombre, on employé les mêmes moyens de cy dessus, mais pour conserver ces animaux des maladies qui en diminuent le nombre, on croit qu'il leur est nuisible de leur faire des soutrages et des litières de fougère et d'agions (sic) qui gâtent toujours leurs laines et, par leur mauvaise odeur et qualité, influent dans l'air qu'ils respirent et de là dans leurs poumons. La même méthode devroit s'observer pour les bœufs et les veaux. Il n'y a que la paille qui fasse un soutrage sain ou non nuisible.

Cochons. — Il y en a un grand nombre qu'on nourrit de glands et de châtaignes.

Haras. — Il n'y en a aucun parce que les prairies ne sont pas suffisantes pour les bœufs de labeur, on a commencé depuis six mois à établir des haras, mais on manque de belles juments.

Manufactures. — Il n'y en a d'aucune espèce, mais seulement des forges dont on parlera bientôt.

Verrerie. — Aucune.

Papeterie. — Une où se fait seulement du papier commun et d'un médiocre revenu.

Tanerie. — Il y en a plusieurs pour les peaux de bœufs et de vaches qu'on prend dans les gros bourgs, les foires et les marchés, et se consument en partie dans les lieux. L'autre partie est portée à Périgueux, La Rochefoucault, et ne payent de droits que pour le manque des cuirs.

Dans d'autres taneries ou peleteries, on y blanchit les peaux de mouton qu'on fait ensuite passer dans le bas Limosin.

Charpentiers. — Ils n'emploient dans leurs ouvrages que le bois de châtaigner, à cause que celuy de chêne est trop rare.

Forgerons, serruriers, cloutiers, armuriers. — Leurs ouvrages ne sortent point du pais. Ils prennent le fer et l'acier des forges voisines.

Chauderonniers. — Prennent leur cuivre à Angoulème. Le charbon est de bois; on n'a point d'usage de charbon de terre.

Mines de fer. — Il y en a un bon nombre dans les parroisses voisines du Limosin.

Elles ont donné occasion à plusieurs forges qui font le principal commerce de cette Subdélégation.

Des Forges.

Il y a cinq grosses forges à fourneaux où se fondent les mines; on y fond chaque année sept cens milliers en aguse qui se transportent dans les forges voisines pour estre convertis en fer dur et mol. Cinq forges employent chaque année 400 hommes, soit à tirer la mine, soit à la laver, soit à la transporter dans les forges, soit à voiturer, et sont payez à 8 s. par jour.

Ces forges consument par année 4,000 brasses de bois, qui se prennent dans les parroisses voisines et qui se vend trois livres la brasse.

Les matières premières ou les mines se tirent des parroisses voisines.

La fondue des mines se vend i oo livres, doit produire 18 milliers de fonte en aguse son prix actuel est de 40 livres le millier; cette fonte ne sort point du Périgord.

Outre la fonte des mines, on y fabrique 2,500 quintaux de fer dur et mol qui se transportent dans le pais d'Angoulême et de Saintonge et qui payent de droit d'entrée 13 sols 4 deniers par quintal de fer mol et 25 sols par quintal de fer dur, quoique le prix de ces deux fers soit égal sur les lieux. Le quintal de fer pris sur les forges, poids de marc, se vend 20 livres.

Il y a encore 14 forges qui prennent leurs fontes dans les cinq premières, dont nous venons de parler, et les convertissent en fer dur et mol. Le premier sert à l'usage des maréchaux, cloutiers, serruriers et taillandiers. Le second sert à tous gens de marteau. Les 14 forges font par an 12 mille quintaux de fer des deux espèces, et se vend actuellement 20 livres le quintal.

Elles consument 6 mille brasses de bois, qui se prend dans les parroisses voisines. Elles employent 2 cens ouvriers à io sols et 12 sols par jour pendant 5 à 6 mois de l'année.

Le fer des deux espèces est transporté dans l'Angoumois et Saintongeois et paye de droit, comme on a dit cy dessus.

