28 janvier 2016

Les registres de Touvre

Les anciens actes de baptêmes, mariages et sépultures, qui remontent à l'année 1688, sont conservés en cahiers. Parmi ceux-ci, je dois signaler les suivants : Mariage de Louis Gandobert, sieur de Chenaux, avec Marie Penot (22 juillet 1693) ; — Baptême auquel figure comme parrain Jean-Joseph Gilbert, écuyer, sieur de Vassigny (9 novembre 1702); — Baptême auquel figure comme parrain Guillaume Deval, seigneur de Touvre (8 mars 1704) ; — Baptême d'Anne de Lesmerie, fille de Jean de Lesmerie, écuyer, sieur du Breuil, et de demoiselle Marie-Suzanne de Saulnière, l'enfant nommée par Jean de Saulnière, sieur de Glory, absent, représenté par Louis Du Plessis, écuyer, sieur de La Merlière, son gendre, et dame Anne de Lageard, dame de Guérin (26 mars 1709) ; — Baptême de Jacques de Lesmerie, fils des mêmes, nommé par messire Jacques de Lesmerie, chevalier, seigneur marquis d'Échoisy, lieutenant du Roi en Angoumois, et par demoiselle Henriette de Saulnière, dame de La Cadoue (9 janvier 1711); — Baptême de Jean de Lesmerie, fils des mêmes (14 juin 1716); — Mariage de Jean de Chamborant, écuyer, sieur de Puygillier, en Angoumois, avec demoiselle Anne de Lesmerie du Breuil, de la paroisse de Touvre (18 septembre 1731); — Baptême d'Agapit Deval, fils de Jean Deval, seigmeur de Touvre, et de dame Jeanne Brumauld, sa femme, l'enfant nommé par le R. P. Deval, prêtre de la Compagnie de Jésus, et madame Brumauld-Pasquet (15 septembre 1733); — Baptême de David Deval, fils des mêmes, l'enfant nommé par David Brumauld, sieur de Villeneuve, et dame Anne Brumauld) qui ont signé (30 juillet 1736); — Baptême de François et Jean Deval, frères jumeaux, fils des mêmes (23 juillet 1738); — Baptême de Louise-Jeanne Deval, fille des mêmes, l'enfant nommée par David Brumauld, sieur de Villeneuve, et dame Louise Deval, comtesse de Montbron, qui ont signé (1er mai 1740); — Baptême de Salomon Deval, fils des mêmes (25 mai 1741) ; — Baptême de Guillaume-David Deval, fils des mêmes (22 octobre 1742) ; — Mariage de Pierre Gauthier, sieur du Mas, avec demoiselle Françoise Deval (27 septembre 1745) ; — Inhumation de maître Antoine Besson, prêtre, curé de Touvre, décédé la veille, à l'âge de trente-deux ans (22 avril 1755); — Baptême de Pierre Deval, fils de Salomon Deval, sieur de Touvre, et de dame Françoise Lambert (10 novembre 1762) ; — Baptême de Pierre de Lesmerie, fils de monsieur de Lesmerie, écuyer, sieur du Breuil, et de dame Anne de Bussac (6 décembre 1767) ; — Mariage de Jean-Antoine Vallier avec Louise-Jeanne Deval, fille de feu Jean Deval, vivant seigneur de Touvre, et de Jeanne-Catherine Brumauld (22 août 1769).

Source : Rapports du préfet et procès-verbaux des séances du Conseil général de la Charente.

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18 janvier 2016

Notice sur le marquis de Verteillac (1763-1854)

François-Gabriel-Thibault de La Brousse, marquis de Verteillac, baron de La Tour-Blanche
Paris (Saint-Sulpice), 17 janvier 1763 - Vouneuil-sur-Vienne, 26 octobre 1854.

