Babaud-Laribière (François Saturnin dit Léonide)

Né le 5 avril 1819 à Confolens (Charente).
Mort le 26 avril 1873 à Perpignan (Pyrénées-Orientales) à l'hôtel de la préfecture après une très longue malade.

Préfet : Charente.
Date de nomination : 5 septembre 1870.
Date de rémission ou de révocation : (non avenue le 26 septembre 1870), 9 février 1871.

Famille : issu d'une ancienne famille de noblesse de robe, originaire de Mirebeau (ville du Poitou). Sa propre famille s'établit à Confolens au XVe siècle. Elle est composée de propriétaires et de commerçants de la bourgeoisie aisée. Elle compte plusieurs maires perpétuels de Confolens au XVIIIe siècle.

Père : Jean-Baptiste Babaud-Laribière (1783-1850).
Profession du père : propriétaire.
Mère : Françoise Bélore de Lagrange-Labeaudie (1783-1847).

Grand-père paternel : Pierre Babaud-Laroze (1743-1821), sieur de Praisnaud, avocat, puis juge au tribunal civil de première instance de Confolens, époux de Marguerite de Lagrange, fille d'un marchand bourgeois, anobli par l'achat d'une charge de sécrétaire du roi. Pierre Babaud est le fils de Piere Babaud (1699-1749) et de Magdelaine Parrat.

Grand-père maternel : Igance de Lagrange-Labeaudie, propriétaire à Exideuil (Charente), époux de Françoise Verneuil Bourdier de La Maillerie.

Oncles paternels : (1) Guillaume babaud (1774-?), propriétaire à Confolens.
(2) Pierre Babaud-La Belgique (1776-?), propriétaire à Confolens.
(3) Jean-Baptiste Babaud-Praisnaud (1783-1851), avocat à Confolens, sous-préfet de Confolens de 1830 à 1848.

Oncles maternels : (1) Pascal-Eugène de Lagrange-Labeaudie (1785-?), propriétaire, commandant de la garde nationale de Confolens, époux de Marie-Louise Boucheul dont (a) Marie-Antoinette de Lagrange-Labeaudie, (b) Armand de Lagrange-Labeaudie (1812-1848) et (c) Paul de Lagrange-Labeaudie.
(2) François Némorin de Lagrange-Labeaudie (1796-1867), magistrat à Confolens, époux d'Ursule-Lucile Rangier (1804-1880), dont (a) Léontine de Lagrange-Labeaudie (1829-1925), épouse de François-Charles Babaud-Laribière (1824-1890), frère du préfet, et (b) Pascal-Eugène de Lagrange-Labeaudie (1841-?).
(3) François-Emmanuel de Lagrange-Labeaudie (1785-1870), propriétaire, maire d'Exideuil, époux de Marie-Victorine Dupont-Lasserve (1797-1879), dont postérité.
Tante maternelle : Marguerite-Estelle de Lagrange-Labeaudie (1794-1881), épouse de Jean-Baptiste Lagrange-Videaud, propriétaire.

Frères : (1) François-Charles Babaud-Laribière (1824-1890), propriétaire, époux de Léontine de Lagrange-Labeaudie (1829-1925), fille de François Lagrange-Labeaudie (voir plus bas), dont (a) Magdeleine-Anne Babaud-Laribière (1856-1924), épouse de Victor Corderoy-Labussière (1851-1910), propriétaire, conseiller général de la Charente, dont Marie-Anne Corderoy-Labussière (1878-1933), épouse de Charles de Vexiau et (b) Lucile Babaud-Laribière (1859-1943), épouse de Frank Maury, propriétaire dans la Dordogne, dont Marguerite Maury (1881-1943), et Pierre Maury-Laribière (1883-1956), dont postérité.
(2) François-Bélisaire Babaud-Laribière (1811-1841), propriétaire, docteur en médecine, médecin chef de l'hôpital de Confolens, sans alliance.

Sœurs : (1) l'épouse de De La Laurentie, dont Marthe de La Laurentie.
(2) Catherine-Adèle Babaud-Laribière (1812-1813), morte à six mois.
(3) Marie-Julie Babaud-Laribière (1816-1819), morte à trois ans.

