30 mai 2016

Fête de l'unité et de l'indivisibilité de la République

« Nontron, le 3 septembre 1793, l'an II de la République.

Citoyen Président,

Nous vous adressons ci-joint copie du procès-verbal de la fête du 10 août qui a eu lieu à Nontron. Comme il est le récit fidèle des témoignages de l'attachement des citoyens de ce district aux bons principes et aux sentiments de liberté, d'égalité, d'unité et d'amour pour la Constitution qui les animent, nous n'avons pas cru indifférent de le faire connaître à la Convention par l'organe de son Président.

Les administrateurs du directoire et procureur syndic du district de Nontron.

Signé : Jean-Baptiste Boyer, procureur syndic; Vieillemard; Lombard, vice-président. »

« Procès-verbal de la fête de l'unité et de l'indivisibilité de la République, célébrée le 10 août dans le chef-lieu du district de Nontron, département de la Dordogne.

Les envoyés des municipalités comprises dans l'étendue du district et tous les habitants de la commune de Nontron, se sont réunis le 10 août à 8 heures du matin dans le lieu qu'occupe l'Administration du district. C'est là que s'est formé le cortège, il était ainsi composé :

La garde nationale a ouvert la marche sur six de front, la musique en tête; à côté de son drapeau était portée une bannière blanche ornée de rubans tricolores et de guirlandes de feuilles de chêne; on y lisait ces mots : Résistance à l'oppression.

A peu de distance suivait un groupe composé des envoyés des communes du district, armé chacun d'une pique ornée de rubans tricolores; au centre de ce groupe, 8 d'entre eux portaient sur leurs épaules un brancard surmonté d'un piédestal sur lequel reposait l'Acte constitutionnel assujetti par des guirlandes de feuilles de chêne et des rubans tricolores.

Après ce groupe, on voyait celui des mères qui ont donné des défenseurs à la patrie, elles portaient une bannière civique où était l'inscription: Aux bonnes mères, la patrie reconnaissante.

A la suite marchaient les jeunes enfants trop faibles encore pour servir la Répubhque; leur bannière portait ces mots : L'espoir de la patrie.

Le groupes des enfants était suivi de celui des vierges. Celui-ci était très nombreux; les filles qui le composaient étaient vêtues de blanc, et l'on voyait s'élever au milieu d'elles une bannière civique où était cette inscription : Par la vertu plus que par la beauté.

Enfin le cortège était fermé par le peuple en masse qui formait le dernier groupe, on y voyait confondus les hommes de tous les états, de toutes les professions avec les fonctionnaires pubhcs décorés de leurs attributs distinctifs. En tête de ce groupe, 8 laboureurs portaient sur leurs épaules une charrue surmontée d'une gerbe de blé qui y était fixée par des guirlandes de chêne. Peu de distance après suivait un trophée porté sur les épaules de 8 citoyens, composé des outils et instruments des arts et métiers et orné de guirlandes de chêne et de rubans tricolores; la bannière civique qui paraissait ensuite au milieu de ce groupe portait : Majesté au peuple, et plus bas, Union, liberté, égalité. A la suite de ce groupe étaient portés les titres de l'ancienne féodalité, monuments antiques de l'ignorance et de la sottise, ils étaient encore traînés par des ânes.

Tous les citoyens généralement avaient un bouquet d'épis de blé et marchaient sur six de front.

C'est dans cet ordre que le cortège s'est rendu sur la place de la hberté, où était élevé un autel à ce génie tutélaire de la France. Cet autel était simple, drapé de blanc ainsi que les gradins qui y conduisaient, et orné de guirlandes de chêne.

Le cortège ayant environné dans l'ordre ci-dessus et à une certaine distance l'autel de la liberté, une salve d'artillerie ayant donné le signal de l'entière réunion, on a adressé des vœux à l'Éternel, après quoi l'Acte constitutionnel a été déposé sur l'autel. Le procureur syndic du district a prononcé un diseours dans lequel il a développé toute l'importance du serment qu'on, allait prêter, et il a invité le peuple à s'approcher pour remplir cette douce obligation; alors ehaque groupe s'est avancé par ordre jusque sur les gradins correspondant aux quatre faces de l'autel et a prêté, entre les mains du Président du district, le serment d'être fidèle à la nation, de maintenir la liberté, l'égalité et la Constitution républicaine que le peuple français a acceptée. Une salve d'artillerie donnait le signal à chaque groupe, et pendant tout le temps qu'a exigé la prestation de ce serment, la musique militaire faisait entendre l'air sentimental : Où peut-on être mieux.

La prestation du serment finie, le cortège s'est rendu, toujours dans le même ordre, sur la place des Ormeaux, où l'on avait élevé une pyramide à la mémoire de nos frères morts pour la défense de la liberté. Cette pyramide était décorée de guirlandes de chêne, de tous les attributs de la guerre, et surmontée d'une pique portant une banderole où étaient écrits ces mots : A la postérité. En face de la pyramide, à quelque distance, était dressé un bûcher, du centre duquel s'élevait un drapeau rouge qui portait cette inscription en grosses lettres : Us s'en vont en fumée.

Le cortège étant parvenu sur cette place et s'y étant formé dans l'ordre ci-dessus, avec le plus grand silence, les tambours battant le deuil, une salve d'artillerie a donné le signal. Aussitôt un membre du premier groupe s'est avancé et est allé attacher une couronne de chêne à la pyramide; les autres en ont fait autant successivement, tandis qu'on entendait les sons d'une musique plaintive et majestueuse qui partait du sein même de la pyramide.

Pendant que d'un côté on rendait cet hommage aux mânes des défenseurs de la liberté, de l'autre on disposait sur le bûcher l'offrande expiatoire qui allait leur être faite des restes encore palpitants de l'hydre qu'ils ont abattu; tout était déjà prêt. Alors 6 républicains détachés de chacun des groupes du cortège et armés de la torche destructive, ont entouré le bûcher et livré aux flammes et à l'oubli cet amas monstrueux des débris de la tyrannie. Des airs militaires et des salves répétées d'artillerie annonçaient la joie qu'un pareil spectacle répandait dans l'âme de ceux qui y étaient présents.

Le sacrifice étant fini, le cortège est revenu sur la place de la liberté, où un membre du directoire du district a prononcé un discours tendant à faire chérir la liberté en développant avec énergie les avantages qu'elle procure aussi bien que les devoirs qu'elle impose et sans lesquels elle ne peut exister. Après ce discours, les citoyens se sont tous approchés de l'autel et y ont fait l'offrande des divers attributs de tous les états; en un instant l'autel a été couvert d'épis de blé, d'armes, d'instruments et d'outils de toutes les espèces. Immédiatement un chœur de citoyens et de citoyennes a chanté un hymne à la liberté et relatif à la circonstance, sur l'air fameux : Allons enfants de la patrie.

La fin de cette belle journée a été célébrée par un banquet civique qui a eu lieu sur la pelouse au nord de la ville, et par des danses autour de l'autel de la liberté. Le plus grand ordre a régné dans cette fête qui a vraiment été pour nous celle de l'égalité et de la fraternité.