On voit cinq autres forges d'une autre espèce. Elles consument trois mille quintaux de fontes, qui sont convertis en poèles à frire. Elles se transportent dans le Limosin, la Guienne, Languedoc, Béarn, d'où elles passent en partie en Espagne.

Ces cinq forges consument chaque année 2 mille brasses de bois, occupent 60 ouvriers pendant 5 à 6 mois de l'année. Ces poèles à frire entrant dans une de ces provinces seulement, payent de droit 18 sols par quintal.

Ces forges fabriquent encore 2,500 quintaux de fer dur et mol, qui passent dans l'Angoumois et la Saintonge avec les droits cy dessus spécifiez et tous ces droits vont à plus de 30 mille livres pour le Roy. Ces forges au nombre de 24 sont scituées aux environs de la ville de Nontron, qui est le lieu d'entrepôt pour le commerce du fer et des poèles.

Le commerce de cette ville qui est d'un grand objet dans la province du Périgord et dans le royaume, a esté interrompu pendant quelque temps par la difficulté des chemins mauvais et impraticables aux voituriers. Les habitans les ont réparez à leurs frais et dépens, et le commerce se rétablit. Pour conserver le commerce à cette ville et favoriser le travail des forges, il n'y a qu'à rétablir deux ponts qui sont tombés en ruine, ce qui interrompt le commerce de cette ville avec celles de Périgueux et de Bergerac. On estime que la dépense iroit à dix mille livres imposées sur l'Élection de Périgueux.

Meuniers blancs et soye. — On n'a point d'expérience qui puisse répondre à la réussite de ces sortes de plans, et des soyes.

Arts et métiers. — C'est dans les villes où l'on devroit exécuter les règlemens qui regardent les artisans, et cela mériteroit bien attention des officiers, mais dans les campagnes, les artisans y travaillent, comme l'on sçait, sans autre perfection ni bonté d'ouvrages. Aussi ne durent-ils pas aussi longtemps qu'il faudroit.

(Archives historiques du département de la Gironde, 1913)

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La Congrégation de France à Nontron

Élie de Labrousse. * Le Bourdeix, diocèse de Périgueux, 15 déc. 1713. ° Sainte-Geneviève de Paris 27 déc. 1734. † Saint-Vincent de Vieille-Brioude 30 avril 1779 (66 ans, prof. 45). Prieur de Saint-Vincent de Vieille-Brioude sept. 1751-avril 1779. ProA. ChaA. CatB. CatC. Sup66. CatD. Sup78. Nom79. NécD.

François de Labrousse. * Teyjat, diocèse de Limoges, 7 juin 1707. ° Saint-Irenée de Lyon 16 sept. 1728. † prieuré-cure de Saint-Quentin de Chasnay, diocèse d'Angers, 17 janvier 1785 (78 ans, prof. 58). Prieur-curé de Saint-Quentin de Chanais, dépendant de La Celle-Saint-Hilaire de Poitiers, 1773-1785. ProA. CatB. CatC. CatD (confusion avec Léonard). Nom85. NécD.

Jean de Labrousse. * Teyjat, diocèse de Limoges, 3 janvier 1695. ° sept. ou 1er octobre 1715. † prieuré-cure de Saint-Martin d'Asnières 26 avril 1754 (59 ans, prof. 39). Demeure à Notre-Dame de La Couronne 1730. Prieur-curé de Bignay 1743. Prieur-curé de Saint-Martin d'Asnières à son décès. ProA. Factum. CatB. NécD.

Léonard de Labrousse. * Nontron, diocèse de Périgueux, 3 janvier 1716. ° Sainte-Geneviève de Paris 27 déc. 1734. † après 1762 (absent du nécrologe; absent en 1773). Quitte peut-être la congrégation. ProA. CatB. CatC. Absent de CatD, de NécC.

Isaac de Labrousse du Bosfrand. * Nontron, diocèse de Périgueux, 24 déc. 1703. ° Saint-Irenée de Lyon 2 février 1725. † prieuré-cure de Saint-Laurent de Briou, diocèse de Poitiers, 27 juin 1766 (63 ans, prof. 42). Prieur-curé de Saint-Laurent de Briou à son décès. ProA. Nom25. CatB. CatC. NécD.