Parents : (1) Dominique Babaud-Lacroze (1807-1864), propriétaire, époux de Antoinette Flavier, dont (a) Marthe Babaud-Lacroze (1843-1885) et (b) Pierre-Alfred-François dit Antoine Babaud-Lacroze (1846-1924), homme politique (voir plus bas), époux de Marie-Louis Morichon, dont Léonide Babaud-Lacroze (1876-1949), docteur en droit, commissaire du gouvernement près le conseil de préfecture de la Seine, époux de Yvonne Marchal, (2) Vincent de Lagrange-Labajourderie, avocat, maire de Confolens sous le Second Empire, chevalier de la Légion d'honneur, époux de Marie-Louise Meaudre-Dassit dont Marie-Martin-Octave de Lagrange-Labajourderie (1831-1866), magistrat à Châteauroux puis à Limoges, (3) Jean Lavallée (1806-?), avocat, conseiller général de la Charente, sous-commissaire du gouvernement à Ruffec en février 1848, représentant du peuple en avril 1848, (4) Édouard-Pasquet Labrosse (1833-?), juge de paix à Charroux (Vienne) et (5) Antoine-Jean-Baptiste Babaud-Lafordie, avocat, maire de Confolens sous la Restauration.

Épouse : épouse le 17 avril 1871 à Saint-Maurice-des-Lions (Charente), Magdelaine-Marie-Angéla Duval-Papius (1836-?), fille de Joseph-Cyprien Duval-Papius (1800-1863) et de Marguerite-Célestine Bordier-Lanauve. Angéla Duval-Papius a épousé en premières nonces Clément Janet, et, en secondes noces, Camille-Léonard-Jean-Jacques Codet (1831-?), médecin à Saint-Junien (Haute-Vienne), dont deux enfants.
Descendance : sans postérité.

Opinions ou activités politiques de la famille : La famille domine la vie politique de Confolens depuis plusieurs générations. Elle est d'opinions politiques diverses. Elle a été très divisée au moment de la Révolution. Son grand-père paternel a été député d'Angoumois à l'Assemblée des États Généraux puis président du tribunal de première instance de Confolens en 1792. Son grand-père maternel a été maire d'Excideuil. Son grand-oncle, Jean-Baptiste Babaud de Praisnaud (1783-1851) a été sous-préfet de la monarchie de Juillet et orléaniste militant. Son frère, Charles Babaud-Laribière est un républicain actif, conseiller d'arrondissement et maire de Confolens sous la Troisième République. Son parent, Vincent de Lagrange-Labajourderie a été maire de Confolens sous le Second Empire. Son oncle maternel, Jean Lavallée, « républicain dévoué », a été commissaire du gouvernement à Ruffec en février 1848 et élu représentant du peuple à l'Assemblée constituante. Un autre oncle maternel, François de Lagrange-Labeaudie, un des chefs de l'opposition libérale sous la monarchie de Juillet, a été nommé magistrat en mars 1848, et « depuis sa nomination a été un obstacle constant à la bonne administration de la justice répressive dans son arrondissement » [A.N. BB6 II 233, lettre, Proc. Gén. 8 juillet 1852]. Son « neveu » Antoine Babaud-Lacroze devient maire de Confolens, conseiller général de la Charente et député de la Charente (1890-1919) et le fils de celui-ci, Léonide Babaud-Lacroze devient sénateur de la Charente (1929-1945), et conseiller général de la Charente.

Opinions ou activités religieuses de la famille : famille d'origine protestante — de nombreux Babaud s'exilent à Genève après la révocation de l'édit de Nantes. Sa propre famille est catholique, de tradition gallicane.

Éducation : collège de Confolens, petit séminaire du Dorat, près Poitiers 1836-1837, École de droit à Poitiers, licencié en droit, le 27 septembre 1839.

Carrière professionnelle et politique avant 1870 : octobre 1839-1848 : inscrit au barreau de Limoges, secrétaire de Théodore Bac, puis avocat à Confolens, journaliste à L'École du Peuple à Poitiers, au Progressif de la Haute-Vienne à Limoges, à L'Écho de la Charente, à l'Indépendant et à La Liberté de Pensée ; 1847 : actif dans la campagne des banquets ; février 1848 : commissaire de la République en Charente ; 1848-1852 : conseiller général de la Charente (Confolens) ; avril 1848 : élu représentant à la Constituante pour la Charente. Il vote avec la gauche et combat l'Élysée ; mai 1849 : candidat non élu à l'Assemblée législative ; 1849-1852 : journaliste dans la Charente ; 3 février 1850 : candidat lors d'une élection partielle, non élu ; janvier 1852 : jugé par la commission mixte de la Charente : « un des chefs du parti démocratique ; plutôt théoricien qu'homme d'action », acquitté [A.D. Charente 1 M 156] ; 1852-1870 : devient rédacteur de La Gironde et fonde Les Lettres Charentaises ; mai 1870 : fait une campagne très active contre le plébiscite ; 1870 : élu conseiller d'arrondissement (Confolens) ; 9 juin 1870 : élu Grand-Maître du Grand Orient de France contre Hippolyte Carnot, père de Sadi Carnot (voir notice).