Lecture faite du procès-verbal ci-dessus, le directoire, ouï le procureur syndic, arrête qu'il sera transcrit au long sur ses registres, et copie d'icelui adressé tant à la Convention nationale qu'au directoire du département.

Délibéré en séance publique, au directoire du district de Nontron, le deux septembre mil sept cent quatre-vingt-treize, l'an II de la République française.

Collationné :

Signé : Lombard, vice-président. »

Source : Archives parlementaires, tome 73, du 25 août au 11 septembre 1793.

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Un citoyen au Tribunal révolutionnaire

Mazerat de Lort (François-Sicaire), né à Nontron (Dordogne) en 1753 ; mort à Paris le 7 septembre 1806 ; fils d'un ancien magistrat de la Dordogne.

Avocat au Parlement de Guyenne à Bordeaux (1778) ; — avoué à Nontron ; — commissaire du Roi près le Tribunal du district de Nontron (1790 à 1792) ; — maire de Nontron (1792) ; — destitué comme suspect, incarcéré, remis en liberté au bout de huit mois ; — s'établit à Paris ; — juge au Tribunal révolutionnaire de Paris (8 nivôse an III, 28 décembre 1794) ; — juge au Tribunal central des directeurs du jury de Paris en vertu de la loi du 6 messidor an III ; — juge suppléant au Tribunal civil de la Seine, titulaire en 1796 (pluviôse an IV) ; — non réélu en avril 1797 (germinal an V) ; — employé au bureau de liquidation des émigrés (1806).

Arch. nat. BB, 167, 169, 172.

Il est sans doute parent de Louis-François Mazerat, né à Nontron le 22 septembre 1817, qui fut député de la Dordogne à l'Assemblée nationale de 1871 et mourut à Périgueux, le 2 mai 1881.

Source : Les tribunaux civils de Paris pendant la Révolution (1791-1800).

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29 mai 2016

Une route entre Montbron et Nontron

« Ce jourd'huy premier du mois de may 1785 après midy sous la halle publique de la ville et paroisse de Nontron où ont accoutumé de s'assembler les habitants de la dite ville pour les affaires de la communauté, pardevant le notaire royal est comparu Guillaume Lapouraille, maître en chirurgie, en qualité de principal sindic collecteur des tailles en exercice de la présente année, en absence du sindic général, lequel a dit à l'assemblée qu'ayant été informé par la voie publique et par des instructions particulières et certaines que Mme la duchesse de Larochefoucauld ayant demandé l'établissement d'une grande route de communication de Montbron à Nontron, il a été donné des ordres pour prendre les renseignements nécessaires pour en fixer la direction. Mais, en même temps, il a été dit au comparant qu'il était à craindre que l'embranchement s'exécutât en allant de Montbron à Forgeneuve par le bourg de Varaignes, ou à peu près, et de Forgeneuve à Nontron, en passant par le bourg de Saint-Martial-de-Valette. Il a cru de son devoir de convoquer les principaux et notables habitants de cette ville, afin qu'ils soient à même de prendre les mesures qui leur paraîtraient les plus convenables dans l'intérêt du public et de la communauté. Surquoy les notables et principaux habitants de cette ville ont unanimement dit qu'animés par l'intérêt public et celui de la vérité ils doivent observer que par sa position la ville de Nontron la troisième l'une des plus considérables du Périgord sert d'entrepôt aux provinces du Limousin, du Poitou et de l'Angoumois qui l'avoisinent de très près et qu'on ne saurait donner trop d'attention aux moyens propres à donner trop d'attention aux moyens propres à donner de l'activité à cette ville et faciliter le commerce avec les provinces limitrophes ; que l'établissement des routes est de faciliter l'abord des villes. Que les circonstances présentes offrant à Nontron la perspective des routes qui lui manquent il lui est permis de se considérer comme le point central auquel devraient aboutir celles d'Angoulême, de Limoges et de Périgueux. De là, protestation contre le circuit par Saint-Martial au sud de Nontron et réclamations en faveur de la ligne au nord, par Javerlhac, Puymauger et Oradour, assurant les communications avec le Poitou et le Limousin pour le commerce de Nontron, qui se trouverait délaissé au profit de St-Martial, lequel, ajoutent les habitants : Existerait seul et Nontron délaissé tendant à sa destraction n'offrirait dans peu que des ruines, de la misère et des tailles à payer plus difficilement. Qu'enfin ils osent espérer que la bienfaisance de la Cour, qui veille également sur tous les lieux où elle peut compter des cœurs, des bras et des vies pour la défendre, jettera un regard favorable sur une de ses villes du Périgord et permettra à MM. les ingénieurs de prendre le parti le plus conforme à l'amour paternel de notre glorieux monarque pour tous ses fidèles sujets. » Les habitants offrent ensuite une subvention de trois mille livres pour la ligne qu'ils préfèrent, et ils nomment pour commissaires MM. Augustin Forien Sr des Places, et Pierre Pastoureau Sr de Labesse, pour veiller à l'étude de cette ligne et pour envoyer copie de la délibération à l'intendant de Guienne, à Mme la duchesse de Larochefoucauld, à M. le président de Lavie, seigr de Nontron ; à M. le comte de La Ramière, à M. le marquis de Verteillac, à M. le comte de Montbron et à M. le marquis de Javerlhac. Suivent ensuite les signatures des habitants présents, savoir : « Fourien, Forien des Places, Pastoureau de Labesse, Bussac, ancien officier de cavalerie ; Mazière, Couvrat, Feuilhade, Vieillemard, Verneuil de Puybegout, Fonreau, Bosselut, Ribadeau, Dufraisse, Martel, de Grandcoin, maitre chirurgien ; Francois Feulhade, sieur de La Terrière. »

(Congrés scientifiques de France, 1878)

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27 mai 2016

La famille de Guy Tachard

Guy Tachard est le premier enfant de Léonard Tachard et Françoise Clergeon, que Léonard a épousée en secondes noces en 1647. Le couple est installé à Marthon même, modeste bourgade de cent vingt feux et six cents habitants. La baronnie dans son ensemble comprend plusieurs autres paroisses dans un périmètre d'une dizaine de lieues. Elle est attachée depuis ses origines à la prestigieuse famille des La Rochefoucauld, et c'est sans doute ce qu'elle a de plus remarquable. Dans ce contexte paisible et banal, Léonard Tachard, maître apothicaire, appartient de par son métier à la bourgeoisie locale. Celle- ci doit à la sénéchaussée une certaine consistance. Ici s'arrêtent déjà les certitudes. Nous ne connaissons guère en effet les activités de Léonard Tachard en dehors de son officine. Père de huit enfants dont des jumeaux, il a dû face à d'importantes responsabilités familiales. Il est probable néanmoins que nombre de ses enfants moururent en bas âge. Nous n'avons trace après leur baptême que de Guy et de sa sœur Paule. Léonard Tachard n'a pas exercé de rôle public comme en témoigne le silence des archives. Cependant le jeu des alliances laisse à penser qu'il jouissait d'une position sociale tout à fait honorable. Il avait épousé en premières noces, en 1646, Françoise Delagarde, sans doute apparentée à la grande famille locale des Delagarde, sénéchaux de père en fils avec Jean et Guy, et détenteurs immuables de la cure avec Elie, curé de Marthon de 1638 à 1684. Le second mariage de Léonard est également intéressant, puisque Françoise Clergeon pourrait être la fille de Guy Clergeon, maître apothicaire lui aussi. Léonard Tachard se serait donc contenté de prendre la succession de son beau-père. Il reprend le prénom de ce dernier — suivant une pratique courante — pour baptiser son premier fils. Ces hypothèses ancrent assez solidement Guy Tachard dans le terroir de Marthon, aux confins de l'Angoumois et du Périgord. La seule fille de Léonard Tachard que nous pouvons suivre jusqu'à son mariage confirme cette impression. Paule Tachard, quatrième enfant de la famille, se marie très honorablement à Nicolas Mesnard, avocat à Marthon. Elle y demeure jusqu'à sa mort à l'âge de cinquante-sept ans, en 1710.