Antoine Dupeyroux. * Nontron (Dordogne) 11 août 1709. ° Sainte-Geneviève de Paris 31 juillet 1729. † prieuré-cure de Saint-Brice, diocèse de Limoges, 23 janvier 1779 (70 ans, prof. 50). Prieur de Saint-Pierre de Lesterps après 1754 et avant 1772. Prieur-curé de Saint-Brice, dépendant et de Saint-Pierre de Lesterps, 1773-1779. ProA. Nom29. CatB. CatC. CatD. Nom79. NécD.

Germain Grolhier. * Nontron, diocèse de Limoges, 31 juillet 1757. ° Sainte-Geneviève de Paris 27 août 1780. † après 1794. Étudiant à Saint-Volusien de Foix. Demeure à Saint-Jean-de-Côle 1781. Sous-diacre sept. 1783, diacre à la Trinité 1784, prêtre sept. 1784. Curé de Lhéry (Loiret) 17 déc. 1789. Jure le 23 janvier 1791. Remet ses lettres de prêtrise le 20 janvier 1794. Se marie. Nom80. CatD. Pisani.

Augustin Boyer de La Borderie. * Nontron 1692. ° Saint-Irenée de Lyon 1er sept. 1715. † prieuré-cure de Saint-Sulpice de la Dapeyre, diocèse de Limoges, 23 mars 1770 (78 ans, prof. 55). Prieur-curé de Saint-Sulpice de la Dapeyre, à son décès. ProA. CatB. CatC. Nom70. NécD.

Jean-Baptiste Mazerat. * Nontron, diocèse de Périgueux, 15 août 1701. ° Saint-Irenée de Lyon 16 janvier 1724. † prieuré-cure de Saint-Honoré de La Petite-Boissière, diocèse de La Rochelle, 17 juillet 1770 (69 ans, prof. 47). Prieur-curé de Saint-Honoré de La Petite-Boissière à son décès. ProA. Nom24. CatB. CatC. Nom70. NécD.

Source : Prosopographie génovéfaine, répertoire biographique des chanoines réguliers de Saint-Augustin de la Congrégation de France, 1624-1789.

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23 décembre 2019

Une victime de la Terreur du département de la Charente

M. de Lézignac, qui, en sa qualité de noble, était obligé de se cacher dans sa contrée, passait pour, avoir sur lui une forte somme en or; il fut assassiné et volé dans une grange qui lui servait de refuge, pendant la nuit, au village des Châtres, commune de Lézignac-Durand. Il n'y eut encore ni poursuites, ni répression.

Pendant longtemps, on ignora les circonstances de ce meurtre; mais la conscience, cet œil investigateur de l'àme qui se voit tout entière et se juge elle-même sans faiblesse; la conscience, dis-je, qui trouble le criminel le plus endurci, surtout au moment du trépas, suscita le remords chez l'un des complices qui parla, et voici ce que m'a conté une personne honorable qui, dans le pays, avait recueilli les confidences et les révélations.

M. du Rousseau de Lézignac, assassiné au commencement de 1794, était resté orphelin de bonne heure avec une sœur un peu plus jeune que lui (1).

Il ne prit point de service militaire et resta avec sa .sœur au château de Lézignac-Durand; mais il émigra en 1791 et rentra peu de temps après. Alors il dut se cacher, car on le déclara suspect, et sa qualité d'ancien émigré l'envoyait droit à la guillotine en cas d'arrestation. En rentrant au château de ses pères, il trouva sa sœur mariée de la veille avec un citoyen qui y était installé en maître, et qui, dit-on, refusa de le recevoir et même de le reconnaître. Il s'ensuivit une altercation violente, accompagnée de voies de fait; de là une haine implacable entre les deux beaux-frères, qui autorisa dans le temps certaines rumeurs graves, quoique improbables, et dont je n'entends en rien me rendre ni l'écho, ni l'éditeur responsable.

