Geoffroy Bourinet, juge d'instruction à Nontron, François Bourinet dit Boyer, propriétaire à Beauséjour, commune de Varaignes, Geoffroy Bourinet jeune, propriétaire chez Raby, commune de Varaignes, se partagent la succession de leur père suivant acte sous-seing privé du 5 janvier 1853 passé devant maître Fonreau, notaire à Nontron. Geoffroy, l'aîné, reçoit une maison à Nontron, une métairie au Menissou, une autre métairie au Petit-Villars à charge pour lui de verser une soulte de sept cents francs à chacun de ses frères qui héritent «de l'entière propriété des Cazes, y compris les cheptels, semences, vaisseaux viniaires, outils arratoires...»

Geoffroy Bourinet jeune meurt le 16 octobre 1853. La famille Bourinet décide alors de se séparer des Cazes. Ainsi, le 21 septembre 1854, par devant maîtres Jules Pierre Excousseau et Adrien Fonreau, notaires associés à Nontron, François Bourinet, veuf en premières noces de Françoise Lapouge, et son épouse Marie Pauline Pichon d'une part, Marie Clarisse Coquet, veuve de Geoffroy Bourinet, d'autre part, vendent Les Cazes pour la somme de 60 000 F à Jean-Baptiste-Lucien Boyer (1798-1874).

Jean-Baptiste-Lucien Boyer, fils de Jean-Baptiste Boyer, avocat et avoué, maire de Nontron en 1815, et de Marie Larret-Ladorie, exerce à Nontron la profession de négociant en nouveautés (draperie, soieries, tulles, toiles, mérinos, schals, rouennerie...) avec son épouse Jeanne Dufraisse (1807-1880), fille de Hugues Dufraisse, négociant, et de Jeanne Arbonneau, qu'il a épousée suivant contrat du 27 septembre 1826 par maître Guy Lapouge, notaire à Nontron. ll est l'instigateur des travaux de transformation du manoir, à partir de 1869. Jean-Baptiste-Lucien et Jeanne ont une fille unique, Jeanne-Lucia, qui hérite des Cazes. Elle épouse suivant contrat du 11 juillet 1847 reçu par maître Fonreau Adrien, notaire à Nontron, Etienne Titus Laforest (1818-1852), avocat, membre du conseil d'arrondissement de Périgueux, fils de Jean-François Laforest, notaire à Brantôme et Marie-Amélie Pironneau.

Etienne Titus Laforest est l'auteur de nombreuses publications parmi lesquelles «Sur l'établissement d'une filature de soie à Périgueux» (Echo de Vésone et Annales agricoles et littéraires de la Dordogne- 1846), «Note adressée à l'Académie morales et politiques au sujet de l'enquête sur la situation des classes agricoles» (Annales de la société d'agriculture de la Dordogne- 1850), «Le mûrier en Dordogne» (idem-1851). Il se passionne également pour tout ce qui touche à la vigne qu'il cultive dans le jardin de la maison familiale de Brantôme, comme aux Cazes.

Le domaine des Cazes, qui outre la vigne, axe son activité sur l'élevage des cochons et l'engraissage des boeufs, devient ensuite la propriété de Jean- Baptiste-Lucien Laforest (1850-1936), fils de Jeanne-Lucia et d'Etienne Titus. Avocat puis conseiller de préfecture à La Roche-sur-Yon, après avoir plaidé une seule et unique fois, il se retire jeune à Nontron où en 1885 il est adjoint du maire de la ville, Pécon-Laugerie.

De son mariage avec Lucie-Thérèse Denuelle (1856-1939), il a une fille, Thérèse, morte en bas âge, filleule de l'épouse du philosophe, critique et historien Hippolyte Taine et un fils, Jean-Jacques-Georges.

Jean-Jacques-Georges Laforest (1881-1964), diplômé de l'école d'agriculture de Grignon, après avoir occupé différents postes à Bourg-Saint-Andéol, Civray, Rioms, Le Puy-en-Velay et Niort, devient finalement ingénieur en chef des services agricoles de la Dordogne. Officier de la Légion d'honneur, croix de guerre 14-18, vice-président de la chambre d'agriculture de la Dordogne, il épouse Emma Picaud (1880-1966), fille du docteur André Picaud (1851-1905), maire de Nontron de 1892 à 1905 et de Marthe Pabot Chatelard qui lui donne quatre enfants : Henri (1904-989), avocat, maire de Nontron de 1953 à 1977, conseiller général, député de la Dordogne, secrétaire d'Etat aux Etats associés d'lndochine et à la Défense Nationale, ministre de l'Air ; Suzanne (née le l 8 janvier 1906 ; Odette (née le 10 juillet 1907) ; Charles (2 janvier 1909-1981).

Finalement, en 1957, Jean-Jacques-Georges Laforest vend Les Cazes à la famille Allafort-Rougier qui en exploite les terres et assure une bonne conservation des bâtiments.

Source : Nontron et le pays nontronnais, de Jacques Lagrange.