30 mai 2016

Fête de l'unité et de l'indivisibilité de la République

« Nontron, le 3 septembre 1793, l'an II de la République.

Citoyen Président,

Nous vous adressons ci-joint copie du procès-verbal de la fête du 10 août qui a eu lieu à Nontron. Comme il est le récit fidèle des témoignages de l'attachement des citoyens de ce district aux bons principes et aux sentiments de liberté, d'égalité, d'unité et d'amour pour la Constitution qui les animent, nous n'avons pas cru indifférent de le faire connaître à la Convention par l'organe de son Président.

Les administrateurs du directoire et procureur syndic du district de Nontron.

Signé : Jean-Baptiste Boyer, procureur syndic; Vieillemard; Lombard, vice-président. »

« Procès-verbal de la fête de l'unité et de l'indivisibilité de la République, célébrée le 10 août dans le chef-lieu du district de Nontron, département de la Dordogne.

Les envoyés des municipalités comprises dans l'étendue du district et tous les habitants de la commune de Nontron, se sont réunis le 10 août à 8 heures du matin dans le lieu qu'occupe l'Administration du district. C'est là que s'est formé le cortège, il était ainsi composé :

La garde nationale a ouvert la marche sur six de front, la musique en tête; à côté de son drapeau était portée une bannière blanche ornée de rubans tricolores et de guirlandes de feuilles de chêne; on y lisait ces mots : Résistance à l'oppression.

A peu de distance suivait un groupe composé des envoyés des communes du district, armé chacun d'une pique ornée de rubans tricolores; au centre de ce groupe, 8 d'entre eux portaient sur leurs épaules un brancard surmonté d'un piédestal sur lequel reposait l'Acte constitutionnel assujetti par des guirlandes de feuilles de chêne et des rubans tricolores.

Après ce groupe, on voyait celui des mères qui ont donné des défenseurs à la patrie, elles portaient une bannière civique où était l'inscription: Aux bonnes mères, la patrie reconnaissante.

A la suite marchaient les jeunes enfants trop faibles encore pour servir la Répubhque; leur bannière portait ces mots : L'espoir de la patrie.

Le groupes des enfants était suivi de celui des vierges. Celui-ci était très nombreux; les filles qui le composaient étaient vêtues de blanc, et l'on voyait s'élever au milieu d'elles une bannière civique où était cette inscription : Par la vertu plus que par la beauté.

Enfin le cortège était fermé par le peuple en masse qui formait le dernier groupe, on y voyait confondus les hommes de tous les états, de toutes les professions avec les fonctionnaires pubhcs décorés de leurs attributs distinctifs. En tête de ce groupe, 8 laboureurs portaient sur leurs épaules une charrue surmontée d'une gerbe de blé qui y était fixée par des guirlandes de chêne. Peu de distance après suivait un trophée porté sur les épaules de 8 citoyens, composé des outils et instruments des arts et métiers et orné de guirlandes de chêne et de rubans tricolores; la bannière civique qui paraissait ensuite au milieu de ce groupe portait : Majesté au peuple, et plus bas, Union, liberté, égalité. A la suite de ce groupe étaient portés les titres de l'ancienne féodalité, monuments antiques de l'ignorance et de la sottise, ils étaient encore traînés par des ânes.

Tous les citoyens généralement avaient un bouquet d'épis de blé et marchaient sur six de front.

C'est dans cet ordre que le cortège s'est rendu sur la place de la hberté, où était élevé un autel à ce génie tutélaire de la France. Cet autel était simple, drapé de blanc ainsi que les gradins qui y conduisaient, et orné de guirlandes de chêne.

Le cortège ayant environné dans l'ordre ci-dessus et à une certaine distance l'autel de la liberté, une salve d'artillerie ayant donné le signal de l'entière réunion, on a adressé des vœux à l'Éternel, après quoi l'Acte constitutionnel a été déposé sur l'autel. Le procureur syndic du district a prononcé un diseours dans lequel il a développé toute l'importance du serment qu'on, allait prêter, et il a invité le peuple à s'approcher pour remplir cette douce obligation; alors ehaque groupe s'est avancé par ordre jusque sur les gradins correspondant aux quatre faces de l'autel et a prêté, entre les mains du Président du district, le serment d'être fidèle à la nation, de maintenir la liberté, l'égalité et la Constitution républicaine que le peuple français a acceptée. Une salve d'artillerie donnait le signal à chaque groupe, et pendant tout le temps qu'a exigé la prestation de ce serment, la musique militaire faisait entendre l'air sentimental : Où peut-on être mieux.

La prestation du serment finie, le cortège s'est rendu, toujours dans le même ordre, sur la place des Ormeaux, où l'on avait élevé une pyramide à la mémoire de nos frères morts pour la défense de la liberté. Cette pyramide était décorée de guirlandes de chêne, de tous les attributs de la guerre, et surmontée d'une pique portant une banderole où étaient écrits ces mots : A la postérité. En face de la pyramide, à quelque distance, était dressé un bûcher, du centre duquel s'élevait un drapeau rouge qui portait cette inscription en grosses lettres : Us s'en vont en fumée.

Le cortège étant parvenu sur cette place et s'y étant formé dans l'ordre ci-dessus, avec le plus grand silence, les tambours battant le deuil, une salve d'artillerie a donné le signal. Aussitôt un membre du premier groupe s'est avancé et est allé attacher une couronne de chêne à la pyramide; les autres en ont fait autant successivement, tandis qu'on entendait les sons d'une musique plaintive et majestueuse qui partait du sein même de la pyramide.

Pendant que d'un côté on rendait cet hommage aux mânes des défenseurs de la liberté, de l'autre on disposait sur le bûcher l'offrande expiatoire qui allait leur être faite des restes encore palpitants de l'hydre qu'ils ont abattu; tout était déjà prêt. Alors 6 républicains détachés de chacun des groupes du cortège et armés de la torche destructive, ont entouré le bûcher et livré aux flammes et à l'oubli cet amas monstrueux des débris de la tyrannie. Des airs militaires et des salves répétées d'artillerie annonçaient la joie qu'un pareil spectacle répandait dans l'âme de ceux qui y étaient présents.

Le sacrifice étant fini, le cortège est revenu sur la place de la liberté, où un membre du directoire du district a prononcé un discours tendant à faire chérir la liberté en développant avec énergie les avantages qu'elle procure aussi bien que les devoirs qu'elle impose et sans lesquels elle ne peut exister. Après ce discours, les citoyens se sont tous approchés de l'autel et y ont fait l'offrande des divers attributs de tous les états; en un instant l'autel a été couvert d'épis de blé, d'armes, d'instruments et d'outils de toutes les espèces. Immédiatement un chœur de citoyens et de citoyennes a chanté un hymne à la liberté et relatif à la circonstance, sur l'air fameux : Allons enfants de la patrie.

La fin de cette belle journée a été célébrée par un banquet civique qui a eu lieu sur la pelouse au nord de la ville, et par des danses autour de l'autel de la liberté. Le plus grand ordre a régné dans cette fête qui a vraiment été pour nous celle de l'égalité et de la fraternité.

Lecture faite du procès-verbal ci-dessus, le directoire, ouï le procureur syndic, arrête qu'il sera transcrit au long sur ses registres, et copie d'icelui adressé tant à la Convention nationale qu'au directoire du département.

Délibéré en séance publique, au directoire du district de Nontron, le deux septembre mil sept cent quatre-vingt-treize, l'an II de la République française.

Collationné :

Signé : Lombard, vice-président. »

Source : Archives parlementaires, tome 73, du 25 août au 11 septembre 1793.

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Un citoyen au Tribunal révolutionnaire

Mazerat de Lort (François-Sicaire), né à Nontron (Dordogne) en 1753 ; mort à Paris le 7 septembre 1806 ; fils d'un ancien magistrat de la Dordogne.

Avocat au Parlement de Guyenne à Bordeaux (1778) ; — avoué à Nontron ; — commissaire du Roi près le Tribunal du district de Nontron (1790 à 1792) ; — maire de Nontron (1792) ; — destitué comme suspect, incarcéré, remis en liberté au bout de huit mois ; — s'établit à Paris ; — juge au Tribunal révolutionnaire de Paris (8 nivôse an III, 28 décembre 1794) ; — juge au Tribunal central des directeurs du jury de Paris en vertu de la loi du 6 messidor an III ; — juge suppléant au Tribunal civil de la Seine, titulaire en 1796 (pluviôse an IV) ; — non réélu en avril 1797 (germinal an V) ; — employé au bureau de liquidation des émigrés (1806).

Arch. nat. BB, 167, 169, 172.

Il est sans doute parent de Louis-François Mazerat, né à Nontron le 22 septembre 1817, qui fut député de la Dordogne à l'Assemblée nationale de 1871 et mourut à Périgueux, le 2 mai 1881.

Source : Les tribunaux civils de Paris pendant la Révolution (1791-1800).