M. de Lézignac était un homme de haute stature, doué d'une force herculéenne et d'une agilité remarquable. On raconte que, toujours poursuivi par les agents du comité révolutionnaire, il s'était réfugié un jour dans une maison qui fut cernée. Comme il savait parfaitement où son arrestation devait le conduire, il se sauva par les greniers, fit une trouée à la toiture, sauta par terre, bouscula tout sur son passage et s'enfuit dans les bois sans qu'on pût le saisir.

Les qualités de son cœur répondaient à la beauté de son corps; il était humain, compatissant, secourable pour le pauvre, aussi partout, dans la contrée, on lui faisait bon accueil, on le cachait, on le protégeait à raison des recherches dirigées contre sa personne. Il se réfugiait tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre de ses voisins; quelquefois il se cachait dans les bois, où on lui portait à manger, sans qu'on le trahit jamais, ni par vengeance, ni pour toucher la prime offerte au dénonciateur par la République. La famille Fougeron de Lapélusonie surtout fut pour lui une seconde Providence pendant tout ce temps de persécutions. Un soir que M. de Lézignac était excédé de fatigue, car les agents du comité révolutionnaire de Confolens étaient toujours à ses trousses et ne lui laissaient ni trêve, ni merci, il alla se réfugier au village des Chastres, dans une maison occupée par la famille G..., où il se retirait quelquefois. Il y avait là une réunion de buveurs et de joueurs. M. de Lézignac, sans méfiance et toujours généreux, leur donna quelque argent pour s'amuser entre eux, puis il passa dans une grange, déposa ses pistolets sur un coffre et se coucha tout habillé sur un mauvais grabat, où bientôt il s'endormit d'un profond sommeil. Les compagnons du crime, en l'entendant ronfler, résolurent de le tuer, parce qu'ils le savaient porteur d'une forte somme en or, ou peut-être pour d'autres motifs, qui se disent encore tout bas à l'oreille dans la contrée, mais qu'il ne nous appartient pas de répéter, parce que nous n'y croyons pas. Ils prirent une longue barre de fer ou levier servant à extraire la pierre, et deux hommes, la tenant à chaque extrémité, appuyèrent fortement le milieu sur la poitrine de la victime pour l'étouffer, pendant qu'un autre complice, dont on a conservé le nom, la frappait à coups redoublés sur la tête avec une tranche, jusqu'à ce qu'enfin l'infortuné restât sans vie.

Après l'assassinat, on porta le cadavre dans Le bois des Vergues et on le jeta dans le fossé qui touche au clos des domaines de Chez-Raillard. Il y était depuis neuf jours, lorsque des chiens de bergères du village le firent découvrir à leurs maîtresses, qui les entendirent grogner comme pour se disputer une proie. Un rapport fut fait à l'autorité municipale qui fit enlever le cadavre, et on le porta au cimetière sans plus s'en préoccuper. Il n'y eut aucune enquête judiciaire, et, puisqu'il s'agissait d'un chien d'aristocrate, les assassins, quels qu'ils fussent, avaient bien mérité de la patrie.

On raconte encore, dans la localité, que chacun des assassins a fait une mort cynique ou cruelle.

Le vieux M. Fougeron de Lapélusonie fit faire l'enterrement à ses frais, tant il avait d'affection pour ce malheureux qui devait épouser sa fille aussitôt que le temps des persécutions serait passé. Si M. de Lézignac avait pu se soustraire encore quelques mois à l'abominable complot dirigé plus encore contre sa bourse que contre sa vie, il était complétement hors de danger, car la sanglante dictature de Robespierre, cause de tous les maux, touchait à sa fin.

J'ai laissé courir le récit sans l'interrompre, tel qu'il m'a été transmis, tant il m'a paru vrai et inattaquable. Ici les faits palpitent; il semble qu'on assiste à ces scènes lugubres, si bien en rapport avec les idées et les habitudes de ces temps malheureux.

