21 mars 1789.

Ce jourd'hui vingt-unième du mois de mars mil sept cent quatre-vingt-neuf, au greffe royal de la sénéchaussée de Périgueux, s'est présenté messire François de Maillard de La Faye, chevalier de très-noble et très-illustre ordre de Saint-Jean de Jérusalem, faisant tant pour lui que pour le seigneur marquis de Maillard, son frère, le seigneur marquis de Fayard des Combes, que pour les dames de Villars de Pontignac, lequel a dit que le dérangement de sa santé et des raisons essentielles, qu'il n'a pas jugé à propos de déduire, l'obligeant de quitter l'assemblée de la noblesse pour s'en retourner à sa résidence, a déclaré, tant pour lui que pour ses constituants, protester contre tout ce qui a été fait et sera fait dans ladite assemblée au mépris de la loi du prince et du respect dû à sa personne sacrée, et qu'il n'entend approuver que les sages moyens qu'elle a pris ou qu'elle prendra pour le bien général de la nation et le bien particulier de la province du Périgord, soit pour la constitution, ou contre les abus; ledit seigneur comparant demandant acte de son départ, ce que lui avons concédé, et a signé avec nous, greffier soussigné.

Mage, greffier en chef.

Le chevalier De Maillard De La Faye, tant pour moi que pour mes constituants.

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Nous soussignés, membres de la noblesse du Périgord, pour nous conformer au désir du Roi, qui ne veut que le bien de ses sujets, et qui le cherche toujours, comme un bon père de famille celui de ses enfants, donnons plein pouvoir à Messieurs le comte de La Roque de Mons, marquis de Foucauld de Lardimalie et marquis de Verteillac, nos députés aux États généraux, de proposer, remontrer, aviser, résoudre et consentir tout ce qui pourra faire le bien général de la nation, régénérer la monarchie et assurer sa force et sa prospérité, d'où naîtront nécessairement la gloire du bon prince qui la gouverne et le bonheur de tous ceux qui la composent.

Fait et arrêté à Beaussac, près Mareuil, en Périgord, le 27 juillet 1789.

Le chevalier de Maillard de La Faye, de l'ordre de Malte, etc. — Le comte de Haumont. — Doleson. — Grand de Bellussière. — De Maillard de La Faye. — Camain de Saint-Sulpice. — Le chevalier de Lageard. — De Lamberterie. — De Pihdray d'Ambelle. — De Villars de Pontignac. — Le comte de Galard. — Le chevalier de Villars. — Conan d'Ancor. —Darepère. —Lafaye fils, capitaine au régiment de Bresse. — Chevalier de Pindray d'Ambelle. — Le chevalier de Campniac. — Montardy. — De Pindray de Sainte-Croix. — Conan, lieutenant de vaisseau.

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29 juillet 1789.

Je ne me rendrai point, Monsieur, à l'invitation que vous m'avez faite, par votre lettre-circulaire du 15 de ce mois, de me trouver à l'assemblée de la noblesse qui se tiendra demain à Périgueux, à l'occasion du nouveau pouvoir demandé par ses députés aux États généraux, parce que, d'après la liberté que le gouvernement a donnée à chaque membre, j'ai exprimé mon vœu à ce sujet avec plusieurs gentilshommes de mon canton. J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint, de leur part et de la mienne, un duplicata de notre travail, qui est parti pour sa destination. Nous vous prions de le communiquer à Messieurs de la noblesse de Périgueux, avec lesquels nous nous ferons toujours un honneur et un mérite de nous compter, surtout dans la circonstance présente, où il s'agit du bien général de la nation, de la gloire du monarque et des lois qui peuvent régénérer la monarchie, que toutes sortes d'abus ont mise sur le penchant de sa ruine. Nous vous prions aussi de faire déposer cet écrit au greffe de Périgueux, afin que nous puissions y avoir recours, s'il en est nécessaire.

J'ai l'honneur d'être avec ces sentiments très distingués, Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Le chevalier De Maillard De La Faye, chevalier de Malte.

Source : La noblesse du Périgord en 1789, d'Amédée Matagrin.