« Ce jourd'huy premier du mois de may 1785 après midy sous la halle publique de la ville et paroisse de Nontron où ont accoutumé de s'assembler les habitants de la dite ville pour les affaires de la communauté, pardevant le notaire royal est comparu Guillaume Lapouraille, maître en chirurgie, en qualité de principal sindic collecteur des tailles en exercice de la présente année, en absence du sindic général, lequel a dit à l'assemblée qu'ayant été informé par la voie publique et par des instructions particulières et certaines que Mme la duchesse de Larochefoucauld ayant demandé l'établissement d'une grande route de communication de Montbron à Nontron, il a été donné des ordres pour prendre les renseignements nécessaires pour en fixer la direction. Mais, en même temps, il a été dit au comparant qu'il était à craindre que l'embranchement s'exécutât en allant de Montbron à Forgeneuve par le bourg de Varaignes, ou à peu près, et de Forgeneuve à Nontron, en passant par le bourg de Saint-Martial-de-Valette. Il a cru de son devoir de convoquer les principaux et notables habitants de cette ville, afin qu'ils soient à même de prendre les mesures qui leur paraîtraient les plus convenables dans l'intérêt du public et de la communauté. Surquoy les notables et principaux habitants de cette ville ont unanimement dit qu'animés par l'intérêt public et celui de la vérité ils doivent observer que par sa position la ville de Nontron la troisième l'une des plus considérables du Périgord sert d'entrepôt aux provinces du Limousin, du Poitou et de l'Angoumois qui l'avoisinent de très près et qu'on ne saurait donner trop d'attention aux moyens propres à donner trop d'attention aux moyens propres à donner de l'activité à cette ville et faciliter le commerce avec les provinces limitrophes ; que l'établissement des routes est de faciliter l'abord des villes. Que les circonstances présentes offrant à Nontron la perspective des routes qui lui manquent il lui est permis de se considérer comme le point central auquel devraient aboutir celles d'Angoulême, de Limoges et de Périgueux. De là, protestation contre le circuit par Saint-Martial au sud de Nontron et réclamations en faveur de la ligne au nord, par Javerlhac, Puymauger et Oradour, assurant les communications avec le Poitou et le Limousin pour le commerce de Nontron, qui se trouverait délaissé au profit de St-Martial, lequel, ajoutent les habitants : Existerait seul et Nontron délaissé tendant à sa destraction n'offrirait dans peu que des ruines, de la misère et des tailles à payer plus difficilement. Qu'enfin ils osent espérer que la bienfaisance de la Cour, qui veille également sur tous les lieux où elle peut compter des cœurs, des bras et des vies pour la défendre, jettera un regard favorable sur une de ses villes du Périgord et permettra à MM. les ingénieurs de prendre le parti le plus conforme à l'amour paternel de notre glorieux monarque pour tous ses fidèles sujets. » Les habitants offrent ensuite une subvention de trois mille livres pour la ligne qu'ils préfèrent, et ils nomment pour commissaires MM. Augustin Forien Sr des Places, et Pierre Pastoureau Sr de Labesse, pour veiller à l'étude de cette ligne et pour envoyer copie de la délibération à l'intendant de Guienne, à Mme la duchesse de Larochefoucauld, à M. le président de Lavie, seigr de Nontron ; à M. le comte de La Ramière, à M. le marquis de Verteillac, à M. le comte de Montbron et à M. le marquis de Javerlhac. Suivent ensuite les signatures des habitants présents, savoir : « Fourien, Forien des Places, Pastoureau de Labesse, Bussac, ancien officier de cavalerie ; Mazière, Couvrat, Feuilhade, Vieillemard, Verneuil de Puybegout, Fonreau, Bosselut, Ribadeau, Dufraisse, Martel, de Grandcoin, maitre chirurgien ; Francois Feulhade, sieur de La Terrière. »

(Congrés scientifiques de France, 1878)