A la fin du XVIe siècle le fief du Roc, arrière fief de celui de la Rochette était tenu par Pierre Tizon ; son logis aux murs épais, sur cave voutée date de cette époque ; il a conservé son escalier extérieur de pierre, du côté de la forêt ; ses fenêtres étroites ont été élargies au cours des temps ; ce très modeste logis servait pourtant d'habitation à une famille noble.

Mais le 20 octobre 1608, Pierre Tizon chargé de dettes, dut vendre à Gabriel de Barbarin Sieur de la Breuilhe et de Fontchauveau « sa maison et son hôtel noble du Roc, consistant en maison, granges et establerie, fuie, basse-cour, prés, vignes, préclotures, terres labourables et non-labourables, biens nobles et roturiers et tout ce qui en dépend, sans rien réserver sur les paroisses de la Rochette et d'Agris » ; il y avait en effet, une action au parlement de Paris sur les biens du Sieur du Roc, pour cause de la succession de défunt Louis Tizon son fils, 5.200 livres, sur les 5.600, prix de la vente, seront versés à divers créanciers, dont Catherine Tizon, sœur du vendeur.

Peu après, Gabriel de Barbarin épousa Louise Frotier-Tizon, sœur du seigneur de la Rochette, devenue veuve, Louise vendit à son tour le fief du Roc à Pierre de Cardillac écuyer, Sieur de Lanne, demeurant à Angoulême, le 9 août 1618 ; les biens nobles relevaient du roi, mais elle ignorait quand hommage devait lui être rendu ; la vente fut faite pour 5.600 livres.

Quelques jours plus tard, Roc Frotier-Tizon, n'acceptant pas la vente faite par sa sœur et usant de son droit de retrait lignagier, reprenait à son compte la seigneurie du Roc, avec l'accord du second mari de Louise, Pierre d'Arroux.

Le 12 juin 1622, Yolande de Barbarin, fille de Gabriel de Barbarin et de Louise Frotier-Tizon épousa François Green de St-Marsault, chevalier, Sieur de Peudry et en eut de nombreux enfants dont plusieurs naquirent à la Rochette ; leur tuteur, Jean-Louis de Verdelin, écuyer afferma le logis et hôtel noble du Roc avec toutes ses dépendances à Léonet Benoît, archer de la maréchaussée de Saintonge pour 3 ans et 300 livres l'An.

A la fin du XVIIe siècle, la maison noble du Roc était habitée par Gaspard Frotier-Tizon, ancien capitaine au régiment de la marine et chef de la branche cadette des Frotier-Tizon ; avec lui vivaient au Roc, sa femme Françoise Mouton épousée sur le tard et leurs deux fils François et Jean ; Gaspard avait acheté la maison en 1692, mais ne possédait pas le domaine ; à sa mort en 1709, Françoise Mouton pour sauvegarder ses intérêts et ceux de leurs enfants refusa la succession.

Le domaine du Roc s'étendait sur 150 journaux de terres, vignes, bois, garenne, et appartenait à la famille Cambois, riches marchands de la Rochefoucauld ; mais il n'était plus une terre noble ; les Cambois n'ayant pas acquitté les lourds droits de franc-fief.

Par alliance, le Roc, maison et domaine passa à François Poutignac, marchand à la Rochefoucauld, vers 1730.

En 1753, François Poutignac, Sieur du Roc, dut se rendre à Londres, pour y recueillir la succession de sa sœur, Anne, décédée dans cette ville, mais il ne revint pas.

Le 5 septembre 1768, le domaine du Roc et la maison furent partagés entre les 6 filles de François Poutignac et de sa femme Hypolite Coussaud.

Marie l'aînée restera célibataire et mourra à la Rochette.

Marie épousera Jean Mestreau.

Marie épousera Guy de Villemandy, Sieur de Ferrière.

Anne épousera Pierre Maulde, Sieur des Groies.

Marie-Thérèse épousera François Druette, marchand.

Enfin, la dernière, Marie épousera Jean Clerfeuille du Breuil de St-Ciers.

Les terres, les prés, les bois, la garenne et même la maison furent divisés en plusieurs lots d'égale valeur ; l'ensemble étant évalué à 6.000 livres.

Les époux Maulde et Mestreau ainsi que l'aînée des filles resteront à la Rochette.

Au début du XXe siècle, le logis du Roc était habité en partie par un Broussard dont l'épouse descendait des anciens propriétaires.

De nos jours, la maison est partagée entre deux locataires.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.