29 février 2016

La Charente limousine sous le Consulat et l'Empire

Dans le canton de Confolens-Nord : Antoine-Sylvain Prévost-Dumarais (1747/1829), occupa pendant près de 40 ans de multiples mandats. Avocat avant 1789, affilié à la franc-maçonnerie, administrateur du district de Confolens en 1790- 91, il devint un grand propriétaire terrien au début du XIXe siècle, après avoir acheté de nombreux biens nationaux. Maire de Lessac de 1800 à 1822, président du canton électoral de Confolens-Nord du début du Consulat jusqu'en 1816, il était noté en ces termes par le préfet en 1812 : « Recommandable par son zèle, mérite d'être conservé ». Beau-frère du sous-préfet Mémineau, A.S. Prévost-Dumarais est l'exemple même de ces bourgeois hommes d'affaires qui doivent leur ascension sociale et leur enrichissement à la Révolution. Père de sept enfants, il laissait à son décès une fortune estimée à 241 210 F, dont le principal domaine était le château de Boisbûchet de Lessac avec ses dépendances. Jean Babaud-Marcillac (1768/1827), avocat avant 1789, grand propriétaire, exerça de nombreux mandats dans l'arrondissement à partir de 1800 : maire d'Oradour-Fanais (jusqu'en 1811), membre du conseil d'arrondissement de l'an XII à 1818, président du collège électoral de l'arrondissement sous le Consulat et l'Empire ; juge au tribunal de première instance (1812/1815), il fut le président du canton électoral de Confolens-Sud et, lors du renouvellement de 1812, le préfet écrivait à son sujet : « A de l'esprit, de la fortune, de la probité; ces titres sont bien suffisants pour exercer avec distinction les devoirs de la présidence du canton ». Il perdit tous ses mandats et fonctions sous la Restauration. Marié, père d'un enfant, sa fortune après décès était estimée à 147 450 F. Léonard Peyroche (1737/1815), fils d'un bourgeois et marchand de Limoges, avait la plus grosse fortune du département. En l'an XI, le total de ses contributions se montait à 6 175 F. Même si ce notable a acheté des biens nationaux, sa fortune était antérieure à la Révolution, faite à Limoges dans l'immobilier. Classé négociant avant 1789, propriétaire après 1789, ce notable de l'Empire fut maire de Saint-Quentin (près de Chabanais) de 1800 à 1813, et de 1803 à 1815, le président du canton électoral de Chabanais et membre du collège départemental. Marié et divorcé en l'an VII, à la demande de son épouse, il est resté sans héritier direct. L'inventaire de sa succession, faite au château de Pressac à Saint-Quentin, révélait une fortune de l'ordre de 1 600 000 F.

Source : La Charente limousine sous le Consulat et l'Empire, de Maurice de Poitevin.

Posté par ID348347 à 00:05 - Permalien [#]


28 février 2016

Les généraux charentais de la Révolution

Liste des généraux de la Révolution et de l'Empire nés dans le département de la Charente :

• André Guillaume Resnier de Goué, 1729-1811, natif d'Angoulême.
• Pierre Marie Joseph Salomon, 1739-1803, natif d'Angoulême.
• Jacques Chazeau-Duteil, 1748-1812, natif de Saint-Maurice-des-Lions.
• Cybard Florimond Gouguet, 1752-1831, natif d'Angoulême.
• Jean Nestor de Chancel, 1753-1794, natif d'Angoulême.
• Pierre Garnier de Laboissière, 1755-1809, natif de Chassiecq.
• Jean Guiot du Repaire, 1755-1819, natif d'Alloue.
• Laurent Deviau de Saint-Sauveur, 1756-1836, natif de Chazelles.
• Jean André Valletaux, 1757-1811, natif de Hiersac.
• Pierre Antoine Dupont-Chaumont, 1759-1838, natif de Chabanais.
• Pierre Fureau de Villemalet, 1760-1795, natif de La Rochette.
• Jean Léchelle, 1760-1793, natif de Puyréaux.
• Mathieu Lacroix, 1761-1822, natif de La Rochefoucauld.
• Pierre Dupont de l'Étang, 1765-1840, natif de Chabanais.
• François Ganivet Desgraviers-Berthelot, 1768-1812, natif de Montboyer.
• Pierre Armand Pinoteau, 1769-1834, natif de Ruffec.
• François Laroche, 1775-1823, natif de Ruffec.

Source : Généalogie Charente Périgord.

Posté par ID348347 à 20:58 - Permalien [#]

26 février 2016

Rocquard des Dauges

Rocquard des Dauges, avec Généalogie Charente Périgord
D'azur au pairle d'or et au chevron du même entrelacés.

Filiation suivie

I. — François de Rocquard, seigneur de Saint-Laurent-de-Céris, marié d'après acte du 28 janvier 1636, avec Marie Laurent, d'où : 1° François de Rocquard, qui suit ; 2° Catherine de Rocquard, mariée en 1678 avec Joachim de Chauveron, seigneur du Claud.

II. — François de Rocquard, seigneur de Saint-Laurent-de-Céris, marié d'après acte du 28 avril 1658, avec Henriette Regnauld de Vitrac, d'où : 1° François de Rocquard, qui suit ; 2° Pierre de Rocquard, seigneur de Saint-Laurent-de-Céris, marié en 1693, avec Anne de Lambertie, d'où Jean de Rocquard, seigneur de Saint-Laurent-de-Céris, marié avec de Ribeyreys, d'où Marie-Françoise de Rocquard, mariée en 1744, avec Joachim Regnauld de La Soudière, seigneur de Rochebrune.

III. — François de Rocquard, seigneur des Dauges, marié d'après acte du 25 février 1680, avec Catherine Caillou de Beaulieu, d'où : 1° René de Rocquard ; 2° Françoise de Rocquard, mariée en 1709, avec Roch du Rousseau, seigneur de Coulgens.

IV. — René de Rocquard, né en 1685, décédé en 1745, marié d'après acte du 29 novembre 1708, avec Marie de La Salmonie, d'où : 1° Joachim de Rocquard, qui suit ; 2° Anne de Rocquard, mariée en 1741, avec Léonard de Chasteigner, seigneur de Sauvagnac.

V. — Joachim de Rocquard, né en 1709, décédé en 1775, chevalier, seigneur de Pressac, marié d'après acte du 28 mai 1746, avec Anne Aultier du Chaslard, d'où : 1° Marguerite-Esther de Rocquard, mariée avec François-Joseph de Chasteigner, seigneur de La Courière ; 2° Marie de Rocquard, mariée avec Charles de La Ramière, chevalier, seigneur de Puycharnaud ; 3° Pierre-Aignan de Rocquard (1752-1797), officier dans l'armée de Condé, chevalier de Saint-Louis, marié d'après acte du 13 juin 1797, avec Henriette Chausse de Lunesse.

Archives départementales

1. — Constitution de 166 livres 13 sous 4 deniers de rente par messire François de Rocquard, chevalier, seigneur de La Cour-St-Maurice, Saint-Laurent-de-Céris, demeurant audit Saint-Laurent, et Jean Dupré, sieur de Gandry, au profit de demoiselle Marguerite Fèvre, veuve de maître Antoine Castain, vivant conseiller du Roi, receveur des décimes d'Angoumois.

2. — Quittance par Joachim de Rocquart, chevalier, seigneur des Dauges, Pressac et autres lieux, et dame Anne Aultier, sa femme, demeurant en leur logis noble des Dauges, paroisse de Chassenon, à Joseph-Philippe Guillet, écuyer, seigneur de Saint-Martin, Le Plessis, Landolle, Le Breuil-Marmant, demeurant en la ville de Cognac, de la somme de 5,066 livres 13 sous 4 deniers déléguée être payée par ledit seigneur de S'-Martin auxdits seigneur et dame de Rocquart, aux termes de la vente consentie audit Guillet par dame Jeanne Dexmier, veuve de Jacques Allenet, écuyer, seigneur de Dizadon, conseiller du Roi, lieutenant-général criminel au siège de Cognac, et ses filles.

3. — Transaction entre Jean de Rocquard, écuyer, sieur de La Cour de Saint-Maurice-des-Lions, demeurant audit lieu noble de La Cour, d'une part; et Joseph D'Assier, écuyer, sieur des Brosses, d'autre part; au sujet de ce que procès s'était mû entre Jacques Barbarin, écuyer, sieur de La Borderie, demeurant au lieu noble des Chambons, et ledit de Rocquard, à l'occasion de ce que ledit Barbarin ayant été injustement troublé par ledit D'Assier dans la possession et jouissance d'une rente que ledit de Rocquard lui avait transportée, il l'avait fait appeler devant le juge de Confolens en garantie de ladite jouissance.

Bibliothèque généalogique

• Pouvoir, justice et société : actes des XIXèmes Journées d'histoire du droit, 1999.

Ainsi Jeanne Dorat de Faugeras, petite fille de bourgeois marchand, fille d'un conseiller secrétaire du Roi et Président au Présidial, est devenue de par les décès fauchant sa famille un très beau parti, bien qu'elle ait un frère survivant. Elle épouse le 18 février 1783 Messire Jérôme de Roquart, chevalier seigneur des Dauges (paroisse de Chassenon), de vieille noblesse militaire. Affectée par les deuils qui l'ont frappée, sa mère, née Léonarde de Douhet, dame de la Courtaudie, souhaite vivement garder sa fille auprès d'elle...