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29 mai 2016

Mélanges sur Javerlhac

1e extrait

Tony, le benjamin [des garçons Mousnier-Lompré], est resté à Javerlhac où commencent ses petites classes, ayant comme compagne de jeux, Laura Dolezon, sa cousine germaine, repliée à Javerlhac. Il poursuit à Nontron puis Angoulême et passe son bac à Poitiers en juillet 1870. Débutent alors ses pré-études de médecine, sanctionnées par le baccalauréat ès-sciences, obtenu à Bordeaux en février 1871. Tony, pas plus que ses frères, n'a pris les armes en 1870, bien que les Gardes Nationaux de Javerlhac soient mobilisés et que plusieurs Bataillons de Mobiles de la Dordogne aient été levés, qui se conduisirent fort bien à la bataille de Coulmiers. Notre apprenti docteur se trouvait pendant le conflit à Bordeaux, où il voit peut-être débarquer Victor Hugo dans toute sa gloire, mais il fait aussi quelques apparitions à Javerlhac, se trouvant paraît-il à Hautefaye, avec notre laveuse Francine Manem, le jour du martyre d'Alain de Moneïs. Enfin, Tony va à Paris, plus ou moins externe à l'Hôpital de Clamart, reçu docteur en médecine en mars 1876, quarante ans après son père.

En 1859, Aubin avait pensé que son jeune frère aurait dû s'orienter vers la Médecine de Marine, ce qui, disait-il, aurait fait économiser à la famille au moins douze mille francs, en frais d'études, mais cet avis ne fut pas suivi.

Les trois fils Lompré ont connu, pendant leurs études supérieures, des budgets moult serrés et mené une existence assez pauvrette. Leurs lettres de Bordeaux, Brest, Paris sont pleines de témoignages de reconnaissance - du même style que ceux de leurs père et oncle de Touvent un petit demi-siècle auparavant - pour les modestes mais indispensables sommes envoyées par leur mère ; vingt francs pour les étrennes de Tony en 1873, lequel fond de gratitude, sachant, comme il l'écrit " que la famille n'est pas en position de faire des largesses ".

Quand le même Tony est à Bordeaux, préparant son baccalauréat ès sciences, l'affectation des trois cents francs dont il est muni à son départ de Javerlhac, donne une idée du budget d'un jeune étudiant en novembre 1870 : -  Pension : F. 60, Habits : F. 100, Chapeau : F. 18, Inscrip­tions : F. 30, Gilet laine : F. 8, Lunettes (il était myope comme Aubin, mais pas daltonien) : F. 6, Voyage de Bordeaux : F. 20, Pantoufles : F. 4, 50, Blanchissage : F. 2, Bois de chauffage : F. 4, Bougies et savon : F. 3, 10 Distractions : F. 3, 25, Tête de Mort (pour ses études, bien sûr) : F. 12.

2e extrait

En 1876, alors que le brave Général Mac Mahon préside une Répu­blique renaissante, Tony rejoint sa mère, veuve depuis près de vingt ans et vivant seule avec son frère Numa dans le château endeuillé. Dès avril il commence à récupérer la clientèle paternelle sur Sylvain Bossoutrot, officier de santé je crois, qui s'était interposé entre père et fils Lompré. Le caractère violent de Tony - et que dire de celui d'Aubin ! - étant bien connu, il n'est pas surprenant d'avoir entendu raconter que Bossoutrot, un certain jour, se dissi­mula dans un placard plutôt que d'affronter son jeune confrère au chevet d'un malade indivis.

En fait, bon début pour Tony Lompré, à en juger par ses Livres qui pour l'année 1880 répertorient 929 prestations médicales, soit 2,7 actes par jour ; excellente moyenne pour un médecin de village d'un temps où on ne se soignait guère dans les campagnes, surtout les hommes ; d'ailleurs, huit sur dix des clients de 1880-1890 sont femmes ou enfants. Les actes médicaux comprennent petites opérations, pose d'appareils, accouchements, réductions de fractures, extractions dentaires. Le prix moyen de l'acte paraissant être de 6 francs, le montant des honoraires espérés pour 1880 peut être évalué à 5.600 francs et le prix de la journée d'ouvrier d'alors étant de deux francs on en pourrait con­clure que notre médecin débutant gagnait environ dix salaires annuels d'ouvrier, en s'escrimant, il est vrai, dimanches et fêtes, de jour comme de nuit. Dès 1885, les recettes, comprenant quelques revenus agricoles annexes - tel le quartier de porc vendu 60 F. à M. le Curé de Javerlhac - dépassaient 7.000 F. et dix ans après, le répertoire-clients contient plus de 1.500 noms. Les honoraires d'accouchements varient de 30 à 100 F., suivant la difficulté ou le temps passé, le prix des consultations est fixé à 2 F. 50, les visites 3 F. au bourg et jusqu'à 10 F. pour les hameaux ou fermes éloignés et même 100 F. quand il faut aller soigner un Roffignac à Ruffec où ces derniers ont maison de ville outre leur château de Bellevine à Feuillade. Ces émoluments, suivant une tradition honorable et chrétienne, semblent modulés sur la situation de fortune des malades ; mais, mais ceux-ci se libéraient sans ponctualité aucune, d'où de nombreux impayés mais d'où, aussi, le lièvre reçu à l'occasion et, avec les commerçants égrotants des compensations, en vin, charbon ou chose semblable.

Source : Mélanges sur Javerlhac, de Tony Pelpel.

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Une route entre Montbron et Nontron

« Ce jourd'huy premier du mois de may 1785 après midy sous la halle publique de la ville et paroisse de Nontron où ont accoutumé de s'assembler les habitants de la dite ville pour les affaires de la communauté, pardevant le notaire royal est comparu Guillaume Lapouraille, maître en chirurgie, en qualité de principal sindic collecteur des tailles en exercice de la présente année, en absence du sindic général, lequel a dit à l'assemblée qu'ayant été informé par la voie publique et par des instructions particulières et certaines que Mme la duchesse de Larochefoucauld ayant demandé l'établissement d'une grande route de communication de Montbron à Nontron, il a été donné des ordres pour prendre les renseignements nécessaires pour en fixer la direction. Mais, en même temps, il a été dit au comparant qu'il était à craindre que l'embranchement s'exécutât en allant de Montbron à Forgeneuve par le bourg de Varaignes, ou à peu près, et de Forgeneuve à Nontron, en passant par le bourg de Saint-Martial-de-Valette. Il a cru de son devoir de convoquer les principaux et notables habitants de cette ville, afin qu'ils soient à même de prendre les mesures qui leur paraîtraient les plus convenables dans l'intérêt du public et de la communauté. Surquoy les notables et principaux habitants de cette ville ont unanimement dit qu'animés par l'intérêt public et celui de la vérité ils doivent observer que par sa position la ville de Nontron la troisième l'une des plus considérables du Périgord sert d'entrepôt aux provinces du Limousin, du Poitou et de l'Angoumois qui l'avoisinent de très près et qu'on ne saurait donner trop d'attention aux moyens propres à donner trop d'attention aux moyens propres à donner de l'activité à cette ville et faciliter le commerce avec les provinces limitrophes ; que l'établissement des routes est de faciliter l'abord des villes. Que les circonstances présentes offrant à Nontron la perspective des routes qui lui manquent il lui est permis de se considérer comme le point central auquel devraient aboutir celles d'Angoulême, de Limoges et de Périgueux. De là, protestation contre le circuit par Saint-Martial au sud de Nontron et réclamations en faveur de la ligne au nord, par Javerlhac, Puymauger et Oradour, assurant les communications avec le Poitou et le Limousin pour le commerce de Nontron, qui se trouverait délaissé au profit de St-Martial, lequel, ajoutent les habitants : Existerait seul et Nontron délaissé tendant à sa destraction n'offrirait dans peu que des ruines, de la misère et des tailles à payer plus difficilement. Qu'enfin ils osent espérer que la bienfaisance de la Cour, qui veille également sur tous les lieux où elle peut compter des cœurs, des bras et des vies pour la défendre, jettera un regard favorable sur une de ses villes du Périgord et permettra à MM. les ingénieurs de prendre le parti le plus conforme à l'amour paternel de notre glorieux monarque pour tous ses fidèles sujets. » Les habitants offrent ensuite une subvention de trois mille livres pour la ligne qu'ils préfèrent, et ils nomment pour commissaires MM. Augustin Forien Sr des Places, et Pierre Pastoureau Sr de Labesse, pour veiller à l'étude de cette ligne et pour envoyer copie de la délibération à l'intendant de Guienne, à Mme la duchesse de Larochefoucauld, à M. le président de Lavie, seigr de Nontron ; à M. le comte de La Ramière, à M. le marquis de Verteillac, à M. le comte de Montbron et à M. le marquis de Javerlhac. Suivent ensuite les signatures des habitants présents, savoir : « Fourien, Forien des Places, Pastoureau de Labesse, Bussac, ancien officier de cavalerie ; Mazière, Couvrat, Feuilhade, Vieillemard, Verneuil de Puybegout, Fonreau, Bosselut, Ribadeau, Dufraisse, Martel, de Grandcoin, maitre chirurgien ; Francois Feulhade, sieur de La Terrière. »

(Congrés scientifiques de France, 1878)

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28 mai 2016

Preuves du chevalier de Saint-Ciers

Le grand prieuré d'Aquitaine, ordre de Malte, 1678.

Michel Benoist, garde de la forêt de la Braconne, officier royal, a été marié avec Anne Ferrand, comme il résulte par les testament et donation de ladite Ferrand, du mois de novembre 1582.

De ce mariage est issu Pierre Benoist, et Antoine Benoist, sieur des écuries, comme il est justifié par lesdits actes et par le contrat du mois de janvier 1573, et par partage du mois de mars 1593.