Source : Un Jésuite à la Cour de Siam, de Raphaël Vongsuravatana.

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25 mai 2016

Les émeutes de Javerlhac

Après les très mauvaises conditions climatiques de l'hiver 1788/1789 jusqu'à l'été 1791 : gelées, grêle, pluies diluviennes, orages puis sécheresse qui avaient ramené les récoltes de 1789 au 1/20e de la normale, celles de 1790 aux trois quarts et celle de 1791 à un tiers ; il n'y avait plus de réserves en 1792.

Par crainte du manque de nécessaire et par spéculation, beaucoup de propriétaires ne portaient pas leurs blés sur les marchés d'où rareté et flambée des prix ; le septier de froment était passé de 15 livres en 1790 à 22 livres en 1792. Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 mars 1792, Guillaume Vallade, maître de forges à Jomelières, avait été averti que le nommé Léonard Julien dit Tapon, recouvreur, tireur de mines, avait annoncé que le lendemain, un nombre considérable de particuliers de Varaignes et de Javerlhac iraient chez lui pour manger et boire à discrétion, sinon ils briseraient tout.

Vallade dénonça Tapon à la municipalité de Javerlhac qui l'envoya chercher mais 150 personnes environ le firent libérer de la maison commune. Le lendemain dimanche, ces mêmes particuliers s'attroupèrent devant la porte de l'église à la sortie de la messe.

Là, Jean Aupuy dit Jacquillou, voiturier, les haranguait, disant qu'il fallait aller visiter les greniers et taxer le blé ; pendant ce temps Tapon faisait la quête. Puis tout le monde partit chez le sieur Chaperon, manger et boire à discrétion, visiter les greniers et prendre quelques montres de blé taxé à 16 livres le septier avec défense de le vendre au-dessus sous peine d'une amende de 50 livres.

Ensuite direction Jomelières chez Vallade mais là les manifestants constatèrent qu'il n'y avait dans les greniers qu'à peine ce qu'il fallait pour la maison et la forge ; ils se contentèrent de boire et de manger à discrétion. La tournée se termine à Pys chez le sieur Puymartin pour boire et manger de nouveau et demander de respecter la taxe.

Le lundi 26, Jacquillou accompagné d'un meunier de Javerlhac et d'un voiturier de Saint-Martin-le-Pin vint demander du blé au prix de la taxe à Chaperon ; celui-ci accepta de vendre six septiers mais à 22 livres comme au marché de Nontron.

Ce même jour, Jean Baylet dit Saint-Jean garde-chasse de M. de Javerlhac rencontra François Pastoureau et lui dit : que c'étaient les bourgeois qui trompaient les paysans et les artisans puisqu'ils occupaient toutes les places, que c'étaient même les bourgeois qui retenaient le roi en prison, qui avaient fait empoisonner l'empereur (Léopold II empereur d'Autriche, frère de Marie Antoinette) et qui faisaient sécher les princes sur pied ; que quant à la taxe, elle se ferait tous les ans pour l'achat des habitants de la paroisse, seul le surplus pourrait être amené au minage de Nontron.

Le mardi 27 mars, Jacquillou, accompagné d'un meunier de Javerlhac et d'un habitant de Bourdeix vint à nouveau chercher du blé chez Chaperon qui était absent et sa fille refusa de lui en fournir.

ll se rendit alors chez Pierre Soury Lafond qui lui fit le froment à 20 sous de moins que le prix du minage 22 livres. Jacquillou lui dit que s'il ne voulait pas le laisser à 16 livres ce jour, il serait forcé de le livrer le dimanche d'après à 15 livres.

Un autre incident s'était produit le 25 mars. La femme d'un cabaretier de Javerlhac, rencontrant avant la messe, le receveur de la commune, Jacques Pabot dit Chatelard lui demande le remboursement de sa patente car cinquante personnes avaient été chez elle la veille pour lui ordonner de se faire remettre son argent et que si elle n'obéissait pas à l'instant, ils la rosseraient de coups.

Chatelard accepta dès qu'elle lui eut remis le reçu qu'il lui avait délivré mais il se vit entouré d'une multitude de paysans qui lui défendirent absolument de donner ni faire prendre de patente à qui que ce fût, parce que cela faisait augmenter trop considérablement les denrées.

Les principaux meneurs et participants (treize personnes) dénoncés par le maire de Javerlhac, François Eyriaud Bechemore étaient : Jean Aupy dit Jacquillou et Bellair cordonnier habitant le bourg, Léonard Julien dit Tapon, le fils du nommé Limousin et Jeammet Bordier habitant La Cour, Jean Baylet dit Saint Jean garde-chasse de M. de Javerlhac et le fils aîné de Mathieu Bonithon dit Bernassou habitant Le Petit Gilou, le fils aîné de Marguillier, métayer de Mme Desvergnes habitant Taxat, le fils aîné de Solle, métayer de Mme Desvergnes et le fils aîné de Lois, métayer du sieur Fonreau habitant Pys, Jean Mercier dit Bonnet, maçon aux Chenauds, Gros tailleur d'habits à La Meynardie et Nicolas Doucet laboureur.

Avec l'aide des gardes nationaux, les gendarmes réussirent à en arrêter quatre : Jean Aupy, Léonard Julien, Jean Baylet et Nicolas Doucet, lesquels furent conduits à la maison d'arrêt de Nontron alors que leurs partisans s'attroupaient pour tenter de les libérer. Le directoire fit même venir de La Rochebeaucourt, deux canons et de vingt-cinq à trente hommes pour parer à toute éventualité, mais il ne se passa rien. Les quatre hommes, inculpés d'attroupements séditieux furent écroués le 16 avril à Périgueux et jugés le 15 juin par le tribunal criminel.

Jean Aupy, principal accusé, meneur des attroupements, initiateur de la taxe et qui, de plus, prétendait former dans sa troupe une municipalité, une Garde nationale et aller chercher le seigneur de Javerlhac pour le rétablir dans son château fut condamné à six ans de fers. Léonard Julien fut condamné à trois ans de détention, Baylet et Doucet furent acquittés.

Aupy et Doucet déposèrent le 17 juin un recours en cassation ; nous ne connaissons pas la suite. Les émeutes de Javerlhac avaient finalement fait plus de peur que de mal, pas d'armes et pas de violence, mais elles étaient révélatrices de causes profondes du conflit : opposition à la patente des commerçants et artisans mais surtout opposition des bourgeois propriétaires et des artisans et métayers, gens sans propriété.