• Pierre Bureau, Les émigrés charentais, 1791-1814, 2003.

Rocquart Pierre Aignan, dit le chevalier de, capitaine au régiment d'Artois, fils de Joachim, chevalier, sgr de Pressac, les Dauges, etc..., et d'Anne Aultier du Chalard, sa première femme - né 20, bapt. 21-11-1752 à Chassenon - + sans alliance, à Dijon (Côte-d'Or) le 17 frimaire an VI - condamné à mort par la commission militaire séante à Dijon comme convaincu d'émigration, et exécuté le 17 frimaire an VI (J. Brelot, La vie politique de Côte-d'Or sous le Directoire, p. 121 - et Journal de la Côte-d'Or du 20 frimaire an VI) - sur réclamation de sa sœur, Marie Julie de Rocquart, qui justifia de son décès devant le préfet de la Charente, le 4 germinal an XI, il fut amnistié le 15 fructidor an XI (Q XVII/48 - F7/6072 - Pin. III/79).

• Stéphane Calvet, Dictionnaire biographique des officiers charentais, 2010.

Rocquard Joseph de. Fils de Jérôme, chevalier seigneur des Dauges, et de Jeanne Ledorat, il est né le 2 octobre 1785 à Chassenon (Chabanais). Il entre à l'École Spéciale militaire de Fontainebleau en décembre 1804 avant d'être nommé sous-lieutenant au 79e régiment d'infanterie de ligne en avril 1806 (20 ans). Il sert en Italie, puis en Dalmatie jusqu'en 1807. Nommé lieutenant au 120e régiment d'infanterie de ligne le 27 octobre 1808, il combat en Espagne de 1808 en 1813. Capitaine depuis le 15 octobre 1811, il est blessé d'un coup de feu qui lui fracture le bras à Irun le 31 août 1813. Le roi lui accorde la Légion d'honneur le 8 octobre 1814. En 1816, il obtient un emploi dans la légion départementale des Côtes du Nord. Il semble cependant abandonner rapidement l'armée. En 1823, il est domicilié à Limoges.

Liens web

- Journal de la Côte-d'Or, 20 frimaire an VI.

Posté par ID348347 à 21:56 - - Permalien [#]

Babaud-Laribière, un notable franc-maçon

Babaud-Laribière (François Saturnin dit Léonide)

Né le 5 avril 1819 à Confolens (Charente).
Mort le 26 avril 1873 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) à l'hôtel de la préfecture après une très longue malade.

Préfet : Charente.
Date de nomination : 5 septembre 1870.
Date de rémission ou de révocation : (non avenue le 26 septembre 1870), 9 février 1871.

Famille : issu d'une ancienne famille de noblesse de robe, originaire de Mirebeau (ville du Poitou). Sa propre famille s'établit à Confolens au XVe siècle. Elle est composée de propriétaires et de commerçants de la bourgeoisie aisée. Elle compte plusieurs maires perpétuels de Confolens au XVIIIe siècle.

Père : Jean-Baptiste Babaud-Laribière (1783-1850).
Profession du père : propriétaire.
Mère : Françoise Bélore de Lagrange-Labeaudie (1783-1847).

Grand-père paternel : Pierre Babaud-Laroze (1743-1821), sieur de Praisnaud, avocat, puis juge au tribunal civil de première instance de Confolens, époux de Marguerite de Lagrange, fille d'un marchand bourgeois, anobli par l'achat d'une charge de sécrétaire du roi. Pierre Babaud est le fils de Piere Babaud (1699-1749) et de Magdelaine Parrat.

Grand-père maternel : Igance de Lagrange-Labeaudie, propriétaire à Exideuil (Charente), époux de Françoise Verneuil Bourdier de La Maillerie.

Oncles paternels : (1) Guillaume babaud (1774-?), propriétaire à Confolens.
(2) Pierre Babaud-La Belgique (1776-?), propriétaire à Confolens.
(3) Jean-Baptiste Babaud-Praisnaud (1783-1851), avocat à Confolens, sous-préfet de Confolens de 1830 à 1848.

Oncles maternels : (1) Pascal-Eugène de Lagrange-Labeaudie (1785-?), propriétaire, commandant de la garde nationale de Confolens, époux de Marie-Louise Boucheul dont (a) Marie-Antoinette de Lagrange-Labeaudie, (b) Armand de Lagrange-Labeaudie (1812-1848) et (c) Paul de Lagrange-Labeaudie.
(2) François Némorin de Lagrange-Labeaudie (1796-1867), magistrat à Confolens, époux d'Ursule-Lucile Rangier (1804-1880), dont (a) Léontine de Lagrange-Labeaudie (1829-1925), épouse de François-Charles Babaud-Laribière (1824-1890), frère du préfet, et (b) Pascal-Eugène de Lagrange-Labeaudie (1841-?).
(3) François-Emmanuel de Lagrange-Labeaudie (1785-1870), propriétaire, maire d'Exideuil, époux de Marie-Victorine Dupont-Lasserve (1797-1879), dont postérité.
Tante maternelle : Marguerite-Estelle de Lagrange-Labeaudie (1794-1881), épouse de Jean-Baptiste Lagrange-Videaud, propriétaire.

Frères : (1) François-Charles Babaud-Laribière (1824-1890), propriétaire, époux de Léontine de Lagrange-Labeaudie (1829-1925), fille de François Lagrange-Labeaudie (voir plus bas), dont (a) Magdeleine-Anne Babaud-Laribière (1856-1924), épouse de Victor Corderoy-Labussière (1851-1910), propriétaire, conseiller général de la Charente, dont Marie-Anne Corderoy-Labussière (1878-1933), épouse de Charles de Vexiau et (b) Lucile Babaud-Laribière (1859-1943), épouse de Frank Maury, propriétaire dans la Dordogne, dont Marguerite Maury (1881-1943), et Pierre Maury-Laribière (1883-1956), dont postérité.
(2) François-Bélisaire Babaud-Laribière (1811-1841), propriétaire, docteur en médecine, médecin chef de l'hôpital de Confolens, sans alliance.

Sœurs : (1) l'épouse de De La Laurentie, dont Marthe de La Laurentie.
(2) Catherine-Adèle Babaud-Laribière (1812-1813), morte à six mois.
(3) Marie-Julie Babaud-Laribière (1816-1819), morte à trois ans.

Parents : (1) Dominique Babaud-Lacroze (1807-1864), propriétaire, époux de Antoinette Flavier, dont (a) Marthe Babaud-Lacroze (1843-1885) et (b) Pierre-Alfred-François dit Antoine Babaud-Lacroze (1846-1924), homme politique (voir plus bas), époux de Marie-Louis Morichon, dont Léonide Babaud-Lacroze (1876-1949), docteur en droit, commissaire du gouvernement près le conseil de préfecture de la Seine, époux de Yvonne Marchal, (2) Vincent de Lagrange-Labajourderie, avocat, maire de Confolens sous le Second Empire, chevalier de la Légion d'honneur, époux de Marie-Louise Meaudre-Dassit dont Marie-Martin-Octave de Lagrange-Labajourderie (1831-1866), magistrat à Châteauroux puis à Limoges, (3) Jean Lavallée (1806-?), avocat, conseiller général de la Charente, sous-commissaire du gouvernement à Ruffec en février 1848, représentant du peuple en avril 1848, (4) Édouard-Pasquet Labrosse (1833-?), juge de paix à Charroux (Vienne) et (5) Antoine-Jean-Baptiste Babaud-Lafordie, avocat, maire de Confolens sous la Restauration.

Épouse : épouse le 17 avril 1871 à Saint-Maurice-des-Lions (Charente), Magdelaine-Marie-Angéla Duval-Papius (1836-?), fille de Joseph-Cyprien Duval-Papius (1800-1863) et de Marguerite-Célestine Bordier-Lanauve. Angéla Duval-Papius a épousé en premières nonces Clément Janet, et, en secondes noces, Camille-Léonard-Jean-Jacques Codet (1831-?), médecin à Saint-Junien (Haute-Vienne), dont deux enfants.
Descendance : sans postérité.

Opinions ou activités politiques de la famille : La famille domine la vie politique de Confolens depuis plusieurs générations. Elle est d'opinions politiques diverses. Elle a été très divisée au moment de la Révolution. Son grand-père paternel a été député d'Angoumois à l'Assemblée des États Généraux puis président du tribunal de première instance de Confolens en 1792. Son grand-père maternel a été maire d'Excideuil. Son grand-oncle, Jean-Baptiste Babaud de Praisnaud (1783-1851) a été sous-préfet de la monarchie de Juillet et orléaniste militant. Son frère, Charles Babaud-Laribière est un républicain actif, conseiller d'arrondissement et maire de Confolens sous la Troisième République. Son parent, Vincent de Lagrange-Labajourderie a été maire de Confolens sous le Second Empire. Son oncle maternel, Jean Lavallée, « républicain dévoué », a été commissaire du gouvernement à Ruffec en février 1848 et élu représentant du peuple à l'Assemblée constituante. Un autre oncle maternel, François de Lagrange-Labeaudie, un des chefs de l'opposition libérale sous la monarchie de Juillet, a été nommé magistrat en mars 1848, et « depuis sa nomination a été un obstacle constant à la bonne administration de la justice répressive dans son arrondissement » [A.N. BB6 II 233, lettre, Proc. Gén. 8 juillet 1852]. Son « neveu » Antoine Babaud-Lacroze devient maire de Confolens, conseiller général de la Charente et député de la Charente (1890-1919) et le fils de celui-ci, Léonide Babaud-Lacroze devient sénateur de la Charente (1929-1945), et conseiller général de la Charente.

