En vertu du décret de l'assemblée nationale constituante du 14 décembre 1789 et des lettres patentes du roi, l'assemblée paroissiale est réunie par le syndic le 7 février 1790, pour procéder à l'élection des membres qui doivent former la municipalité.

Pierre Fureau de Villemalet est élu président de séance, assisté de trois anciens : Jean Dezerce, Léonard Broussard et Antoine Legras.

Léonard Dezerce est élu secrétaire par 46 suffrages contre 35.

Le président de séance et le secrétaire ont alors prêté le serment de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du royaume, et d'être fidèles à la nation à la loi et au roi.

Le 9 février 1790, l'assemblée est à nouveau réunie ; le président de séance fait l'appel nominal des 115 présents et leur fait prêter le serment civique ; sont élus scrutateurs : Pierre Fureau Sieur de Fontenelle, Philippe Saulnier Sieur de l'Isle et Jacques Montagné.

Puis il est procédé à l'élection du maire ; après ouverture et dépouillement du scrutin, Pierre Fureau de Fontenelle est élu maire au premier tour par 69 voix contre 44 ; le président de séance et les scrutateurs l'ont alors « mis dans la fauteuil ».

Chaque commune ayant 800 habitants comme la Rochette, devait avoir un conseil municipal composé de 6 officiers municipaux, le maire compris, avec en sus un procureur syndic ; elle devait aussi avoir un conseil général composé de 12 notables.

Pierre Fureau de Villemalet, Jacques Montagné, Pierre Marchadier, Bernard Mestreau et Gaspard Ferrant furent élus officiers municipaux ; Philippe Saulnier avec toutes les voix sauf une, fut élu procureur syndic.

L'élection de 12 notables eut lieu le 14 février : Antoine Lacote, Pierre Clément, Antoine Augier, Pierre Aubert, Louis Desnoyer, Antoine Nadeau, François Viollet, Louis Robin, François Fontroubade, François Jourde, J. Bourrabier et Sébastien Martonneau furent élus.

Tous « pleins de confiance aux lumières », prêtèrent le serment.

Le dimanche 14 novembre 1790, conformément à un décret de l'assemblée nationale, le maire et les officiers municipaux furent rassemblés pour procéder par tirage au sort, au renouvellement de 2 officiers municipaux et de 7 notables.

Furent « destitués » comme officiers municipaux Jacques Montagné et Gaspard Ferrant ; ce n'était pas une sanction, mais plutôt une rotation dont le but était de faire participer davantage de citoyens à la vie municipale ; Gaspard Broussard dit le Blondin et Antoine Nadaud furent « institués » officiers municipaux.

Les 7 nouveaux notables : François Laleu, Léonard Dezerce, Jean Bourrabier le jeune, Antoine Augier, François Ferrant, François Fureau, et Antoine Gobaud, remplacèrent un nombre égal de notables précédents.

Ceci fait, l'assemblée fut dissoute ; les élus prêtèrent le serment et jurèrent devant la commune de maintenir de tout leur pouvoir, la constitution du royaume, d'être fidèles à la nation, à la loi et au roi, et de bien remplir leurs fonctions. Tous signèrent, avec le maire.

Pierre Fureau de Fontenelle, devra abandonner la mairie au bout de quelques mois, car élu juge de paix du canton de Jauldes, les deux fonctions ne pouvaient se cumuler. Sébastien Martonneau lui succéda jusqu'en 1792, lui-même remplacé par Bernard Mestraud.

Les assemblées municipales dûment annoncées 8 jours avant, se tenaient à la maison commune au village des Gauds ; puis elles se tinrent à la maison du maire.

Pierre Fureau de Villemalet avec une vingtaine de ses collègues eut l'honneur de représenter le district de la Rochefoucauld à la grande fête de la Fédération le 14 juillet 1790, à Paris ; peut-être put-il voir de loin, sur l'estrade, la Fayette plastronnant, l'évêque Talleyrand officiant et Louis XVI un peu contraint ; en février 95 le même Fureau, atteint de quelques infirmités dut résigner ses fonctions au district.

Voici le conseil municipal de 1792 : Bernard Mestraud maire, Pierre Fureau de Villemalet, Pierre Clément l'aîné, François Jourde, François Viollet et Sébastien Martonneau ancien maire, officiers municipaux, Antoine Augier était agent national de la commune.

Et le conseil général de la commune avec ses 12 notables : François Ferrant, Louis Robin, Pierre Guimard, Gaspard Broussard, François Fontroubade, Antoine Gobeau, Pierre Villatte, Jean Clément, Léonard Dezerce, François Benoît, Pierre Marchadier, Jean Dezerce.

Labrousse-Barussière récemment décédé avait été remplacé.

Un peu plus tard, le tableau général de la nouvelle organisation des municipalités, juge Bernard Mestraud maire et agriculteur, Léonard Dezerce, François Ferrant, Etienne Fayou, Sébastien Martonneau et Etienne Villaette, officiers municipaux « hommes probes ».

Le procureur de la commune, François Seguin, ex-curé, reçut le même satisfecit. Sur un autre tableau, les mêmes citoyens furent tous portés comme patriotes.

Les membres du conseil général de la commune : Jean Albert, François Fontroubade, Antoine Vigier, Alexandre Vigier, Alexandre Bordet, Louis Robin, François Lalut, Pierre Fureau l'aîné, Antoine Gobeau, François Lafon, Jean Nadeau, Pierre Guillot et Jean Lambert étaient « cultivateurs et hommes probes ».

Le 12 août 1792, les citoyens du canton de Jauldes, au nombre de 950 furent convoqués en assemblée pleinière pour élire 15 citoyens devant participer à la nomination des députés à la Convention ; furent élus : Roch Boissier-Descombes, président de séance, Pierre Machenaud, Charles Léchelle, commandant le bataillon de Jauldes, Maulde de Blancheteau, administrateur du département, Jean Machenaud-Duchaix, agriculteur, Jean Gobaud, boulanger, J.B. Hériard-Préfontaine, maire d'Aussac, Jean Basset, officier municipal, Pierre Fureau Fontenelle, juge de paix du canton, Jean Varache maire d'Agris, Laurent Boissier, Pierre Gervais, procureur de la commune et Pierre Prévaud, greffier de la justice de paix.

Avec les délégués des autres cantons et districts, ils élurent les députés de la Charente à la grande Convention qui à partir du 21 septembre 1792, proclamera la République et dirigera la France d'une poigne de fer.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.