Source : Nontron et le pays nontronnais, de Jacques Lagrange.

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24 mai 2016

La Franc-maçonnerie à Nontron

La Loge de Nontron

A Nontron, une première Loge, l'Avenir de Nontron, avait été fondée en 1869 par treize frères parmi lesquels Antoine Debidour, le sénateur Alcide Dusolier, les frères Jean et Emile Millet-Lacombe. En sommeil depuis 1884, l'atelier fut remplacé par la Loge La Solidarité Nontronnaise dont la constitution fut accordée le 7 mars 1904 et qui eut pour Vénérables Joseph-Augustin Castaud, Commissaire de Police et Eugène Lainé, instituteur à Champs-Romain.

Les Archives du Grand Orient permettent de recenser cinquante-quatre frères ou profanes présentés à l'initiation, dont le tiers seulement résident à Nontron, quatre habitent Jumilhac-le-Grand, trois, Piégut-Pluviers et Thiviers, deux, Abjat ; il n'y a qu'un seul franc-maçon à Augignac, Beaussac, Le Bourdeix, Brantôme, Champs-Romain, La Coquille, Léguillac-de-Cercles, Lussas-et-Nontronneau, Mareuil, Miallet, Milhac-de-Nontron, Saint-Front-de-Champniers, Saint-Jory-de-Chalais, Saint-Martial-de-Valette, Saint-Martin-de-Fressengeas, Saint-Pierre-de-Côle, Saint-Saud, Teyjat et Villars. Dans ce petit atelier travaillent le député Sireyjol, Apprenti, le 5 août 1906, Maître, le 25 mai 1911, Vénérable, le 9 juillet 1919, les Inspecteurs primaires Minot, en 1904 et Chaumont en 1906, l'imprimeur du Nontronnais, Jolivet et celui de l'Indépendant de Thiviers, Fargeot, le percepteur de Nontron, le Commissaire de Police et quatorze instituteurs, près du tiers de l'effectif de la Loge. Guillaume Gustave Hermann, Sous-Préfet en 1890, était maître à l'Orient de Périgueux à la même date.

Source : La séparation de l'Église et de l'État en Périgord, de Pierre Pommarède.

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23 mai 2016

Les seigneurs du Nontronnais

Par acte du 18 décembre 1751, reçu par Gervais, notaire à Paris, ratifié le 27 juin suivant, les créanciers et syndics de la dite dame Egon de Courcillon vendirent la terre et baronnie de Nontron à messire Jean-Charles de Lavie, président au Parlement de Bordeaux, pour la somme de vingt-cinq mille livres. Il ne s'agissait d'ailleurs, dans cette vente, que du chef-lieu de la baronnie et de la seule paroisse de Nontron, les trente-cinq, sur soixante-douze qui la composaient en 1553, ayant été successivement et irrévocablement aliénées du XVIIe au XVIIIe siècle. Voici à cet égard le tableau que nous avons relevé dans les Archives de la Charente, en rectifiant l'orthographe des noms : « 1° Nontron, à M. de Lavie; 2° Javerlhac, à M. Texier de Javerlhac; 3° Abjat, à M. d'Aydie; 4° Savignac, au même; 5° Saint-Martial-de-Valette, à M. Moreau de Villejalet; 6° St-Pardoux-la-Rivière; à M. d'Abzac de Villars, à Mme d'Allonis et à Mme la prieure; 7° Augignac, à M. de Pompadour, à M. du Lau d'Allemans; 8° Milhac, à M. de La Marthonie; 9° Quinsac, à M. le comte d'Aydie; 10° St-Front-de-Champniers, à M. de Labrousse de Verteillac; il y a d autres fiefs; 11° Pluviers, à M. du Lau d'Allemans à M. de La Ramière; 12° St-Martin-le-Peint, à M. de Labrousse de Verteillac; 13° Marval, à M. de Saint-Auvent, la justice: à M. de Lambertie, le fief; 14° Champagnac, à M. d'Aydie de Saint-Laurent; 15° Saint-Pancrace, à M. de La Garde de Saint-Angel; 16° l'enclave de Champeaux, à M. de Ribérac, à M. le marquis de Laxion, son beau-frère; 17° le bourg de Bussière-Badil, à M. de La Vauguyon, comme prieur de Malte; 18° Nontronneau, à M. de Labrousse de Verteillac; 19° Champniers, à M. du Lau d'Allemans, à M. de La Ramière; 20° St-Front-la-Rivière, ou La Renaudie, à la famille du Barry, à M. le comte des Cars; 21° St-Etienne-le-Droux, à M. de Pompadour, à M. de Lavie, à M. de La Ramière; 22° Villars, M. de Rastignac; 23° Varaignes, à M. Stuart de Quélen de Caussade, à M. Delay; 24° Bondazeau, à M. d'Hastelet; 25° Les Graulges, au même; 26° Saint-Saud, à M. d'Arlot de Frugie; 27° Beaussac, à plusieurs seigneurs de Bellussières, Fayard des Combes, Maillard; 28° Romain, à M. de Vigneras; M. de Roux y a un fief; 29° Saint-Martin-la-Rivière, M. Moreau de Villejalet; 30° Reilhac, M. de Roux de Reilhac; 31° Lussas, à la famille du Faure, à M. d'Aydie; 32° Champeaux, au même; 33° le bourg de Feuillade, à la famille Vigier, à M. de Javerlhac; 34° le bourg de Miallet, à divers seigneurs de Lambertie, d'Aydie, de Rastignac et Grant de Bellussière; 35° I'enclave de Bellussière et de La Beausse, dont le seigneur des Combes s'est emparé. »

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1886)

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22 mai 2016

Le château Trompette

De La Brousse (Thibault), seigneur de Puyrigard, enseigne des gardes du corps du Roy, gentilhomme ordinaire de sa maison, gouverneur de la ville de Nontron en Périgord, et capitaine de cent hommes de guerre à pied français au régiment du comte de Ribérac qu'il commanda dans le château Trompette à Bordeaux dont le baron d'Athis son frère était gouverneur, avait servi dans sa jeunesse sous les ordres du seigneur de Strozzi qui commandait pour lors une armée navale, et aussi dans la compagnie des gendarmes du Dauphin, il fut nommé chevalier de l'ordre de Saint-Michel le 23 avril 1623, et reçu le 15 janvier 1624 par le comte de Bourdeilles chevalier des ordres du Roy, il fallait cependant que cette décoration lui eut été promise quelques temps auparavant puisqu'on le trouve qualifié de chevalier de l'un des ordres du Roy (qui était celui de Saint-Michel) dans son acte de réception au nombre des bourgeois de Bordeaux du 12 octobre 1622, qualité que la noblesse recherchait alors, et qui était une distinction, il mourut âgé d'environ 85 ans.

Source : Recueil historique de l'Ordre de Saint-Michel.