Opinions ou activités religieuses de la famille : famille d'origine protestante — de nombreux Babaud s'exilent à Genève après la révocation de l'édit de Nantes. Sa propre famille est catholique, de tradition gallicane.

Éducation : collège de Confolens, petit séminaire du Dorat, près Poitiers 1836-1837, École de droit à Poitiers, licencié en droit, le 27 septembre 1839.

Carrière professionnelle et politique avant 1870 : octobre 1839-1848 : inscrit au barreau de Limoges, secrétaire de Théodore Bac, puis avocat à Confolens, journaliste à L'École du Peuple à Poitiers, au Progressif de la Haute-Vienne à Limoges, à L'Écho de la Charente, à l'Indépendant et à La Liberté de Pensée ; 1847 : actif dans la campagne des banquets ; février 1848 : commissaire de la République en Charente ; 1848-1852 : conseiller général de la Charente (Confolens) ; avril 1848 : élu représentant à la Constituante pour la Charente. Il vote avec la gauche et combat l'Élysée ; mai 1849 : candidat non élu à l'Assemblée législative ; 1849-1852 : journaliste dans la Charente ; 3 février 1850 : candidat lors d'une élection partielle, non élu ; janvier 1852 : jugé par la commission mixte de la Charente : « un des chefs du parti démocratique ; plutôt théoricien qu'homme d'action », acquitté [A.D. Charente 1 M 156] ; 1852-1870 : devient rédacteur de La Gironde et fonde Les Lettres Charentaises ; mai 1870 : fait une campagne très active contre le plébiscite ; 1870 : élu conseiller d'arrondissement (Confolens) ; 9 juin 1870 : élu Grand-Maître du Grand Orient de France contre Hippolyte Carnot, père de Sadi Carnot (voir notice).

Opinions politiques : « idées avancées » dans sa jeunesse. De plus en plus modéré surtout après 1860. Il soutient Thiers après 1871 et se montre très hostile à la Commune
Amitiés politiques : Théodore Bac (chef de file des républicains limousins), Ernest Picard, Adolphe Thiers.

Position de fortune : de milieu très aisé : « par le jeu des héritages, des dots, des mariages, ils [les Babaud] arrivent à rassembler entre leurs mains une grande fortune en terres et en immeubles. Au début du XIXe siècle, ils sont à la tête d'une des plus grandes fortunes en terres de Confolens ». La famille est parmi les plus grandes acheteuses de biens nationaux dans le département [Pierre Boulanger et al., p. 166-172]. Onze membres de la famille sont électeurs censitaires sous la monarchie de Juillet [Annuaire administratif, judiciaire, comercial, agricole et industriel du département de la Charente, Angoulême, 1846]. Son grand-père paternel paie 1 705 francs de contributions en l'an XIII et acquiert des biens nationaux. Sa fortune est évaluée en l'an XI à 150 000 francs. Lui-même jouit toujours d'une assez grande aisance.

Père : Contrat de mariage (1811) : lui-même apporte 800 francs en biens, une maisn et un jardin ainsi qu'une rente de 650 francs. Son épouse apporte « la promesse d'une succession ». Cens : 564 francs en cens en 1824 et 834 francs en 1846 [A.D. Charente 3 M 24]. Succession (1850) : laisse un mobilier évalué à 8 500 francs et des immeubles produisant des revenus de 500 francs. Son épouse, morte en 1847, laisse un mobilier évalué à 850 francs et des immeubles évalués à 35 000 francs.

Lui-même : Revenus : 20 000 francs en 1871 [A.D. Charente M (1871à et A.N. F3b 1 156 (1)] ; en tant que préfet il reçoit des revenus professionnels. Contrat de mariage (1871) : lui-même apporte une dot évaluée à 50 000 francs et une propriété non évaluée. Son épouse à 352 132 francs à Confolens et à 900 francs en effets mobiliers à l'hôtel de la préfecture de Perpignan où il est mort. Beau-père : Succession (1858) : laisse un actif d'une valeur totale de 38 962 francs. Cens : 402 francs en cens en 1841 [Annuaire administratif de la Charente, Angoulême, 1841 ; 307 Mi2]. Autres détails : il laisse un legs de 3 000 francs à l'hospice de Confolens, de 1 000 francs à l'hospice de Chabanais et de 500 francs au bureau de bienfaisances de Saint-Maurice-ès-Lions. L'actif de la communauté laissé par son frère. Charles Babaud-Laribière, en 1890, s'élève à 93 619 francs.

Opinions religieuses : déiste, anti-clérical, un des collaborateurs de La Liberté de Penser. Néanmoins, il est enterré à Confolens après des obsèques religieuses.

Liens maçonniques : 14 septembre 1838 : apprenti à La Vraie Harmonie à Poitiers ; 30 août 1839 : compagnon et maître à la même loge ; 1840 : membre des Artistes Réunis à Limoges ; 29 novembre 1862 : membre fondateur de la loge La Parfaite Union à Confolens ; 1868-1870 : vénérable de cette loge ; 1868 : membre du Conseil de l'Ordre du Grand Orient ; 1870 : élu Grand-Maître provisoire du Grand Orient de France ; septembre 1871 : président du Conseil de l'Ordre du Grand Orient [B.B. FM2 698]. Son grand-oncle, Jean-Baptiste Babaud de Praisnaud, est un des fondateurs en 1870 de la loge La Parfaite Union à Confolens. Son neveu, Antoine Babaud-Lacroze, est également franc-maçon.

Carrière postérieure : février 1871 : rentre à Confolens et appuie la politique de Thiers. Il condamne la Commune, « la criminelle sédition qui a épouvanté l'univers en couvrant Paris de cendres et de ruines » ; 10 août 1872 : nommé préfet des Pyrénées-Orientales. Il garde ce poste jusqu'à sa mort en avril 1873.

Légion d'honneur : aucune décoration.

Ouvrages publiés par lui :

• Position et besoins de l'arrondissement de Confolens, Confolens, 1837.
• Ludovic, Paris, 1838.
• De l'extinction de la mendicité, projet lu à la loge de la Vraie Harmonie de Poitiers dans sa séance du 10 mai 1839, Poitiers, 1839.
• Rapport sur un livre de M. de Montalembert, Paris, 1839.
• Du droit de l'autorité municipale en matière de sépulture, Limoges, 1840.
• Histoire de l'Assemblée Nationale Constituante, Paris, 1850, 2 vol.
• Utilité d'un chemin de fer direct de Nantes à Limoges, Paris, 1860.
• Mémoire sur l'établissement d'une halle aux grains à Confolens, Paris, 1861.
• Notes d'histoire charentaise, Paris, 1862.
• Études historiques et administratives, Confolens, 1863, 2 vol.
• Lettres charentaises, Angoulême, 1865-1866, 2 vol.
• Mémoire à l'appui de la protestation de M. A. Duclaud, Bordeaux, 1866.
• Questions de chemins de fer, Paris, 1867.
• Lettres charentaises (Journal), Confolens, 1868-1872.
• Une polémique (M. Babaud-Laribière contre Le Charentais), Angoulême, 1869.
• Circulaire du F. Babaud-Laribière, Grand-Maître provisoire du Grand Orient de France sur la suppression de la grande maîtrise, Nîmes, 1871.

Sources :

• A.N. F1b 1 156 (1) (dossier préfectoral), BB6 II 233 (dossier de magistrat de son oncle François de Lagrange-Labeaudie).
• A.D. Charente, 1 M 156 (victimes du coup d'État du 2 décembre 1851). J 1781 (divers documents concernant Babaud-Laribière), Q 4017, Chabanais, déclaration de mutation par décès, 19 août 1863, n° 111 (son beau-père), Q 4233, Confolens, déclaration de mutation par décès, 6 septembre 1847, n° 305 (sa mère). Q 4234, COnfolens, déclaration de mutation par décès, 22 juillet 1850, n° 363 (son père), série Q, déficit pour le bureau de Confolens pour 1873 (pour lui-même), U 3368, jugements sur enquête, tribunal de Confolens, 1873, (exemplaire du testament olographe de Babaud-Laribière du 24 septembre 1872), 2 E 17/337, étude Guilhaud, notaire à Chabanais, contrat de mariage Babaud-Laribière-Duval-Papius, 13 avril 1871, 2 E 18/483, étude Pignier, notaire à Confolens, contrat de mariage Babaud-Laribière-Lagrange-Labeaudie, 23 janvier 1811 (ses parents).
• A.D. Pyrénées-Orientales, 124 Q 410, Perpignan, déclaration de mutation par décès, 24 octobre 1873, n° 283 (lui-même).
• Le Charivari, 19 octobre 1848.
• La Charente, 28-29 avril, 1-2 mars 1873.
• Gustave Léony, Notice biographique sur Babaud Laribière, ancien membre de l'Assemblée constituante, Paris, 1851.
• Claude Gigon, Les Victimes de la terreur du département de la Charente : récits historiques, Angoulême, 1866, tome II, p. 9-48 (sur sa famille).
• E. Chassin, O. de Bordeaux, 9 juin 1873, tenue funèbre en mémoire du très regretté F. Babaud-Laribière, Bordeaux, 1873.
• P. Ducourtieux, « Notice biographique sur Babaud-Laribière », Bulletin de la société du Limousin, 1873, tome XXII, p. 156-160.
• Le Monde maçonnique, vol. 15, 1873-1874, p. 42-45.
• Polybiblion, tome IX, janvier-juin 1873, p. 33.
• H. Beauchet-Filleau et B. H. Paul, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Poitiers, 1889, tome I, p. 226-229 (sur sa famille).
• Louis Amiable, Grand Orient de France, Assemblée générale de 1894, Discours commémoratif, Paris, 1894, p. 37-40.
• Léonide Babaud-Lacroze, Les Quarante-huitards, Argenton, 1948.
• Martine Giguet, Léonide Babaud-Laribière 1819-1873, Université de Paris I, Mémoire de maîtrise, 1975, A.D. Charente, J 1693.
• Jean Jézéquel, Grands notables du Premier Empire : la Charente, Paris, 1986, p. 41-45
• Pierre Boulanger, Maurice de Poitevin, Joël Giraud, La Révolution Française à Confolens, 1789-1799, Poitiers, 1988.