Possessionné en Poitou mais Parisien d'origine et de résidence, le marquis de Verteillac est en grande partie absent du Poitou sous l'Empire. Aussi, il apparaît tardivement parmi les notables de la Vienne : seule attestation mais conséquente, son nom figure en quatrième position sur la liste de 1813 des trente principaux contribuables du département. Sa famille, issue du Périgord, a été anoblie par lettres patentes d'octobre 1644 pour services rendus à la monarchie. À partir de cette date, ses ancêtres avaient acquis une position considérable dans l'appareil de l'État : son arrière-grand-père Pierre de La Brousse avait été intendant de La Rochelle, son grand-père Thibault de La Brousse gouverneur et grand sénéchal du Périgord, de même que son père César-Pierre de La Brousse (Périgueux, 1729-Dourdan, 1807). La famille royale avait signé son contrat de mariage le 20 mars 1759 avec Marie-Louise-Alexandrine de Saint-Quentin de Blet; il devenait ainsi le beau-frère du marquis de Simiane. François-Gabriel-Thibault s'oriente comme ses aïeux vers une carrière militaire : il entre en 1777 dans la compagnie des gendarmes de Monsieur, où son père était alors capitaine ; il est reçu au rang de capitaine au régiment de maître de camp général cavalerie le 12 juillet 1781, puis passe au régiment de Ségur-dragons ; enfin, le 1er juin 1789, il passe dans les chasseurs à cheval de Bretagne. Il mène alors une existence sans doute dissolue, puisque par sentence du lieutenant civil du Châtelet de Paris du 29 décembre 1786 son père l'a mis en interdit. Lorsque la Révolution éclate, il n'émigre pas mais fait partie des défenseurs de Louis XVI aux journées du 20 juin et du 10 août, aux côtés du marquis de La Roche du Maine, son futur beau-père, qui périt guillotiné en 1794. La période est cependant pour lui l'occasion de s'affranchir ; il obtient la levée de son interdit le 18 février 1792, alors que son père a émigré ainsi que son unique sœur, Françoise-Louise-Angélique, épouse d'Auguste-Joseph de Broglie de Revel, prince du Saint-Empire, « mestre de camp en second du régiment de la couronne infanterie ». Il se cache sous la Terreur et attend la Convention thermidorienne pour épouser l'héroïque orpheline de Charles-Gabriel-René d'Appelvoisin de La Roche du Maine, maréchal des camps et armées du roi, chevalier de Saint-Louis, et d'Adélaïde-Louise-Félicité Chaspon de Verneuil. Ce mariage, célébré à Paris le 19 germinal an III (8 avril 1795), est à l'origine de son enracinement poitevin : Charlotte-Jeanne partage le 24 floréal an VII (13 mai 1799) chez Me Gibé à Paris, avec sa sœur Aglaë-Louise, les biens échus de leurs parents, grands-parents, tante et sœurs. La jeune marquise de Verteillac obtient le château du Fou à Vouneuil-sur-Vienne et la terre de Plessis-Bosnay (Deux-Sèvres) avec vingt-deux métairies. Cette puissance foncière dont elle reste maîtresse s'ajoute à un autre héritage, immatériel celui-là: le pouvoir d'influence prêté aux siens. Son père, le marquis de La Roche du Maine (Poitiers, 1743-Paris, 1794), avait déchaîné les passions ; un des chefs de la noblesse du Poitou, partisan de l'abolition des privilèges, ses idées avancées et ses allures de grand seigneur avaient indisposé beaucoup de petits gentilshommes. Il n'avait pas réussi à être élu aux états généraux et avait dû se contenter d'être député suppléant. Dans l'opinion publique, il apparaissait comme lié à la Cour et tout-puissant : son beau-père, Eusèbe-Félix Chaspon de Verneuil, grand échanson de France, avait su y nouer de solides contacts. En juillet 1789, une rumeur prétendait que soixante gentilshommes se réunissaient dans son château du Fou pour préparer une réaction nobiliaire. La milice de Châtellerault lui confisqua, par mesure de prudence, d'antiques canons qui devaient orner son château. Cette suspicion populaire ne calma pourtant pas les ressentiments aristocratiques contre lui; il renforça les haines implacables des petits nobles en devenant le plus gros acquéreur de biens nationaux du département : 291 580 livres d'achats constitués par les biens du couvent de Lencloitre, la terre de Montgamé, les prieurés de Savigny et de Chitré. Sa participation à une coalition secrète, contre-révolutionnaire dès 1791, ne leva pas les préventions des privilégiés contre lui, mais expliqua en grande partie son exécution sous la Terreur. Verteillac et sa jeune épouse sont donc tous les deux coupés de leur milieu au moment de leur mariage. Le jeune couple profite dans un premier temps des relations nouées par la famille maternelle de Charlotte-Jeanne. Sa tante Marie-Pauline Chaspon de Verneuil, épouse de Louis-Victor-Hippolyte Luce de Montmorin, maire et gouverneur de la ville de Fontainebleau, lui apporte un atout décisif : ses liens d'amitié formés dès l'Ancien Régime avec la future impératrice Joséphine. Cette dernière assure à madame de Montmorin sa protection financière durant tout l'Empire : elle lui alloue la plus grosse des pensions de sa clientèle. L'influence de cette tante est probablement décisive pour l'engagement tardif mais réel de Verteillac sous l'Empire. Nommé membre du conseil d'arrondissement de Rambouillet (Yvelines) le 14 juillet 1812, il profite de la politique de ralliement de l'ancienne noblesse menée par l'Empereur qui le fait chambellan par décret du 29 mars 1813 puis comte d'Empire par décret, non suivi de lettres patentes. En janvier 1814, il est nommé chef de la légion de la Garde nationale du département de Seine-et-Oise. Le dernier jour de l'Empire, le 5 avril 1814, il obtient la Légion d'honneur et, présent à Fontainebleau, témoigne avec panache de son « dévouement sans bornes » à l'Empereur. Une correspondance privée, celle d'Alexandre Dauvillier, payeur de la Vienne, illustre sa réputation de bonapartiste en se faisant l'écho de rumeurs ; il écrit le 10 avril, au sujet de l'impératrice : « [...] elle est au château du Fou chez M. de Marsillac [sic], gendre de M. de La Roche du Maine, qui était son premier écuyer ». Cet engagement patent ne l'empêche pas de revenir en grâce lors de la première Restauration. Présenté en 1814 au comte d'Artois, lieutenant général du royaume, celui-ci lui déclare avec ambiguïté : « J'aimais beaucoup votre père. » Il est nommé officier de la Légion d'honneur le 17 août 1814, nette confirmation de la décision impériale si récente. Pour obtenir la croix de chevalier de l'ordre de Saint-Louis, il est recommandé en octobre 1814 par le major général comte Dessolle, l'inspecteur général de la Garde nationale à cheval, le comte de Castries, le maréchal de camp comte de Talleyrand. Il rappelle alors l'émigration de son beau-frère et les campagnes menées par ses trois neveux dans l'armée russe, morts l'un à Austerlitz, un autre à Leipzig. Le seul survivant, Alphonse-Gabriel-Octave de Broglie, prince de Revel, rentré en France en 1816, deviendra en 1826 commandant de l'école de Saint-Cyr et renouera des liens étroits avec Verteillac. Ce brillant rétablissement est rompu par les Cent-Jours. Contre toute prudence, il est élu député par l'arrondissement de Rambouillet le 12 mai 1815, avec 34 voix sur 45 votants et 86 inscrits. Son fils aîné César-Augustin, âgé de 17 ans, dans le même temps sert dans les pages de la Maison impériale. Aussi la seconde Restauration lui est-elle moins favorable. Il lui faut attendre janvier 1817 pour devenir chevalier de Saint-Louis et obtenir le grade honorifique de chef d'escadron sans appointement ni pension. Il faut dire que dans un opuscule, publié en 1818, Observations sur la note secrète, il dénonce les ultras, et récidive les deux années suivantes dans de courtes publications. Aussi la carrière militaire de ses fils est freinée, malgré ses sollicitations inlassables et vaines dans sa correspondance au ministère de la Guerre, rappelant les bravoures de ses aïeux et les martyrs familiaux de la Révolution et de l'Empire. César-Augustin de Verteillac, bien que polytechnicien et ayant fait la campagne d'Espagne en 1823, reste lieutenant jusqu'en 1830 ; il est promu capitaine au lendemain de la révolution de Juillet. Durant cette période, les séjours de Verteillac dans son château du Fou se prolongent, au point de devenir presque définitifs après 1828, lorsqu'il eut marié sa dernière fille. Seule consolation due à son rang, le sous-préfet appuie fortement et avec succès sa candidature comme maire cette même année. Là encore, il fait figure d'opposant et est révoqué par décision du ministre de l'Intérieur le 1er juillet 1830. L'arrêté est abrogé dès le 17 août et il est rétabli dans ses fonctions par le nouveau régime. Consécration tardive, il est élu en 1833 membre du conseil général de la Vienne dont il devient ainsi le doyen. Il exerce ses fonctions jusqu'en 1848. Ses soucis ne sont plus désormais que d'ordre personnel : la mésalliance de son dernier fils Victor-Gabriel avec une roturière, veuve et plus âgée. Mais surtout son impécuniosité chronique, sans doute explicable par son train de vie. Il emprunte 130000 francs à la famille Barentin de Montchal par acte du 10 juin 1833, ce qui l'oblige à hypothéquer la terre du Fou, avec toutes ses annexes situées sur les communes de Vouneuil-sur-Vienne, Moussay, Cenon, Naintré, Saint-Cyr, Dissais. Cette terre était déjà grevée d'hypothèques remontant aux années 1808, 1811, 1822, 1832 ; l'emprunt de 1833 a pour but essentiel d'éteindre les dettes précédentes, d'autant plus qu'à la même période le marquis de Verteillac et son épouse vendent leurs biens patrimoniaux. Pour elle, la terre d'Appelvoisin dans le département des Deux-Sèvres, et pour lui, le restant de la forêt de Saint-Jame en Périgord. Enfin en novembre 1833 le couple vend aux enchères une partie du domaine du Fou, commune de Saint-Cyr. En partie ruiné, Verteillac concentre ses activités sur la gestion de son domaine poitevin. Ultime geste politique du vieillard, le 15 octobre 1852, revêtu de son habit de cour, il accueille le prince-président en gare de Châtellerault et l'exhorte à rétablir le trône de son oncle. Au total, un parcours politique semblable à celui de son beau-frère Achille-Louis-Eustache-François, baron de Borne de Saint-Sernin (1761-1820), grand notable du département de l'Indre-et-Loire : même milieu militaire à l'origine, même ralliement à l'Empire caractérisé par les mêmes honneurs à la Cour, même train de vie entre Paris (Verteillac demeurait 5, rue des Saints-Pères) et la province, mêmes fluctuations en 1814 et 1815, soldées par la même amertume. Ressort commun à leurs destins, ils tiraient leur fortune des deux sœurs La Roche du Maine, épousées à quelques jours d'intervalle. Le contrat de mariage de Verteillac, signé le 18 germinal an III, 7 avril 1795, marque cependant des limites : « [...] la future épouse se marie dans tous les biens et droits qui lui appartiennent. » C'étaient les successions attendues de sa mère pour une moitié - celle de son père étant alors sous séquestre -, le quart de celle de son grand-père, le sixième de celle de sa tante ; le contrat établit la liste de ses meubles parmi lesquels la bibliothèque, de toute évidence paternelle, caractérisée par l'abondance des livres historiques et des livres de géographie. Car la famille de La Roche du Maine sans doute méfiante sur la réputation du futur marié, avait imposé la séparation des biens. Aussi, dans son château du Fou, le marquis de Verteillac n'est qu'un usufruitier ; assez symboliquement il disparaît peu de temps après le décès de son épouse, survenu à Paris le 21 janvier 1854. Les trois enfants survivants s'empressent de vendre le château l'année suivante, rompant ainsi les liens avec leurs ascendances poitevines. La déclaration fiscale faite en 1855 estime les mobiliers à 22000 francs (après inventaire fait en mars 1854 par Me Champigny, notaire à Châtellerault, non déposé) et le capital du château et du domaine encore conservé à 329 740 francs. Le marquis de Verteillac laissa de son mariage quatre enfants dont trois conclurent de prestigieuses alliances : Césarine-Fortunée-Marie-Charlotte (Paris VIIIe, 17 avril 1796-5 août 1885), mariée à Paris Xe le 8 juillet 1822 à Amédée-Jean-Antoine de Gars, vicomte de Courcelles. Leur fille Marie-Élisabeth-Antoinette épousa à Paris en 1853 Marie-Anne-Antoine Ysoré d'Hervault, marquis de Pleumartin, noble du Poitou. Angélique-Herminie (Paris, Ier, 17 juin 1797-VIIe, 31 janvier 1881), épousa en premières noces le 10 avril 1828 à Paris Marie-François-Félix Chevalier de Bourbon-Conti, maréchal des camps et armées du roi, fils reconnu de Louis de Bourbon, prince de Conti, et en secondes noces à Paris Xe le 18 août 1841 Louis-François Sosthènes de La Rochefoucauld, duc de Doudeauville ; sans postérité de ces deux mariages, Herminie de Verteillac fut poétesse et journaliste. César-Augustin (Paris Ier, 14 décembre 1798-VIP, 10 octobre 1887), capitaine d'artillerie puis rentier, marié en premières noces à Versailles le 10 juin 1844 à Caroline-Ferdinande-Adélaïde-Louise de Montalembert d'Essé, et en secondes noces par contrat de mariage du 3 juillet 1850 chez Me Charon à Anderluen (Belgique) avec Marie-Henriette de Leuze. Sa fille unique du second lit épousa en 1872 le duc de Rohan-Chabot. Victor-Gabriel comte de Verteillac (Paris Ier, 1er juillet 1800-Naples (Italie), 18 février 1850), marié à Toul en 1828 (contre la volonté de son père) avec Marie-Josèphe Vincent, veuve de François Balland, quitta la carrière militaire à l'occasion de ce mariage. Sous la monarchie de Juillet, il fut sous-préfet de Rochechouart, La Tour-du-Pin et Saint-Omer, et enfin préfet de la Haute-Saône de 1847 à 1848. Sans postérité.

