La communauté de Boubon avait à sa tête une prieure élue par toutes les religieuses, dont le choix devait être approuvé par Madame l'Abbesse Générale de Fontevrault. Elue pour trois ans, elle pouvait être réélue et était aidée dans l'administration par des soeurs discrètes qui remplissaient les charges de célérière, dépositaire, boursière, grainetière ou portière ; il exista, parfois, des sous-prieures.

Il y avait aussi à Boubon des soeurs "cherches" dont le rôle n'est pas très bien défini, mais qui semblaient chargées d'inspecter, chaque soir, la communauté pour voir si tout était en ordre, les portes fermées, et les religieuses dans leurs cellules.

Parfois, mais rarement, on recevait, dans le monastère des personnes pieuses qui désiraient se retirer dans cet asile de prière pour terminer leur vie plus saintement ; on les appelait soeurs de grâce.

Boubon fut, avant tout, un monastère aristocratique et le rendez-vous des jeunes filles nobles du pays qui voulaient, de leur propre gré, ou selon le voeu de leur famille, se consacrer à Dieu ou y faire des études. Les Lambertie y envoyèrent plusieurs de leurs filles qui y prirent des fonctions importantes, achevant ainsi de dominer, dans tous les domaines, la vie de la région.

Une Henriette de lambertie y prit I'habit le 20 février 1643, et une autre Lambertie, reçue au monastère le 20 octobre 1644, fut nommée supérieure de cette maison. Dans la lignée des Lambertie-Gerbevillier, Charlotte, religieuse à Boubon en 1676, devint également supérieure du monastère.

Les religieuses avaient aussi ouvert un pensionnat où les familles nobles de la contrée vinrent chercher I'instruction et se former à la vertu chrétienne ; plusieurs de leurs élèves y firent profession et les remplacèrent, continuant leur tradition de piété.

Le caractère aristocratique de cette institution ne semble pas, cependant, avoir apporté de grandes richesses à Boubon, malgré la légende du trésor qui court encore de nos jours.

Source : Cussac et sa région, de Pierre Macaire.