Remerciements : La famille Maury-Laribière, de Confolens.

(Les préfets de Gambetta, de Vincent Wright)

Posté par ID348347 à 21:12 - Permalien [#]

24 février 2016

Le Cousset : un fief noble de Varaignes

Le Cousset — L'abbé Nadaud s'exprime ainsi à ce sujet :

« Couslet, ou Cousset, fief dans les paroisses de Teijat et de Varaignes, en Périgord, diocèse de Limoges, et dans celle de Bussière-Badil, même diocèse, généralité de Limoges et élection d'Angoulême. Le seigneur en porte le nom. Il a sa chapelle avec sa litre et ses tombeaux dans l'église de Bussière-Badil. »

Le fief du Cousset appartenait, à partir au moins du XVe ou XVIe siècle, à la famille de Marendat, d'après un inventaire dressé à la requête de Jacques de Marendat, seigneur du Cousset, le 15 février 1684, par Me Jalanihat, notaire à Javerihac, après le décès d'Étienne de Marendat, et dans lequel il est fait mention de la reconnaissance du repaire noble du Cousset du 6 août 1548 et d'un dénombrement de 1480. Cette reconnaissance dut être faite par le père de Martin de Marendat, avocat au Parlement de Bordeaux, d'après le même inventaire qui relate encore le contrat d'acquisition faite par feu Martin de Marendat père, des rentes directes et seigneuriales du Cousset de Diane Descars, dame comtesse de Lavauguyon et de Varaignes, du 29 décembre 1606 plus du dénombrement qui fut fait après son décès, du fief noble du Cousset à la dame de Lavauguyon et de Varaignes en 1636.

1592. — Lettres de bachelier en droit civil, données le 10 décembre de l'an 1592, par René Fabre, de l'ordre des Frères prêcheurs, régent de théologie et vice-chancelier de l'université de Bordeaux, à honorable et discret homme Me Martin de Marendat, natif du lieu de Varaignes, au diocèse du Périgord.

Ces lettres en latin, signées Faber et plus bas Bernage, bedeau de ladite université.

Du 14 mai 1650, baptême à Nontron d'Etienne de Marendat, fils de Jacques, sieur du Cousset, et.de Sibille Forien.

Reprenant l'inventaire de 1684, nous y voyons le contrat de mariage du sieur du Cousset avec Sibille Forien du 6 février 1650 devant Mazière, notaire royal à Nontron; plus : Hommage rendu par le sieur du Cousset à haut et puissant seigneur Jacques Stouard, seigneur de Varaignes plus : Contrat de mariage d'autre Etienne de Marendat, sieur de Bellevue, et damoiselle Deyriaud, du 16 novembre 1676, signé Fogères, notaire royal à Nontron; plus Hommage rendu par feu du Cousset a haut et puissant seigneur Berthoumet (Béthoulat) de Caussade comte de Lavoyon, et à Marie Stuard de Caussade, son épouse, du fief noble du Cousset, du 14 juin 1680; plus : Donation et acceptation des 13 juillet et 4 aoùt 1680 des rentes du Cousset sous l'hommage d'une paire de gants blancs, par le seigneur comte de Varaigne audit feu sieur de Bellevue; plus : Dénombrement dudit fief noble du 14 août 1480; plus enfin : Lettres données en faveur de Marenda, écuyer, seigneur de Bellevue, et à Etienne de Marendat, son fils, par Nicolas Estouard de Caussade de Quélin. prince de Carency, comte de Lavoyon et autres places, portant que ledit seigneur fait lesdits sieurs de Bellevue, capitaine et lieutenant représentant sa personne dans son château et châtellenie de Varaignes, des bois et forets d'icelles et leur aurait aussi donné les rentes étant sur la maison et village du Cousset vendues par Diane des Cars à feu Martin de Marendat et autres droits portés par lesdites lettres datées du 27 novembre 1682.

Du 8 août 1684, baptême de Jean de Marendat, fils d'Etienne et de Jeanne d'Eyriaud mariés en 1676.

Le 2 octobre 1681, par lettres datées d'Arras, Barthélemy Stuard de Caussade de Quélen, prince de Carency, seigneur de la chàtellenie de Varaignes, etc., héritier sous bénéfice d'inventaire de Barthélemy de Quélen, son père, adjudicataire, par arrêt du 6 septembre 1671 de tous les biens de Jacques Stuard du Caussade, son aïeul maternel, celui-ci héritier bénéficiaire de Diane d'Escars, sa mère, femme de Louis Stuard du Caussade, donne commission de maître des eaux et forèts de la chàtellenie de Varaignes à Etienne de Marendat, écuyer, seigneur de Bellevue.

Du 3 mai 1705, devant Jalanihat, notaire, cession par Louis de Labrousse, sieur de Vaubrunet, à Jean-Baptiste de Marendat, seigneur du Cousset, l'un des gendarmes de la garde du roi, habitant sa maison noble du Cousset, paroisse de Varaignes.

Du 26 octobre 1705, devant le même, au lieu noble du Cousset, donation par Marie Deyriaud en faveur de Jean-Baptiste Cousset de Marendat, son fils, écuyer, seigneur du Cousset, l'un des gendarmes de la garde du roi. Le 1709, mariage dudit Jean-Baptiste avec Anne de Labrousse.

Du 6 février 1710, même notaire, au repaire noble du Cousset, contrat de mariage entre François de Labrousse sieur des Granges, l'un des gendarmes de la garde du roi, et Marie de Marendat, damoiselle, veuve de Jean de Pindray, sieur de la Grange, fille d'Etienne de Marendat et de dumoiselle Marie Deyriaud.

Du 8 mai 1710, baptême de Joseph de Marendat, fils de Jean-Baptiste de Marendat, écuyer, seigneur du Cousset, l'un des gendarmes de ta garde ordinaire de Sa Majesté; et de Anne de Labrousse.

Du 30 août 1711, baptême de Jean-Joseph de Marendat, fils des mêmes.

Du 11 septembre 1741, mariage de Jean-Joseph de Marendat, écuyer, seigneur de Bellevue, fils de Jean-Baptiste de Marendat, écuyer; seigneur du Cousset, officier des gendarmes de la garde du roi, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, et de feu Anne de Labrousse, avec Marguerite de Masfrand, fille de Jean de Masfrand, écuyer, sieur de Longchamp, et de Marguerite Pabot.

D'après Nadaud Jean-Baptiste de Marendat, écuyer, sieur du Cousset, épousa, en 1747, Marie-Marguerite-Ursule de Masvaleix fille de Jean, écuyer, sieur dudit lieu et de l'Isle, paroisse de Busserolles, et de Françoise de Meilhac. Du 30 novembre 1759, acte de décès de messire Jean-Baptiste de Marendat, écuyer; sieur du Cousset, chevalier de Saint-Louis, ancien maréchal-des-logis de la garde du roi et mestre de camp de cavalerie, âgé de 80 ans. Du 14 mars 1763, mariage de Jean-Joseph de Marendat, chevalier, seigneur du Cousset, veuf de Marguerite de Masfrand, avec Marie de Labrousse; fille de Joseph de Labrousse, seigneur de Vaubrunet, ancien officier d'infanterie. Jean-Joseph de Marendat laissa un fils, Antoine, émigré en 1793 et mort audit lieu du Cousset, en 1855. En lui s'est éteinte la branche aînée de la famille.

Nous trouvons encore dans les archives particulières des Marendat du Cousset les pièces suivantes :

1708. — Il n'y a aucun changement, Monsieur mon compagnon, aux ordres du Roy qui vous ont estés lus au licentiement au retour de la campagne dernière. La compagnie s'assemblera le 1er avril prochain; ayez à vous rendre ledit jour à l'hôtel Soubize, à dix heures du matin, à cheval, pour passer en revue. Les marques que j'ai eu de vostre zèle et de vostre exactitude au service, me donne lieu d'estre persuadé que vous prendrez des mesures justes pour vous rendre régulièrement le jour fixé en bon équipage, afin que je puisse rendre compte à Sa Majesté, le lendemain de vostre arrivée, et de l'estat de sa compagnie, et faire connoistre vostre attachement et vostre attention à luy plaire.

Je suis, Monsieur mon compagnon, parfaitement à vous.

Signé : Le P. de Rohan.