Source : Louis Bergès, Guy Chaussinand-Nogaret.

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Vente de la châtellenie de Varaignes

Des 26 avril et 16 mai 1720, devant Me Le Maignen l'aîné et son confrère, notaires au Chàtelet de Paris, et sur les poursuites des créanciers de la maison de Lavauguyon, vente, à messire Vincent Le Blanc, écuyer, conseiller du roi en ses Conseils, grand audiencier de France, pour la somme de onze cent vingt-cinq mille livres, des terres et seigneuries de La Vauguyon et de Varaignes.

Du 1er octobre 1723, pardevant les mêmes notaires, vente par ledit Vincent Le Blanc, à messire Pierre-Jacques de Laye, conseiller du roi en ses Conseils, président en sa Cour des comptes, aides et finances de Normandie, secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, etc., c'est, à savoir :

« Les terres et seigneuries de La Vauguyon size en Poitou, ressort de Montmorillon, et de Varaignes, size en Périgord, Angoumois et en Limouzin, avec toutes les appartenances et dépendances des dites terres et seigneuries, tant en fief que roture, consistantes entre autres choses, savoir : Celle de La Vauguyon, en un château audit lieu, composé de quatre corps de logis flanquez de quatre grosses tours par le dehors et trois petites par le dedans, d'un donjon, galleries basses et hautes, cour au milieu, le tout entouré de fossez à fond de cuve; avant-cour, où sont les écuries, greniers au-dessus et autres édifices et bâtiments; chapelle dans ledit château, jardin et préclôtures, bois taillis et de futaye, métayries, prez, moulins, étangs, droits de péage, dixmes inféodées, cens, rentes et redevances; justice haute, moyenne et basse, mère, mixte et impaire, dans l'étendue de ladite terre et paroisse d'icelle et de celle de Rousliers (Roussines) et de St-Mathieu; vassaux, droits de ban, corvées, guet et garde, et autres droits seigneuriaux et féodaux. Et la dite terre de Varaignes consistant, entre autres choses, en un château et maison noble, situé en ladite paroisse de Varaignes, composé de deux corps d'hôtel, une grosse tour, un pavillon et une gallerie, granges, greniers, écuries, jardins, parc et préclôtures, terres labourables et non labourables, prez, bois taillis, moulins, dixmes inféodées, droits de guet et corvées, foires et marchez, banvin, péage, vignes et autres domaines, droits de justice haute moyenne et basse, dans l'étendue de ladite terre et seigneurie, et dans les paroisses de Buxière-Badil, Buxerolles, Le Moustier, Soudat et Roussine. Desquelles dites terres et seigneuries les directeurs des créanciers étaient saisis et avoient droit de disposer, au moyen de l'abandonnement et délaissement qui leur en a été fait, par dame Marie Stuard de Cossade, comtesse de La Vauguyon, lors épouse de messire André de Béthoulat, chevalier des ordres du Roy, conseiller d'Etat ordinaire, et, auparavant, veuve de messire Barthélémy de Quélin, comte de Broutay, par contrat passé devant ledit notaire, le 23 avril 1689, homologué par arrêt de la Cour du 28 juin audit an... Les dites terres et seigneuries mouvantes et relevantes en plein fief, foy et hommage de Sa Majesté, savoir : celle de La Vauguyon, à cause de son comté de Poitou, et celle de Varaignes, à cause de son comté de Périgord, ou autrement, et des autres seigneurs et dames dont elles peuvent mouvoir et relever et chargées envers eux de tels droits et devoirs seigneuriaux et féodaux qui peuvent être dus et accoutumez, franches et quittes de ce qui peut en être dû du passé jusqu'à ce jour. Et encore les dittes terres et seigneuries tenues et chargées des rentes et redevances foncières et anciennes dont elles peuvent être tenues et chargées, et notamment de la rente et redevance foncière de quarante septiers de bled froment, mesure de Buxière-Badil, douze livres tournois en argent et douze gelines par chacun an à prendre sur la terre de la Maisonnaye, comprise en la présente vente, suivant le testament de Jean-Hélie de Coulonge, du 14 septembre mil cinq cent trente, pour la fondation de quatre chapelles ou chapellenies eu l'église dudit Buxière, suivant les arrêts et transactions des iil mars mil six cent soixante-six et 20 décembre mil six cent soixante-neuf, pour raison de quoy il y a eu un abonnement verbalement fait entre lesdits sieurs directeurs et créanciers et le chapelain des dittes chapellenies, de la somme de deux cent-cinquante livres en deniers comptant, pour chacun an. Plus, de trois sepliers de bled froment et trois septiers de seigle de rente foncière ou de telle autre nature qu'elle se trovera due, à prendre sur le moulin du Trieu dit des Planches, dépendant de ladite terre de La Vauguyon, suivant le contrat du 2 septembre mil cinq cent-onze, et neuf sepliers de seigle, mesure de Saint-Sault, pour chacun an, assignez à perpétuité, sans fondalité, pour le château de Varaignes, au profit de l'abbaye de La Pérouse.... Toute ladite vente est faite moyennant le prix et somme de quatre cent mille livres, en déduction de laquelle ledit sieur Le Blanc reconnaît avoir présentement reçu dudit sieur de Laye..., celle de deux cent mille livres... Et, quant aux deux cent mille livres de surplus, ledit sieur Délaye promet et s'oblige les bailler et payer..., savoir : cent mille livres dans un an et les autres cent mille livres un an après... »

Six ans après ladite vente, et le 13 octobre 1729, à défaut, de paiement de la susdite somme de deux cent mille livres et à la requête de Me Philippe Pigné, écuyer, conseiller, secrétaire du roi, maison et couronne de France et de ses finances, contrôleur de bons d'Etat du Conseil, poursuivant la discussion des biens dudit feu Vincent Le Blanc, il fut procédé, au préjudice dudit Délaye et par le ministère de Jean-Louis Duflôt, huissier audiencier de la connétablie et maréchaussée de France, table de marbre du Palais, à Paris, y demeurant, à la saisie réelle à fin de décret et à la mise sous la main du roi des biens et seigneurie nobles de Varaignes, c'est-à-dire, d'après ce procès-verbal :

