20e Division militaire (Périgueux). Cour royale de Bordeaux. Évêché à Angoulême. Église du culte réformé à Jarnac. Cinq députés.

La département de la Charente, formé de l’Angoumois, d’une partie de la Saintonge, du Poitou, du Limousin et de la Marche, fut d’abord divisé en six districts : Ruffec, Confolens, la Rochefoucault, Angoulême, Barbezieux, Cognac; quarante-quatre cantons. Aujourd’hui il se compose de cinq sous-préfectures : Angoulême, chef-lieu, Barbezieux, Cognac, Confolens, Ruffec; vingt-neuf cantons; quatre cent cinquante-cinq communes. Son étendue territoriale est de 588,803 hectares, environ 286 lieues carrées. Sa population était, en 1792, de 339,789 individus, elle est aujourd’hui de 347,541, ce qui fait 1,215 par lieue carrée. Ses contributions furent, en 1792, de 3,276,300 liv., en l’an XI de 2,978,069 fr., en 1822 de 3,054,831 fr. 9 c., ce qui fait 8 fr. 78 c. par tête.

L’Angoumois, qui ne formait qu’un gouvernement avec la Saintonge, dépendait en partie de la généralité de Limoges, en partie de celle de la Rochelle. Mais, malgré l’éloignement, cette province était tout entière dans le ressort du parlement de Paris. Angoulême était le siège du gouvernement, avait un présidial, une sénéchaussée, une élection, un bureau des cinq grosses fermes, un évêché de 22,000 liv. de rentes, deux abbayes, dont l’une sous le nom de Saint-Cybar, de l’ordre de Saint-Benoît, était de 20,000 liv. de revenu, et servait de sépulture aux anciens comtes d’Angoulême; un collége, dix couvens de l’un et de l’autre sexe, douze paroisses et un hôpital général.

L'évêque se qualifiait d’archichapelain du roi, et les maires d’Angoulême étaient anoblis.

Barbezieux, avec le titre de marquisat, avait un prieuré de l’ordre de Clugny, un couvent de cordeliers et deux paroisses.

Cognac, patrie de François Ier, avait un siége royal, une élection et un gouverneur particulier, un beau couvent de bénédictins et plusieurs autres de cordeliers et de récollets. Confolens était aussi le siége d’une élection.

La Rochefoucault, qui a donné son nom à une famille célèbre, avait le titre de duché-pairie; quatre baronnies en dépendaient. Cette petite ville avait une église collégiale et un couvent de cannes.

La Charente est un pays de petite culture; le sol crayeux était cultivé avec très-peu de soin avant la révolution. Depuis, l'agriculture s’est constamment perfectionnée. « Le travail, qui double les produits, a augmenté en proportion de la liberté qu'a eue le cultivateur, et de l'aisance qu'il a éprouvée. » La disette qui régna pendant 1793 et 1794 servit beaucoup aux progrès de l’agriculture; elle força le cultivateur à quitter sa routine pour essayer de nouvelles cultures. La division des propriétés et la vente des domaines nationaux ont aussi beaucoup contribué aux améliorations des procédés ruraux; et c’est dans ce département qu’on peut juger combien cette division des propriétés est favorable. Près des villes on ne connaît plus le nom de jachères. Dans les campagnes on a formé des prairies artificielles qui servent à faire des élèves en bestiaux, une des branches du commerce du département.

La principale richesse de la Charente consiste en mines de fer et en papeteries. Les premières fournissent la fonderie de Ruelle, qui fabrique la plus grande partie des canons de la marine. D’autres forges fournissent aux colonies des chaudières et des poteries de fonte pour les raffineries.

Les papeteries de l’Angoumois étaient florissantes avant la révocation de l’édit de Nantes. On comptait alors soixante-dix cuves sur les différentes rivières. Les protestans persécutés furent porter leur industrie en Hollande; ils y trouvèrent protection et encouragement, et bientôt les fabriques d’Angoulême ne purent soutenir la concurrence. En vain Desmarets et Turgot encouragèrent les papeteries, elles furent toujours en décroissant, et dans l’an IX on ne comptait plus que vingt-huit cuves. Depuis cette époque les papeteries d'Angoulême ont repris leur ancienne splendeur. Parmi les plus beaux établissemens il faut citer ceux de M. Laroche, qui reçut une médaille d’argent en 1806. M. Tremeau-Rochebrune en avait obtenu une dès 1802, et en mérita une autre en 1806. MM. Henri La Courade et Georgeon ont reçu une médaille de bronze en 1819.

Les eaux-de-vie sont aussi une branche importante ducommerce de la Charente : celles de Cognac sont connues de réputation dans toute l’Europe.