Pierre Benoist a été marié avec damoiselle Marie de Lubersac, fille naturelle et légitime de Jean de Lubersac, écuyer et de damoiselle Françoise Goulard, comme il appert par l'acte du mois de mai 1591.

De ce mariage est venu Jean Benoist, sieur de La Riouze, comme il appert par le contrat de mariage dudit Jean Benoist avec damoiselle Catherine Frotier, du mois de novembre 1623.

Dudit mariage est venu Roch Benoist, juge sénéchal de Saint-Saturnin, comme il appert par le contrat de mariage dudit Benoist avec damoiselle Françoise Salesse, ledit contrat daté du mois de décembre 1659.

Il est aussi justifié par le contrat du mois de novembre 1664 que ledit Benoist a acquis les seigneuries de Saint-Ciers et du Châtelard, trente neuf mil six cent livres.

Du mariage desdits Roch Benoist et Françoise Salesse, est venu ledit Roch Benoist, qu'on présente pour être reçu diacre, ainsi qu'il appert par l'acte baptistaire du mois de mars 1668, signé par le prêtre, et attesté véritable par monsieur le grand vicaire de monseigneur l'évêque d'Angoulême au mois de février 1678.

Bertrand Salesse, bisaïeul dudit diacre, marié avec Jeanne David, ainsi qu'il appert par le contrat de mariage du mois de janvier 1581, et transaction du mois de mai 1591.

De ce mariage est venu Pierre Salesse, comme appert par le partage du mois d'avril 1624, et par le contrat de mariage dudit Salesse avec Romaine Valette, du mois d'août 1626.

Est issue dudit mariage ladite Françoise Salesse, mère dudit diacre, comme il est établi par la généalogie du côté paternel.

Signé, Benoist.

Source : Bibliothèque Nationale de Malte.

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27 mai 2016

Patriciens de Nontron

La famille de Labrousse est issue du patriciat médiéval de Nontron, quatrième ville du Périgord.

Parmi ses membres : deux maires de la ville, deux gouverneurs de la province, un vice-sénéchal, un conseiller-sécrétaire du roi, un général de Louis XIV, un capitaine-lieutenant des Cent-Suisses, des officiers de haute justice, avocats au parlement de Guyenne, soldats de la garde du roi et victimes de la Révolution.

G1. Athis

Généalogie : Thibault de Labrousse x Delphine de Ladoire, d'où Thibault de Labrousse x Catherine Tuffet, d'où Étienne-Thibault de Labrousse, sieur d'Athis.

G2. Puyrigard

Généalogie : Thibaud de Labrousse x Antoinette du Mazeau, d'où Thibaud de Labrousse x Bertrande du Chesne, d'où Pierre de Labrousse, sieur de Puyrigard.

G3. Belleville

Généalogie : Hélie de Labrousse x Elisabeth Giraudon, d'où Élie-François de Labrousse x Marie-Anne de Marendat, d'où Élie de Labrousse x Catherine Guitton, d'où Élie-François de Labrousse, sieur de Belleville.

G4. Le Boffrand

Généalogie : Isaac de Labrousse x Nicole Jacob, d'où François de Labrousse x Marie Cholet, d'où Jean de Labrousse x Bertrande Pastoureau, d'où Pierre de Labrousse x Françoise Dereix, d'où Jean de Labrousse, sieur du Boffrand.

G5. Brognac

Généalogie : Mathieu de Labrousse x Marie de Labrousse, d'où Louis de Labrousse x Marguerite Favard, d'où Jean de Labrousse x Françoise de Brie, d'où Benoît de Labrousse, sieur de Brognac.

G6. Mirebeau

Généalogie : Joseph de Labrousse x Marguerite de Labrousse, d'où Joseph de Labrousse x Catherine Valleteau, d'où Joseph de Labrousse, sieur de Mirebeau.

G7. Lessard

Généalogie : Guillaume de Labrousse x Marie-Françoise de Maumont, d'où François de Labrousse x Louise de Lapeyre, d'où Jean de Labrousse x Catherine Binaud, d'où Léonard de Labrousse, sieur de Lessard.

G8. Beauville

Généalogie : Jean de Labrousse x Marguerite de La Roussie, d'où Jean de Labrousse x Catherine Cruveilher, d'où Bertrand de Labrousse x Charlotte de La Serre, d'où Jean de Labrousse, sieur de Beauville.

G9. Barouffières

Généalogie : Léonard de Labrousse x Jeanne de Montsalard, d'où Léonard de Labrousse x Marie de Labrousse, d'où Jean de Labrousse x Françoise Dereix, d'où Léonard de Labrousse, sieur de Barouffières.

G10. La Chapoulie

Généalogie : Hélie de Labrousse x Jeanne de Camain, d'où Jean de Labrousse, sieur de La Chapoulie.

G11. La Grange

Généalogie : Léonard de Labrousse x Madeleine de Labrousse, d'où Jean de Labrousse x Marthe Eyriaud, d'où Élie de Labrousse, sieur de La Grange.

Source : Généalogie Charente Périgord.

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Seigneurs du Repaire (Périgord) (1491-1793)

I. — Pierre, aliàs Perrin, de La Croix, écuyer, seigneur de Mitounias, deuxième fils de Pirotin de La Croix, seigneur de La Croix en Nivernais.

Il servit sous le seigneur de Mareuil, et dut, pour cette raison, se fixer à Mareuil où il testa le II mai 1514 devant Puyrénier, notaire. Dans cet acte il nomme son père, de la succession duquel, dit-il, il n'eut rien, sa femme Marguerite Pécon, damoiselle (qui vivait encore en 1530), et son fils unique, qui suit. (Arch. du Chatelard et Maintenue de 1698).

II. — Micheau de La Croix, écuyer, seigneur du Claud et de Mitounias.

Il épousa Louise Martin, damoiselle, proche parente d'Hélie Martin, écuyer, sieur de Claupère, demeurant à la Tour-Blanche, qui fut, en 1570, curateur des fils d'Arnaud de La Croix (1). Louise Martin, étant veuve, testa le 15 juillet 1530 (2) devant Martin not. et greffier, instituant son fils unique qui suit, (Original aux Arch. du Chatellard).

III. — Arnaud de La Croix, écuyer, seigneur de Mitounias et de Jovelle.

Il s'unit à Mareuil le 3 janvier 1539, par articles reçus Petit et Coustures, not., à Claire Mercier, fille de Pierre Mercier (3) et d'Honorette Rousseau, (Arch du Chatelard). Claire eut 8,000 livres de dot (jolie somme pour l'époque) et le fief de Jovelle ; elle hérita postérieurement de grands biens.

Arnaud figure au ban de la noblesse d'Angoumois en 1549 (Jouan) ; il fit un testament mutuel avec sa femme devant Grelière, not. roy., à Mareuil, le 2o septembre 1556, insinué à Périgueux le 12 novembre suivant, (Original aux Arch. du Chatellard).

Le 14 août 1570, Carrier et Geslard, not., reçurent un nouveau testament d'Arnaud « en son hostel noble de Jovelle ou du Chaslard. » (Arch. du Chatelard, où il est en triple expédition).

Ils eurent comme enfants :

1. Jean, qui suit.

2. Autre Jean, sgr de Douzac, auteur de la branche de la Jarte et de Tougnan.

3. Pierre, qui a formé la branche de Jovelle.

4. Marguerite, mariée avant 1556 avec Me Jean de la Place, qualifié seulement de juge de Montréal dans le testament de son beau-père, mais il est qualifié d'écuyer et de seigneur de Puyguérault en Saint-Cybard, dans un acte de cession du 8 juin 1571, par lequel sa femme cède à ses frères la part qui lui revient « avec droitz, actions, propriétés soyt de chasteau, chastellanyes, terres et juridictions des Combes, la Dausse, Saint-Sulpice, avec cens, rentes, devoirs seigneuriaux...» dans la succession des Mercier, (Arch. dép. de la Gironde, E, 252, n° 5, Duvilla, not.).

5. Françoise, mariée après 1556 avec Jean de Vars, écuyer, seigneur de Vauzelle, de la paroisse de Nanteuil-de-Bourzac. Elle testa le 18 septembre 160Seigneurs du Repaire (Périgord) (1491-1793)5, (Arch. déb. de la Dordogne, Insinuations). Elle mourut et fut enterrée à Bourg-des-Maisons en 1605, (Reg. par. de B.-des-Maisons).

6. Norette (Honorette). Elle passa contrat de mariage le 22 mai 1564 avec Dauphin de Maillard, écuyer, sgr de la Vocarie, fils de Jean de Maillard, écuyer, sgr de Lafaye et de la Vocarie, et de Marguerite de Roisson, (Arch. de la Combe). Elle testa le 15 décembre 1591, aliàs 1593.

7. Antoinette, ou Tonie, mariée après 1556. Peut-être est-elle l'Antoinette mariée avec François de Vaux, sgr de Tranchard et des Ecuyers. Elle aurait embrassé la Réforme, et vivait encore en 1602, date du mariage de son fils, Marc de Vaux, avec Renée Dorin, (Arch. dép. de la Dordogne, Insinuations). Lequel Marc ou Marquis assista comme proche parent au contrat de mariage la Croix et Morel.

IV. — Jean de La Croix, écuyer, d'abord co-seigneur de Jovelle, puis, après le partage de 1573, seigneur de Mitounias, d'Eygounias et du « repaire noble de Longue-Rouchette, austrement appellé Chasteau-Rompu », qui, par la suite, fut simplement dénommé le Repaire.

