Eutrope-Alexis Chasteigner (1786-1867)

Né le 16 décembre 1786 à Bunzac (La Rochefoucauld), il est le fils de Léonard, baron du Lindois et seigneur des Deffants et de Marthe-Thérèse Binet de Moulinneuf. Son père, émigré, est fusillé à Quiberon en 1795. Eutrope-Alexis, dont la mère a été amnistiée en 1802, entre à l'École Spéciale militaire de Fontainebleau en janvier 1806. Il est nommé sous-lieutenant le 9 novembre (19 ans) dont le 22e régiment de chasseurs à cheval où servent déjà un grand nombre de nobles charentais pris sous la protection du général Garnier de La Boissière. Il sert en Prusse (1806) et en Pologne (1807). Peu attiré par le métier des armes, il donne sa démission en 1810. À la Restauration, il devient maire d'Angoulême en 1825. Sa conduite, ultra et cléricale, provoque fréquemment les libéraux. Par deux fois, il se présente aux élections législatives, mais il est toujours battu, la seconde candidature étant presque une humiliation tant son rival réalise un score écrasant. Après la révolution de Juillet, il s'exile alors sur ses terres à Bunzac. En 1835, il paye 1 872,35 francs de contributions, possédant des terres à Angoulême, à Pranzac, à Nérigean (Gironde) et à Agonac (Dordogne). Il décède le 4 février 1867 (80 ans) à Bunzac. Il était l'époux d'Anne de Cheyron. Légitimiste jusqu'à sa mort, il refuse la médaille de Saint-Hélène en 1857. Sa tombe existe encore au cimetière de Bunzac.

François-Casimir Chasteigner (1788-1873)

Frère du précédent, il est né le 18 avril 1788 à Bunzac (La Rochefoucauld. Il entre lui aussi à l'École Spéciale militaire de Saint-Cyr en juin 1806. Bénéficiant de la protection du général Garnier de La Boissière, il entre le même jour que son frère dans le 22e chasseur à cheval avec le grade de sous-lieutenant (18 ans). Après les campagnes de Prusse (1806) et de Pologne (1807), il sert en Espagne et au Portugal. Le 22 mars 1809, il a un cheval tué sous lui. Il est dispensé de service militaire pour cause de santé le 31 août 1812. Sous la première Restauration, il est incorporé dans les chevau-légers du roi. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 24 août 1814 puis obtient le grade de capitaine le 14 février 1815. Pendant les Cent-Jours, il ne sert pas. Sa conduite lui vaut d'être nommé en novembre  1815 dans le 2e régiment de la Garde royale puis chef d'escadron le 14 février 1819. Il se marie à Bordeaux avec Françoise-Eléonore Béchade, le 21 février 1821, fille de Vidal baron de Béchade, conseiller en la cour royale de Bordeaux, et de Catherine de Pelissier. Le contrat de mariage signale que les époux sont à la tête chacun d'une fortune de plus de 100 000 francs. Il est décoré de la croix de Saint-Louis le 23 mai 1825. En réforme le 14 février 1828, il obtient une retraite de 2 010 francs le 24 janvier 1838 qu'il touche à Bordeaux. Il décède à Bordeaux, au 20 rue de Rohan, le 23 mars 1873 (85 ans).

Source : Dictionnaire biographique des officiers charentais de la Grande Armée, de Stéphane Calvet.