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Le conventionnel Jean Allafort et ses enfants

Le conventionnel Jean Allafort et ses enfants
Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1968

Jean Allafort, député de la Dordogne à la Convention nationale et membre du Conseil des Anciens, est né au Bourdeix, en 1740. Issu d'une ancienne et riche famille bourgeoise, qui possédait des terres dans le Nontronnais, à Bussière-Badil, Jean Allafort, revêtu du titre de licencié en droit, entre très jeune dans la magistrature. Tout d'abord, il témoigne d'une grande âpreté à défendre les justes causes et d'une même indépendance à l'égard des autorités ou de la tyrannie de l'opinion. Avocat talentueux, il sait qu'il peut se sauver par l'esprit et sauver les autres par sa présence d'esprit, mais sa « scrupuleuse conscience l'effraye sur l'étendue des devoirs imposés à la profession d'avocat et il se croit obligé de réparer à ses dépens la perte des causes qu'il ne fait pas triompher... » C'est, du moins, ce qu'affirme Frédéric Dumas-Ribadeau dans l'Eloge funèbre de son oncle Allafort, paru à Limoges, chez Chapoulaud, en 1838.

En réalité, Jean Allafort possède au plus haut point le goût de l'indépendance, l'amour de la terre et le sens des affaires. Il renonce donc à plaider, mais donne des consultations à tous les habitants du Nontronnais. Y a-t-il un compte à régler, un litige à vider, on se soumet, de part et d'autre, au jugement du légiste. Ses activités sont variées : en 1779, c'est en qualité de maître de forge qu'Allafort s'engage envers Mgr. de Sartine, ministre et secrétaire d'Etat au département de la Marine, à « surveiller les fondages qui seront exécutés à la forge de la Chapelle-Saint-Robert par le sr. de Versanne, en conséquence de son marché passé avec M. le comte de Roffignac le 12 août 1777 et de son adhésion à la cession qui a été faite de ce marché à Sa Majesté le 22 mars 1779. Dont il me sera délivré ampliation... ». Jean Allafort promet, aussi, de « présider au choix et au mélange des mines, de veiller à ce que la fabriquation soit bien faite, et à ce que les bouches à feu qui seront coulées le soient sur les proportions et d'après les plans qui lui seront fournis... ». II s'engage, enfin, à faire les avances nécessaires pour acquitter les frais de transport de toutes les pièces d'artillerie provenant des-dits fondages depuis la forge de la Chapelle jusqu'à Rochefort, ainsi que celles pour le payement du droit de la marque des fers auquel lesdites pièces seront sujettes. Moyennant quoi, il sera payé au sr. Allafort par le Trésorier général de la Marine, tant pour le remboursement de ses avances que pour ses peines et soins, la somme de quatre livres par quintal de toutes les pièces d'artillerie qui, après avoir été visitées et éprouvées, seront admises en recette par les officiers du port de Rochefort. Le sr. Allafort se soumettra, au surplus, « à la retenue de quatre deniers pour livre attribués aux Invalides de la Marine, ainsy qu'aux frais de quittance et de controlle... ». L'acte, qui porte la signature d'Allafort et celle du ministre Sartine, est daté de Chènedières, paroisse de Bussière-Badil, le 16 octobre 1779. La bonté officielle d'Allafort — encore que l'usage y soit pour beaucoup dans l'octroi de ces 4 deniers par livre — ne fait aucun tort à sa bonté domestique. C'est — en partie — pour cette raison qu'il accepte, quelques années plus tard, de représenter sa région à la Convention nationale. Il cède, alors, aux sollicitations réitérées des électeurs périgourdins, et « va défendre en face de l'Europe les droits de tout un peuple... ». Le 16 janvier 1793, Jean Allafort vote en ces termes la mort de Louis XVI : « Louis, en conscience, tu as mérité la mort. Je la prononce. » Logé à Paris, à l'hôtel de Cambrai, rue Pagevin, près de la place des Victoires, il vit au milieu des agitations avec « sa frugalité et sa simplicité de mœurs habituelles ». Sa mission civique qui, certes, n'exclut pas en lui l'amour paternel, lui a imposé un dur sacrifice : dès 1792, quand la patrie a été déclarée en danger, il a autorisé son fils, un enfant de moins de 15 ans, à s'engager : « Va, mon fils », lui a-t-il dit au milieu de ses larmes, « Va et sois digne de ta patrie et de ton père... ». Le jeune garçon, volontaire dans la 7e compagnie du 1er bataillon de la 14e demi-brigade d'infanterie légère, armée du Bas-Rhin, envoie à son père, de Belfort, le 5 novembre 1792, cette missive touchante et truffée de savoureuses fautes d'orthographe :

« Mon très cher père, je vous écris celle ci pour m'informer de l'état de votre santé et en même temps pour vous donner de mes nouvelles. Quand à moi, je me porte bien. Je vous assure que j'ai été bien maurtifié de ne pas avoir pu vous donner de mes nouvelles aussitôt que nous sommes arrivés à Belfort. Mais les occupations que nous avons tous les jours m'en on empêché. Vous devès avoir reçu une de mes lettres que je vous ai écrit de Fontainebleau. Je vous disais que nos assignats de 5 livres ne valent que trois livres et ceux de cinquante ne valent que 30 livres et pressisément je me trouve avoir acheté une montre à Fontainebleau. Comme vous savès que l'or ne valet pas plus pour nous que les assignais, j'ai mieux aimmé la payer en or parce que en la payan en or, cela fit que je la paya moins chère de 80 livres que çi je l'avè payé en assignats. Je vous prie de bien vouloir me faire passer un louis d'or, comme je n'en u pas assé pour payer ma montre, je pria Vilardou de m'en prêter un. Il u la complaisance de me le prêter, ainsi par consaiquand il faut le luy remettre. Et pour cela il faut que vous ayé la bontai de me le faire passer... Je crois fort que nous passons notre ivert à Belfort, ci non nous passerons tout de suite le Rins et nous irons dans l'armée de monsieur Laférière. Je vous prie de vouloir bien donner de mes nouvelles à ma sœur, car il ne m'est pas paussible de lui écrire : nous montons la garde le matin à 8 heures, il faut alé à l'ordre à midit, il faut aller à l'exercice jusqu'à 2 heures et le soir à quatres heures jusqu'à sis heures, ainsi vous voyé ci nous avons le tems de reste... Je finis en vous embrassant de tout cœur, votre très humble et très obéissant fils. Allafort fils. »

Jean Allafort pourvoit aux besoins de son fils, pour qui il tremble sans cesse. Le 18 thermidor an 3 (3 août 1795), il écrit au directeur de l'hôpital de Belfort : « Citoyen, permettès que je m'adresse à vous pour avoir quelques renseignemens sur la situation de mon fils... Le sergent major de sa compagnie me dit dans sa lettre du 23 Messidor que mon fils est parti pour l'hôpital le 9 pluviôse et qu'on n'a pu savoir de ses nouvelles depuis cette époque. Comme on présume que d'hôpital en hôpital, il a été transféré dans celui de Besançon, veuillez bien vérifier et me marquer s'il y est encore ou s'il en est sorti, où il a passé, enfin ce qu'il est devenu. Je vous prie, de grâce, de ne pas me refuser une prompte réponse car je suis vivement inquiet sur le sort de cet enfant. Il était dans l'usage de m'écrire tous les quinze jours et cependant je n'ai rien reçu de lui depuis la fin de nivose. Soyez sensible, bon citoyen, à ma sollicitude en me donnant le plus promptement possible les renseignements que je vous demande. Pardon de la peine que je vous donne. Rceevès d'avance toute ma reconnaissance. Salut et fraternité. Allafort. »

