Au début du XVIIe siècle, habitait au logis Roc Frotier Tizon fils aîné de Jehan Frotier et de Anne Tizon ; né en 1590, il avait reçu très jeune les ordres mineurs de l'évêque Charles de Bony ; il avait abandonné la prêtrise à la mort de son père et en 1614 avait épousé Léonarde Laisné ; avec eux, leurs premiers enfants Clément qui suivra et Gratien ; parmi les autres membres de la famille, Catherine sœur bâtarde de Roc qui épousera un notaire du bourg, Jehan Benoit. Le logis et ses dépendances hébergeaient aussi Jehan Gounin précepteur des enfants, dame Anne Aymeric femme de chambre de Mme de la Rochette, à la si belle écriture ; elle était plutôt dame de compagnie et fera un beau mariage ; il y avait aussi Jeanne Teytaud, cuisinière, Jean Méchadier, laquais, Catherine Desfarges et Françoise Barraud servantes, et la très vieille servante Marie Villière, huguenot repentie, qui méritera d'être inhumée dans l'église, en 1628, près de ses maîtres ; Martial Rossignol était garde des bois ; André Léonard sera envoyé à Angoulême chez un Maître cordonnier pour y apprendre le métier ; son Maître paiera le coût de son apprentissage.

Il existait une grande communauté de vie entre cette famille noble, riche d'ancêtres, mais vivant depuis plusieurs siècles au milieu de ses paysans. Maîtres et serviteurs partagaient les mêmes joies et les mêmes peines ; les maîtres parrainaient souvent les enfants de la paroisse ; des filles nobles épousaient des roturiers ; les bâtards et il y en eut, étaient élevés au logis avec les enfants légitimes.

Le mariage d'une des servantes Françoise Barraud, avec Guillaume de Fontroubade fut l'occasion d'une grande fête au logis.

Parmi les commensaux et amis des Frotier Tizon, se trouvaient des représentants des autres familles nobles d'Angoumois : les d'Estivalle, les Villoutreys, les Laisné, les Tizon d'Argence, François Aigron vice-sénéchal d'Angoumois, etc...

Ces relations paternalistes mais amicales entre les seigneurs et leurs paysans persistèrent jusqu'en 1726, date à laquelle les Frotier Tizon furent contraints de céder leur seigneurie.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.