En 1793, le département de la Charente fournit aux armées un contingent de 12,000 hommes. Nous citerons, les généraux Dupont-Chaumont, Saint-Martin, Rivaud, Dupont de l’Étang, le général de brigade Chancel, le capitaine de vaisseau Huguet, le lieutenant Piet, le capitaine Laroche, le caporal Macé, le sergent Moineaux, et les soldats Lamoureuse et Miolet.

Députés aux assemblées législatives

États généraux. Assemblée nationale constituante (1789).

Bailliage d'Angoulême : D'Albignac de Castelnau, évêque d'Angoulême; l'abbé Joubert, curé de Saint-Martin; le marquis de Saint-Simon; le comte de Culant; Augier, négociant à Cognac; Roy, avocat à Angoulême; Marchais, assesseur du duché de la Rochefoucault; Pougeard du Limbert, avocat à Confolens.

Assemblée législative (1791).

Martin, juge au tribunal du district de Cognac; Chedaneau, administrateur de l'hôpital de Ruffec; Dumas-Champvallier, homme de loi et juge de paix de Champagne-Mouton; Guimberteau, juge au tribunal du district d’Angoulême; Chazaud, administrateur du district de Confolens; Dubois de Bellegarde, chevalier de Saint-Louis, commandant de la garde nationale d’Angoulême; Lafaye des Rabiers, procureur syndic du district de Barbezieux; Lechelle, commissaire du roi au tribunal du district de la Rochefoucault; Blanchon, homme de loi, et administrateur du département.

Convention nationale (1792).

Dubois de Bellegarde; Guimberteau; Chazaud; Chedaneau; Devars; Brin; Crevelier; Maulde; Ribereau.

Conseil des anciens.

An IV, 1796 : Devars, sorti le 1° prairial an V; Pougeard de Limbert; Rouhaud.
An VI, 1798 : Dubois de Bellegarde; Lassée, administrateur du département.
An VII, 1799 : Lassée.

Conseil des cinq cents.

An IV, 1796 : Dubois de Bellegarde, sorti le 1 ° prairial an VI; Guimberteau, idem; Maulde, sorti le 1° prairial an V; Ribereau, sorti le 1° prairial an VI.
An V, 1797 : Descordes, nomination annulée le 19 fructidor an V; Thorel, idem.
An VI, 1798 : Doche de Lille, commissaire près l’administration municipale du canton de Mausle; Crevelier, depuis administrateur du département; Marvaud, commissaire près l’administration centrale du département; Guimberteau.
An VII, 1799 : Desprez, ex-administrateur du département.

Corps législatif.

An VIII, 1800 : Crevelier.
An IX, 1801 : Crevelier; Boreau la Genadie.
An X, 1802 : Boreau la Genadie; Chancel (Ausone).
An XI, 1803 : Poujaud; Labbé; Chancel (Ausone).
1808 : Barbier de Landrevie; Bouteleau; Chancel.
1814 : Barbier de Landrevie; Bouteleau; Chancel.

Administrateurs du département.

1790 : Valleteau de Chabrefy, président; Dufresne-Chassaigne; Le Ridon; Mémineau; Mignot; Pelluchon, sorti en 1791; Piet, idem; Rouanet, substitut du procureur généralrsyndic, sorti en 1791 : Trion-Montalembert, vice-procureur général, sorti en 1791; Trémeau, procureur général, syndic; Ducluzeau, secrétaire général.
1791 : Maulde; tous les autres ont été réélus.
1792 : Dumas-Champvallier, président; Trémeau, procureur général, syndic.
An III, 1795 : Thorel, président; Maulde; Bordet; Perrin aîné; la Bernade; Boreau la Genadie, commissaire du pouvoir exécutif.
An IV, 1796 : Thorel, président; Maulde; Bordel; Perrin aîné; Dubois; Marvaux, commissaire du pouvoir exécutif.
An V, 1797 : Maulde, président; Bordet; Perrin aîné, Dubois; Caminade; Marvaux, commissaire du pouvoir exécutif.
An VI, 1798 : Latreille; Albert aîné; Desprez; Richard; Russier; Mouron, commissaire du pouvoir exécutif; Mioulle, secretaire general.
An VII, 1799 : Albert aîné; Russier; Richard; Lautrète; Bourdin; Mouzon-Dumas, commissaire du pouvoir exécutif; Sicard, secrétaire général.
An VIII, 1800 : Delaistre, préfet; Lavauzelle, secrétaire général; Dubois la Bernade, Albert, Paujeaud père, Caminade, conseillers.
An X, 1802 : De Bonnaire, préfet.
An XII, 1804 : Marchadier, Duportail, conseillers.
An XIII, 1805 : Rudler, préfet.
1806 : Frichon-Lamorine, conseiller.
1810 : Le baron Boissy-d’Anglas, préfet.

Source : Fastes civils de la France, depuis l'ouverture de l'Assemblée des notables, de Jacques-Charles Dupont de L'Eure.