En effet, le 8 juin 1573, il y eut un partage entre Jean de La Croix et ses frères, à la suite d'un long procès. Jusqu'alors Pierre, le plus jeune d'entre eux, avait joui de Mitounias, alors que ses aînés possédaient par indivis Jovelle et Douzac ; il eut en partage Jovelle et la métairie de La Croix ; Jean, le cadet, eut pour sa part la grande maison de Mareuil, plusieurs métairies, dont celle de Douzac, de Lespinasse et des Colombières, la terre et le pré nobles du Claud, puis des biens dans Saint-Priest-de-Mareuil. Jean, l'aîné, eut, outre Mitounias et Eygounias, les métairies de Ramonche, du Paul, de Naine, du Mas, des biens à l'Etang, la moitié de l'étang de SaintPardoux et une maison à Mareuil, (Arch. du Chatelard.)

En 1593, Jean de La Croix transigea avec sa sœur Norette : il acquit conjointement avec ses frères pour 1100 livres la part de sa sœur Marguerite sur les châtellenies de la Dausse, des Combes, etc., comme on l'a vu plus haut.

Il se maria deux fois : 1° avec Catherine Amblard. (Bau rein donne la date du 14 juillet 1572 au contrat, mais ce doit être une erreur puisque Florence, fille de Jean, naquit avant 1570 et que sa sœur se maria en 1577). 2° le 27 mai 1578, contrat retenu Mauge not., avec Louise Dumas, damoiselle, qui testa le 21, aliàs 24, octobre 1626, (Maintenue de 1698). Son mari était mort dès 1604, laissant du premier lit :

1. Pierre, qui continue la postérité.

2. Marguerite, mariée par contrat du 8 janvier 1577, avec Hélie de Saint-1ngel, sieur de la Bredde, avocat, fils de Jean de Saint-Angel, écuyer, sieur de la Vorie, conseiller au parlement de Bordeaux et de Jeanne de Valbrune, (Nobil. de Guyenne, I, 382).

3. Florence. Elle est nommée au testament de son père et est légataire de son aïeul pour 1,000 livres tournois. On peut l'identifier avec Florence de La Croix unie avant 1596 à Pierre Pastoureau, probablement fils de Thibault Pastoureau, sieur de la Grange, et de Marguerite de La Brousse, (Bull. Soc. archéol. du Périgord, XV, 259). Florence testa devant Lenoble, not., le 26 octobre 1607, (Arch. dép. de la Dordogne, Insinuations).

V. — Pierre de La Croix, écuyer, seigneur du Repaire de Longue-Rouchette.

Par contrat filiatif du 24 janvier 1604, reçu à la Chébaudie, paroisse de Palluau, en Angoumois, par Chabaud, not., et insinué à Périgueux le 5 mai suivant, Pierre de La Croix épousa Madeleine de Morel fille de noble Théophile de Morel, sgr de la Chébaudie et de Marie Régnault (4), (Arch. dép. de la Dordogne, Insinuations.) Il testa devant Defrance, not. roy., le 8, aliàs 28, septembre 1640, (Ms. Baurein, et Maintenue de 1698). Je ne lui connais comme enfant que le suivant :

VI. — Pierre de La Croix, écuyer, sieur de Boistel du vivant de son père, puis du Repaire et d'Eygounias.

Bosroyon, not., reçut le 13 août 1645 son contrat de mariage avec Anne Roux, damoiselle (Maintenue de 1698), fille de Gabriel Roux, écuyer, sieur des Combes, et de Jeanne de Talleyrand, (Nouveau d'Hozier, 294, f. 101). Assigné à Périgueux, lors de la Recherche de 1666-71 des usurpateurs de noblesse, il obtint un jugement de maintenue avec son fils Gabriel. (Voir plus loin).

Pierre de La Croix mourut au commencement de janvier 1667, le 12 de ce mois sa veuve fit procéder à l'inventaire de sa fortune, (Original aux Arch. de la Valouie) ; elle fut enterrée à Mareuil le 12 août 1684, (Reg. par. de Mareuil), laissant :

1. Gabriel, qui continue.

2. Autre Gabriel, auteur de la branche de Besne.

3. Claire, mariée par contrat du 28 février 1685, retenu Farges not., à Hélie Montet, sieur de Lambertie, (Minutes de Farges, not. à Gouts). Elle alla demeurer à Saint-Paul-Laroche.

4. Suzanne. Elle habitait Corgnac le 24 juin 1697, date d'une transaction avec son frère Gabriel l'aîné, (Minutes de Farges).

VII. — Gabriel de La Croix, écuyer, Seigneur du Repaire et d'Eygounias. Il demeurait à Bouilhaguet en 1697 ; (voir ce nom dans la liste des seigneuries).

Il épousa (bien jeune à en juger par le contrat de mariage de son père, qui put, il est vrai, le passer post nuptias, de même que lui, ante nuptias), par contrat reçu Joly not. le 7 novembre 1661, Marie de Pindray, demoiselle des Granges (5). Le contrat fut insinué à Périgueux le 8 janvier 1662, (Arch. dép. de la Dordogne, Insinuations).

Il produisit, lors de la première Réformation, avec son père devant Montozon, subdélégué de l'Intendant à Périgueux, les 28 décembre 1666 et 1er janvier 1667. Il en obtint décharge (Jouan). Il fut également maintenu dans sa noblesse le 10 mai 1704, lors de la seconde Réformation, (Arch. dép. de la Gironde, Cour des Aides, liasse : Noblesse).

Marie de Pindray testa le 27 novembre 1687. Enfants :

1. Pierre, qui suit.

2. François, nommé au contrat de mariage de son frère et de sa sœur; c'est probablement celui qui, lieutenant d'une compagnie d'invalides, mourut à 38 ans le 13 juillet 1723 et fut inhumé à Dournazac.

3. Philibert, écuyer, sieur de Fayolles, et Vitrat, nommé dans les mêmes contrats. Il naquit vers 1685, étant dit âgé de 60 ans dans son acte de décès survenu le 30 mars 1745 à Vitrat (6). Il avait épousé dans l'église de Dournazac, le 17 janvier 1711, Marie de Laumonerie ou de La Monerie, du village de Lastérie; elle décéda âgée de 50 ans le 25 septembre 1748, ayant eu :

A. Jean, écuyer, sieur de Vitrat et Fayolles, né le 24 juin 1714 et mort noyé le 8 janvier 1761. Il avait épousé à Marval le 10 juin 1748 Anne-Madeleine-Françoise de Châteauneuf, fille des feus Emmanuel de Châteauneuf, écuyer, sgr du Chalard, et Aimée de David de Lastours. Madeleine de Châteauneuf décéda à Vitrat le 26 juin 1771, ayant eu :

a. Jean-Louis, né le 20 décembre 1750, vivant encore en 1786.

b. Emmanuel, baptisé le 6 décembre 1751.

c. et d. Marie et autre Marie, décédées en bas-âge.

e. Madeleine, née en décembre 1754.

f. Charles, né le 21 octobre 1757.

g. François, né le 19 avril 1759.

h. Marguerite, née posthume en avril 1761.

B. Pierre, né le 11 mai 1718.

C. Marie, née le 20 juin 1723.

4. Isabeau. Son mariage fut célébré en l'église de Gouts, le 2 août 1700, avec Jean de Monsalar, sieur de la Foucaudie, fils de François de Monsalar et de Françoise Faydi, (Reg. par. de Gouts).

5. et 6. Deux autres filles, citées, mais non prénommées, dans le contrat de mariage de leur frère Pierre. L'une d'elles pourrait très bien être Suzanne de La Croix, dame de La Brousse, qui fut, en 1718, marraine d'une fille de Pierre qui suit.

VIII. — Pierre de La Croix, écuyer, seigneur du Repaire et de Bouilhaguet, capitaine au régiment de Ruffec.

Il épousa Catherine Faucher, demoiselle du Mazat, fille de feu François Faucher, écuyer, seigneur de Versac, et de Clauzurou, et de Jeanne Régnault (7). Le contrat fut passé au château de Clauzurou, paroisse de Champagne, par Farges, not., le 29 janvier 1706 ; la dot était de 7.200 livres, (Arch. dép. de la Gironde, Cour des Aides, liasse : Noblesse.) Le mariage religieux fut bénit à Gouts le 6 février suivant.

Pierre de La Croix mourut avant 1737 ayant été père de :

1. Pierre, qui suit.

2. Jean-Marius, né en septembre 1708 (8).

3. Jean-François, né et mort en 1712.

4. Louis, baptisé le 21 septembre 1713.

5. Jean, écuyer, sieur de Bouilhaguet, décédé à Gouts le 5 septembre 1760, âgé de 48 ans dit par erreur l'acte de décès : il peut être le même que Jean-Marius ci-dessus.

6. Claire-Thérèse, née le 1er juin 1714.

7. Gabriel, écuyer, co-seigneur du Repaire. Il naquit le 1er août 1715. Il habita quelques années Angoulême avec sa femme Marie-Anne de La Coufrette, (Arch. dép. de la Charente, E, minutes de 1763 de Jehan not. à Angoulême.) Je n'ai pu avoir sur lui d'autres détails; l'ancien Etat-civil d'Angoulême ne donne rien.