« Le fond, tréfond, superficie du château noble et principal manoir, seigneurie et chàtellenie de Varaignes, consistant dans ledit château, avec un jardin, grange, écurie et grenier audessus, fourg banal, le tout dans ledit bourg de Varaignes; plus, un grand pré et une grande pièce de terre, joignant ensemble, d'environ vingt journaux de vignes, situés sur la rivière de Fonteunon audessous dudit bourg de Varaignes appelé le Parc. Plus, cinq journaux, appelés Les Loubres, situés dans lad. paroisse de Varaignes; plus, un autre grand, appelé le Pré grand, susdite paroisse, sur la rivière de la Boudra (Bandiat), de vingt journaux ou environ; plus, trois autres prés, dans la paroisse de Busserolles, le premier, appelé de La Grange, à cause d'une grange qui est au milieu et une petite maison joignante; le deuxième pré, de Provignac, et le troisième appelé pré de La Borne; plus trois moulins banneaux, leurs écluses et leurs dépendances, deux desquels sont situés dans la paroisse de Varaignes, l'un appelé le moulin du Crochet, l'autre appelé de Papau, situé sur la rivière de Bandiac, et le troisième, appelé le moulin de Lamy, sur la rivière de Tardoire, dans la paroisse de Montbron, enclave de Varaignes. Plus, deux autres moulins particuliers, paroisse de Buxière, l'un appelé le moulin des Planches ou de Trieux, sur la rivière du Trieux; l'autre, le moulin de Buxière. Plus, cinq étangs et une serve, situés dans la paroisse de Busserolles, le premier, appelé l'étang Groullier; le deuxième, le Cancerreau; le troisième, Chevadeau; le quatrième, de Buisson; le cinquième, du Mesnaud, et la serve, de Las Bensaras. Plus deux méleries situées, l'une, près le bourg de Varaignes, appelée des Loges, et l'autre, dans la paroisse de Montbron, appelée de Chez-Clergeau. Plus, le péage ou passage du grand chemin de la Tricherie, et le péage ou passage du grand chemin, dans les bourgs de Varaignes, Buxières et Buxerolles, les jours de foires et de marchés. Plus, les droits honorifiques dans les églises et paroisses de Varaignes, de Meulières (Eymoutiers-Ferrier), de Soudac, de Buxières et Buxerolles; ensemble les autres cens seigneurialles, redevances directes, féodalles, foncières, dépendantes de la dite terre et châtellenie de Varaignes, de Mautrois (Eymoutiers), de Soudac, de Buxerolles, de Bussières, dans l'enclos de Saint-Maurice de Montbron, en Périgoid, et dans parlic des paroisses de Faussignac (Souffrégniac), Pluviers, Acoussières (La Coussière-Saint-Saud), de La Chapelle-Saint-Robert, et..., tenue du prix dans les paroisses de Javerliac. Plus, la justice haute, moyenne et basse dans l'étendue des susdites terres et paroisses, à l'exception du bourg et paroisse de Buxières, à l'égard de la justice moyenne et basse, ne sont point dépendantes de la châtellenie de Varaignes, mais seulement la haute justice; comme aussy les hommages dépendant de lad. châtellenie, scavoir : des fiefs et terre de La Chapelle-Saint-Robert, des fief, terres de Clousière (La Coussière), de ceux d'Ecuras, Aousside (Rouzèdes), de Langlardy, La Barrière, Rocheplatte, Lascau-Bauthison, Le Cousset; du Poullot, possédé par le sieur de Larivière; du Chambon, de Brie, de La Vacherie, du fief de Maulhison et du fief de Billac. Plus, les bois appelés La Bosche, de Varaignes, et la garenne dépendante de la dite terre et châtellenie de Varaignes et généralement tout ce qui en dépend; trois cents journaux ou environ de vignes, qui sont en roture, confrontant au grand chemin de Montbron. Et générallement toutes les circonstances et dépendances de ladite seigneurie de Varaignes et es environ dudit bourg de Varaignes. Lesdits château, terre et seigneurie confrontant du côté de l'occident, à la lerre et seigneurie de Lafeuillage (Feuillade) et Soussignac (Souffreignac); du côté du septentrion, à la terre et seigneurie de Montbron; du côté du nord, à la terre et seigneurie de La Chapelle-Saint-Robert, et du côté du midi, à la terre et seigneurie de Minsac... »

Telle était la situation, au XVIIIe siècle, de la châtellenie de Varaignes successivement démembrée, une première fois, en 1628, par donation à l'une des filles du seigneur, à l'occasion de son mariage, d'après divers mémoires conservés aux Archives de la Charente à l'appui des prétentions de Mgr l'évêque d'AngouIême revendiquant l'hommage de celte seigneurie, bien que cet hommage eût été déjà rendu au roi de France par M. de Lavauguyon et, ensuite, par M. Le Blanc.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Perigord, 1892)

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15 janvier 2016

Déclaration de la veuve Durantière

Nous publions ici la déclaration de succession de la veuve de Jean Agard-Durantière, maître de forge, commune de Feuillade, département de la Charente. Le défunt est décédé sans laisser de testament, à 36 ans. En 1823, Louis XVIII, frère cadet de Louis XVI, est roi de France.

• Famille en arrière-plan.

Jean Agard est né en 1786, au sein d'une dynastie de maîtres de forges, originaire de la commune de Savignac-de-Nontron, département de la Dordogne, fils de Pierre Agard et Pétronille Martinot.

Pierre Agard est propriétaire de plusieurs usines et en exploite d'autres, avec sa famille. Il est notamment le fondateur de la forge de Lavenaud, ou Laveneau, dans la vallée du Bandiat. Cet établissement occupe 120 personnes en 1811, dans un village de moins de 400 habitants y compris les femmes et les enfants. Doté d'un haut fourneau, sa spécialité est la fabrication d'ustensiles de cuisine : poêles, casserolles, marmites, grils... etc.

Le grand-père, fils de forgeron, exploite la forge de chez Baillot avant son décès survenu en 1776.

Agard-Durantière se marie en 1813 dans l'église Saint-Cybard d'Ayras, aujourd'hui commune de Blanzaguet, département de la Charente.

Son fils unique et héritier, Ernest, est né en Dordogne, deux ans plus tard. Celui-ci a supervisé pour sa mère la construction du château de Montchoix avant de devenir plus tard maire de la commune de Rougnac.

Au moment de sa disparition, Agard-Durantière est directeur-propriétaire de la fonderie de Lamothe en Charente, ancienne forge à canons.

• Généalogie simplifiée des Agard.

I. Pierre Agard, maître-forgeron, marié avec Marie Faure, d'où Pierre Agard, qui suit.

II. Pierre Agard, maître de forge chez Baillot, marié avec Suzanne Dubreuil, d'où : 1° Pierre Agard-Brousson, qui suit ; 2° Autre Pierre Agard, négociant, marié avec Jeanne Millet.

III. Pierre Agard-Brousson, maître de forge chez Lavenaud, maire de Savignac-de-Nontron, marié avec Pétronille Martinot, d'où : 1° Jean Agard-Durantière, qui suit ; 2° Jean Agard-Aumont, garde d'honneur de la Dordogne, marié avec Françoise Aucouturier ; 3° Jeanne Agard, mariée avec Louis Agard-Mazières, maître de forge ; 4° Zoé Agard, mariée avec Charles Filhoud-Lavergne, médecin.

IV. Jean Agard-Durantière, maître de forge à Lamothe, marié avec Clarisse Jacques-Lanauve, d'où Ernest Agard-Durantière, propriétaire, maire de Rougnac, marié avec Marie Bourrut-Lacouture.

• Déclaration retranscrite et éditée.

Du premier juillet 1823.

Est comparu Dame Marguerite-Clarisse Jacques-Lanauve, veuve de Monsieur Jean Agard-Durantière, demeurante au village de Lamothe commune de Feuillade, agissant en qualité de tutrice de Marie & Guillaume Agard, ses enfants mineurs.

Laquelle a déclaré que les dits mineurs sont héritiers ab intestat dudit feu Agard-Durantière, leur père, décédé audit lieu de Lamothe le trente janvier dernier & qu'il leur est échu par le dit décès les biens dont la désignation suit, savoir :

Mobilier

Suivant inventaire dressé par Maître Lajartre, notaire à Marthon, les vingt-deux, vingt-quatre & vingt-cinq février dernier, enregistré le trois mars, le mobilier de la communauté conjugale établie par le contrat de mariage passé devant Debect, notaire à Villars canton de Lavalette le sept novembre 1813 enregistré le dix-huit, s'élève à la somme de .... 87,297.63 F

Plus, suivant acte reçu même notaire le trente juin dernier portant addition audit inventaire, à la somme de .... 3295 F

Total .... 90,592.63 F

Sur quoi il y a lieu de prélever :

1° au profit de la comparante la somme de dix-neuf mille francs pour partie de la dot non entrée en communautée, ci .... 19,000 F

2° Au profit du défunt celle de trente-neuf mille francs pour ses apports & dot non entrés en communauté .... 39,000 F

Total .... 58,000 F

Reste net partageable .... 32,592.63 F

Dont moitié pour la succession est de .... 16,296.32 F

À ajouter le prélèvement ci-dessus .... 39,000 F

Total .... 55,296.32 F

Reçu cent-trente-huit francs vingt-cinq centimes, ci .... 138.25 F

Immeubles

Acquêts

1° Un petit corps de domaine situé à Lacroix commune de Feuillade consistant en bâtiments, jardin, terres, vignes & bois châtaigniers, acquis de Pierre Rougier dit Léraillé & de Jeanne Nadal, sa femme, dudit lieu de Lacroix par acte du douze décembre 1817 devant Bourrinet, ledit domaine non affermé, évalué à un revenu annuel de cent-quarante-neuf francs quatre-vingt-dix centimes au capital de .... 2838 F

2° Quatorze ares de terre à Lamothe acquis de Philippe Bertrand par acte du huit mars 1818 devant Bourrinet, évalués à trois francs soixante centimes de revenu au capital de .... 24,000 F

3° La fonderie de Lamothe avec les ustensiles, les bâtiments & la maison neuve en dépendant, terre, lavoirs, jardin & terre se joignant, droit d'eau & d'écluse & un hectare un tiers de pré; le tout acquis de M. Guyot par acte du 16 juin 1818 devant Debect notaire à Villars, et évalué avec les forges à raison des constructions & augmentations faites depuis l'acquisition sus datée à douze-cent francs de revenu au capital de .... 24,000 F

4° Huit articles d'immeubles situés à Feuillade acquis de Léonard Janot par acte du 14 janvier 1823 devant Bourrinet, évalués à vingt-cinq francs de revenu au capital de .... 500 F

5° Trois lots d'immeubles situés à Lamothe commune de Feuillade consistant en bâtiments, jardins, maisons, terres, vignes, bois, prés & chaume; le tout acquis de Dame Julie Fargeas Lamothe, épouse Marchadier par adjudication du dix-huit juillet 1818 devant Lajartre, non affermé, évalué à trois-cent-quatre-vingt-quinze francs vingt-cinq centimes de revenu au capital de .... 7,905 F

Total .... 35,315 F

Dont moitié pour la succession est de .... 17,657.50 F

Propres

Elles consistent en immeubles jusqu'à concurrence de vingt mille francs constitués en dot au défunt par Monsieur Pierre Agard, maître de forge, à prendre dans les domaines qui lui appartiennent au lieu des Châtres commune de Savignac.

