Dans le canton de Confolens-Nord : Antoine-Sylvain Prévost-Dumarais (1747/1829), occupa pendant près de 40 ans de multiples mandats. Avocat avant 1789, affilié à la franc-maçonnerie, administrateur du district de Confolens en 1790- 91, il devint un grand propriétaire terrien au début du XIXe siècle, après avoir acheté de nombreux biens nationaux. Maire de Lessac de 1800 à 1822, président du canton électoral de Confolens-Nord du début du Consulat jusqu'en 1816, il était noté en ces termes par le préfet en 1812 : « Recommandable par son zèle, mérite d'être conservé ». Beau-frère du sous-préfet Mémineau, A.S. Prévost-Dumarais est l'exemple même de ces bourgeois hommes d'affaires qui doivent leur ascension sociale et leur enrichissement à la Révolution. Père de sept enfants, il laissait à son décès une fortune estimée à 241 210 F, dont le principal domaine était le château de Boisbûchet de Lessac avec ses dépendances. Jean Babaud-Marcillac (1768/1827), avocat avant 1789, grand propriétaire, exerça de nombreux mandats dans l'arrondissement à partir de 1800 : maire d'Oradour-Fanais (jusqu'en 1811), membre du conseil d'arrondissement de l'an XII à 1818, président du collège électoral de l'arrondissement sous le Consulat et l'Empire ; juge au tribunal de première instance (1812/1815), il fut le président du canton électoral de Confolens-Sud et, lors du renouvellement de 1812, le préfet écrivait à son sujet : « A de l'esprit, de la fortune, de la probité; ces titres sont bien suffisants pour exercer avec distinction les devoirs de la présidence du canton ». Il perdit tous ses mandats et fonctions sous la Restauration. Marié, père d'un enfant, sa fortune après décès était estimée à 147 450 F. Léonard Peyroche (1737/1815), fils d'un bourgeois et marchand de Limoges, avait la plus grosse fortune du département. En l'an XI, le total de ses contributions se montait à 6 175 F. Même si ce notable a acheté des biens nationaux, sa fortune était antérieure à la Révolution, faite à Limoges dans l'immobilier. Classé négociant avant 1789, propriétaire après 1789, ce notable de l'Empire fut maire de Saint-Quentin (près de Chabanais) de 1800 à 1813, et de 1803 à 1815, le président du canton électoral de Chabanais et membre du collège départemental. Marié et divorcé en l'an VII, à la demande de son épouse, il est resté sans héritier direct. L'inventaire de sa succession, faite au château de Pressac à Saint-Quentin, révélait une fortune de l'ordre de 1 600 000 F.

Source : La Charente limousine sous le Consulat et l'Empire, de Maurice de Poitevin.