En 1794, fut décapité place du Clautre, à Périgueux, Sicaire Boutonnier, domestique de M. Aubin de Jaurias ; il l'avait suivi dans l'émigration puis avait regagné la France et sa province en 1793 ; dénoncé lâchement, il fut arrêté au cours de l'hiver et demeura interné plusieurs mois, les juges périgourdins cherchant à le faire oublier. Ils ne purent y parvenir. Les terroristes étaient encore assoifées de sang ! M. Aubin de Jaurias, d'une ancienne famille de robe, avait élever sur ses terres une belle demeure ; la considération que s'étaient attirée ses ancêtres et sa valeur personnelle l'avaient fait admettre dans la première Compagnie des mousquetaires de la Garde ordinaire du Roi ; en 1789, il revint sur le domaine dont il portait le nom, s'occupa d'agriculture, fut nommé maire de Goûts et se distingua par sa charité. En 1792, obéissant à un ordre secret de Louis XVI, il regagna Paris se joignant aux gardes du corps. Il assista aux journée du 20 juin et du 10 août, puis partit rejoindre le corps des mousquetaires qui se constituait à Coblence. Il restait dans sa correspondance le conseiller de ses enfants leur recommandant l'amour de Dieu et des pauvres, la pratique de la religion et « la pénsée constante de l'Eternité. » Amnistié, M. Aubin de Jaurias jouit peu de son retour ; il mourut le 28 fructidor, An XII. Ses trois fils avaient franchi la frontière dès qu'ils en eurent l'âge, comme leurs précédesseurs comptant en se leurrant sur une action efficace... Leur sœur dut comparaître à Nontron devant le Tribunal révolutionnaire pour justifier leur conduire. « Si j'avais porté culotte, dit-elle simplement, nous aurions été quatre à partir. » Les juges devant tante de courage, sourirent et lui rendirent la liberté.

(Nontron dans l'Histoire)