Reçu cent-soixante-seize francs soixante centimes, ci .... 176.60 F

Affirmant la présente déclaration sincère & véritable.

Veuve Durantière.

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14 janvier 2016

Pasquet de Saint-Projet, garde du corps de Louis XVI

Pasquet de Saint-Projet (Henry).

Famille d'Angoumois anoblie par l'échevinat d'Angoulême en 1623 et à nouveau en 1702.

Né le 25 octobre 1746 à La Rochefoucauld (Charente). Fils de Pierre, sr du Bousquet et de La Garde, capitaine des grenadiers royaux, et de Suzanne Maret. Frère des officiers qui suivent, de Clair-Mathieu, né le 18 juillet 1767, lieutenant au régiment de Lyonnais, émigré, garde du corps dans la compagnie de Gramont à la Restauration ; de François, né le 22 août 1745, capitaine dans le même régiment. Marié, à Rivières, le 15 mai 1772, avec Marie-Valérie Marantin (fille de Jean-Baptiste, sgr de Saint-Denis, subdélégué de l'intendant de Limoges, et de Catherine-Thérèse Huimon Bailleul, née le 23 août 1753 à Rivières, guillotinée le 2 juin 1794 pour avoir correspondu avec son mari. Trois enfants dont Jean-Baptiste, né le 4 avril 1773 à la Rochefoucauld, sous-lieutenant dans le régiment de Lyonnais, émigra, garde du corps à la Restauration. Reçu garde du corps dans la compagnie de Villeroy le 10 juin 1764, il obtint le rang de capitaine le 10 juin 1776, fut nommé porte-étendard brigadier le 18 avril 1788. Il émigra en août 1791 et fit la campagne de 1792 à l'armée des Princes. Il servit comme sous-officier au régiment de Broglie en octobre 1794, entré à l'armée de Condé le 26 novembre 1795, fut ensuite incorporé dans le 2e régiment de cavalerie noble et servit jusqu'au licenciement du 14 mars 1801. Amnistié le 8 mars 1803. Rentré dans la compagnie de Raguse comme maréchal des logis le 19 juin 1814, fut nommé sous-lieutenant porte-étendard le 1er juillet suivant et obtint une retraite de major le 1er novembre 1815. Mort en 1839 à Poitiers.

Source : Les gardes du corps de Louis XVI, de Gilbert Bodinier.

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13 janvier 2016

Le Noble, sieur des Isles

Le Noble, sieur des Isles.

Martial Le Noble, écuyer, sieur des Isles, gendarme de la compagnie du roi, obtient des lettres de vétéran en 1631. Il fut successivement parrain à Nontron de deux enfants de Geoffroy Le Noble et Marguerite de Labrousse : Martial Le Noble, d'après un acte du 7 novembre 1641, puis autre Martial Le Noble, d'après un acte du 21 octobre 1647.

Il peut être père de Jean Le Noble, sieur des Isles, sous-brigadier des chevau-légers de la garde ordinaire du roi, se disant écuyer, qui fut enterré chez les Cordeliers de Nontron en 1682, et qui avait épousé 10 février 1672 Marie de Lapeyre, dont 1° Jean, né à Nontron le 11 octobre 1678; 2° François, né le 9 octobre 1680. Ces derniers figurent au rôle de la noblesse de la sénéchaussée de Périgueux.

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Sources : Armorial de la noblesse du Périgord, base Périgen, collection Pierre Arrivetz.

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Faire-part de décès du marquis de Malet

Henri-Auguste-Olivier de Malet, dit le marquis de Malet, est né le 25 mai 1809 à Paris et décédé le 28 juillet 1882 à Angoulême (Charente).

- Fils de Charles-François de Malet (1761-1840), dit le baron de Malet, et sa femme Anne-Françoise-Laure Vatebois du Mets de Ferrières.

- Colonel d'artillerie, vice-président de l'Union des Syndicats agricoles du Périgord et du Limousin, grand propriétaire terrien.

- Deux mariages, avec Simone-Marie-Guilhemine Hurault de Vibraye, le 16 mai 1838 à Bazoches (Nièvre), sans postérité, puis avec Louise-Marie-Elisabeth de Blocquel de Croix de Wismes, le 17 juin 1847 à Chaville (Hauts-de-Seine), dont un fils unique : Guillaume-François-Victor-Jean de Malet (1848-1922), dit le marquis de Malet, élève de l'École polytechnique, colonel au 21e régiment d'artillerie à Angoulême, directeur de l'école d'artillerie de Brest.

- Conseiller général pour le canton de Bussière-Badil de 1856 jusqu'à son décès, il est notamment responsable de la construction de l'important château de Puycharnaud à Saint-Estèphe (Dordogne) dans la seconde moitié du XIXe siècle. Sa seconde femme est une héritière de Claude-Louis-Gabriel de La Ramière (1728-1789), son grand-père maternel, dernier seigneur de Puycharnaud, marquis de Saint-Estèphe et baron de Nontron.

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Le château féodal de Nontron

Si la vue de Neuvic est faite pour tenter la curiosité des antiquaires et leur inspirer, suivant notre conseil, le désir de s'y arrêter quelques heures, elle ne leur ménage pas du moins de désenchantement; car ils trouveront le château, à bien peu de chose près, tel que nous le dessinames jadis. Nous ne saurions, pour Nontron, leur promettre même fortune. Depuis 1822, date de la lithographie de M. Delanoue, que nous avons reproduite en tâchant de l'améliorer, il s'est produit sur le plateau où se dressait la forteresse des vicorntes de Limoges de tels changements, des démolitions et reconstructions si radicales, qu'on y chercherait en vain les ruines qui lui donnaient une si belle tournure féodale. S'il faut l'avouer, c'est précisément parce qu'il ne reste pour ainsi dire rien de ce que représente le dessin, qu'il nous a paru utile de le publier, comme un précieux document rétrospectif.

En 1866, m'adressant à une réunion de la Société d'agriculture de la Dordogne qui, en dehors de ses travaux habituels, tenait une séance littéraire et scientifique à Nontron, je m'exprimais en ces tel'mes, que je demande la permission de reproduire : «... Le château occupait le plateau triangulaire qui domine et commande le cours du Bandiat, fort resserré en cet endroit. Défendu de presque tous les côtés par des pentes abruptes et par une double enceinte de remparts et de tours carrées à contreforts plats, du XIIe siècle, il était protégé sur le seul point accessible par uno profonde coupure aeusée dans le roc, sur laquelle s'abattait le pont-levis et s'ouvrait la porte principale flanquée de tours rondes. Un peu en arrière de cette entrée, se dressait un énorme donjon cylindrique; et, sur l'esplanade du château, une église romane assez vaste, dédiée à saint Etienne, terminée au levant par un pignon à contreforts de peu de saillie, et au couchant par un clocher octogonal, servait de chapelle à la garnison et de paroisse à la partie de la ville qu'on désigne encore sous le nom de fort. Placé en avant du promontoire occupé par la forteresse, entouré comme elle d'escarpements naturels et de robustes murailles, séparé de la grand'rue par un fossé, ce fort ajoutait ses défenses à celles du château proprement dit, dont il était toutefois indépendant. C'est dans cette partie de la ville, dans cette annexe du château, que se trouvaient les logis des chevaliers préposés, en quelque sorte héréditairement, à sa défense, ainsi que cela se pratiquait dans la plupart des grandes terres féodales, et dont M. de Laugardière a retrouvé et fait connaître les noms. Le plus important de ces logis, celui dit des Poitevins ou Peytavis, reconstruit au XVIIIe siècle, dans de vastes proportions, par M. de Lavie, président au parlement de Bordeaux, achevé et embelli par la famille de Mazerat, est devenu le château actuel. »

De tout cet ensemble de fortifications, il reste, hélas peu de chose. On peut cependant juger, par les soubassements, des énormes dimensions du donjon, et apprécier son appareil en moëllons de granit, interrompu de distance en distance par des cordons sans saillie de pierre calcaire. Système qui rappelle les tours dit château d'Angers, cerclées, comme la tour de Nontron, par des bandeaux d'ardoise à cela près qu'à Angers les cercles sont noirs et blancs à Nontron. Ce donjon est probablement du commencement du XIIIe siècle et a dü remplacer celui que les troupes de Richard Cœur-de-Lion avaient détruit à la tin du XIIe. Il est d'ailleurs, quoique plus important, de même forme et de même style que ceux de Châlus et de Piégut, reconstruits, selon toute apparence, au même moment et dans des circonstances analogues. On retrouve en avant les tours du pont-levis, en pierres de taille, mais grossierement appareillées et très inférieure." comme construction, aux quelques débris de l'enceinte romane qui sont encore debout. Du côté des basses rues, un fragment considérable de la seconde enceinte est facilement reconnaissable sous le manteau de lierre qui l'enveloppe, et, du côté du Bandiat, un petit bastion avancé, flanqué de tourelles, s'accroche au rocher et produit dans le paysage le plus charmant effet.

