Le chenil et l'Echo de l'élevage, 30 novembre 1905.

Le mois dernier, un loup et une louve venant probablement de la forêt de la Braconne, sont sortis vers sept heures et demie du matin, par la brume, des bois de Puy-Français, commune d'Anais. Ces carnassiers se sont précipités sur un troupeau de moutons, appartenant à un métayer du pays, Allaire, domicilié à Fontgibaud et ont égorgé deux des plus belles bêtes paissant tranquillement à l'orée du bois taillis. Allaire qui labourait près de là et surveillait ses moutons s'élança avec ses chiens à la poursuite des ravisseurs, mais ceux-ci abandonnant leur proie, s'enfuirent dans le bois d'où ils étaient sortis. Une battue fut aussitôt organisée par les soins de M. L. de Labarre, propriétaire à Puy-Français. L'alarme fut donnée à Anais et dans les hameaux circomvoisins, tels que Ohuret, Norblières, Le Breuil, etc. Vers une heure de l'après-midi, une quarantaine d'hommes armés de fusils, de fourches, d'épieux improvisés s'assemblèrent au château, tinrent conseil, prirent rapidement leurs postes et se mirent en ligne pour battre le bois dans lequel les animaux devaient s'être cantonnés, selon toute probabilité. Bref, tous firent si bien qu'à deux heures, le Loup et la Louve, traqués dans le taillis de la Franière, plus connu dans le pays sous le nom de « Four de Loup », débouchaient en vue de Norblières, se dirigeant vers la forêt de Braconne. Les tireurs les attendaient en ce lieu. Deux coups de feu retentirent en même temps, le Loup blessé mortellement fit un bond et roula sur le sol pour ne plus se relever. Les balles de MM. L. de Labarre et Basset, conseiller municipal d'Anais, l'avaient atteint dans la tête et dans le flanc droit. Quant à la louve, qui ne put être tirée, elle échappa aux poursuite organisées par les traqueurs. Des précautions de surveillances sont prises en vue de garer à ses déprédations, et s'il se peut, à sa destruction.

Source : Le loup en France au vingtième siècle, de Jacques Baillon.