8. Jean, baptisé le 8 février 1717, religieux de l'ordre de Saint-François (Cordeliers).

9. Suzanne, tenue sur les fonts baptismaux le 6 avril 1718 par Philibert de La Croix de Fayolles, et Suzanne de La Croix, dame de Labrousse.

10. Marie, baptisée le 9 avril 1720.

11. Autre Marie, née en 1721.

12. Barbe, née le 1er juillet 1723. Une des filles fut religieuse à Fontaines.

IX. — Pierre-Jean de La Croix, écuyer, seigneur du Repaire, de Bouilhaguet, d’Eygonias.

Par contrat du 30 décembre 1737, retenu par Pichon aîné not. roy. à Mareuil, il épousa Marie de Beaupoil de Saint-Aulaire, fille d’Etienne de Beaupoil, chevalier, sgr de Farges, et de Jeanne de Labrousse (9), (Cour des Aides, ut suprà).

M. du Repaire mourut avant 1752. Enfants :

1. Gabriel, qui suit.

2. Etienne, né en 1739 et mort en 1752, (Reg. par. de Gouts).

3. Marie-Madeleine, née le 17 mai 1741. Elle se maria avec Nicolas Roux, chevalier, seigneur de Romain, fils de Nicolas Roux, chevalier, sgr de Vigneras, et de feue Marie de Campniac, demeurant à Pombeau, à Saint-Front-la-Rivière. Le contrat fut signé en présence de Pindray, not. roy., le 4 août 1762 « au repaire noble de Devoux autrement Bouillaguet » (Carrés de d'Horier, 556, f. 178); le mariage religieux eut lieu à Gouts le 6 septembre suivant.

4. Jeanne, née le 31 mars 1743.

5. Barbe, née le 12 février 1746. Elle, ou sa tante Barbe de La Croix, fut religieuse hospitalière à l'Hôpital Saint-Louis, à Angoulême.

6. Peut-être Madeleine de La Croix du Repaire, mariée religieusement à Fontaines, le 16 juin 1770, avec messire Alexandre de La Faye, seigneur du Repaire, de la paroisse de Bourdeille, (Reg. par. de Fontaines).

X. — Gabriel de La Croix, écuyer, seigneur du Repaire de Bouilhaguet, etc.

Né le 29 septembre 1744, il fut baptisé le 8 octobre suivant. Dans le contrat de mariage de sa sœur il est dit lieutenant au régiment de Chartres. Il aurait été chevalier de Saint-Louis.

Il épousa par contrat de mariage du 5 octobre 1766, Anne-Marie de Villoutreys, fille de Jean-Alexandre de Villoutreys, chevalier, seigneur de la Meynardie, Ste-Marie-de-Frugie, et de Blaise de Ribeyreix (Arch. dép. de la Gironde, B, 1596); Anne-Marie mourut avant 1780, (Ms. Baurein).

M. du Repaire vota en personne en 1789 à Périgueux pour les Etats-Généraux.

Il figure à bon droit sur la liste des émigrés de la Dordogne, car il partit d'abord pour l'étranger; mais il revint en France et prit du service dans les armées vendéennes et fut membre du conseil supérieur de l'armée royale. « M. de La Croix, dit la marquise de La Rochejaquelein dans ses Mémoires, d'abord émigré, était très brave et très bon homme, plein de zèle, sans nulle ambition. » Fait prisonnier, il dissimula son vrai nom sous celui de Nicolas Barlet, mais il fut dénoncé comme officier par des volontaires de son armée, qui espéraient obtenir leur grâce par cette lâcheté et n'en furent pas moins fusillés. Il fut condamné le 21 décembre 1793 et exécuté à Nantes, où son jugement le nomme « Lacroix Durepaire, Gabriel, né en Dordogne, ci-devant émigré et militaire. » (Mémoires..... La Rochejaquelein et La Justice révolutionnaire à Nantes, Lallié).

1. Marie, née le 17 sept. 1771, (Reg. par. de Gouts.)

2. Autre Marie, née le 2 décembre 1772, (Id.)

3. Anne-Marie, née le 2 février 1774. Avec sa sœur Anne elle fut reçue chanoinesse de Saint-Antoine-de-Viennois (Ordre de Malte), sur preuves de seize quartiers de noblesse, (Annuaire de la Noblesse, 1869, p. 371).

4. Marie-Madeleine, née le 15 août 1775.

5. Anne, née le 11 mars 1777.

Ainsi finit la branche aînée des la Croix du Périgord. M. du Repaire, figurant sur la liste des émigrés, ses biens furent vendus nationalement, ses papiers brûlés; Bouilhaguet, où il habitait, passa en diverses mains et est, de nos jours, à M. Térère. Malgré d'actives recherches mon ami X. de Monteil et moi nous n'avons pu découvrir ce que sont devenues la dernière dame du Repaire et ses cinq filles.

Notes :

(1) Ces Martin étaient de la même famille que les Martin, sgrs de la Faurie, près de la Tour-Blanche, branche des Martin de Châteauroy, qui portaient : d'ailer à deux fasces d'or.

(2) La maintenue de 1698 dit par erreur : 1550.

(3) Pierre Mercier, riche marchand, n'est qualifié dans cet acte que d'honorable homme : ce n'est qu'après sa mort, dans le partage de 1573, qu'on le décore des titres d'écuyer et de seigneur de Léguilhac. Ses fils Jean et François Mercier, frères de Claire, qualifiés d'écuyers et de seigneurs des Combes et de Lavergne, laissèrent une partie de leur fortune à leurs neveux de La Croix. Les fortunes territoriales des familles de Fayard et de Maillard, viennent en partie d'alliances contractées vers les mêmes époques avec ces Mercier.

(4) Les Morel, en Angoumois, Saintonge et Périgord portaient : d'argent, à une aigle de sable en bande, écartelé d'or à fleurs de lys de sable (Dossiers bleus). La filiation remonte à Ithier de Morel vivant en 1365. J’espère donner, dans la suite, un essai généalogique sur Cette famille qui posséda des fiefs le long de la Lizonne et de la Dronne, et que l'on dit encore représentée en Belgique.

(5) Je n'ai pu trouver la filiation de Marie de Pindray qui devait appartenir, vu le voisinage, aux Pindray, seigneurs d'Ambelle, Maraffy, etc., portant : D'argent au sautoir de gueules.

(6). Ce qui concerne Philibert et sa descendance est donné d'après le Nobiliaire du Limousin, par Nadaud, III, 19 et 413.

(7) La famille Faucher, dont le trop célèbre Magny a donné une généalogie inexacte dans son Livre d'Or, a pour auteur un avocat du Roi au présidial de Périgueux, dont le fils, Isaac, fut anobli par lettres patentes d'octobre 1594 et de juillet 1595, (Arch. dép. de la Gironde, C. 3803). Les armes de cette famille sont : d'airer à un faucheux (sauterelle) d'or.

(8) Cette date de naissance et les suivantes Proviennent des registres paroissiaux de Gouts.

(9) Cette branche des Beaupoil, très peu connue, descend des seigneurs de Théliac, issus eux-mêmes de la branche de Brie. Elle vint en Périgord à la suite de diverses alliances; Farges, paroisse de Vanxains lui arriva par un mariage avec les Joumard, en 1676, et en sortit par un autre avec les Ribeyreix en 1750. Elle était encore représentée dans la Double à la fin du siècle dernier. Armes : De gueules à 3 coufles de chiens d'argent, liés d'azur.

Source : Généalogies Périgourdines, de Aymar de Saint-Saud.

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La famille de Guy Tachard

Guy Tachard est le premier enfant de Léonard Tachard et Françoise Clergeon, que Léonard a épousée en secondes noces en 1647. Le couple est installé à Marthon même, modeste bourgade de cent vingt feux et six cents habitants. La baronnie dans son ensemble comprend plusieurs autres paroisses dans un périmètre d'une dizaine de lieues. Elle est attachée depuis ses origines à la prestigieuse famille des La Rochefoucauld, et c'est sans doute ce qu'elle a de plus remarquable. Dans ce contexte paisible et banal, Léonard Tachard, maître apothicaire, appartient de par son métier à la bourgeoisie locale. Celle- ci doit à la sénéchaussée une certaine consistance. Ici s'arrêtent déjà les certitudes. Nous ne connaissons guère en effet les activités de Léonard Tachard en dehors de son officine. Père de huit enfants dont des jumeaux, il a dû face à d'importantes responsabilités familiales. Il est probable néanmoins que nombre de ses enfants moururent en bas âge. Nous n'avons trace après leur baptême que de Guy et de sa sœur Paule. Léonard Tachard n'a pas exercé de rôle public comme en témoigne le silence des archives. Cependant le jeu des alliances laisse à penser qu'il jouissait d'une position sociale tout à fait honorable. Il avait épousé en premières noces, en 1646, Françoise Delagarde, sans doute apparentée à la grande famille locale des Delagarde, sénéchaux de père en fils avec Jean et Guy, et détenteurs immuables de la cure avec Elie, curé de Marthon de 1638 à 1684. Le second mariage de Léonard est également intéressant, puisque Françoise Clergeon pourrait être la fille de Guy Clergeon, maître apothicaire lui aussi. Léonard Tachard se serait donc contenté de prendre la succession de son beau-père. Il reprend le prénom de ce dernier — suivant une pratique courante — pour baptiser son premier fils. Ces hypothèses ancrent assez solidement Guy Tachard dans le terroir de Marthon, aux confins de l'Angoumois et du Périgord. La seule fille de Léonard Tachard que nous pouvons suivre jusqu'à son mariage confirme cette impression. Paule Tachard, quatrième enfant de la famille, se marie très honorablement à Nicolas Mesnard, avocat à Marthon. Elle y demeure jusqu'à sa mort à l'âge de cinquante-sept ans, en 1710.