Ce 21 janvier 1708.

1714. — Nous, Hercules Mereadec, prince de Rohan et de Maubuisson, marquis d'Annonay et de Sainte-Marie-du-Mont, comte de La Voulte, Tournon, Alban et Saint-Géran, baron de Préaux, Vigny, Longuesse et autres terres, capitaine-lieutenant de la compagnie de gendarmes de la garde du Roy, lieutenant-général de ses armées, gouverneur et lieutenantgénéral pour Sa Majesté des provinces de Champagne et Brie, Certifions à tous qu'il appartiendra que le sieur du Cousset est l'un des gendarmes de ladite compagnie.

En foy de quoy, nous luy avons fait expédier le présent certificat signé de notre main, scellé du cachet de nos armes et contresigné par notre secrétaire.

Donné à Paris, le vingt septembre mil sept cent quatorze.

Hercules de Rohan.

Par Monseigneur : Jonchera.

1725. — Nous Hercutes (voir ci-dessus), certifions à tous qu'il appartiendra que le sieur du Cousset est l'un des gendarmes de ladite compagnie dès le 25 mars mil sept cent quatre y a toujours servi sans discontinuation et y sert actuellement et s'est trouvé à toutes les actions de la compagnie, et a eu part à la gloire qu'elle s'y est acquise. En foy de quoy, nous lui avons fait expédier le présent certificat signê de notre main, scetté du cachet de nos armes et contresigné par notre secrétaire.

Donné à Paris, le septième février mil sept cens vingt-cinq.

Hercules de Rohan.

Par Monseigueur : René.

1726. — Monsieur du Cousset, la satisfaction que j'ay des services que v ous avez rendus au feu Roy, mon très honoré seigneur et bisayeul de glorieuse mémoire, et ceux que vous continuez de me rendre, m'ont convié à vous associer à l'ordre militaire de Saint-Louis mais comme votre éloignement ne vous permet pas de faire le voyage qui serait nécessaire pour estre par moy reçu audit ordre, je vous écris cette lettre pour vous dire que j'ay commis le sieur de Chateaumorand, lieutenant-général en mes armées et commandeur dudit ordre, pour en mon nom vous recevoir et admettre à la dignité de chevalier de Saint-Louis, et mon intention est que vous vous adressiez à luy pour prêter en ses mains le serment que vous este tenu de faire en ladite qualité de chevalier et recevoir de luy l'accolade et la croix que vous devrez d'oresnavant porter sur l'estomac, attachée d'un petit ruban couleur de feu. Voulant qu'après cette réception faite, vous teniez rang entre les autres chevaliers dudit ordre et jouissiez des honneurs qui y sont attachés. Et la présente n'estant pour autres fins, je prie Dieu qu'il vous ayt, Monsieur du Cousset, en sa sainte garde.

Ecrit à Versailles, le vingt-deuxième décembre 1726.

Louis.

Plus bas : Le Blanc.

1736. — Provision de chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis en faveur du sieur Ducousset, l'un des porte étendards de la compagnie des deux cents hommes d'armes des ordonnances servant à la garde ordinaire de notre personne..., ayant eu pour agréable de t'admettre dans ledit ordre le vingt-huitième jour du mois de novembre de l'année mit sept cent trente-six..., etc.

Donné à Versailles, le sixième jour du mois de mars l'an de grâce mil sept cent trente-six et de notre règne le vingtième.

Louis.

Enregistré au greffe de l'ordre militaire de Saint-Louis par nous, écuyer, garde des archives dudit ordre, le 21 avril 1736.

Le Vasseur.

1742. — Aujourd'huy onzième du mois de may 1742, étant à Fontainebleau, prenant une entière confiance en la valeur, courage expérience en la guerre, vigilance et bonne conduite du sieur du Cousset brigadier en la compagnie des deux cents hommes d'armes de ses ordonnances, servant à la garde ordinaire de sa personne et en sa fidélité et affection à son service, Sa Majesté l'a retenu, ordonné et établi en la charge de maréchat-des-logis dans lad. compagnie, vacante par la retraite du sieur de Valandré, pour dorénavant en faire les fonctions et en jouir aux honneurs, autorités, prérogatives, droits, états et apointements qui y appartiennent, tels et semblables dont jouissent ceux qui sont pourvus de pareilles charges... etc.

Signé : Louis.

Plus bas : De Breteuil.

Armoiries : A un écu d'or, chargé d'une croix d'azur, et surmonté d'une couronne de comte. Supports : Deux nègres armés d'arcs.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1892)

Posté par ID348347 à 21:48 - - Permalien [#]


23 février 2016

Arrêté du 18 prairial an II, district de Nontron

Arrêté du représentant du peuple G. Rome, en séance, à Périgueux, le 18 prairial an II (6 juin 1793), tendant à l'administration des biens des détenus, pourvoir à leur nourriture ainsi qu'à celle de leurs families, et établir un régime uniforme dans chacune des maisons d'arrêt, ou une foule de pétitions et réclamations à nous adressées de la part des pères, mères, et enfans des Emigrés détenus.

L'administration du District de Nontron et ce requérant l'agent national.

Arrêté :

Article Premier. — L'arrêté sus-énoncé sera transcrit sur les registres de l'administration et aux formes ordinaires.

Art. II. — II sera incessamment procédé (si fait n'a été) à la ferme pour un an des biens immeubles ayant appartenu aux détenus. Les baux seront faits conformément à la loi du 16 brumaire dernier.

Art. III. — Les effets, d'après la recherche faite des inventaires, qui paroitroient être sujets à dépérir, seront vendus ainsi et de la manière que les meubles provenant des Emigrés, d'après l'arrêté de l'administration sur le rapport du bureau des Domaines nationaux.

Art. IV. — Les détenus des deux sexes seront separés. En conséquence les hommes seront transferés dans la maison de réclusion à Nontron, et les femmes et les filles dans celle des Sables-sur-Dronne, ou étant, ils ou elles seront sous la surveillance des municipalités.

Art. V. — Pour l'exécution de l'article ci-dessus, il sera donné un ordre au Lieutenant de la gendarmerie qui, de concert avec les municipalités de Nontron et des Sables-sur-Dronne, prendront les moyens qui sont en leur pouvoir pour faire les dites translations qui doivent être effectuées dans le courant de cette décade.

Art. VI. — En conformité de la Loi du 26 brumaire dernier, la nourriture des detenus sera frugale. Ils recevront chacun vingt-cinq sols par jour, pour tenir lieu de nourriture, chauffage, blanchissage et autres choses dont ils peuvent avoir besoin.

Art. VII. — Les détenus ou détenues sitôt rendus dans les maisons qui leur seront assignées, nommeront entre eux, ou entre elles, un économe chargé de préparer les repas et auquel il sera payé de décade en décade, à commencer du Ier Thermidor prochain, le montant des vingt-cinq sols par jour à revenir aux détenus existants dans la maison d'arrêt dont il sera l'économe et laquelle somme leur servira pour tous les objets énoncés à l'art. VI.

Art. VIII. — Les détenus des deux sexes ne pourront, sous aucun prétexte, avoir des domestiques. En conséquence les municipalités sont chargées d'expulser ceux ou celles qui existent actuellement dans les dites maisons.

Art. IX. — Les municipalités de Nontron et des Sables-sur-Dronne désigneront une personne stire et recommandable par son civisme, qui sera chargée de faire les provisions nécessaires aux detenus, et d'après l'invitation que lui en fera l'économe de la maison. Les dites provisions, qui ne seront aucunement préparées ou cuites, seront remises au gardien de la maison d'arrêt pour les faire passer à l'économe de la dite maison d'arrêt, et il n'y aura aucune communication entre ledit pourvoyeur et les detenus. Ceux-ci seront seulement obligés de remettre au gardien, pour le faire passer au pourvoyeur, la somme qu'ils croiront nécessaire pour l'achat des dites provisions, soit en viande, pain, vin, bois et autres choses quelconques, ainsi que pour le blanchissage de leur linge. Le pourvoyeur, dont il est parlé cy-dessus, recevra pour ses salaires une indemnite de trente sols par jour qui lui seront payés par ordre de l'administration, par les receveurs de la Régie.

Art. X. — Les dites municipalités fourniront, dans la même proportion des citoyens de leur commune, audit pourvoyeur qui en payera le montant, la quantité de grains, farines ou pain nécessaires aux detenus.

Art. XI. — Les repas seront pris en commun, et sur la même table, à moins qu'il ne se trouvât pas de local assez vaste pour y réunir les détenus, ce qui sera constaté par des commissaires des municipalités qui, dans ce cas, feront former le nombre de tables, bancs ou chèzes qu'ils jugeront nécessaires ; les expenses à faire pour cet objet, ainsi que pour l'exécution des art. 4 et 5 cy-dessus, seront payées ou remboursées aux dites municipalités de Nontron et Sables-sur-Dronne sur les états par elles fournis et certifies.

Art. XII. — Les municipalités de Nontron et des Sables-sur-Dronne déffendront aux gardiens de la maison d'arrêt de laisser entrer dans icelle aucun comestible préparé, de laisser communiquer les dits detenus avec qui que ce soit, si non de la manure indiquée par la loi.

Art. XIII. — II sera incessamment fait compte exact des dépenses payées pour les détenus, lesquelles seront réparties pour chacun d'eux, afin que le remboursement soit fait par les receveurs de la Régie des mains de celui du district qui en a fait les avences.