« Il y a une quarantaine d'années, nous aurions eu un champ plus riche à offrir à vos explorations. Le donjon s'élevait à une hauteur de 60 à 80 pieds, deux ou trois des tours carrées de l'enceinte étaient à peu près intactes, et enfin l'église Saint-Etienne, notre plus beau monument et le mieux situé, était presque entièrement conservée. »

C'est précisément cet état de conservation relative, auquel nous faisions allusion, que constate la lithographie de 1822. Comme on le voit, ces ruines avaient sur leur piédestal escarpé une fort noble tournure. Le piédestal est toujours le même sans doute; mais il semble qu'il rappetisse lamesquine maison d'école qui a remplacé la vieille église romane, à une époque où les écoles n'avaient pas encore, comme de nos jours, des apparences de châteaux.

La baronnie de Nontron et son donjon ont une histoire plus intéressante que les ruines dont nous venons de parler. C'est à sa situation essentiellement militaire qu'ils doivent leur fondation. Le promontoire formé par la réunion du Bandiat et du petit ruisseau que recouvrent les basses rues a dù ètre utilisé de tout temps comme un lieu de défense, et la supposition qu'un camp retranché, gaulois ou romain, a été remplacé par le château carlovingien, n'aurait rien de téméraire. Quoi qu'il en soit, la première mention qui en est faite se trouve dans un testament de Roger, comte de Limoges, et de sa femme Euphrasie, qui donnent le 19 mai 785 le château de Nontron (castrum Netronense in Lemovicensi pago) aux moines de l'abbaye de Charroux, en Poitou. Dix-neuf ans plus tard, ils y fondèrent un monastére sous le nom de Saint-Sauveur. Nous datons donc très authentiquement de Charlemagne, et c'est déjà assez respectable.

Vers l'an 1200, les abbés de Charroux cédèrent à leur tour la châtellenie de Nontron aux vicomtes de Limoges, auxquels elle était plus utile qu'aux moines poitevins et qui étaient mieux en état de garder un domaine de ce genre. Il est, en effet, dans la destinée des places fortes d'être attaquées souvent, et le château de Nontron échappa moins qu'un autre à cette loi fatale. Nous pensons même, sans faire tort à Neuvic et aux différents sièges que cette belle demeure eut à subir, à ce qu'affirme la notice du général de Mellet, sans plus de détails circonstanciés, que notre forteresse vit ses murailles battues en brèche par des assaillants plus authentiques et de plus haute volée. Ainsi, pour nous en tenir à une simple nomenclature qui suffit après les développements importants donnés déjà dans ce recueil à l'histoire de Nontron par notre érudit collègue et ami M. de Laugardière, développements qui rendraient indiscrète toute incursion sur son domaine, nous avions l'honneur d'être assiégés en 1199 par l'armée du roi Richard Cceur-de-Lion, si nous n'avions pas celui, plus problématique, de lui lancer la flèche dont il mourut. Bien avant, nous avions été ravagés par les Normands. En 1426, pendant la guerre de Cent-Ans, les Anglais s'emparèrent de Nontron. Comment en furentils débusqués à leur tour ? Par un autre siège qui n'a pas laissé, que nous sachions, de traces historiques. En 1460 ou 1470, Françoise de Bretagne, vicomtesse de Limoges, était à ce titre dame de Nontron, qu'elle apporta en dot à Alain d'Albret, avec ses autres possessions. La baronnie se composait alors de 22 châtellenies et de 72 paroisses. Alain d'Albre, en guerre avec le roi de France Charles VIII, s'était retiré au château de Nontron, ainsi que nous l'apprend le long et curieux traité, mieux vaudrait dire les lettres d'abolition, publié dans le numéro d'avril 1886 de notre Bulletin, et dont nous extrayons ce passage intéressant pour notre histoire locale : «... Et lors icellui, nostre cousin Delbret, s'en partit dud. Chastelgeloux et passa avec sad. armée les rivières de Garonne, Dordogne et autres, et marcha oultre, jusques au pays de Périgord, en une sienne ville nommée Nontron, en intencion de marcher plus avant et soy joindre avec feu nostre cousin, le duc François de Bretaigne, pour certaine alience que nostred. frère d'Orléans et lui avaient à icelluy duc de Bretaigne mais obstant certaine armée » que envoyâmes contre et au devant de lui, il fut empesché tellement qu'il fut par nos gens de guerre assiégé en lad. ville de Nontron, en laquelle aucuns nos lieustenans et chiefs de guerre qui lors y étaient en nostred. armée » reçurent icelluy iostre cousin Delbret, à certain traité, accord et appointement... etc. » Ce qui veut dire que le sire d'Albret, vaincu, sollicita et obtint son pardon.

Plus tard, Alain d'Albret démembra plusieurs fiefs de la baronnie et vendit, à pacte de réméré, la seigneurie dominante à Dauphin Pastoureau, par contrat du 10 janvier 1499 et pour la somme dérisoire de 4,025 livres tournois mais le rachat en fut exercé en 1501, et Nontron revint aux sires d'Albret, dont Henri IV devint l'héritier et joignit à la couronne le Périgord et le Limousin à son avènement au trône. Mais, pour en finir avec les faits de guerre qui eurent Nontron pour théàtre, et avec cette notice déjà trop longue, disons que pendant les guerres de religion, les protestants et les ligueurs furent tour à tour débusqués de notre donjon, notamment par le duc d'Epernon, et que, en 1569, Antoine de La Rochefoucauld-Chaumont, chef d'un parti de protestants, le prit d'assaut et passa au fil de l'épée sa garnison, composée de 80 hommes. On voit que les événements tragiques n'ont pas manqué à notre petite ville, si paisible aujourd'hui.

Faut-il rappeler à nos lecteurs que la terre de Nontron, qui faisait partie de l'apanage de Catherine de Bourbon, sœur d'Henri IV, fut vendue par ue prince par acte du 18 aoùt 1600, à Elie de Colonges, seigneur du Bourdeix et de Piégut, d'une branche de la maison de Pompadour. De cette famille, éteinte aujourd'hui, elle passa par succession aux marquis de Pompadour-Laurière, dont la dernière héritière épousa le marquis de Courcillon, fils unique du célèbre Dangeau, l'ami et le minutieux historiographe de Louis XIV. Et enfin, des Courcillon, des ventes successives la firent passer au président de Lavie, et ensuite au comte de Laramière, qui fut le dernier baron de Nontron, peu de temps avant la Révolution. Bien que fort abrégée et incomplète, cette chronologie montre que notre histoire est en parfaite harmonie avec ce qui reste de nos ruines féodales, et que nos remparts ont honorablement joué leur rôle dans les siècles écoulés.

6k342185 Illustration : dessin de Jules de Verneilh, d'après une lithographie de 1822.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1886)

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12 janvier 2016

La paroisse de Teyjat

La commune de Teyjat est bornée au nord, par celle de Soudat à l'est, par les communes d'Etouars et du Bourdeix; au sud et à l'ouest, par celles de Javerlhac et de Varaignes. Son terrain, granitique au nord, est en majeure partie en calcaire de première formation, avec des collines de 198, 201, 206, 217, 226 et 230 mètres d'altitude. Il contient les bourg, villages, hameaux et lieux ci-après :

« Lauterie, Le Châtelard, Laborie, Le Bouchage, Malibas, Vaubrunet, Brognac, Boueyre, Bos-Bernard, Teyjat, Beaumont, Chauffour, Le Forestier, Laronde, Laudonie, Cailleau, Le Mège, Chez-Gourjon, Boisseuil. »

La population a été successivement : En 1365, de 78 habitants pour treize feux; en 1804, pour 130 maisons, 784 habitants en 1852, de 792; 1856, de 841; 1861, de 794; 1866, de 755; 1872, de 733 ; 1876, de 776; en 1881, de 754.

