Pierre-Jacques Maulde de L'Oisellerie
Angoulême (Charente) 3 septembre 1758 - La Couronne (Charente) 25 juin 1811.

Fils de Jean Maulde, seigneur de Marsac, L'Oisellerie et Valence, et de Marguerite Maulde des Blancheteaux. Une famille de bourgeois magistrats qui exercèrent différentes fonctions au présidial et à la sénéchaussée d'Angoulême depuis cinq générations, à l'exception de la dernière, celle de son père Jean Maulde qui, de faible santé, n'avait pas exercé d'office. Le père et son frère Pierre étaient restés longtemps dans l'indivision, après le décès de leurs parents, cumulant à eux deux plusieurs héritages. Le beau domaine de L'Oisellerie, avec son corps de logis Renaissance, à la sortie Sud d'Angoulême (à présent lycée agricole du département de la Charente) , était entré dans la famille en 1691, acheté par les arrières-grands-parents François Maulde et Thérèse Gervais. Après des études, avocat à la cour, Pierre-Jacques Maulde en 1781 avait contracté mariage avec une très riche héritière, Marie Guimberteau, dont la fortune était plus considérable que la sienne. Il avait repris, non sans difficultés de la part des officiers du siège d'Angoulême, la fonction exercée par ses ascendants, et en 1789 il était ainsi conseiller et juge magistrat en la sénéchaussée et présidial d'Angoumois. Il remplissait des fonctions municipales quand il fut Elu suppléant à la Législative le 7 septembre 1791. Il ne fut admis à y siéger que près d'un an plus tard, en août 1792, du fait de la démission du député La Faye des Rabiers. Le mois suivant, désigné comme premier suppléant à la Convention, il y entra tout de suite en remplacement de Carra, journaliste parisien qui avait opté pour le département de Saône-et-Loire. Maulde, avec Devars, vota pour la détention du roi, alors que les sept autres députés de la Charente se prononcèrent pour la mort, et dans les autres scrutins il se déclara pour l'appel au peuple et pour le sursis, motivant ainsi son vote dans le scrutin principal : "Je vois dans Capet un tyran, un factieux, un traître à la nation ; je l'ai déclaré coupable. Si aujourd'hui j'avais à émettre un voeu comme citoyen privé je voterais la mort. Mais en prononçant comme législateur je vote pour la détention perpétuelle, sauf à prendre d'autres précautions lorsque la Constitution sera présentée à l'acceptation du peuple". Maulde à la Convention faisait partie du Comité des domaines. Il est difficile de le classer politiquement par rapport aux partis et aux factions. Après le 31 mai, il aurait été emprisonné et il ne reprit sa place dans l'assemblée qu'après le Neuf Thermidor. Le choix des deux-tiers le reprit et il siégea au Conseil des Cinq Cents jusqu'en 1797. En l'an VIII, Maulde est nommé au Conseil général du département dont il sort vers 1807, par tirage au sort. Il y rentre de nouveau en mars 1811, quelques mois avant sa mort. Inscrit sur la liste des soixante ainsi que celle des trente contribuables les plus imposés du département. Au moment de son décès en 1811, il est juge au tribunal civil d'Angoulême.

Il ne faut pas le confondre avec son cousin Pierre-François Maulde des Blancheteaux (1759-1809), un autre notable charentais, maire d'Anaïs et président du collège électoral du canton de Saint-Amant-de- Boixe, après avoir été membre du conseil du département à plusieurs reprises entre 1791 et 1797.

La fortune de Pierre-Jacques Maulde de L'Oisellerie, venue en grande partie de son père dont il était l'unique héritier, est estimée après son décès à 30 290 F (biens meubles) et 98 066 F d'immobilier, situé essentiellement à La Palud (La Couronne) et dans lequel le domaine de L'Oisellerie représente 25 200 F. Les biens propres de sa veuve, Marie Guimberteau, décédée en 1824, sont estimés à 115 674 F en mobilier, consistant presque exclusivement en une centaine de créances et 97 770 F d'immobilier dans le canton de Blanzac.

Trois héritiers : deux filles, et un fils, Jean (1787-1860), membre fondateur de la Société archéologique et historique de la Charente, après avoir été conseiller de préfecture pendant quelques années à Angoulême.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.