Opinions politiques : « idées avancées » dans sa jeunesse. De plus en plus modéré surtout après 1860. Il soutient Thiers après 1871 et se montre très hostile à la Commune
Amitiés politiques : Théodore Bac (chef de file des républicains limousins), Ernest Picard, Adolphe Thiers.

Position de fortune : de milieu très aisé : « par le jeu des héritages, des dots, des mariages, ils [les Babaud] arrivent à rassembler entre leurs mains une grande fortune en terres et en immeubles. Au début du XIXe siècle, ils sont à la tête d'une des plus grandes fortunes en terres de Confolens ». La famille est parmi les plus grandes acheteuses de biens nationaux dans le département [Pierre Boulanger et al., p. 166-172]. Onze membres de la famille sont électeurs censitaires sous la monarchie de Juillet [Annuaire administratif, judiciaire, comercial, agricole et industriel du département de la Charente, Angoulême, 1846]. Son grand-père paternel paie 1 705 francs de contributions en l'an XIII et acquiert des biens nationaux. Sa fortune est évaluée en l'an XI à 150 000 francs. Lui-même jouit toujours d'une assez grande aisance.

Père : Contrat de mariage (1811) : lui-même apporte 800 francs en biens, une maisn et un jardin ainsi qu'une rente de 650 francs. Son épouse apporte « la promesse d'une succession ». Cens : 564 francs en cens en 1824 et 834 francs en 1846 [A.D. Charente 3 M 24]. Succession (1850) : laisse un mobilier évalué à 8 500 francs et des immeubles produisant des revenus de 500 francs. Son épouse, morte en 1847, laisse un mobilier évalué à 850 francs et des immeubles évalués à 35 000 francs.

Lui-même : Revenus : 20 000 francs en 1871 [A.D. Charente M (1871à et A.N. F3b 1 156 (1)] ; en tant que préfet il reçoit des revenus professionnels. Contrat de mariage (1871) : lui-même apporte une dot évaluée à 50 000 francs et une propriété non évaluée. Son épouse à 352 132 francs à Confolens et à 900 francs en effets mobiliers à l'hôtel de la préfecture de Perpignan où il est mort. Beau-père : Succession (1858) : laisse un actif d'une valeur totale de 38 962 francs. Cens : 402 francs en cens en 1841 [Annuaire administratif de la Charente, Angoulême, 1841 ; 307 Mi2]. Autres détails : il laisse un legs de 3 000 francs à l'hospice de Confolens, de 1 000 francs à l'hospice de Chabanais et de 500 francs au bureau de bienfaisances de Saint-Maurice-ès-Lions. L'actif de la communauté laissé par son frère. Charles Babaud-Laribière, en 1890, s'élève à 93 619 francs.

Opinions religieuses : déiste, anti-clérical, un des collaborateurs de La Liberté de Penser. Néanmoins, il est enterré à Confolens après des obsèques religieuses.

Liens maçonniques : 14 septembre 1838 : apprenti à La Vraie Harmonie à Poitiers ; 30 août 1839 : compagnon et maître à la même loge ; 1840 : membre des Artistes Réunis à Limoges ; 29 novembre 1862 : membre fondateur de la loge La Parfaite Union à Confolens ; 1868-1870 : vénérable de cette loge ; 1868 : membre du Conseil de l'Ordre du Grand Orient ; 1870 : élu Grand-Maître provisoire du Grand Orient de France ; septembre 1871 : président du Conseil de l'Ordre du Grand Orient [B.B. FM2 698]. Son grand-oncle, Jean-Baptiste Babaud de Praisnaud, est un des fondateurs en 1870 de la loge La Parfaite Union à Confolens. Son neveu, Antoine Babaud-Lacroze, est également franc-maçon.

Carrière postérieure : février 1871 : rentre à Confolens et appuie la politique de Thiers. Il condamne la Commune, « la criminelle sédition qui a épouvanté l'univers en couvrant Paris de cendres et de ruines » ; 10 août 1872 : nommé préfet des Pyrénées-Orientales. Il garde ce poste jusqu'à sa mort en avril 1873.

Légion d'honneur : aucune décoration.

