Antoine-Sylvain Prevost des (ou du) Marais
Saint-Germain-de-Confolens (Charente) 22 décembre 1747 - Lessac 11 mars 1829.

Fils de Jean Prevost, sieur du Marais, marchand-tanneur, et de Marie-Monique Charrand. Un riche notable de la Charente limousine, aux confins du département, actif dans le secteur économique et qui a rempli de multiples mandats sur près de quarante ans. Avocat avant 1789, il a participé aux Etats du Poitou mis en place en 1787, au titre de l'élection de Confolens. Il fait partie en 1790 de la première administration du district de Confolens ; réélu en octobre 1791. Il ne fait plus partie de celle nommée en octobre 1792. Riche propriétaire agriculteur, â partir de 1797 il établit sur la Vienne, à Lessac, une minoterie, la seule du département, à quatre roues et qui emploie quatre ouvriers (rapport administratif de 1812). Inscrit sur la liste des soixante, il est le maire de Lessac depuis le Consulat jusqu'en 1822, renommé chaque fois qu'il est sorti par tirage au sort, président du canton électoral de Confolens-Nord du début, semble-t-il, jusqu'en 1816.

Cette permanence à travers les régimes, et tout particulièrement après les Cent Jours son maintien lors de la seconde Restauration, peut être le fait de la compétence, qualité rare qui oblige à garder les mêmes, surtout si l'on y ajoute le zèle au service de la chose publique, ce qui est présentement le cas, d'après l'appréciation du préfet en 1812 : "Estimable pour son zèle, mérite d'être conservé". Il faut ajouter qu'il était affilié à la franc-maçonnerie dès avant 1789.

De son mariage avec Anne Goursaud (alias Marie Bonnefond), décédée en 1818, sont nés au moins cinq enfants, héritiers en 1818 et 1829. L'une des filles, Françoise, a épousé Charles Memineau, le fils du sous-préfet de Confolens, qui sera plus tard conseiller général.

La fortune est estimée à 200 000 F par l'administration en l'an XII, avec une contribution de 1 774 F en l'an XIII, estimation assez proche des chiffres des déclarations de succession puisque sont indiqués : 94 000 F d'immeubles, biens d'acquêts au décès de la mère (c'est à dire la moitié), et 6 000 F de meubles ; 4 210 F de meubles au décès du père qui avait procédé à un partage de propriétés, en 1827, pour une valeur de 110 000 F, sans oublier 27 000 F d'argent liquide payable après son décès.

Il est décédé au château de Bois-Buché, qui était avec ses dépendances le principal domaine de la fortune.

Jean ou Jean-Baptiste Prevost-Maisonnais
Saint-Germain-de-Confolens (Charente) 8 octobre 1755 - Abzac 4 juillet 1821.

Fils de Jean Prevost, sieur du Marais, et de Marie-Monique Charrand. Il est le frère cadet d'Antoine-Sylvain (qui précède). C'est le seul cas en Charente de deux frères figurant sur la liste des soixante, d'autant plus curieux qu'il est difficile de trouver une notice administrative plus vide que celle du présent notable. Elle contient seulement : "Agriculteur, presque toujours officier municipal". En effet son nom ne figure guère dans les archives de l'administration révolutionnaire : en 1790 on le trouve à titre de citoyen actif, désigné comme scrutateur dans une assemblée primaire du canton de Saint-Germain dont dépend la commune d'Abzac, et dans cette dernière à coup sûr il ne fait pas partie du premier corps d'officiers municipaux formé en 1790. Il n'a jamais été ni maire, ni agent municipal, ni adjoint. Il est vrai que les liens et les relations familiales sont étendus, avec différentes unions matrimoniales entre Duverrier (Pleuville), Prevost des Marais (Lessac), Prevost-Maisonnais (Abzac), Memineau (Confolens), et cela sur plusieurs générations successives.

De son mariage avec Françoise Corderoy, en 1776, Prevost- Maisonnais a eu douze enfants, dont trois garçons qui ont fait souche.

La contribution payée en l'an XIII s'élève à 1 773 F, identique à celle du frère qui paie 1 774 F. Le cadet figure sur la liste des trente contribuables plus imposés, alors que l'aîné, lui, en est absent avec la même imposition !

Après son décès en 1822, au château de Serre d'Abzac, il laisse des acquêts de communauté pour un total de 96 000 F, des biens propres pour 18 000 F et des meubles pour 19 439 F, à quoi il faudrait peut-être ajouter les biens propres de l'épouse décédée en 1838. Dans les acquêts il y a une forte proportion de biens nationaux, et ce notable figure sur la liste des six principaux propriétaires acquéreurs de domaines nationaux dans le département.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.