Art. XIV. — Les receveurs de la Régie ne pourront, sous aucun prétexte, pas même celui de n'avoir aucun fonds provenant du détenu, s'empêcher d'acquitter les mandats qui seront tirés sur eux par I'administration, tant pour le remboursement des avances, nourritures faites ou a faire, et autres objets quelconques enoncés aux art. 15 et 19 de l'arrêt du G. Rome.

Art. XV. — Les municipalités du district sont invitées à exécuter ponctuellement, en ce qui les concerne, les articles de l'arrêté de Rome énoncés et dattés cy-dessus, et de faire connoitre a l'administration, dans la decade qui suivra la réception du présent, le résultat de leurs opérations, et afin de les faciliter, il sera mis au bas d'iceluy les noms et demeures de tous les détenus, même de ceux qui sont encore dans leur domicile à cause de maladie.

Art. XVI. — Coppies du présent arrêté seront incessamment adressées aux municipalités de Nontron, Sables-sur-Dronne, et Comité révolutionnaire à Nontron.

Noms et demeures des détenus tant du district qu'autres.

Sicaire-Adrien Texier, Nontron.
Emery Fonreau, Nontron.
Mazerat Delor, Nontron.
Jean Labrousse-Boffrand ainé, Nontron.
Leonard Faye, Nontron.
Jean Moreau-St-Martial, Valle-des-Eaux.
La femme dudit Moreau, Valle-des-Eaux.
Chaminade, Augignac.
Auvrai St-Remi, ex-curé, Abjat.
La Auvrai, St-Remi, Abjat.
Lagarde, cy-devant vicomte, Boislizonne.
Lagarde, cy-devant chevalier, Nontron.
Roussarie, Sables-s.-Dr.
Pintou, Sables-s.-Dr.
Larret, gd pré, Sables-s.-Dr.
Lapeyronie père, Sables-s.-Dr.
Lapeyronie mère, Sables-s.-Dr.
La veuve Labardonnie, Milhac.
La Royères fille, Les Landes.
Thibeau Lagarde ainé, Les Landes.
Roux Luçon père, Front-sur-Dronne.
La Roux Luçon mère, Front-sur-Dronne.
Roux Luçon grand-père, Front-sur-Dronne.
Dupin St-Cyr père, Coussière-sur-Dronne.
Dupin St-Cyr fils, Coussière-sur-Dronne.
Les quatre filles Dupin St-Cyr, Coussière-sur-Dronne.
Lapeyronie fils, Coussière-sur-Dronne.
Lajear Grézignac jeune, Mareuil.
Lajear Grézignac, fille puinée, Mareuil.
Lajear Grézignac, sceur de la précédente, Mareuil.
Lajear Grézignac ainé, St-Pardoux-de-Mareuil.
Laroussie, femme Lambertie, Vieux-Mareuil.
Camain St-Sulpice et La Bretonneau, sa femme, Lanion-sur-Lizonne.
La Boistillé Desgrosges, St-Pardoux-de-Mareuil, Angoulême.
Marie Moreau St-Martial, Varagnes.
Lamaranda Ducousset, son fils et ses filles, Varagnes.
Moreau St-Martin, Varagnes.
Jean Peyronni, Varagnes.
Labrousse Vaubrunet Teyjat, Angouteme, sa femme et sa fille, Angoulême.
Chaban père, Chapelle-Faucher, Nontron.
Chaban frère, Chapelle-Faucher, Nontron.
Chaban fils, Chapelle-Faucher, Nontron.
Autre Chaban fils, Chapelle-Faucher, Nontron, cy-devant comte de Lion.
La Chaban, ex-religieuse, Chapelle-Faucher, Nontron.
Conan d'Aucors, Beaussac.
Les deux soeurs Conan d'Aucors, Beaussac.
Maillard Lafaye, chevalier, Beaussac.
Vilars Pontignac, Beaussac.
Les Vilars Pontignac tantes, Beaussac.
Jean Duhaumont prêtre, Beaussac.
Raynaud père, Puyrinier.
Raynaud fils, Puyrinier.
Galar Béar et la Dutillé sa femme, Angoumois.
Camain Lacotencie, Felix-Nontron.
Leymarie, sa femme et leurs quatre filles, Cottes-s.-Boulou.
Les trois filles Saulnier, Gottes-s.-Boulou.
La Vaucoucourt, Laiguilhac-s.-Boulou.
Martin Ribeyreix, Monsec.
La veuve Boulouneix, Boulouneix.
Desrivailles et sa femme, Teyjat.
La veuve Moreau Maillard, Puyrinier.
Odet Chapt Rastignac Paris, Paris.
La Roussie, ex-religieuse, Les Landes, Nontron.
Labram Chaumont, Busseroles.
Labram fils ainé, Busseroles.
Lagirou Demaret, Bussières.
La Royère, ex-noble, Bussières.
Escravayat Labarrière, sa femme et ses deux filles, Busseroles.
Charon, ex-curé, Champniers.
La d'Abjat St-Viance, Quinsac.
Desport-Lagrange, Quinsac.
Arlot-Frugie, ex-prêtre, Coussière-sur-Dronne.
Les quatre filles Lacroix-Durepaire, Mareuil, Nontron.
Dereix et la Faure sa femme, Angoulême.
Thomas Mahou, Le Bourdeix, Nontron.
Suzanne Valade, ex-religieuse, Larochebeaucourt.
Lapouraille Belicot, ex-moine, Nontron, Nontron.

Signé Vieillemard.

Source : Une commune rurale du Périgord sous la Première République.

Posté par ID348347 à 21:56 - Permalien [#]

17 février 2016

Portrait du président de Nesmond

Note : André de Nesmond (1553-1616), né à Angoulême et décédé à Bordeaux. Sieur de Chézac puis de Maillou. Président du parlement de Bordeaux de 1611 jusqu'à son décès. Protégé de Marie de Médicis. Fils de François, lieutenant-général de la sénéchaussée d'Angoulême, et Charlotte Janvier. Marié en 1587 avec Olive d'Aste, dont descendance. Grand-père paternel de : 1° André de Nesmond (1641-1702), marquis de Nesmond et lieutenant-général des armées navales ; 2° Henri de Nesmond (1652-1727), archevêque de Toulouse et académicien.

AN1613063393

Source : British Museum.

Posté par ID348347 à 13:52 - Permalien [#]

16 février 2016

Portrait et gestes du roi Louis XIV

Ce monarque, qui a fait la terreur, l'envie et l'admiration de tous les potentats chrestiens et infidelles, a esté comblé d'honeurs et de gloire, de puissance et de bonheur, jusques environ sa soixantième année. Il a trop survescu de seize à dix et sept ans, puisque la suite d'un règne, si florisant dans son commencement, dans son milieu et même plus avant, la fin n'a esté qu'un tissu de disgraces, de malheurs et de misères de ses peuples, provenant de la foiblesse de l'âge, du mauvais choix de ses ministres et généraux d'armées, du gouvernement des femmes et des trahisons brasée contre les intérest et à l'insceu de ce prince ; dont s'en est suivi de si facheux et lamentables évenements que ce puisant monarque s'est veu a deux doits destre dépouillé de son patrimoine et de sa première gloire, tant estoit sans bornes la haine que les potentats ligués avoint conçeu contre la personne de ce prince, desquels l'envie, la jalousie et la rage ne se sont estaintes qu'après son deceds. Il est bien vray qu'il s'estoit attiré cette foule d'enemis par la hauteur, la fierté et le mespris que luy et ses ministres temoinoint envers les republiques et petits souverains d'Italie, d'Allemagne et les Holandois.

Comme j'ay eut l'honeur d'entretenir diverses fois ce monarque, j'ay soigneusement examiné, l'espace de plusieurs années, ses traits, son port, ses gestes et sa manière de vie ; car, lors de son deceds, j'étois sur la fin de ma trente septieme année. Il a reçeu, durant le cours de sa vie, un si grand nombre d'esloges, tant par divers écrivains, ses sujets, sans doute un peu flateurs, que par de mercenaires italiens, lesquels ont célébré son nom dans leurs chants et dans leurs compositions, sous le titre de Louis le Grand. Il est constant qu'il a exécuté de mémorables entreprises, qu'il estoit de bon conseil, prudent et vaillant, exelent fisionomiste pour le choix de certains sujets ; mais ces bonnes qualités ont esté contre balancées par tant de vices que les esprits neutres et non partiaux sont en doute si sa mémoire ne doit pas estre flestrie. Aussi eut-il esté à souhaiter qu'il n'eusse jamais régné, ou qu'il fusse mort quelque tems avant sa soixantième année.

Le commencement de son règne, durant sa minorité, fut rempli, ainsi que chacun sçait, de troubles et de confusions par les guerres civiles, qui luy ostèrent le gouts pour les sciences humaines et pour la lecture, meme pour l'escriture ; car, à paine sçavait-il signer Louis, n'ayant apris ny mathématiques, ny a designer, ny musique ; seulement par l'usage fréquent de la chasse, il montoit bien a cheval, dançoit avec beaucoup de grace, jouoit à la paume, au billard, aux dés et aux cartes, où il perdit de grosses sommes, tant contre M. Courcillon de Dangeau qu'autres seigneurs de sa cour, souvent en dupe, de quoy il s'aperceut et se corrigeat à la fin, car il n'aymoit pas la perte et n'estoit libéral que pour ses maîtresses ou ses flateurs, exelens courtisans, qu'il combloit de biens, tels estoint les ducs de La Feuillade, de La Rochefoucauld, d'Antin, Dangeau et autres que j'oublie.