Source : Un Jésuite à la Cour de Siam, de Raphaël Vongsuravatana.

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26 mai 2016

Thomas de Mahon

Le canonnier Thomas de Mahon (1756)
Première édition : 1913 - Auteur : Albert Dujarric-Descombes

Vers la fin du mois de juillet de l'année 1756, il était affiché, dans les églises de toutes les paroisses du Périgord, un placard, aux armes épiscopales, portant mandement par Mgr Jean-Chrétien Macheco de Prémeaux au clergé diocésain de chanter « le Te Deum en actions de grâces de la conquête de l'île de Minorque ».

Ce mandement, sorti des presses de Dalvy, portait en tête le texte de la lettre suivante du Roi :

« Monsieur l'évêque de Périgueux, Après avoir trop long-temps et vainement attendu la satisfaction que je m'étois promise de l'équité du Roi d'Angleterre, en réparation des excès que sa Marine a commis contre mes vaisseaux et ceux de mes sujets, au grand scandale de, toute l'Europe, je me suis trouvé forcé de recourir à la voie des armes pour venger l'honneur de ma Couronne et protéger le commerce de mes Etats. C'est par de si justes motifs que j'ai fait passer au mois d'avril dernier un corps de mes troupes dans l'isle Minorque, sous le commandement de mon cousin le maréchal de Richelieu, avec une escadre commandée par le marquis de La Galissonnière, lieutenant général de mes armées navales, pour chasser les Anglois d'un port dont ils s'étoient emparés par cet esprit de domination générale qu'ils voudroient étendre dans les deux Mondes. A la suite des travaux pénibles et dangereux d'un long siège, pendant lequel l'escadre anglaise, qui s'étoit avancée pour secourir Minorque, a été repoussée; par la mienne. Le maréchal de Richelieu, après une disposition aussi hardiment méritée que l'exécution en devoit être rapide, a donné enfin l'effort à la valeur françoise et lorsque les ennemis se fioient sur la force de leurs remparts, mes troupes ont emporté d'assaut, la nuit du 27 ou 28 du mois dernier, les ouvrages extérieurs des forts de Mahon; la terreur a fait le reste. La garnison a été contrainte de capituler, et de se retirer à Gibraltar, abandonnant plus de 200 pièces de canon et 80 mortiers. Le succès d'une entreprise si importante, où mes troupes ont eu à surmonter tous les obstacles que l'art secondé de la nature peut mettre en usage pour la défense d'une place, ne doit être attribué qu'à la faveur que le Dieu des Armées veut bien accorder à la justice de ma cause. C'est pour lui rendre un hommage public de ma reconnoissance, et pour le supplier de me continuer sa divine protection, que je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous fassiez chanter le Te Deum dans l'église cathédrale et autres de votre diocèse et que vous aiez à. convier à cette cérémonie ceux qui ont accoutumé d'y assister. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur l'Evêque de Périgueux, en sa sainte garde. Ecrit à Compiègne, le 15e juillet 1756 ».

Semblable lettre était adressée en même temps au comte d'Hérouville, commandant en Guyenne, pour lui annoncer le succès de Minorque, le prier d'assister et de faire assister au Te Deum les officiers « tant de justice que de ville » et de « faire faire des feux de joye et tirer le canon. pour marques de réjouissances publiques ».

La conquête de Minorque excita l'enthousiasme de la France entière. La prise de Port-Mahon, qui forma sur mer le pendant de Fontenoy, fut, comme on l'a dit, la seule victoire demeurée populaire des guerres maritimes du temps de Louis XV.

Le nom de Mahon n'est pas seulement resté à une préparation culinaire la mayonnaise (1). Le courage, que durant les six semaines qui précédèrent la reddition dé la place, déploya un canonnier périgourdin, appelé Thomas, et l'habileté avec laquelle celui-ci préserva de la mort le duc de Richelieu, qui déploya dans cette expédition les qualités d'un chef d'armée, valurent à ce soldat, dont je veux essayer de faire revivre ici la mémoire, avec le grade d'officier, l'insigne honneur de pouvoir ajouter à son nom.celui de Mahon.

Verneilh-Puyraseau, qui avait connu ce compatriote, a, le premier, révélé l'origine et l'exploit de Thomas, dans un de ses ouvrages d'histoire (2).

« Pendant le siège de Port-Mahon, dit-il, Richelieu s'étant approché d'un des forts, avait été couché en joue et manqué par une sentinelle anglaise. Un canonnier périgourdin (de Bussière-Badil) visa à son tour la sentinelle et la renversa du premier coup. Thomas, c'est le nom du canonnier, resta trois jours attaché à sa pièce, sans vouloir qu'on le remplaçât. Le maréchal voulut connaître ce brave. Thomas vient se jeter à ses pieds et s'avoue déserteur d'un des régiments débarqués à Minorque. Richelieu lui pardonne et le fait officier. J'ai vu dans le temps ce vieux militaire, alors chevalier de St-Louis. Il avait obtenu, comme titre de gloire, d'ajouter à son nom celui de Mahon, que sa famille a conservé ».

Au commencement du XVlIIe siècle, une famille de cultivateurs du nom de Thomas était établie, à 1800 mètres du bourg de Bussiêre-Badil, aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrondissement de Nontron, au Trieux, sur la rive droite du ruisseau dont ce village porte le nom. On pourrait supposer que notre canonnier y est né.

M. l'abbé Liffort, curé-doyen de Bussière, que je remercie de ses recherches, m'a bien communiqué l'acte de baptême d'un Thomas, né au Trieux, dans le mois de mars 1729, des époux, Pierre Thomas et Anne Barbé. Mais cet acte ne saurait, ce me semble, concerner le héros de Mahon, qui, dans tous les contrats que mon collègue M. Roger Drouault a bien voulu relever à mon intention dans les répertoires notariaux du temps, est désigné avec le prénom de Bertrand. Dans une transaction devant Me Grolhier, du 1er décembre 1762, son père, alors décédé, figure sous le prénom de Jean, et non sous celui de Pierre. Enfin, dans son acte de décès, en 1784, il est déclaré âgé d'environ 50 ans; sa naissance ne remonterait pas ainsi aussi haut.

Bertrand Thomas avait un frère et une sœur : Elie, qui exerça la profession de taillandier au village de Montaman, paroisse de Javerlhac, et Jeanne, mariée à Pierre Charlart, tailleur. De bonne heure, l'armée l'attira. Il déserta le régiment de Nice, pour suivre le corps de troupes envoyé en Espagne. A Port-Mahon, il fut affecté au service d'une batterie. Il y occupait cet emploi, lorsque son régiment arriva avec l'escadre de la Galissonnière. De peur d'être reconnu par ses anciens compagnons d'armes, il ne voulut pas être relevé de son service de canonnier. C'est à ce moment du siège que le maréchal de Richelieu, dans une de ses visites quotidiennes aux postes avancés, le rencontra, et qu'eut lieu l'aventure, qui l'a rendu célèbre. Voici de quelle manière elle est racontée dans les Mémoires du duc de Richelieu (3).

« Une sentinelle d'un des forts s'amusait à tirer sur lui, et ce jour-là il entend siffler la balle plus près de ses oreilles, il s'approche d'un canonnier et lui demande s'il ne peut pas le défaire de ce faquin-là; qui peut être plus adroit une autre fois. Ce canonnier servait depuis trois jours sa batterie sans avoir voulu être relevé. Il se nommait Thomas, était déserteur du régiment de Nice. Son régiment venait d'arriver à Mahon, et, sachant qu'il aurait la tête cassée s'il était reconnu, il avait voulu prévenir son sort en se faisant tuer mais le destin en avait autrement décidé. Lui seul avait échappé au feu meurtrier des ennemis. Il était fort adroit, fort actif, et jamais batterie n'avait été mieux servie, quoique la plus exposée. Cet homme, noirci par la poudre, couvert de sueur et de poussière, défait et privé de nourriture depuis deux jours, se traîne vers son général et lui promet que s'il manque le soldat ennemi du premier coup de canon, il n'échappera pas au second. »

« Effectivement, il saisit le moment où ce soldat était le plus à découvert; le coup part, et l'on voit son chapeau sauter en l'air. Le maréchal, charmé dé son adresse, voulut lui demander pourquoi il le voyait trois jours de suite mais le malheureux Thomas, épuisé de fatigue et de faim, était déjà tombé sans connaissance auprès du canon qu'il avait si bien servi. »

