Logis de Vignérias, XVIIIe s., à 1 km 200 E.

Un pavillon carré, servant de colombier, avoisine le portail dont la grande porte s'ouvre sous un arc en anse de panier. Le logis, remanié, est très modeste. Un oeil-de-bœuf surmonte sa porte entourée de moulures, au-dessus de laquelle se lit la date de 1779. Un cadran solaire, enjolivé d'un vase de fleurs au centre, se profile à la façade.

(Société archéologique et historique de la Charente, 1966)

Au vrai, entre le château et l'abbaye d'une part et ces pauvres paysans, il existait à Charras, une petite bourgeoisie vivant dans une modeste mais suffisante aisance, instruite pour la plupart et prête à adopter avec enthousiasme les principes nouveaux. Il y avait le sénéchal, — car Charras possédait une justice seigneuriale, — des procureurs, un greffier, un chirurgien, des bourgeois vivant sur leurs terres et nantis de noms ronflants, tels que Pabot de la Morinie, Pautier du Fouilloux, Légier des Places. Il y avait enfin Maître Pierre Decescaud de Vignerias, avocat au présidial d'Angoulême.

Me Decescaud de Vignerias, né en 1716, avait épousé, à Bussière-Badil, en Périgord, le 15 février 1776, la demoiselle Marie Sauvo des Versannes, beaucoup plus jeune que lui. Marie Sauvo était issue d'une bonne famille de bourgeoisie paysanne, très pratiquante, comptant dans son sein nombre de membres ecclésiastiques ou religieux. À Marillac-le-Franc mourut, en 1748, Joseph Sauvo, curé de la paroisse, qui, par testament, constitua une rente annuelle et perpétuelle en nature au profit des pauvres de sa paroisse.

(Société archéologique et historique de la Charente, 1958)

Le féminisme en 1790, publié par Léonce Grasilier. Paris, bureaux de la Nouvelle revue rétrospective, 1899, in-18, 16 pages.

C'est le « cahier des doléances et réclamations des femmes du département de la Charente », daté de « Charras, le 29 juin 1790 » et signé « Marie veuve de Vuignerias, avec procuration, » et cette indication : « Mon adresse est : Madame veuve de Vuignerias en sa maison de campagne de Vuignerias, paroisse de Charras, proche Angoulême. » L'éditeur a cherché a identifier cette citoyenne qui se faisait le porte-parole des revendications des femmes du canton de Marthon. « Il n'a pas été possible, dit-il, d'obtenir le moindre renseignement. C'est en vain également que l'on a cherché le nom de Vuignerias dans les publications de l'Angoumois. » Or, dans les Notes historiques sur la baronnie de Mathon, M. l'abbé Mondon indique, p. 319, une branche de la famille Decescaud, branche de Vignerias, où se trouve Marie Sauvo, épouse de Pierre Decescaud, sieur de Vignerias, avocat à Angoulême, qui pourrait bien être cette Marie, veuve Vignerias. Elle réclame l'égalité des sexes, l'émancipation de la femme, la suppression des droits féodaux et des douanes intérieures, la confiscation des biens du clergé, la permission de former un corps de troupe, etc. Elle termine ainsi : « Messieurs, que vos attentions se portent à adoucir le sort des malheureuses veuves; c'est une grâce que j'ai l'avantage d'implorer. » 

(Revue de Saintonge & de l'Aunis, 1879)