Voicy son portrait, en l'an 1690, lors âgé de 52 ans.

Ce monarque estoit d'une riche taille, cinq pieds, huit pouces de hauteurs, membru, quaré et d'une grosseur proportionné à sa hauteur, bien planté sur ses jambes, le visage plein et majestueux, mais fort brun de visage ainsi que des mains, les yeux noirs, petits, mais vifs : ont n'en pouvoit soustenir le feu ny le retard, et obligeoit quiconque à baise la veue, de quoi il estoit fort jaloux, le poil fort noir et la peruque ; le nès aquilain, la bouche grande, desgarnie de dens, qui lui tomberent quasi touttes, environ sa quarantième année, soit à cause de la quantité de confitures qu'il mangeoit à la fin de ses repas ou à ses colations, soit par les viandes choisies qu'il consumoit en quantité et avec avidité ; car il vouloit que sa table fusse servie splendidement, couverte de force mets et par grand nombre d'officiers, gentilhommes. Ses droits, qu'il trempoit dans chaque plat, tenant un morceau de pain au bout, luy servoint de fourchettes et quasi poin du couteaux, ce qui obligeoit ses médecins, Fagon et Dodart, de le purger chaque mois pour luy desgager l'estomac. Ausi la Montespan, l'une de ses maîtresses, lui reprochat diverses fois qu'il sentoit mauvais, ce qui estoit véritable, par la quantité d'alimens qu'il prenoit à table, jusques à empocher des biscuits, des dragées et autres confitures de son désert, dont jay esté temoing plusieurs fois. D'ailleurs il estoit enemy du vin et des liqueurs fortes, car il ne beuvoit que trois fois à ses repas, un tiers de vin de Bourgone et deux tiers d'eau, toujours à la glace, tant l'esté que l'hivert.

Depuis son mariage avec l'Infante d'Espagne et après son veuvage, il s'est adonné aux plaisirs et à la galanterie, au dessus de tout ce qu'on en peut exprimer et néamoins il partageoit les soins amoureux avec ceux de la guerre (car il estoit courageux), qui luy servoit de baze pour la gloire personelle et sa demesurée ambition, qui en fin luy suscitat une foule d'enemis et potentats de l'Europe, qui ont mis sa couronne à deux doits de sa chutte et reduit ses peuples, envers lesquels il a toujours esté très dur, à la mandicité. Après avoir épuisé des tresors innombrables, est mort endepté de dix neuf cents milions de livres, tant en rente sur l'hostel de ville de Paris et tontines qu'en charges de nouvelles créations, soit municipales, gouvernemens de toutes les petites villes, que de finances, garde costes, comissaires, gages et apointemens d'officiers tant d'espée que de plume, qu'arérages de soldes de trouples, founisseurs de vivres et d'habillemens pour les armées, caisse d'empruns et munitions de guerre, et la plus part de ses domaines vendus ou engagés.

Ce prince s'habilloit assès modestement, exepté dans les ceremonies et ocasions d'esclat. Il portoit une peruque très noire, nouée par devant, un chapeau bordée d'un poin d'Espagne d'or avec une plume blanche, des cravates et manchetes d'une belle dentelle d'Angleterre. Ses habits estoint dun fin drap, garnis de boutons d'or ou relevés d'une simple broderie. Avant que de se mettre à table, sur son fauteuil, il donnoit à un de ses escuyers ses gands à frange et sa cane à pomme d'or et son chapeau à tenir ; et lorsqu'il avoit essuyé ses mains avec une serviete mouillé, sortant du repas, il reprenoit tout ce equipage, rentroit dans son cabinet, ou il faloit que tous les soirs les princes et princesses, ses enfans batards se trouvasent à son petit coucher, afin de la divertir par divers contes. Par un ne s'en est dispencé jusques à sa mort. Ses premiers princes du sanc se trouvoint à son lever, vers les huit heures, et à son coucher, vers minuit ; lui donoint sa chemise de jour ou de nuict. A leur défaut, le premier gentilhomme de la chambre avoit cet honeur, lequel luy fournisoir tous les ans six pages de la chambre, habillés de elours cramoisy, en broderie d'or sur toutes les coutures. A dix heures, il aloit dans la tribune de sa chapelle ouir la messe, accompagnée d'une exelente musique, bien entretenue ; puis tenoit au retour quelques uns des conseils et l'après dinée aloit à diverses chasses dans une caleche faitte exprès.

Le roi, suivant l'usage de ses devanciers, portoit du commencement une royalle ou petite moustache, qu'il fit couper vers sa quarantième année. La mode vint de rien plus porter et de se raser entièrement le visage, hors les sourcils. S'il fut galand, magnifique et libéral dans sa jeunesse, ont a qua lire son histoire, il ne fut pas moins vaillant et genereux envers ceux quil afectionoit, que doué de bon conseil et de prudence. Il fit des despences tres considerables en festes, tournois, bals, comédies, balets, operats et divertisemens, superbes colations, illuminations, qu'il donoit dans ses jardins de Versailles, à l'occasion de ses maîtresses, dont le nombre ne fut pas médiocre et qui luy cousterent des sommes immenses. La seule dame de Fontanges le ruinoit ; car un seul de ses parfumeurs en eut cinquante mil escus. Elle fut empoisonée, heureusement pour ce princes. Outre ses magnifiques battimens de Versailles, Trianon, la mesnagerie Saint-Germain, quil fit embelir, Compiene, Fontainebleau, quil orna beaucoup, Marly, le monastere de Saint Cir, l'hostel des invalides, Meudon et, peu avant sa mort, sa superbe chapelle de Versailles, qui seule luy coustat sept milions de livres, bien qu'alors il fut épuisé et reduit à la dernière extrémité, les troupes, sans habits, sans solde, sans souliers, faute de fourniseurs ; qui neamoins combatoint en desesperés pour le salut de la patrie, et les siecles passés n'ont jamais fourni d'exemples qu'on ait exercé tant de duretés envers ceux qui versoint chaque jour leur sanc pour la defence de l'estat ; car l'on ne voyoit a la cour et dans les regimens qu'oficiers mutilés de leurs bras, jambes, yieux, mains et coups à travers toutes les parties de leur corps. Mais quoy le roi disoit ne pouvoir les tous recompenser. Grande politique de ce cardinal de Richelieu, lequel, en apauvrisant la noblesse, l'oblige a se faire soldats !

Ce monarque, ainsi que je l'ay dejas remarqués, s'estoit si fort endepté les dix ou douze dernieres années de sa vie, qu'un ami de M. le chevalier de Bouillon, mon camarade de service, luy ayant conseillé d'aler quelques fois faire sa cour au roi à Versailles, répondit plaisament : « Quoy vous voulés que jaille voir ce vieux gentilhomme ruiné qui n'a plus rien à donner ! Je sçay, de plus, qu'il ne luy reste qu'une dente, encore la-t-il contre moi. » Ce chevalier sçavoit que le roi n'aymoit pas sa famille, à l'occasion du cardinal son oncle, qui s'estoit brouillé despuis quelque tems avec la cour, croyant par la se faire eslire pape come doyen des cardinaux ; mais le roi le depouilla de tous ses benefices, et peu s'en falut qu'il ne fusse aresté : sa fuite le sauvat. Or le prince, ayant apris les plaisanteries du chevalier, ne luy pardona jamais, suivant sa coustume, non plus qu'aux parisiens leur révolte durant sa minorité, du tems du grand prince de Condé. Ausi na il voulu faire son séjour parmy eux, ny frequenté leur ville que trois ou quatre fois par necessité. Voici un deuxieme exemple que jay veu. Il n'a jamais pu pardoner au corps de sa marine, en ce que tous les capitaines luy escrivirent pour ne pas les contraindre à se soumettre d'aler chaque jour aux escoles, à Brest, sous le sieur Renaud, homme de fortune, mais doué d'un genie superieur pour les sciences. Ce prince, piqué au vif, cassat deux des plus considerables, les comtes de St Piere et barons des Adrets, et, sans la représentation du chancelier de Pontchartrain, il vouloit se deffaire de toutte sa marine, repetant diverses fois : « Je sçay que j'ay de braves officiers de mer, mais ils sont mutins et seditieux. »

Jamais il ny a eut de retour dans son esprit envers' la maison de Condé, de celle de Conti et ses princes du sanc, à cause des guerres civiles durant sa minorité, qu'ils avoint exitées. Il ne leur acordoit ny gouvernements, ny commandemens d'armées : ils servoint sous les mareschaux de France durant les guerres. Les Hollandais s'advisèrent de diffamer sa reputation dans leurs gazettes. Il trouva moyen datirer leur gazetier dans un vaisseau d'Amsterdam, qui l'enlevat ; fut conduit au Mont Saint Michel, ou il mourut dans une cage de fer. Je citerois bien d'autres exemples, mais passons outre.

