« Dés l'heure de minuit, le tocsin sonnait dans les faubourgs et le tambour battait dans les rues, tandis que je dormais tranquillement (rue Saint-Nicaise) près du palais des Tuileries. J'avais bien vu passer le matin sous ma fenêtre quelques détachemens de la garde nationale ; mais je croyais que ce fût pour protéger le château contre une nouvelle journée du 20 juin dont on avait parlé ; je fus désabusé par M. Lamotte-du-Chambon, mon voisin de campagne, nouvellement arrivé à Paris et logé au même hôtel que moi. Il était entré dans ma chambre tout ému, dans un moment où j'écrivais à un ami et dans ma famille sur les événemens du jour, et avec trop de franchise ; il venait de parcourir le faubourg Saint-Antoine, tout y était en mouvement. La municipalité avait été dissoute et remplacée par une autre ; M. Mandat, commandant de la garde nationale, avait été arrêté et mis à mort ; on avait pillé l'arsenal, et un attroupement formidable, ayant à sa tête les Marseillais et les Féderés, marchait avec du canon contre les Tuileries. Je m'empressai de clore mes lettres et de partir pour l'assemblée. » (Jean-Joseph de Verneilh-Puyraseau)

NB : Étienne Fargeas alias Lamotte du Chambon, premier maire de la commune d'Eymouthiers, élu député suppléant à l'Assemblée législative en 1791, décédé le 6 mars 1819, avocat et ancien magistrat. Il avait hérité du domaine du Chambon de son oncle, Pierre Fargeas, bourgeois, décédé en 1779.