Notes :

1. Nous n'avons pas pu obtenir les actes de naissance et de décès de celle victime, car les registres de celle commune manquent pour celle époque. — Voici l'acte de décès de son père :

« Le vingt-deux septembre de l'an mil sept cent cinquante-cinq, est décédé dans le bourg de Lézignac-Durand, dans la communion de l'Église, et a été inhumé, le vingt-trois du courant, messire Martial du Rousseau, écuyer, âgé de cinquante-cinq ans ou environ, veuf de Marie-Suzanne Pasquet. L'enterrement a été fait en présence de messieurs Germain Berthoumet, sieur de La Vue, habitant Orgedeuil en Angoumois, et de Jean de Plas de Fontaubière, habitant de Cherves, ses neveux, soussignés, et de plusieurs autres parents et amis. »

(Suivent les signatures.)

Les du Rousseau de Lézignac étaient de même souche que les du Rousseau de Ferrière, de Fayolle, de Coutgens, de Magnac, etc.

Source : Les victimes de la terreur du département de la Charente, de Stéphane-Claude Gigon.

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Des suspects pendant la Révolution française

La famille Besse Desmoulières était « suspecte » . Le chef de famille était alors Gérôme. Son frère Jean-Baptiste, qui était prêtre, parlait de prendre le chemin de l'exil. Au début de 1792, de mauvaises langues ont dû jaser. Un des fils de Gérôme, Pierre Besse, est absent depuis longtemps. Où est-il ? N'aurait-il pas rejoint l'armée des Emigrés ? Pour calmer les soupçons malveillants, le « sieur Desmoulières père » demande à la municipalité de Milhac de se faire délivrer par la municipalité de Dôle, dans le Jura, où se trouve son fils, un certificat de résidence. « L'attestation certifiant que le sieur Pierre Besse Desmoulières, cavalier au 7e Régiment précédemment Royal-Etranger, en garnison » à Dôle, se trouve bien « dans cette ville où il réside en cette qualité », est datée du 3 février 1792.

Jeanne Pourtent, du Chastenet, avait un frère, Jean, qui était chanoine et résidait à Arras. Sans doute aussi pour se défendre contre des calomnies, Jeanne demanda « verbalement » un certificat prouvant que le chanoine était toujours en France. Le 6 octobre 1792, la municipalité d'Arras signait pour celle de Milhac un papier « attestant que Jean Pourtent, ci-devant chanoine, a résidé à Arras » depuis le 29 avril 1791 jusqu'à ce jour.

En 1793 vivait à Croze la veuve Faurichon. Elle était née Marie Guichard de Verzinas. En 1769, elle avait épousé Elie-Noël-Jean Faurichon, écuyer, seigneur de Labardonnie, qui demeurait à Croze.

En 1793, elle pouvait donc avoir quelque 45 ans.

Son fils aîné, prénommé Elie comme son père, selon une coutume fréquente, pouvait, lui, être âgé d'environ 23 ans.

La veuve résidait à Croze avec «ses filles ». Mais son fils Elie avait émigré.

Les Faurichon de Croze étaient donc « suspects » .

A la fin de 1792, un « officier municipal » avait été envoyé tout exprès à Croze pour rappeler à « ladite Guichard et à Georges Puyrenier son homme d'affaires » que « les biens des émigrés étaient mis sous la sauvegarde de la Nation » et qu'ils ne devaient pas « être dilapidés ». La veuve avait fait au messager « des réponses irrévérentielles » et lui avait dit que le Conseil se mêlait de ce qui ne le regardait pas. Sur quoi elle avait donné l'ordre de « couper des arbres sur les limites du pré de réserve attenant la maison appartenant à son fils, émigré français ». Le 18 janvier 1793, la municipalité votait un blâme à « Marie Guichard veuve La Bardonnie », et en donnait connaissance au District « à telles fins que de droit ».

Au printemps de 1793, un « bruit commun » avait couru jusqu'à Nontron accusant les deux « dames » des Moulières et de Croze d'avoir tenu des « propos peu républicains ». Le District en prit prétexte pour ordonner une visite domiciliaire aux deux « maisons suspectes » des Besse et des Faurichon. La visite eut lieu le 29 mars 1793 après midi. Elle était dirigée par le commissaire Ladorie, envoyé par le District, auquel faisaient escorte le maire, le procureur de la commune, deux officiers municipaux, deux notables et quatre gardes nationaux.