« Le maréchal apprit alors qu'il n'avait pas voulu être relevé. Il le fit conduire à l'hôpital et chargea un officier de lui rendre compte du motif qui avait pu déterminer ce canonnier à se conduire ainsi. Thomas garde le silence et ne veut parler qu'à son général. Après être rétabli, il obtient la permission de se présenter chez lui. Thomas tombe à ses pieds, lui avoue sa faute, convient qu'il mérite la mort et qu'il a voulu la rendre utile à sa patrie en ne quittant point la batterie où tous ses camarades ont été tués. Il le supplie de lui éviter le supplice en lui donnant le poste le plus dangereux, qu'il promet de garder jusqu'à ce qu'il perde la vie en brave soldat, content de mourir s'il épargne celle d'un de ses camarades. Le maréchal, touché du repentir d'un si brave homme, l'assure qu'il peut tranquillement reprendre son service. Il se fit rendre ensuite un compte exact de sa conduite. Tous les témoignages étant en faveur du canonnier, Richelieu, quelques jours après, vint visiter la même batterie, qu'il continuait de servir avec une adresse et une intrépidité incroyables. Alors, s'avançant vers lui, il lui présenta un brevet de sous-lieutenant, en lui disant  :« Prenez, mon ami; c'est la récompense du mérite. »

« Cet homme, aussi brave officier qu'il avait été soldat, fut fait ensuite capitaine. Chaque endroit de son corps était marqué par une blessure. En 1777, il vint à Versailles demander une pension. Il avait trente-huit ans de services tant comme soldat que comme officier. On fut surpris de ce qu'il ne sollicitait pas la croix de Saint-Louis, et ce brave homme parût étonné de la mériter. Le maréchal de Richelieu, qui connaissait mieux qu'un autre le prix de ses services, obtint pour lui cette récompense militaire et reçut Chevalier ce brave Thomas, qui doutait encore qu'il fût digne de cette grâce ».

Thomas eut la satisfaction d'assister à la capitulation de Port-Mahon, plus heureux que son compatriote, le fils du seigneur de Saint-André-de-Double, Jean-Baptiste de Chabans, ancien page de la duchesse du Maine, qui avait été employé en qualité de lieutenant d'artillerie au siège du fort Saint-Philippe blessé de trois coups de feu, cet officier en mourut vingt-quatre heures après.

De retour au pays natal, Thomas songea à fonder une famille. Il se maria une première fois, à Nontron. En secondes noces, Il épousa Jeanne Lhote, veuve d'Henry Chaseau, de la même ville, fille de Thomas Lhote et de Marie Verneuil, bourgeois de Bussière-Badil (4).

Le duc de Richelieu, pair de France, avait été nommé gouverneur, lieutenant général du Roi en la province de Guyenne avant l'expédition de Minorque. Il ne fit son entrée à Bordeaux que deux ans plus tard. On a conservé le récit de la magnifique réception qui lui fut faite, ainsi que le détail des ouvrages de-peinture, trophées avec inscriptions, dressés à ce moment pour faire allusion à la conquête de l'ile espagnole. Durant son commandement, il ne cessa d'entretenir les meilleures relations avec la ville de Périgueux, dont la municipalité lui fit apprécier plus d'une fois les patés de perdrix alors si renommés.
 
Dans sa haute situation; le maréchal ne perdit jamais de vue l'humble canonnier qui lui avait sauvé la vie. Soit à Paris, soit à Bordeaux, il fit toujours à celui-ci un cordial accueil, jusqu'à l'inviter à souper.

Fleury, de la Comédie-Française, raconte daus ses mémoires, qu'il était reçu chez le duc en, même temps que des auteurs, des peintres et des hommes d'esprit, des généraux, des diplomates et des courtisans.

« J'y rencontrai, dans un souper, dit cet acteur, un officier de fortune nommé tout simplement M. Thomas, le brave Thomas, portant dignement la croix de Saint-Louis sur trente-huit blessures toutes reçues au service du Roi ».

Il résulte d'une note de M. Joseph Durieux (5) que la carrière militaire de Thomas se résumerait ainsi : quinze campagnes, quatre sièges, trois batailles, quatre expéditions, cinq blessures. On comprend que de pareils états de service méritassent une récompense.

En 1760, le maréchal lui fit accorder des postes en rapport avec ses aptitudes militaires. Il le nomma d'abord garde d'artillerie et lui confia le commandement d'une compagnie de canonniers invalides, détachée en Guyenne, au Chàteau-Trompette, paroisse Saint Rémy, à Bordeaux, et le préposa à la garde des magasins d'artillerie au fort Médoc, paroisse de Cussac. En 1774, on trouve Thomas, lieutenant de canonniers invalides à Bayonne et, quatre, ans plus tard, il était capitaine en second de canonniers invalides dans la même citadelle.

C'est en cette dernière qualité qu'il reçut, le 9 mai 1778, la croix de chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, sous les auspices de son protecteur, qui lui donna une nouvelle et flatteuse marque de son estime, en acceptant d'être le parrain de son fils (6). Il lui obtint, en outre, l'autorisation d'ajouter à son nom celui de Mahon (7).

De son mariage avec Jeanne Lhote, Thomas eut trois fils l'aîné, Lazare (30 janvier 1758) qui dut mourir jeune; Louis-François-Armand, le filleul du duc de Richelieu, et Pierre Bertrand (8 décembre 1762), tous nés au bourg de Bussière-Badil, diocèse de Limoges, élection de Périgueux, généralité de Bordeaux.

Durant son premier mariage, il avait habité la ville de Nontron dans les premières années du second, il demeura à Bussière-Badil, jusqu'au jour où il se décida à se fixer dans un petit, domaine que, suivant acte passé devant Me Grolhier, notaire à Nontron, le 19 janvier 1771, il avait acquis du sieur Félix Thibaud, dans la paroisse du Bourdeix, au village de Rapy. Le logis principal, couvert en tuiles plates, se compose d'un rez de-chaussée à deux chambres donnant sur un jardin en terrasse et d'un premier étage; il est entouré de murs formant une cour, dans laquelle on pénètre par un grand portail; en face, se dresse un corps de bâtiments à l'usage d'un colon. Cette habitation appartient aujourd'hui à M. Teyssendier de Lasserve, gendre de l'historien regretté du Nontronnais, Ribault de Laugardière. C'était, d'après ce dernier, une petite maison forte qui, suivant la tradition, aurait été habitée autrefois par les religieux d'un prieuré voisin ils s'y trouvaient en súreté au sommet d'une colline escarpée de trois côtés et dominant la gorge étroite, qui conduit au petit vallon de la Doue.

Ce fut dans cette solitude que Thomas de Mahon devait finir ses jours, entouré de sa femme, et de ses jeunes fils, mais non sans avoir été en butte à de regrettables tracasseries. Il avait été dégrevé de ses impôts, comme officier en activité de service. Une plainte fut portée au sujet de ce dégrèvement par des habitants du Bourdeix, prétendant qu'il n'acconiplissait plus de service actif en résidant dans la paroisse. L'auteur de cette cabale était le syndic fabricien, Jean Dessalis, régisseur de la terre de Jean-Charles de Lavie, seigneur marquis du Bourdeix, baron de Nontron, premier président en la première Chambre des enquêtes du Parlement de Bordeaux. Le subdélégué de Nontron Jean de Labrousse du Bosfrand vint au secours de l'ancien officier. Il remontra que ce dernier, « homme distingué par les grades militaires qu'il doit à ses services », avait pour voisin le sieur Dessalis, « qui voudroit lui faire quilter la paroisse et qui a jeté un dévolu sur le peu de bien qu'il possède et qui peut former un objet de 4.000 à 4.500 livres »; et qu' « il n'est point de procès qu'il ne lui suscite » que, pour y réussir, il s'est mis « sous la sauvegarde du seigneur ». Sur les vingt habitants, dont il avait, de concert avec le fermier du marquis du Bourdeix, produit la plainte, dix étaient métayers de celui-ci, un son procureur d'office, un autre métayer du juge de la terre, sans compter les autres « qui n'ont rien à perdre » et qu'on a sollicités pour grossir le nombre des plaignants. L'arrêt de la Cour des Aides de Bordeaux, déclarant le propriétaire de Rapy exempt de taille, dut être maintenu (8).

On voit figurer le nom de Bertrand Thomas dans de nombreux actes, conservés dans les minutiers des notaires de Nontron et des environs. Ils témoignent du soin qu'il apportait au réglement de ses affaires particulières. Il jouit d'une situation assez en vue pour qu'à maintes reprises ses concitoyens le choisissent pour les représenter dans divers procès.

Sa santé devait se ressentir des blessures reçues et des fatigues longtemps endurées à la guerre. Il s'éteignit prématurément dans sa retraite rurale, comme l'indique son acte de décès relevé dans les registres paroissiaux du Bourdeix :

« Le 19 mars 1784, est décédé Bertrand Thomas, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, capitaine, de canoniers, âgé d'environ, de 50 ans, vivant mari de dame Jeanne Lhote, du village de Rapy, présente paroisse du Bourdeix lequel a été enterré aujourd'hui 20 des susdits mois et an, én présence de sieur Jean Lhote, négotian, sieur Pierre Chazeau et autres qui ont signé ».

Parmi les signatures de cet acte, on remarque celles de Jalaigniac, prêtre, de Tamaignon, curé d'Etouars, et de Gaultier, curé de l'église St-Pierre et St-Paul du Bourdeix.

Jeanne Lhote resta curatrice de ses deux enfants survivants. En 1787, elle obtint « en considération de la distinction des services de son mari », une pension sur le Trésor royal.

« Sa Majesté, voulant donner à la demoiselle Jeanne Lhote une marque du souvenir qu'Elle conserve des services distingués du feu sieur Bertrand Thomas de Mahon, son mari, accordait la grâce d'une pension montant annuellement à 300 livres ».