La réponse arrive bientôt : à la première bataille, la mort a fait tomber des mains encore sans expérience du jeune Allafort l'arme qu'elles pouvaient à peine porter. Le malheureux père en éprouve un cruel chagrin. Il ne peut trouver de réconfort que dans la correspondance qu'il échange presque quotidiennement avec sa fille Marie — gardienne de la propriété périgourdine de Bussière-Badil — sa fille qu'il chérit doublement à présent, puisqu'il n'a pas d'autre enfant et que sa femme, Marie Monsalard, n'est plus. Le 16 germinal an 2 (5 avril 1794), il lui avait écrit : « ...Chaque député à la Convention, ma chère fille, est obligé de rendre compte à la nation de la fortune qu'il possédait à l'époque de la Révolution et de celle qu'il possède actuellement affin de faire connaître ceux qui se sont enrichis aux dépens du peuple dans les places qu'ils ont occupées. Tu sais bien que je n'ai jamais été un fripon mais il faut que je le prouve. Il est donc nécessaire que tu déclares la somme que tu as entre (les) mains et ce qui t'es dû... »

Sans doute — et nous en aurons plus tard la confirmation — Jean Allafort n'est-il pas toujours aussi désintéressé qu'il le prétend. Du moins, peut-on certifier qu'à maintes reprises il ouvrit sa bourse pour arracher aux fureurs révolutionnaires la fortune ou la vie des proscrits. Il protégea efficacement un de ses « pays », François-Xavier de Lamberterie, qui, émigré à la suite d'une querelle d'amour-propre avec sa prolifique parentèle, souhaitait rentrer en France.

Les autres lettres d'Allafort à sa fille s'échelonnent du 4 brumaire an 5 (25 octobre 1796) au 24 pluviôse an 5 (9 février 1797). Elles nous apprennent que le conventionnel est un paysan qui adhère à sa terre comme un arbre, par ses racines les plus profondes. Pour lui, le paysage n'est que le « pays », et, seuls, comptent les êtres qui l'habitent.

« 4 brumaire : J'ai reçu, ma chère fille, ta lettre du 15 vendémiaire dont l'adresse est écrite par une main étrangère. Je suis étonné de ce retard et encore plus d'une écriture qui peut me faire soupçonner que la lettre a pu être décachetée. Ce n'est point la défiance dans les biens nationaux d'émigrés qui m'ont engagé à te proposer de chercher des acquéreurs pour le domaine de Lessard; mais la crainte de ne pouvoir payer la somme que je dois pour cet objet dans le temps et aux époques fixés par la loi. Et il est impossible que les biens nationaux vendus puissent éprouver la moindre atteinte contre les acquéreurs, à moins que la contre-révolution ne s'opère et que la République ne périsse, mais comme elle se soutiendra malgré les efforts et la rage des émigrés, j'espère conserver le bien de Lessard pourvu que je puisse le payer. Je ne veux pas me voir privé d'un bien aussi précieux et aussi productif... C'est sur les moyens de pouvoir payer que je t'ay fait part de ma sollicitude. Je t'ay dit ce que je puis faire de mon côté à force de privations et lu ne me dis rien des efforts que tu peux faire de ton côté. D'après ce que tu m'écris, tu es sans doute en ce moment en possession du ci-devant presbytère de Souffraignac. Je suis bien aise que cela se soit passé sans secousse. Il est vraisemblable que tu en jouiras paisiblement et que la malveillance s'appaisera peu à peu... Je n'ai point écrit au capitaine du fils des métayers de Souffraignac parce que je ne sais où le prendre. Il se peut faire qu'il soit en ce moment dans l'armée aux ordres du général Bonaparte, mais j'ignore dans quelle partie du territoire occupée par cette armée ce bataillon se trouve en ce moment. Si je puis découvrir où il est, j'écrirai au conseil d'administration pour savoir s'il existe ou non. D'ailleurs ses père et mère ne doivent point être inquiets sur ses besoins parce que nos troupes ne manquent de rien dans un païs où tout est abondant. Je t'envoie par le courrier de ce jour un paquet chargé que tu retireras au bureau de la poste de Nontron, le contrat d'acquisition du bien de Lessard avec les quittances du receveur des domaines nationaux de Périgueux. Tu produiras le tout au receveur de Nontron pour lui prouver que je persiste dans cette acquisition. Comme il pourrait se faire qu'il te demande ce qui revient à la Nation sur le prix de ton contrat de ferme depuis le jour de ce contrat jusqu'à celui de ton acquisition, tu lui observeras que tu ne dois que depuis le dit jour de ton contrat ferme jusqu'au 6 messidor, que tu as consigné le second quart et même plus, de ta soumission suivant la quittance finale du receveur de Périgueux du 19e du même mois, attendu que, suivant l'article 3 de la loi du 22 prairial additionnelle à celles du 28 ventôse et 6 floréal concernant les mandats territoriaux, tu devrais entrer en jouissance dudit domaine dès l'instant que tu as consigné le second quart et que par conséquent les revenus de ce bien nous appartenaient à commencer du dit jour six messidor. Comme il me semble que tu m'as marqué que ton contrat de ferme a été passé le 21 prairial, il s'en suit qu'à toute rigueur tu ne dois payer à la Nation que pour 12 jours, ce qui serait si modique que je ne peux croire que le receveur de Nontron exige la moindre chose... Comme tu as vraisemblablement un temps affreux pour faire tes vendanges, tu ne pourras pas faire d'aussi bon vin que tu me l'as annoncé. Tant pis, car il me faudrait du bon vin pour ma vieillesse... Adieu, ma chère fille, je t'embrasse de tout cœur... »

Pour l'ex-conventionnel, devenu membre du Conseil des Anciens, un homme de bien, c'est, avant tout, un homme qui soigne son bien ! C'est, aussi, un être capable de satisfaire à la confiance de ses compatriotes, ainsi que le prouvent ces lignes : « ...Quant au militaire dont tu me parles, ma chère fille, et qui désire obtenir un congé absolu, ne pouvant pas continuer son service à cause d'une blessure qu'il a reçue, il doit, pour parvenir à obtenir ce congé, se faire visiter par deux officiers de santé devant l'administration de son canton et devant la commission du pouvoir exécutif de ce canton. Des officiers de santé lui donneront un certificat qui constatera que sa blessure ne lui permet plus de porter les armes. Ce certificat sera visé par celle administration et par le commissaire. Il fera en conséquence une pétition au ministre de la guerre à l'effet d'obtenir ce congé. Il peut me la confier. Je l'appuieyrai de tout mon pouvoir sans cependant promettre aucun succès parce que, suivant ta lettre, il s'est retiré chez lui sans permission de son corps, et qu'il peut bien être poursuivi comme déserteur... »