Vint et deux ans avant sa mort, ne trouvant plus de resource pour recompenser les services de ses officiers militaires, au mois de may l'an 1693, il créa et institua son ordre royal et militaire de St Louis, auquel il donnat des statuds tres amples. Peu de prégoratives dans leurs comisions, puisque ceux qui se retiroint du service, même avec des pensions, n'estoit pas exemps de payer la taille. Il dotat cet ordre de cent mil escus de revenu annuel, principalement pour les estropiés et blesés, à prendre sur les confiscations, droits d'aubaine, biens vacquans des religionaires fugitifs ; et du quel il honora ses princes du sanc, mareschaux de France, admiral, vice amiraux, lieutenans generaux, mareschaux de camps, brigadiers, gouverneurs de places, colonels, capitaines de ses vaisseaux et de ses galeres, et autres officiers blessés ou estropiés de terre ou de mer, accommpagné de pensions atachées à leurs croix ou celles des commandeurs ou grands croix du dit ordre, garnies de rubans couleur de feu. Je fus honoré de la Croix de Saint Louis, peu après sa mort, par Louis quinze, 27 ans après son institution.

Ce monarque est le premier de nos rois qui ai fait agir et entretenu cinq grosses armées tout à la fois, sans y comprendre les garnisons ordinaires desplaces, ports de mer, forteresses, isles d'Amerique, colonies et camps volans ou milices pour la garde des costes maritimes, montans environ quatre cent mil hommes, entretenus afin de soustenir la guerre contre tous les princes de l'Europe ligués ensemble, j'en 'excepte le turc et les princes du nord.

[...]

Source : Portrait et gestes du roi Louis XIV, de Louis de Lagrange-Chancel.

Posté par ID348347 à 19:24 - Permalien [#]

15 février 2016

Décès de Philibert-Hélie de Pompadour, gouverneur du Périgord

Acte : Messire Philibert-Hélie de Pompadour, marquis de Laurière et du Bourdeix, comte de Puymillon et Soumensac, baron de Nontron, seigneur de Piégut, Augignac, St-Estèphe et autres places, conseiller du Roi en tous ses conseils, maréchal de camp dans ses armées, gouverneur et sénéchal de Périgord, décédé à l'âge de 70 ans, dans son château de Nontron, le 26 juin 1683 ; on fit l'office dans l'église du Moustier de Nontron et on transporta le corps dans celle du Bourdeix, le lendemain 27 juin, en grande solennité, accompagné de plusieurs prêtres et de plusieurs personnes de qualité ; le surlendemain on fit un service solennel avec plusieurs messes pour le repos de son âme.

FRAD024

Source : Archives départementales de la Dordogne.

Posté par ID348347 à 22:23 - Permalien [#]

La chapelle Notre-Dame des Clercs de Nontron

La chapelle de Notre-Dame des Clercs devint église paroissiale à partir de 1781, ainsi qu'il appert de l'acte précédent et de cette mention, transcrite sur les registres des actes de l'état civil :

« Le 27 février 1781, nous avons, conformément à l'ordonnance de Monseigneur l'illustrissime et révérendissime évêque de Limoges, en date du 20 du même mois, à cause du défaut de confection des réparations par lui ordonnées en son cours de visites du 28 août 1779, transporté dans l'église de Notre-Dame le Très-Saint Sacrement et les fonds baptismaux de l'église paroissiale, pour être la dite église prieuriale tombée, par le défaut susdit, dans l'interdiction le dit transport fait par nous soussigné, vicaire, accompagné de la justice en corps et foule de personnes. M. le curé, détenu en chambre par intirmités, et qui nous a lui-même dicté et écrit sur un registre le dit acte de translation, et l'a signé avec nous Turcat, curé de Nontron Ratineau, vicaire. »

La confrérie de Notre-Dame des Clercs fut fondée, bien qu'il y en eut déjà quatre dans la paroisse, et fut adoptée avec enthousiasme par des fidèles de toutes conditions et placée bientôt au premier rang, ainsi qu'il résulte des actes ci-dessus et des deux suivants :

« Du 21 mai 1747.... Pardevant Me Grolhier, notaire... dans la chapelle de Saint-Joseph de Notre-Dame des Clercs, ont été présents les principaux confrères de la confrérie de l'Assomption de Notre-Dame des Clercs et de celles de la ville... Lesquels ont nommé M. Me Jean Forien, sieur des Chapoulies, avocat en la cour, et Pierre Allemand, sieur de La Boneyge, procureur d'office, pour et au nom de toutes les confrairies et paroisses de la ville, transiger avec Me Jean de Labrousse, sieur Dubosfrand, juge de la dite ville, comme héritier bénéficiaire de Léonard Roy, par suite de légat réglant à quinze cents livres ce qui se!'ait dit, dont cinq cents livres seraient attribuées à la subsistance des pauvres et le surplus placé convenablement... Ont signé : Clédat de Laborie, curé; Patoureau, Forien des Chapoulies, Boyer de Laborderie, Allemand, le chevalier de Masfrand, Labrousse du Peyrat, Pastoureau du Coutirant, ParcelIier, de Mazerat, Labrousse de Lagrange, Feuilhade, Pastoureau de la Serve, Labrousse du Dosfrand, Grolhier du Reclaud, Pierre Feuilhade, Ribadeau, P. Astelet, G. Dumas, Jalanihat, Arbonneau, N. Houmeaux, C. Martin, Noël Ristineaux, F. Mercier, Pierre Delapouraille, Jean Péry, François Dudouble, P. David, F. Mazière, F. Lavaud, Grolhier, not. roy. »

Voici maintenant le dernier acte de nomination de syndics par les confrères

« Le 15 juillet 1781, pardevant Me Lapouge, notaire royal... Après midy et issue de vépres, dans la chapelle de St-Joseph, dépendant de la chapelle de Notre-Dame des Clercs... nomination de sindics en remplacement de MM. Villedary et Feuillade, en la personne de MM. François-Thibaud Fourien de Villopré, avocat, et Guy Tamagnon, procureur en la juridiction de cette ville... Ont signé : Turcat, curé; de Mazerat, avocat et juge de Nontron; Pastoureau du Coutirant, procureur d'office; de Mazerat fils, avocat; Couvrat-Desvergnes, Couvrat, Pastoureau de Labesse, Ribadeau du Mas, Mazière du Reclaud, Cholet de Labrousse, Allemand de La Boige, F. Chabaneau, meunier; F. Dudouble, sergetier; Viclor Yonet; tapissier Jean Delapouge; tailleur; Etienne Ribadeau, sieur du Maine, bourgeois; J. Deribieras, tisserant F. Bernard, coutelier; J. Lapouge, charron. »

Si, maintenant, et en dehors des membres de la confrérie, nous recherchons quels furent les bienfaiteurs de la chapelle de Nutre-Dame des Clercs, nous en trouvons de deux sortes :

1° Les familles qui tinrent à l'honneur d'y être ensevelies de 1627 à 1704, époque à laquelle la permission dut en être retirée, et parmi lesquelles on distingue celles des de Labrousse, Cholet, de Mazerat, Eyriaud, de Laubière: Pourtem, Peyrot, Forien, de Marandat, Faure, Laud, Pecon, Pastoureau, Agard, Rastineau, de Roufignac, du Reclus, de Masfrand, Basset, Favard, Texier, Feuillade, Delapousge, etc.

2° Les donations par testament, dont nous ne rappellerons que celles relatives aux réparations et constructions desdites chapelle et église, à l'ameublement et à l'ornementation :

Du 28 octobre 1663, devant Vielhemart, notaire royal, testament de Pierre Madagon, bourgeois, qui veut être enseveli dans la chapelle de Notre-Dame des Clercs, il laquelle il lègue dix livres, outre les trente léguées par Anne Laud, sa femme, pour .être employées à la réparation de ladite chapelle.

Du 8 juillet 1670, même notaire, testament par lequel Pierre Eyriaud, curé d'Hautefaye, veut qu'il soit donné à la chapelle de Notre-Dame de Nontron uu ciboire et un calice d'argent, le tout de la valeur de cinquante écus et entend que ledit calice et ciboire servent journellement dans ladite chapelle, sans qu'il soit permis à qui que ce soit de les transporter ailleurs.

Du 3 mars 1678, devant Laud, notaire royal, testament de Jeanne de La Brousse, femme de Joseph de Mazerat, laquelle lègue « à la réparation de la chapelle de Nostre-Dame des Clercs la somme de dix livres, pareille somme à l'esglize des dames religieuses de Sainte-Claire, et pareille somme aux dames de la Charité. »

Le 2-1 septembre 1693, dev ant Delapousge, notaire royal, Henry Dupeyroux, bourgeois, lègue « aux réparations de la chapelle de Nostre-Dame des Clercs la somme de dix livres. »

Du 26 rovembre 1712, devant Boyer, notaire royal, François Agard, clerc, lègue cinquante livres « à la chapelle de Nuatre-Dame des Clercs, partie pour les réparations et partie pour les messes à faire dire pour les eonfra:res.

Le 14 aoùt 1721, décès de François de Mazerat, lequel avait légué trente livres à Notre-Dame des Clercs, suivant quittance du 18 août 1726, donnée à dame Marie Eyriaud, sa veuve, par MM. de La Brousse et Forien, syndics, pour, y est-il dit : « vingt livres ait moyen des pierres que nous avons pris pour la lutissc de Nostre-Dame, et la somme de dix livres en argent. »

Le 31 septembre 1743, Bertrande Pastoureau, épouse Feuillade, lègue à la chapelle de Notre-Dame des Clercs trente livres pour la décoration du principal autel de la Sainte-Vierge.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1886)

Posté par ID348347 à 19:20 - - Permalien [#]