Cette paroisse, dépendant de la châtellenie de Nontron, eut, dans le principe, le vicomte de Limoges pour seigneur suzerain, et elle dépendait de la justice du Bourdeix. Elle passa successivement, et à partir des premières années du XVe siècle, aux mains de la famille d'Escars et ensuite dans celles de Hélie de Pompadour, par le mariage du 1er mars 1536, de Geoffroy Hélie de Pompadour avec Suzanne d'Escars ou des Cars, fille de François, seigneur de Roussines, La Coussière, Varaignes et Teyjat; plus tard, elle fut vendue à M. de Lavie, ainsi qu'il a été constaté au chapitre de la commune du Bourdeix. Enfin et par contrat reçu Grolhier, notaire, le 25 décembre 1787, M. le comte de La Ramière, acquéreur verbal et fondé de pouvoir de M. Arnaud de Lavie, revendit la terre et seigneurie de Teyjat à dame Marie de Marcillac, veuve de M. Moreau, seigneur de Villejalet, sous la réserve de l'hommage au marquisat du Bourdeix.

Parmi les fiefs particuliers, nous relèverons les suivants :

1° Le Chatelard. — Ce fief appartenait, du XVe au XVIe siécle, à la famille de Chevreuse, qui, par actes des 11 et 23 juin 1562, consentirent à Poncet Hélie de Colonges, seigneur du Bourdeix, reconnaissances de rentes sur le mainement et moulin du Chatelard et sur le moulin de Teyjat. Suivant acte du 11 novembre 1584, reçu par le même notaire Jalanibat, partage entre le dit seigneur du Bourdeix et Annet de Chevreuse.

Par contrat du 22 août 1589., devant Fontaneau, notaire, Marthe de Chevreuse se maria avec Jean de SaintLaurent, écuyer, seigneur de Feuillade, et en eut Jean, né au Chatelard (Nadaud). Du 26 décembre 1590, reçu Masfrand, notaire, vente par Jacques de Chevreuse au seigneur du Bourdeix. Le 7 mars précédent, devant Fontaneau, cession de droits au dit seigneur par Jacques et Marthe de Chevreuse. Le 21 février 1619, par acte reçu Belliquet, notaire, revente du fief du Chatelard par le seigneur du Bourdeix, sous la réserve des cens, rentes et de l'hommage à Nicolas Gaultier, sr de Jomelières, écuyer. Du 5 juin 1660, vente par Hélie de Pompadour de Laurière, seigneur du Bourdeix, au dit Nicolas Gaultier de diverses rentes, sous la foi et hommage d'un oiseau serin des Canaries. De 1722 à 1741, le fief du Chatelard, appartenait à Annet Urtelle, et, en 1748, à Jean Pabot, sieur du Chatelard, dont les descendants le possèdent encore.

1° Vaubrunet. — Au XVIIe siècle, ce fief appartenait à une branche de la famille Labrousse de Nontron, d'après les documents suivants : Le 18 mars 1677, devant Jalanihat, procuration par Louis de Labrousse, sieur de Vaubrunet, comme exerçant les droits de Marie de Labrousse, sa femme, donataire de son père feu Etienne de Labrousse, sr de Mirebeau, à Joseph de Labrousse, sr de Brognac, son frère. Le 3 mai 1705, même notaire, cession par le même à Jean-Baptiste de Marendat, sr du Coussé, gendarme de la garde du Roi, habitant en sa maison noble du Coussé, paroisse de Varaignes. Du 2 avril 1718, partage de la succession du dit Louis entre ses deux filles et son fils Hélie de Labrousse, sr de Vaubrunet. Du 19 mars 1733, vente par le fondé de pouvoir de Mme de Pompadour de diverses rentes à Joseph de Labrousse, sr de Mirebeau, demeurant au lieu noble de Vaubrunet. Cet ancien fief appartient aujourd'hui à M. Perrot du chef de son aïeule, née de Labrousse.

3° Brognac. — A divers membres de la famille de Labrousse, parmi lesquels Jean de Labrousse. sr de Brognac, conseiller du Roi et vice-sénéchal du Périgord, parrain de Jean Ruben, d'après l'acte de baptême de celui-ci, passé à Nontron le 19 octobre 1636. — Du 13 juin 1652, inhumation de Martial de Labrousse, sieur de Brognac, vice-sénéchal du Périgord, en la chapelle de Notre-Dame de Nontron, ès-tombeaux de ses prédécesseurs. — Le 20 janvier 1688, inhumation dans la même chapelle de Joseph de Labrousse, sr de Brognac. — Le 13 juin 1711, mariage de Jean de Labrousse, sr de Brognac, avec Madeleine de Masfrand. — Le 19 juin 1787, vente de Brognac à Antoine Grellet, contrôleur de la monnaie à Limoges, par Benoît de Labrousse de Brognac et de demoiselle Françoise de Brie et par Jean de Labrousse, son fils aîné. Cette branche de la famille est encore représentée par M. de Labrousse-Brognac, propriétaire à Aurnont, commune de Savignac-de-Nontron.

4° Boisseuil. — A la même famille, suivant les actes ci-après : Du 24 mars 1708, devant Jalanihat, testament mutuel fait par Jean de Labrousse, sr de Boisseuil, et François de Labrousse, sr de Lavergne, gardes du corps du Roi, au moment de leur départ de Teyjat pour aller au service de Sa Majesté. Le 14 août 1716, ouverture de ce testament à la requête du dit Jean, en présence de dame Marguerite du Noble, leur mère, veuve d'autre François de Labrousse, sr de Boisseuil, Jean de Labrousse, sieur de Chaufour, messire Jean de Labrousse, docteur en théologie, curé de Souffreignac, Jean de Labrousse, sr de Laudonie, et Marie de Labrousse, veuve de Jean de Labrousse, sieur de Barouffières, frères et soeur. — Du 15 juillet 1735, appel d'une sentence de l'ordinaire de Nontron, à la requête de Jeanne Gaultier, demoiselle, veuve d'autre Jean de Labrousse, sr de Barouffières.

5° Laudonie. — Qualifié de repaire dans un acte de 1691 et qui appartenait en 1708 à Jean de Labrousse.

6° Le Forestier. — Dont le logis avec chapelle privée existe encore. Ce fief appartenait, au XVIe siècle, à la famille de Labrousse, de laquelle il passa à celle de Ruben, établie antérieurement dans la ville de Nontron, par suite du mariage de Jean Ruben avec Guillaumette de Labrousse, desquels provint Pierre Ruben, né et baptisé au dit Nontron, le 3 août 1597. Un autre Jean Ruben se maria avec Catherine de Labrousse, de laquelle il eut Louis, né et baptisé à Nontrou le 21 mars 1655. Plus tard et en 1684, Jean Ruben décéda au dit lieu du Forestier, après avoir, le 9 mai de cette année, devant Jalanihat, fait son testament, par lequel il déclare vouloir « Que son corps soit porté et enterré aux tombeaux de ses prédécesseurs, qui sont dans l'esglise des reverends pères cordelliers de la ville de Nontron et que ses héritiers donnent la somme de cinquante livres pour la réparation du dict couvent, à charge de quarante messes. » Enfin et le 3 juillet 1728, devant Boyer, vente d'une maison à Nontron par Joseph Ruben, habitant au Forestier, paroisse de Teyjat, à Marguerite Ruben, veuve du sieur Grolhier, ancien notaire à Nontron. Le Forestier appartient aujourd'hui à la famille Lidonne du chef des Basset-Desrivailles, dont un membre, François, figuré avec sa femme, Marie de Labrousse, dans un acte de partage, du 2 avril 1718, de la succession de Louis de Labrousse.

7° Beaumont. — A Pierre Bounython, en 1683; Pierre Cheyrade, sr de Beaumont, en 1692. Le 23 février 1748, Michel Cheyrade, sr de Beaumont, épousa Anne de Fornel. Plus tard, enfin, à la famille de Labrousse, qui se trouva ainsi, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, posséder une grande partie de la paroisse de Teyjat.