Notification de celle faveur de Louis XVI lui fut faite par le maréchal de Ségur, ministre de la Guerre. Les registres d'état-civil du Bourdeix nous apprennent qu'elle mourut au village de Rapy, à l'âge de 84 ans, le 8 avril 1808.

L'aîné de ses deux fils fut le seul qui lui survécut, le plus une, Pierre-Bertrand, ayant été massacré, en 1793, à Port-au-Prince, par les nègres révoltés de Saint Domingue.

Louis-François-Armand Thomas de Mahon fut destiné à la carrière militaire, à laquelle le nom qu'il portait devait son illustration. Elève aux Gardes françaises, le filleul du maréchal de Richelieu devint fusilier au même régiment, dans la compagnie de Maleyssie (1775); puis passa au régiment de Metz artillerie. Pendant quatre ans, il fit, avec l'escadre de Vaudreuil, campagne en Amérique, à Tabago, Saint-Eustache, La Désirade, et fut atteint de deux coups de feu aux genoux et à la hanche gauche, au combat du 12 avril 1782, à bord du Triomphant. De 1789 à 1792, il figure dans la garde soldée de Paris, comme capitaine d'artillerie. Lieutenant au bataillon supplémentaire des chasseurs de montagnes, il resta, jusqu'en 1811, en Espagne, sous les ordres des généraux Avril et Thouvenot. Ou le trouve, en 1813, à Rochefort, capitaine de la garde nationale. Le 5 avril 1814, au pont retranché de Melun, il fut blessé d'une balle au bras droit; en juillet, le duc d'Angoulême lui accorde la place de commandant d'armes à Ia citadelle de Blaye, fonction qu'il ne put remplir, les réglements exigeant le grade de chef de bataillon. Il fut nommé conseiller du Roi, rapporteur du point d'honneur au tribunal des maréchaux de France. Il sollicita, en 1816, une compagnie de vétérans ou une pension de retraite. On croit qu'après 1830, il obtint un commissariat de police. On ignore sa fin. Il aurait été marié avec une demoiselle Marguerite Laduire.

Le dernier des Thomas de Mahon a laissé une assez triste réputation dans son pays où il revint souvent, et vendit les biens qu'il tenait de sa famille. C'était un insubordonné, un exalté, un batailleur. Les archives de la police correctionnelle conservent le souvenir de quelques-uns de ses méfaits. On informa contre lui, en 1786, pour avoir tiré un coup de fusil à un de ses voisins de Rapy, le sieur Jean Vignaud, qu'il accusait de lui voler du verjus. Pendant un séjour à Fixart, commune de St-Estèphe, vers 1840, il eut dispute avec les lessiveuses de ce village, qui l'assommèrent presque à coups de battoir. On alla quérir le docteur Agard-Laroche, au village des Forges, commune d'Etouars. On raconte que certaines femmes allèrent au-devant du médecin pour le prier de ne point guérir le malade que tout le monde détestait. Il est superflu d'ajouter ici certaines médisances au sujet de sa conduite privée. On suppose qu'il mourut à Fixart, laissant des filles de sa femme légitime et un fils bâtard.

Tels sont les souvenirs qu'il m'a été donné de rassembler sur le canonnier Thomas de Mahon. Rien n'est resté de lui dans son pays natal. Un tableau peint, représentant la prise de Port-Mahon avait été relégué dans un grenier de son ancien logis de Rapy. Une métayère le trouva et le mit à la lessive pour en avoir la toile (9). M. de Laugardière, qui devint propriétaire de Rapy, a consacré à ce domaine plusieurs lignes, dans sa notice sur la commune du Bourdeix il y rapporte bien l'antique tradition concernant la modeste demeure, sur une des cheminées de laquelle on voit encore les restes d'un écusson martelé, et fait une allusion aux gentilshommes campagnards qui ont pu la construire; mais il se tait au sujet du plus célèbre des anciens possesseurs de cette demeure (10).

Un acte de restitution et de réparation me paraissait légitimement dû à la mémoire de Thomas de Mahon. Son nom mérite d'être conservé à côté de ces humbles soldats, qui, partis de la glèbe, sont parvenus à la gloire, gràce à leur valeur militaire. Je l'associerais volontiers à celui de Michel Hyot, cet autre canonnier périgourdin, enrôlé volontaire de la commune de Montagnac-d'Auberoche, qui, à la bataille d'Essling, resté seul de sa batterie avec son sergent, réussit tenir, pendant trois heures, au plus chaud de l'action, les Autrichiens à distance, et mérita, par sa rare intrépidité, de Napoléon la dotation d'une rente perpétuelle de 500 francs.

Voilà deux braves soldats qui, s'ils avaient été lettrés, fussent certainement devenus des officiers d'artillerie très distingués.

Albert Dujarric-Descombes

Notes :

1. Sauce froide, faite avec de l'huile, du vinaigre, du jaune d'oeuf et du poivre, le tout battu jusqu'à consistance de pommade.

2. Mémoires historiques sur la France et la Révolution, Paris, Dupont, 1830, page 103.

3. Edition Barrière, tome Il, page 222.

4. Née à Bussière le 30 décembre 1723, elle y avait épousé, le 5 août 1749, le sieur Chaseau, dont elle eut une fille, Léonarde Chaseau.

5. Mon obligeant et laborieux collègue Durieux a bien voulu se dessaisir en ma faveur du petit dossier qu'il avait réuni sur Thomas de Mahon et sur son fils aîné.

6. Voici le baptistaire : « Le onze du mois de may mil sept cent soixante, en l'église paroissiale de Buxière, a été baptisé Louis-François-Armand Thomas, fils de Bertrand Thomas, garde d'artillerie et commandant des batteries du Médoc, et de Jeanne Lhote, sa femme, né le même jour au présent bourg. A esté parrain : Louis-François-Armand du Plessis, et a tenu à sa place Elie Lhote, maître sellier, et sa marraine Marie Lhote. Verneuil, curé ». En marge : « A été parrain le seigneur Louis-François-Armand de Richelieu, gouverneur de Guiene ».

7. Il y avait eu un précédent en Angleterre. James Stanhope, qui avait commandé les troupes anglaises en Espagne, en 1708, s'étant emparé de l'ile Minorque, avait aussi reçu pour cet exploit le titre de lord Mahon, du nom de la forteresse conquise.

8. Sur ce procès voir les pièces déposées aux Archives de la Gironde (C. 1034 Carton), et un acte signalé par M. Drouault dans les minutes du notaire Grolhier, à la date du 7 novembre 1778.

9. Communication de M. Lathière-Lavergne, ancien notaire à Nontron, maire du Bourdeix.

10. Monographie de la ville et du canton de Nontron, Périgueux, Laporte, 1889, page 324.

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Le Comité de Bussière-Badil en 1789

Nous avons le procès-verbal de la nomination du Comité de Bussière-Badil, en Nontronnais, y compris la liste des gardes nationaux enrégimentés sous son autorité : « L'an mil sept cent quatre-vingt-neuf et le vingt-septième du mois de septembre, à l'issue de la messe paroissiale, après avoir fait sonner la cloche, comme il est d'usage, nous Citoyens du bourg de Bussière-Badil, de tous rangs et de tous états assemblés sans distinction de préséance, au devant de la principale porte de l'église dudit lieu, en conformité de la déclaration du Roy du 14 aoust dernier, de l'arrêté de l'Assemblée nationale dudit même mois et de la proclamation de Messieurs du Conseil de la Ville de Périgueux, tous quoy nous (a) été dûement annoncé et expliqué par trois dimanches consécutifs au prône de la messe paroissiale, délibérant sur le tout avons cru que tous les moyens les plus sûrs et les plus efficaces pour procurer le bien public est l'établissement d'un comité composé de dix personnes de la communauté : d'un président et quatre conseillers pris dans la classe des bourgeois, deux dans celle des artisans, deux dans celle des laboureurs, et un secrétaire, à l'élection desquels avons procédé à la pluralité des voix, les quelles recueillies et contées se sont trouvées en faveur de Messieurs Jalaniat, curé, président ; de Fuyas, vice-président ; Bernard de Lajartre, conseiller; Thomas Bernard, salpêtrier, conseiller; Léonard Duclaud; Labruinas, tailleur; Antoine Goteron, serrurier; Grenaudie, laboureur; Fargeas, laboureur; Fargeas, de Ricasson, laboureur; Gotteron, secrétaire, aux quels nous avons donné tous les pouvoirs nécessaires pour faciliter la subsistance de la classe indigente des habitants, pour maintenir bon ordre et veiller à la sûreté publique, et en un mot faire le bien de tous, ce qu'ils ont accepté, et nous ont promis, sous la foy du serment, s'en acquitter fidèlement et avec zèle, en témoignage de quoy ils ont signé avec plusieurs des électeurs qui ont su, et les autres ayant déclaré avec ledit Antoine Gotteron, conseiller, ne savoir. » — (Aux signatures des conseillers, s'ajoutent celles des officiers de la garde nationale : Lhote, chevalier de Saint-Louis, commandant de la milice ; Maffrand, capitaine ; Saint-Sauveur ; de Leinard, capitaine de la milice ; Lajamme de Belleville, puis les soldats et d'autres citoyens.)

Source : Études historiques sur la révolution en Périgord, de Georges Bussière.

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