Il ne faut pas confondre les pupilles de l'ancienne garde impériale, qu'on appelait primitivement vélites hollandais, avec les vélites français, dont l'origine remonte aux premiers moments de la création de la garde impériale. En effet, ces vélites n'avaient nulle analogie avec les pupilles. Le but de leur organisation était de donner des sous-officiers et par la suite des officiers instruits aux divers corps de la garde et même de la ligne. C'était une école militaire sur une base plus démocratique. Le vélite pouvait se considérer en quelque sorte comme un futur officier; le pupille comme un futur soldat. L'un et l'autre cependant, il faut le dire, avaient droit de prétendre aux premiers grades de la hiérarchie militaire, parce qu'en France, il n'y a pas de limite, il n'y a pas de bornes à l'avancement dans l'armée pour qui est instruit, brave et méritant.

C'est en l'an XII que les premiers corps des vélites furent triés. On en forma deux de 800 hommes chacun : l'un fut attaché aux grenadiers, l'autre aux chasseurs de la garde impériale. On les établit à Saint-Germain, puis à Ecouen et Fontainebleau. N'était pas admis qui voulait dans les vélites. Il fallait d'abord justifier d'un revenu de 800 francs, payable sous forme de pension par trimestre et d'avance au conseil d'administration. On donnait aux jeunes gens des professeurs de dessin, de mathématiques. C'étaient, comme on voit, des écoles militaires au petit pied. Bientôt après, en l'an XIII, les grenadiers à cheval et les chasseurs de la garde eurent également leurs vélites.

Deux corps de 800 chacun furent formés. En 1806, on ajouta 2,000 vélites à ceux des grenadiers et chasseurs à pied et à cheval, ou les répartit dans tous les régiments de la garde impériale. Mais bientôt ces jeunes yens ne furent plus destinés qu'à entrer dans la cavalerie, les vélites de l'infanterie ayant été formés en un seul régiment, le 2e des fusiliers-grenadiers.

Après irois années de service ou de campagne, le vélite obtenait souvent une sous-lieutenance dans la ligne, infanterie ou cavalerie. On conçoit qu'à une époque où il se faisait une si grande consommation d'officiers, les écoles militaires ne suffisant pas à verser dans les cadres des jeunes gens instruits, il était bon d'avoir, outre Fontainebleau, une espèce d'école de cadets. C'est ce qui avait déterminé l'empereur à organiser les vélites.

Sous le premier empire, la jeunesse militaire pouvait donc être considérée comme répartie en trois classes distinctes : les élèves des écoles militaires, destinés aux plus hauts grades de l'armée; les vélites de la garde, propres à faire en peu de temps des officiers capables de remplir les vides dus au canon; les pupilles, appelés à donner des soldais énergiques et dévoués, des sous-officiers instruits, et par la suite, enfin, des officiers n'ayant d'autre famille que l'armée, d'autre clocher que le drapeau du régiment.

Source : Jacques-Paul Migne.