Passant du régime civil aux institutions religieuses, nous trouvons dans Nadaud :

« Teijat, cure de 810 communiants décimes, 190#; patron, saint Pierre-ès-Liens. L'évèque de Limoges y nommoit dès 1476. »

L'église romane, à deux nefs voûtées en pierre, est antérieure au testament de 1291, par lequel Bernard Ranulphi, seigneur de Javerlhac, légua une réfection de pain et de vin au chapelain de Teyjac (Teyjaco). On y remarque un autel dédié à saint Roch et devant lequel les mères de famille viennent en grande dévotion faire offrande à ce saint de leurs enfants atteints de maux d'entrailles, pour en obtenir la guérison. Une autre dévotion a lieu à une fontaine dite de Sainte-Marguerite et située sur la limite des communes e Teyjat et de Varaignes. On y de fort loin, nous a dit M. Mounier, curé actuel, pour boire de l'eau et demander à cette sainte la guérison des douleurs rhumatismales. Enfin, la fête votive a lieu le premier dimanche du mois d'août de chaque année.

Parmi les principaux curés des derniers siècles, nous relevons les suivants : En 1658, Puyarges; 1682, Etienne Bounitbon; 1688, André Pallot; 1699-1703, Etienne Jaubert; 1707, Jean de Labrousse; 1717, François-Antoine Salviat; 1730, Isaac Artiguye, licencié en Sorbonne, qui plaida en 1733-34 contre Jean Barrière, marchand de Nontron, fermier de la seigneurie du Bourdeix, en paiement d'une somme de 300# annuellement donnée par le seigneur de Pompadour, outre la moitié des fruits décimables de la paroisse, par transaction du 6 mars 1722 entre le dit seigneur et M. Salviat, alors curé. Joseph Nadaud, mort le 5 octobre 1775, fut aussi curé de Teyjat, où il écrivit la majeure partie de ses chroniques sur le Limousin, le Périgord et l'Angoumois, dont les manuscrits sont conservés au grand séminaire de Limoges.

Quant aux revenus de la cure, voici quel était, en sus du casuel, le produit annuel des dimes, d'après l'acte suivant, reçu Jalanihat, le 7 juillet 1717 :

« Aujourd'huy... au bourg de Teijat, en Périgord, et place publique du dit lieu. Pardevant nous, notaire royal. Ont estés presents Messire François-Anthoine Salviat, docteur en théologie, prestre, curé de la dite paroisse, y demeurant, lequel a affermé. les dismes du bled de la paroisse de la manière qui suit : Premièrement, le village du Cailleau a esté délivré à 35 sestiers de bled... a scavoir tiers froment, tiers bonne mesture, tiers advoine, sept boisseaux pour quatre et un boisseau bled d'Espaigne, bon et marchand et permis à M. le curé de faire vaner le dit bled audevant de sa porte, en cas qu'il ne fut marchand, aux despens des dits fermiers. Plus le village de Forestier... pour 33 sestiers dans les mesmes proportions et deux boisseaux de bled d'Espaigne aux mesmes conditions. Plus le village du Chastelard... pour 26 sestiers et deux boisseaux de bled d'Espaignes aux dites conditions. Plus Vaubrunet et Malibas... pour 25 sestiers, comme dessus. Plus Bosbernard et Larondet... pour 16 sestiers deux boisseaux, comme dessus. Beaumont... pour 25 sestiers, comme dessus. Brogniat... pour 15 sestiers et rm sestibr de bled d'Espaigne, comme dessus. Chaufour... donné a lever au boisseau les dits bleds comme dessus. Boischeuil. donné a lever au boisseau comme dessus. Boyret... pour 2.5 sestiers et deux boisseaux de bled d'Espaigne comme ci-dessus. Le dit bled livrable pour le plus tard a Nostre-Dame de septembre. »

Le 7 juillet 1717, par autre acte, afferme par le même : « Des dismes des vins, layne, chanvre et lin, moyennant le prix et somme de soixante livres par année... »

Par trois autres actes du 20 juin 1723, même notaire, afferme par le dit curé « de toutes les dismes tant de bled que de vin, chanvre, layne et toutes autres sur le village de Brogniat. pour la somme annuelle de 160#... » Des dismes du Forestier pour 300#. Et des dismes de tous les autres villages s'élevant à 239 sestiers de bled... « A partager par moitié entre le curé et le seigneur de Pompadour, sous la réserve m. de 300# que celui-ci s'est engagé à payer annuellement au premier, par transaction du 6 mars 1722, reçue Danède, notaire à Nontron, sur procès pendant en la Cour de Bordeaux et de toutes les dismes de vin adjugées, il y a longtemps, à lui et à son prédécesseur. »

Terminons maintenant ce chapitre en signalant, parmi les curiosités du sol : 1° Dans le terrain calcaire et près de l'église une grotte à cristallisation; 2° au nord de la commune, sur le terrain granitique, entre Chatelard et Vaubrunet, un demi-dolmen, désigné ainsi qu'il suit par nos savants confrères, MM. Philippe de Bosredon et A. de Roumejoux, dans le Bulletin de la Société historique du Périgord, de 1877 et 1879 :

« Commune de Teyjat — Dolmen renversé près du Chatelard. (G. de Mortillet, d'après de Gourgues.) »

« Demi-dolmen de Teyjat. Ce demi-dolmen, dit Pierre plate, est en granit du pays et placé dans une vigne appartenant à M. Féraud. Il a 1m82 de longueur, 1m55 de largeur et 6m35 de hauteur. Le cercle qui figure au centre est-il primitif ? Aux alentours, on trouve des fragments de silex travaillés. »

Source : Monographie de la ville et du canton de Bussière-Badil, de Pierre-Henri Ribault de Laugardière.

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08 janvier 2016

Les Pourtent

Les Pourtent, des bourgeois enrichis, se qualifiaient de nobles à la fin du XVIe siècle. Nous n'avons pu débrouiller leur généalogie : le 9 mai 1528, Hélie Pourtent, marchand, de Saint-Pardoux, sieur de la Barde, Aixe et Vaugoubert, cédait sa part dans le moulin du Gué de Jamaye à ses neveux, Pierre et Jean Pourtent. Un autre Hélie Pourtent, sieur d'Aixe, épousa Marie Pupuy qui lui donna Bonne, mariée en novembre 1559 à René de Jaubert, seigneur de Cumont.

Pierre Pourtent, sieur de la Barde et de Vaugoubert, qui assista au mariage de Bonne, laissa : 1° Marie, femme de Jean Dalvy, avocat; 2° Isabeau, mariée par contrat du 5 mars 1552 à Pierre Reynier, écuyer, sieur de Pondalsie (?); 3° Jeanne; 4° Marie, unie dans la maison de M. de la Barde, sis dans le fort de Saint-Pardoux, le 18 avril 1581, à Léonard du Mas, écuyer ; 5° Jean, licencie ès lois; 6° Etienne, écuyer, sieur de la Barde et de Vaugoubert, époux de Léonarde alias Narde Faure, qui vivait encore en 1601. Elle lui donna quatre enfants : Isabeau, mariée par contrat du 4 juin 1611 à François de Bart, écuyer, sieur du Cluzeau; Antoinette, qui épousa, le 26 juin 1594, Bertrand Audier, sieur de Moncheuil; Anne, femme de Jean de Ribeyreix, baron de Courbeffy; Antoinette, épouse de Jean Beaupoil, sieur de Quinsac, et peut-être aussi Jeanne, demoiselle de la Barde, en 1601.

Une autre branche de cette famille, qu'on ne peut souder à la précédente, commence à François Pourtent, avocat en parlement, juge de Saint-Pardoux, époux de Jeanne Darpes, dont entre autres François, écuyer, sieur de Magnac, né en 1619 ; il fui garde du corps du roi, compagnie, de Comminges, gentilhomme seyant près de S. M., puis maréchal des logis des gardes du corps de la reine-mère : il mourut le 1er novembre 1662, laissant Jean, sieur de la Jaunie; Pierre, sieur des Bellodies, et Jean, sieur du Breuil qui suivent : Jean, sieur de la Jaunie, reçut en novembre 1662 une commission de garde du corps en remplacement de son père; de Marie de Curmont il eut : 1° Jean, sieur de la Jaunie (1674-1710), époux, le 14 février 1708, de Françoise Fourichon, d'où Jeanne, mariée en 1781 à Jean Pastoureau, sieur de la Grange et de Lannet; 2° François, sieur de Magnac, écuyer, marié en 1721 à Guillemette Delarret et en secondes noces à Marie Mousnier; de ce second mariage vint Catherine, épouse en 1738 do Jean-Gautier de Londeix, chevalier, seigneur de Savallon.

Pierre Pourtent, écuyer, sieur des Bellodies, garde du corps de la reine-mère, testa, le 30 août 1678, ayant eu de Marie Pourtent, Jean, sieur des Bellodies, qui lui succéda dans sa charge, mort le 29 avril 1692, et Marie, femme de François de Champagnac.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Perigord, 1898)

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