Le 22 brumaire an 5 (12 novembre 1796), Jean Allafort constate, avec soulagement, que les « dangers qui semblaient menacer sa tille, à présent en possession de la maison cy-devant curiale de Souffraignac ont disparu, grâce au savoir-faire de Marie Allafort, à sa prudence, à sa douceur... Il est vraisemblable que les vignes sont si vieilles qu'elles ne peuvent plus produire. Si cela est ainsi, ne serait-il pas utile, et même nécessaire de faire faire d'autres plantations soit par les métayers soit par des vignerons ? Si les champs incultes sont proprès à la vigne, il faudrait les y employer et les préparer de bonne heure. Concertes toi pour cela avec les métayers... Adieu, le courrier va partir. Je t'embrasse de tout mon coeur. Ecris moi souvent et cherche à vendre ton vin de bonne heure pour payer, hélas, quand nous serons sortis de nos dettes... »

Il semble que, ses revenus étant devenus insuffisants, Allafort ait dû vendre une partie de ses biens. Vers 1794, on a dit qu'il « ne consentit pas à violer la loi qu'il avait votée en refusant de recevoir pour sa valeur nominale un papier-monnaie frappé d'un discrédit général... » Avec l'hiver de 1795, survient l'habituel cortège des maladies et des inquiétudes qu'elles soulèvent :

« Le citoyen Labrousse Lagrange, ma chère fille, m'a remis les six bonnets de coton dont tu m'as chargé ainsi que la lettre que tu lui as confiée. Elle est datée de la Ronchie ainsi que plusieurs autres que tu m'as écrites depuis que tu as un autre azile et que le cy-devant curé a évacué son ancien presbytère. Je puis t'assurer que je n'ai pas été sans inquiétude sur ce que tu n'habitais pas encore cette maison. J'attribuais, à la vérité, cela à des causes bien différentes de celles qui t'en ont empêchée, parce que je ne soupçonnais pas qu'après une maladie aussi longue et aussi grave à laquelle tu as échappée, j'aurais la cruelle douleur d'apprendre que tu en éprouves une autre qui est peut-être aussi dangeureuse. Ton commissionnaire en aurait gardé le secret si je n'eusse été averti par une des lettres qu'il m'a remises. Je lui ai donc fait avouer qu'il t'a vue avec une maladie telle qu'elle t'a empêchée de déménager. Grand Dieu ! Quel est mon sort ? Je suis donc condamné à te voir sans cesse dans les maux et dans les souffrances et ta vie en danger. Ecris moi promptement si tu veux que je puisse résister au chagrin qui me dévore. Je viens d'envoyer au receveur des Domaines nationaux d'Angoulême le montant de ce qui restait sur la maison cy devant curiale de Souffraignac. J'attends ma quittance finale. Ainsi je n'aurai plus à m'occuper de cet objet... Mais, je crains bien qu'en achetant la maison curiale, nous n'ayons, en même temps, acheté une pomme de discorde, à cause de la terre qui est devant la cour. Ou bien tu ne tiendras ni poules ni dindes car la volaille en sortant de la cour ne manquera pas d'aller gratter cette terre et y causer du dommage. Si elle était à vendre, et que nous puissions avoir la commodité de la payer, il serait bien essentiel d'éloigner un voisin qui peut violemment nous incommoder... Je dois encore 3 428 l. mais il me sera impossible de pouvoir faire, par mes économies, plus de 1 428, en suposant même qu'il ne m'arrive aucun accident. Aussi, il faudra trouver 2.000 dans notre médiocre revenu pour finir ce payement sans compter les impositions de cette année... J'ai cessé depuis le commencement de ce mois de l'envoyer le Rédacteur parce que depuis ce temps-là je ne le reçois plus. Il faut bien que je fasse la dépense pour un abonnement. En vérité, je ne sais à quel journal donner la préférence, tellement les journalistes sont puans d'aristocrates, désorganisateurs et dangereux... »

L'état de Marie Allafort s'aggrave en novembre 1796.

« Je viens de recevoir, ma chère fille, ta lettre du 25 Frimaire. Les détails qu'elle me donne me jettent dans la plus affreuse mélancolie. En vérité, je ne sais plus où j'en suis, car dans le moment où je crois du moins pouvoir espérer que tu le portes bien, c'est alors que tu es presque dans la tombe... » Après avoir échappé à une maladie dont le ressouvenir me fait frissonner, tu viens d'en supporter une autre non moins dangeureuse et qui rouvre la plaie que la première avait faite dans mon âme. Je vois bien que tu n'as jamais été bien rétablie de la première parce que la peine, les fatigues et les injures du temps auxquelles nos affaires sont constamment exposées étaient autant d'obstacles à une heureuse convalescence. Il te faut absolument du calme et du repos. Heureusement, le moment approche où je pourrai partager tes embarras et adoucir le poids qui t'accable si souvent... Je te charge de faire agréer toute ma reconnaissance à l'officier de santé qui t'a conservé la vie... »

Allafort parle, ensuite, de la mort du « pauvre Pierre » (son métayer de Souffrignac) :

« Il était laborieux, honnête, et il nous était si attaché. Je le regrette infiniement. Je désire que son frère ait un meilleur sort et que la Providence nous le conserve. Quant à son fils, il n'est que trop évident qu'il aurait besoin de son secours, mais il est impossible qu'il puisse l'avoir auprès de lui qu'après la paix, attendu que le Directoire n'accorde point de congé aux volontaires qui sont en présence de l'ennemi. Et, précisémment, il est dans l'armée d'Italie qui combat tous les jours les Autrichiens. Je fus hier dans les bureaux de la guerre pour tâcher d'en savoir quelques nouvelles. J'ai trouvé dans les extraits mortuaires un Jean Borderon, mort à l'hôpital de Strasbourg. Mais, il était natif de Saint-Tron, dépt de la Charente, ce ne doit pas être le fils du métayer, puisqu'il s'appelle Nicolas Borderon. Je vais écrire au conseil d'administration de son bataillon qu'on m'a dit être à Crémone en Italie, pour savoir s'il est vif ou mort. Ne parle pas de tout cela aux métayers. Dis leur simplement que je fais tous les efforts possibles, pour les tranquiliser... »

La convalescence de la jeune fille s'annonce bientôt satisfaisante :

« J'ai reçu, ma chère enfant, ta lettre du 28 Nivôse dernier. Je suis donc tranquille sur ta santé, puisque tu m'assures que tu te portes bien. Je suis content, pourvu que cela soit bien vrai. Je viens d'apprendre que tu as d'excellent vin blanc, cela par un de mes bons amis. C'est d'autant plus remarquable que les vins blancs, sont, en général très faibles. Je lui ai annoncé, il y a deux jours, que je ne manquerai pas de te donner des applaudissements de ce que tu as su l'engager à en boire. J'espère que dans trois mois et quelques jours je serai à portée de juger de la qualité de ce vin. Mais, je ne réponds pas de lui trouver quelques défauts. S'il en a je ne dissimulerai pas. S'il n'en a pas, je prépare un gros volume d'éloges pour celle qui a si bien réussi en le faisant... J'ai été chez un libraire pour acheter les deux grands- maires (sic) et les dictionnaires que tu me demandes. On n'a pas voulu me les donner à moins de 56, comme cette somme et le prix du port m'ont paru trop fort, je n'ai pas fait cette emplette. Il faut bien que je puisse accumuler avant de partir d'ici une somme de 1.800 pour payer deux dixièmes du bien de Lessart, et il faut bien que je conserve quelque argent pour payer les frais de mon voyage. Sans ces deux motifs, je n'aurais pas hésité à satisfaire sur le champ ton goût pour ces deux langues étrangères... Les métayers de Souffrignac font très bien de marier leur fille ; le nouveau venu remplacera le pauvre Pierre que je regrette. Hélas ! ma fille, si mes vœux avaient été exaucés, tu ne serais pas aujourd'hui dans le cas de plaisanter sur le mariage d'une fille qui a six ans de moins que toi... »

