Malgré leurs difficultés financières, ses parents avaient eu le mérite de conserver l'intégralité de leur domaine foncier. François conservera bien évidemment cette optique et ira même plus loin, puisqu'il procédera à de nouvelles acquisitions. En effet, au mois de janvier 1862, il achète à Monsieur Charles de Maillard le château de Maraffy et ses dépendances représentant une centaine d'hectares pour la somme de 68 160 francs. Il augmente ainsi sa fortune estimée en 1871 à environ 800 000 francs : 240 000 francs pour Jaurias proprement dit, 150 000 francs pour Maraffy et 320 000 francs de capitaux. Il modernise les bâtiments agricoles, fait cimenter les étables et fait installer une évacuation rationnelle du purin. Il pratique, bien évidemment, la polyculture avec essentiellement de l'élevage, des blés, des arbres fruitiers et des vignes. Il porte un soin particulier à ces dernières qu'il développe sensiblement, puisqu'en 1868 il produit 300 barriques dont un tiers provient de ses nouvelles acquisitions. Il s'agit d'une année exceptionnelle, en quantité et en qualité, et il est heureux, l'année suivante, de vendre son vin 225 francs, le tonneau. En 1870, il achète du matériel agricole, plante encore des vignes et procède à une importante coupe de bois. La même année, il soumet à son fils un important projet de construction de cuvier, pressoir, chais, étable, écurie et grenier à foin à Jaurias. Bref, en un mot il gère sa propriété avec d'autant plus d'aisance qu'il n'attend pas après les aléatoires revenus agricoles pour la faire prospérer! Quant aux travaux et aménagements concernant la maison de maître, ceux-ci sont engagés dès 1854 et se poursuivront pendant de nombreuses années, malheureusement pas toujours avec un goût très sûr, comme il arrive souvent à cette époque dans trop de châteaux périgourdins... En 1858, il fait construire une chapelle et une sacristie, puis, plus tard, une orangerie, il fait installer l'eau courante par un bélier aménagé dans un ancien moulin désaffecté, des toilettes, des salles de bains, l'éclairage dans toutes les pièces grâce au gaz acétylène. En 1864, il entreprend de restaurer le salon et la salle à manger et, à cette occasion, il fait détruire les vieilles boiseries du XVIIIe siècle au grand dam de son père. Il supprime également les cheminées de pierre pour leur substituer de banales cheminées de marbre, fait cimenter le hall et l'escalier sous prétexte que ses pierres étaient usées!

A l'extérieur du château, les travaux vont bon train également, mais avec plus de bonheur semble-t-il : plantation d'une allée de cèdres, création d'un potager, d'un parc avec mise en place d'un réseau d'arrosage et d'un bassin décoratif dans la cour avec jet d'eau, construction d'un tennis, d'une piscine, d'une mare pour les chevaux... Bref, Versailles ou peu s'en faut!

Malgré les quelques regrettables fautes de goût signalées plus haut, François de Jaurias a eu le mérite, grâce à ses importants moyens financiers et à son inépuisable bonté non seulement d'entretenir, d'embellir et de moderniser le domaine familial, mais encore d'en faire un haut lieu de charité où les malheureux de ce monde pouvaient toujours trouver secours et refuge. Il participa, en outre, très activement avec ses sœurs Anaïs et Noémie à la création de l'hospice de Goût dans les années 1868.

Il décède dans cette demeure qu'il avait tant aimée, le 4 juin 1876, à l'âge de 70 ans.

Source : Anne-Marie Cocula, 1998.