Jean-Baptiste Devars
Lussas 30 novembre 1753 - Montbron 8 avril 1822.

Fils de Georges, et d'Anne Fistugeres. Avocat à La Rochefoucauld avant 1789, membre du premier conseil du district mis en place en juillet 1790, juge au tribunal de ce district quand il fut élu député à la Convention en septembre 1792. Il fut désigné le sixième sur neuf, avec 233 voix sur 537 votants. Il allait siéger avec la Plaine et jouer un certain rôle. Il se distingua surtout en votant avec Maulde de l'Oisellerie pour la détention du roi, alors que les sept autres conventionnels de la Charente se prononcèrent pour la mort. Voici en quels termes il motiva son vote : "Le délit dont Louis est coupable doit être puni de mort d'après les règles de justice éternelle ; je le déclare digne de mort. Cependant nous devons consulter le salut de l'Etat. Or je crois que pour le bonheur de la patrie Louis doit chassé du sein d'une nation qu'il a si lâchement trahie. En attendant qu'il puisse être banni je demande qu'il soit détenu". Après le Neuf Thermidor il joue un rôle conciliant, faisant mettre en liberté beaucoup de détenus, intervenant même en faveur d'anciens responsables révolutionnaires arrêtés à leur tour. En l'an IV, lors de la désignation des assemblées du Directoire, il est élu le premier parmi les sortants (les 2/3), et au Conseil des Anciens il siège parmi les modérés. Sortant en l'an V (mars 1797) il est réélu facilement... pour être invalidé cinq mois plus tard, du fait du coup d'Etat de Fructidor. Durant le "second Directoire" il doit ronger son frein ; la nouvelle majorité et la nouvelle politique ne lui conviennent guère et de Charente, en l'an VIII, il adresse à plusieurs ministres des lettres non exemptes de hargne pour dénoncer l'action de l'administration centrale du département, prédire l'élection d'ultra-révolutionnaires et attaquer par allusions à peine voilées en particulier Albert, de Cognac, qui préside l'administration centrale dans les derniers mois du Directoire.

Il ne peut qu'accueillir favorablement Brumaire, et en prairial an VIII il est nommé juge au tribunal civil d'Angoulême, fonction dans laquelle il sera reconduit jusque sous la Restauration. Inscrit sur la liste des soixante ; il est aussi membre du conseil d'arrondissement. Lors du passage de Napoléon à Angoulême, en 1808 (allant en Espagne), il est en tant que magistrat présenté à l'Empereur qui aurait reconnu (?) et complimenté l'ancien conventionnel : "Vous êtes un honnête homme". L'administration préfectorale, sur place, le juge ainsi en l'an XIII : "Sans talent prépondérant et sans influence". Il semble avoir adhéré à la franc-maçonnerie sous l'Empire. Frappé d'apoplexie en 1814 ou 1815, il ne paraît plus en état de remplir ses fonctions et vit à la campagne.

De son mariage à Montbron, en 1778, avec Marie-Anne Leriget, devait naître un fils qui sera l'unique héritier en 1822 : Gabriel Devars, lui-même juge au tribunal civil d'Angoulême et membre du Conseil général du département sous la Monarchie de Juillet, réélu après 1848, pour le canton de Montbron.

La fortune déclarée à Montbron en 1822 représente un total immobilier de 52 430 F, consistant pour l'essentiel en une grande propriété acquise de communauté et agrandie par achats successifs, avec une partie en Dordogne, et en plus les biens personnels de la veuve. Meubles : 2 000 F Contribution en l'an XIII : 942 F.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.