Cette missive est datée du 24 pluviôse an 5 (9 février 1797). Un mois plus tard, Jean Allafort, qui avait été appelé au Conseil des Anciens alors qu'il siégeait encore à la Convention, refuse de renouveler ce second et plus honorable mandat, et retourne à la vie privée. Cet exil parisien pèse trop lourd au père qui souhaite marier sa fille et à l'homme des champs qui brûle de gérer à nouveau ses propriétés. Le registre d'état-civil de Souffrignac mentionne, à la date du 20 brumaire an 6 (10 novembre 1797) qu'il y a « promesse de mariage entre Jean-Baptiste-Michel Grolhier, fils de Pierre Grolhier, ancien notaire, et de Marie Mazeau, et Marie Allafort, demeurant à Souffrignac, canton de Montbron, dépt de la Charente, fille de Jean Allafort, représentant du peuple, et de feue Marie Monsalard. »

Ce mariage comble les vœux de Jean Allafort qui reprend, aux côtés du jeune ménage, sa douce vie familiale. Il accepte, pourtant, sa nomination de commissaire du Directoire dans son département.

Tant que durent le Consulat et l'Empire, il refuse, en jacobin impénitent, toutes les charges et tous les honneurs. Frappé par la loi du 12 janvier 1816, qui exclut à perpétuité du royaume les conventionnels qui ont voté la mort de Louis XVI et leur accorde un délai d'un mois pour sortir de France, Jean Allafort trouve assez de courage pour consoler ceux qui l'entourent :

« Mes amis, dit-il, laissez-moi subir ma destinée, moi seul l'ai encourue ! Je m'en irais trop malheureux si j'emportais avec moi la pensée qu'elle pourrait rejaillir sur quelqu'un de vous... »

Pourtant, à 76 ans, abandonner sa patrie, sa famille, ses amis, ses champs, pour aller quémander une hospitalité précaire en Hongrie ou en Silésie, pour Jean Allafort, c'est pire que la mort !

Des personnes influentes s'entremettent pour obtenir la grâce du proscrit. Celui-ci obtient un certificat de prolongation : « Le Préfet de la Charente, assuré de l'état d'infirmité où se trouve le sr Allafort compris dans la loi du 12 janvier, lui accorde une prorogation jusqu'au 15 avril prochain pour se conformer aux dispositions de l'article 7 de cette loi. Fait à Angoulême, le 8 mars 1816. Signé : Creuze de Lesser. »

Le comte Decazes, ministre de la Police, qui est un ancien obligé de Jean Allafort, l'autorise à résider à Paris. Pour lui faire accepter cette faveur accordée en dehors de la loi, Marie Grolhier trompe son père et lui fait croire que le gouvernement de Louis XVIII a ordonné un sursis de départ, et qu'on ne tardera pas à rapporter la loi.

Deux ans s'écoulent dans le provisoire. L'incognito qu'il est tenu de garder et l'éloignement du sol natal altèrent gravement la santé du vieillard, qui meurt le 5 mai 1818, à 2 heures du malin, après une agonie de trois jours. Ses restes, d'abord ensevelis au cimetière du Père Lachaise, sont transférés dans un enclos de son jardin de Souffrignac, puis au cimetière de Souffrignac. On peut lire sur la tombe de Jean Allafort et sur celle de sa fille, deux inscriptions respectivement gravées sur stèle de bronze et sur marbre :

« Ici repose Jean Allafort, né au Bourdeix (Dordogne) en 1740, mort à Paris le 5 mai 1818, ancien député à la Convention nationale, membre du Conseil des Anciens. En 1838, sa fille a fait rapporter ses cendres dans cette retraite d'où il avait été arraché en 1816. Vous qui l'avez connu, redites à vos enfants ses vertus modestes, son patriotisme et son malheur. Faites que ce monument comme sa mémoire soient ici à jamais un objet de respect. Marie Allafort, veuve Grolhier, aux mânes de son malheureux et excellent père. Marie Allafort, veuve Grolhier, décédée le 22 mai 1847. »

Christian de Sèze

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18 mai 2016

Liste des sous-préfets de Nontron

Liste des sous-préfets de Nontron entre le Premier Empire et la Seconde Guerre mondiale.

• Boyer (Geoffroi) 5 floréal an VIII
• Trompéo (Charles) 26 décembre 1811
• Boyer (Jean-Baptiste) mars 1815
• Courssou (Jean-Jacques de) 12 août 1815
• Durand-Durepaire (Michel) 22 septembre 1824
• Boyer (Jean-Baptiste) 27 août 1830
• Lucas-Lagane 7 août 1833
• Boisjolin (Constant de) 29 septembre 1833
• Boullay 5 janv. 1835 (non installé)
• Poret de Morvan (Abel) 29 mars 1835
• Amothe-Disaut (Edouard) 3 février 1838
• Bost (Alexandre) 24 août 1840
• Calvimont (Albert de) 24 janvier 1841
• Monfanges (Désiré) 13 mars 1848
• Gautier-Laguionie (Pierre) 15 juillet 1848
• Castaing (G.) 21 février 1849
• Rivaud 27 mars 1851
• Desaix 23 septembre 1858
• Laborie de Labatut (de) 26 avril 1865
• Dusolier (Alcide) 8 septembre 1870
• Duteuil 17 septembre 1870
• Du Grosriez (Fernand) 7 mai 1871
• Bouquerel (Gabriel) 30 mai 1873
• Blanche (Raymond) 18 juin 1873
• Célières (Eugène) 24 mai 1876
• Du Bled (Victor) 7 juillet 1876
• Tinseau (Antoine de) 21 février 1877
• Pabot-Chatelard (Juste) 30 décembre 1877
• Gélinet 4 avril 1883
• Beaune de Beaurie (de) 7 décembre 1883
• Eyguière (Jean-Fernand) 21 février 1885
• Hermann (Guillaume) 24 mai 1889
• Bois (Jean-Eugène) 19 janvier 1893
• Itam (Gabriel) 10 juin 1899
• Guillemaut (Pierre) 26 septembre 1899
• Zimmermann (Joseph) 30 décembre 1905
• Gouzy (Pierre) 4 janvier 1906
• Fourcade (Jean-Raymond) 3 août 1909
• Veisset (Justin) 16 janvier 1915
• Peroni (Paul) 24 octobre 1919
• Graux (Henri) 22 octobre 1920
• Borderie (Georges) 8 septembre 1924
• Rochefort (Louis) 6 juillet 1930
• Lalanne (Jean) 16 novembre 1932
• Andrieu (Robert) 17 janvier 1936
• Barbier (Jacques) 29 octobre 1936
• Bonneau (Albert) 19 septembre 1939

Source : Archives départementales de la Dordogne.

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