Ouvrages publiés par lui :

• Position et besoins de l'arrondissement de Confolens, Confolens, 1837.
• Ludovic, Paris, 1838.
• De l'extinction de la mendicité, projet lu à la loge de la Vraie Harmonie de Poitiers dans sa séance du 10 mai 1839, Poitiers, 1839.
• Rapport sur un livre de M. de Montalembert, Paris, 1839.
• Du droit de l'autorité municipale en matière de sépulture, Limoges, 1840.
• Histoire de l'Assemblée Nationale Constituante, Paris, 1850, 2 vol.
• Utilité d'un chemin de fer direct de Nantes à Limoges, Paris, 1860.
• Mémoire sur l'établissement d'une halle aux grains à Confolens, Paris, 1861.
• Notes d'histoire charentaise, Paris, 1862.
• Études historiques et administratives, Confolens, 1863, 2 vol.
• Lettres charentaises, Angoulême, 1865-1866, 2 vol.
• Mémoire à l'appui de la protestation de M. A. Duclaud, Bordeaux, 1866.
• Questions de chemins de fer, Paris, 1867.
• Lettres charentaises (Journal), Confolens, 1868-1872.
• Une polémique (M. Babaud-Laribière contre Le Charentais), Angoulême, 1869.
• Circulaire du F. Babaud-Laribière, Grand-Maître provisoire du Grand Orient de France sur la suppression de la grande maîtrise, Nîmes, 1871.

Sources :

• A.N. F1b 1 156 (1) (dossier préfectoral), BB6 II 233 (dossier de magistrat de son oncle François de Lagrange-Labeaudie).
• A.D. Charente, 1 M 156 (victimes du coup d'État du 2 décembre 1851). J 1781 (divers documents concernant Babaud-Laribière), Q 4017, Chabanais, déclaration de mutation par décès, 19 août 1863, n° 111 (son beau-père), Q 4233, Confolens, déclaration de mutation par décès, 6 septembre 1847, n° 305 (sa mère). Q 4234, COnfolens, déclaration de mutation par décès, 22 juillet 1850, n° 363 (son père), série Q, déficit pour le bureau de Confolens pour 1873 (pour lui-même), U 3368, jugements sur enquête, tribunal de Confolens, 1873, (exemplaire du testament olographe de Babaud-Laribière du 24 septembre 1872), 2 E 17/337, étude Guilhaud, notaire à Chabanais, contrat de mariage Babaud-Laribière-Duval-Papius, 13 avril 1871, 2 E 18/483, étude Pignier, notaire à Confolens, contrat de mariage Babaud-Laribière-Lagrange-Labeaudie, 23 janvier 1811 (ses parents).
• A.D. Pyrénées-Orientales, 124 Q 410, Perpignan, déclaration de mutation par décès, 24 octobre 1873, n° 283 (lui-même).
• Le Charivari, 19 octobre 1848.
• La Charente, 28-29 avril, 1-2 mars 1873.
• Gustave Léony, Notice biographique sur Babaud Laribière, ancien membre de l'Assemblée constituante, Paris, 1851.
• Claude Gigon, Les Victimes de la terreur du département de la Charente : récits historiques, Angoulême, 1866, tome II, p. 9-48 (sur sa famille).
• E. Chassin, O. de Bordeaux, 9 juin 1873, tenue funèbre en mémoire du très regretté F. Babaud-Laribière, Bordeaux, 1873.
• P. Ducourtieux, « Notice biographique sur Babaud-Laribière », Bulletin de la société du Limousin, 1873, tome XXII, p. 156-160.
• Le Monde maçonnique, vol. 15, 1873-1874, p. 42-45.
• Polybiblion, tome IX, janvier-juin 1873, p. 33.
• H. Beauchet-Filleau et B. H. Paul, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, Poitiers, 1889, tome I, p. 226-229 (sur sa famille).
• Louis Amiable, Grand Orient de France, Assemblée générale de 1894, Discours commémoratif, Paris, 1894, p. 37-40.
• Léonide Babaud-Lacroze, Les Quarante-huitards, Argenton, 1948.
• Martine Giguet, Léonide Babaud-Laribière 1819-1873, Université de Paris I, Mémoire de maîtrise, 1975, A.D. Charente, J 1693.
• Jean Jézéquel, Grands notables du Premier Empire : la Charente, Paris, 1986, p. 41-45
• Pierre Boulanger, Maurice de Poitevin, Joël Giraud, La Révolution Française à Confolens, 1789-1799, Poitiers, 1988.

Remerciements : La famille Maury-Laribière, de Confolens.

(Les préfets de Gambetta, de Vincent Wright)