Bien que Gérôme Besse Desmoulières fût alors « commandant de la Garde nationale », on commença par sa maison « environ les 2 heures de relevée ». Aussi bien était-ce à sa femme qu'on en avait. Les enquêteurs sont reçus par la fille de Besse. Elle leur dit que sa mère est absente, qu'elle est partie à Bonnefond. Elle va appeler son père. Quand Besse est là, on lui demande de donner « les clefs du cabinet de son épouse » et « les journaux ou lettres et papiers qui, dans les circonstances (présentes) , peuvent être suspects ». Besse répond que sa femme a sur elle « les clefs des deux cabinets ». Il les montre et on y appose des scellés. Puis il ouvre « un tiroir » où sont « des lettres et des papiers ». On les examine : « Rien n'est trouvé suspect ». Puis la fille Besse doit ouvrir un « cabinet » lui appartenant. On y trouve « parmi des papiers deux lettres qui ont paru suspectes » et que confisquent les commissaires.

Après la visite des papiers, on s'occupe des armes. On inventorie : 3 fusils simples, 1 fusil à 2 coups, 2 pistolets « de fouraud », l'épée, 1 couteau de chasse et 2 pique. Toutes ces armes seront « transférées de suite en la maison commune ».

On se rendit ensuite aux écuries. Les deux juments qui s'y trouvent sont mises « en réquisition permanente ».

Avant de se retirer, les commissaires déclarent « au citoyen Desmoulières » que sa femme est mise « en état d'arrestation ». Desmoulières « promet » qu'elle se rendra demain à la maison commune où elle restera détenue jusqu'à la décision du District.

Les enquêteurs se rendirent alors aussitôt à Croze « en la maison de la citoyenne Guichard » . Elle ouvre « tous ses cabinets » et « produit tous ses papiers ». Rien de suspect.

Quant aux armes, elle donne ce qu'elle a : 2 pistolets « à foureaud », 1 épée fort rouillée, 1 mauvais fusil simple et 1 autre à 2 coups. Mais ce dernier ne lui appartient pas. Il est à Puyrenier, son homme d'affaires. Par contre, elle en possède un « assez en bon état », qui est actuellement «chez !e citoyen Laurandie ». Les armes de Croze sont emmenées. Le fusil de Laurandie sera apporté demain à Milhac.

Ladite Guichard » est, elle aussi, mise « en état d'arrestation ». Qu'elle se rende demain en la maison commune où elle aura à se justifier des « paroles pour lesquelles elle a été dénoncée ». Elle accepte et promet.

Le lendemain 30 mars, les deux dames sont à Milhac. Elles demandent que le commissaire du District vienne enquêter sur leur culpabilité et lever les scellés sur les deux cabinets des Moulières. Aussitôt le Conseil envoie un « exprès » à Nontron pour demander à Ladorie de revenir dès le lendemain. Le conseil général de la commune se trouvera de nouveau réuni, et lui, Ladorie, aura à procéder à un complément d'enquête.

Le commissaire du District vient seulement le 1er avril. Aux Moulières, dans les deux cabinets de la dame Besse, il ne trouve rien de suspect, sinon une « Représentation du Clergé de France faite à Louis XVI » et une « lettre dont le citoyen Ladorie s'est emparé ».

Après avoir examiné les accusations portées contre les deux dames au sujet des propos subversifs qu'elles auraient tenus, et après avoir pris « l'avis du Conseil » municipal, Ladorie rend son verdict. Les deux dames ne sont pas coupables, qu'elles soient remises en liberté. Il leur donne cependant le conseil d'être à l'avenir «plus circonspectes envers leurs concitoyens». Les dames « promettent d'être exactement réservées, et de ne nourrir dorénavant que de pures intentions au bien public, et de se comporter en vraies républicaines ». Elles sont simplement condamnées « à payer les frais dus aux gardes nationaux ». Ce « dont le citoyen des Moulières commandant a répondu ».

Source : Milhac-de-Nontron, de Marc Chassaing.

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