Maisonnais. — Etait autrefois une paroisse dont l'église était, comme aujourd'hui encore, sous le patronnage de saint Pierre-ès-Liens ; l'évêque de Limoges y nommait les titulaires, au moins depuis 1509. C'est actuellement le chef-lieu d'une commune et d'une paroisse de 1,677 habitants, ayant une étendue de 3,189 hectares. Ce nom lui est commun avec d'autres localités ; telles sont : Maisonnais, canton et arrondissement de Melle (Deux-Sèvres) ; Maisonnais, canton du Chatelet, arrondissement de Saint-Amand (Cher).

L'église est en style roman du XIe siècle. Le choeur actuel, voûté en coupole, était autrefois surmonté d'un clocher, que la foudre a détruit en partie vers 1820. Ce qui en resteest assez remarquable, mais en mauvais état : trois arcs romans ornent chaque face. Les contreforts plats, les chapiteaux historiés, les colonnes demiengagées, indiquent suffisamment l'ancienneté de cette partie de l'église.

Lès deux travées de la nef sont voûtées en berceau ; leurs contreforts sont plus massifs que ceux du choeur, et ont été ajoutés . postérieurement à la construction primitive. Les différences qu'on observe dans l'architecture de la nef annoncent une moins grande ancienneté. Le portail est placé au nord.

Du côté du midi, un large collatéral, composé de trois travées, s'étend parallèlement au choeur et à la nef, avec lesquels il communique par trois arcades ogivales légèrement surbaissées. Ce collatéral, dont les voûtes sont à nervures, porte tous les caractères du XVe siècle. Le mur extérieur, percé de trois fenêtres ogivales, a été reconstruit en 1855. Ces trois fenêtres sont ornées de vitraux sortant des ateliers de M. Lobin, de Tours.

L'autel principal, de construction récente, est en pierre calcaire et-en style roman. Au milieu est sculpté en relief un Christ byzantin, la tête ornée d'un nimbe crucifère, tenant l'Evangile de la main gauche et bénissant de la droite. La fenêtre qui le surmonte est garnie d'un vitrail représentant le patron, saint Pierre-ès-Liens : c'est l'oeuvre de M. Gesta, de Toulouse.

L'autel de la Sainte-Vierge, placé à l'extrémité du collatéral, est en marbre blanc, et date seulement de quelques années.

Cette église, comme toutes celles de cette époque, qui sont très nombreuses dans cette contrée, avait autrefois un choeur en forme d'abside ; on peut s'en convaincre en examinant les détails de la maçonnerie et les fondations qui existent encore. Nous ne connaissons ni l'époque ni la cause de sa destruction. Toutefois, lorsqu'on construisit le mur qui la termine aujourd'hui au levant, on mit de chaque côté, au haut d'un contrefort placé derrière le choeur, deux sculptures anciennes en relief, représentant l'une saint Pierre, tenant les clefs symboliques, l'autre, un évêque en chasuble, portant le bâton pastoral, qui doit représenter saint Martial, que le prince des apôtres envoya en Limousin.

En 1736, elle fut réparée, car à cette époque une imposition de 1,000 livres à répartir sur tous les propriétaires de la paroisse était portée au rôle des contributions pour cela. Après l'accident causé par la foudre au commencement de ce siècle, on construisit sur l'extrémité ouest de la nef un simple clocher en bois,: où nous trouvons aujourd'hui une cloche portant l'inscription suivante : MRE JEAN HIVER, CURÉ DE MAISONNAIS ; MRE JEAN DELAGE, CHEVALIER DE L'ORDRE DU ROI, SCR. DU COMTE DE LA VAUGUYON, ET DAME THÉRÈSE DEMOURAT, SON ÉPOUSE, PARRAIN ET MARRAINE, ET A LEUR PLACE, SIEUR CHARLES GARREAU, AGENT DE LEURS AFFAIRES, ET DEMLLE MARIE DUSSOULIER, ÉPOUSE DE MICHEL GROS, SIEUR DE L'AGE, JUGE SÉNÉCHAL DUDIT COMTE ; SIEUR J.-B. GARRIGOU, FABRICIEN. — FAITE PAR LE SIEUR LE BRVN, 1733. Un écusson termine cette inscription : il porte trois besans ou trop tourteaux.

Il y avait dans cette église une vicairie, qui avait été fondée par maître Jean Gandois, originaire du lieu de Panhae, paroisse de Verneuil, près Limoges ; elle était pour un prêtre de'sa race, ou autre, au choix de ses héritiers. En 1513, ces derniers demandaient que le service fût fait dans l'église de Verneuil. Voici les curés dont nous avons retrouvé le nom : Pierre Duval, 1634-1638 ; — P. Raymond, 1657, décembre 1674. (Antoine) ; — De Douhet, 1674-1681 ; — L. Graud, 1689-1697 ; — Yver, 1697, qui cessa de signer les registres en 1740, et fut enterré dans le sanctuaire de l'église le 24 novembre 1742, étant âgé de soixante-dix-sept ans ; — Dalinays, 1740 ; — Chadenier, 1742-1744 ; — Bignot, 1744-1751 ; — Delavaud, originaire de Rochechouart, 1752, se démit en janvier 1757, et fut nommé à la cure de Mouzon, en Angoumois, diocèse de Limoges ; vivait en 1784 ; — Jean Périgord, originaire de Brigueil-l'Aîné, nommé en janvier 1767, qui y mourut à l'âge de cinquante-quatre ans, le 2 août 1780 ; — Simon, natif de Rochechouart, nommé le 7 août 1780, qui y mourut à l'âge de cinquante-huit ans, le 6 septembre 1785 ; — Jupile-Lagrange (Jean-Jacques), 1785, né à Limoges, refusa le serment schismatique à la constitution civile du clergé ; était porté sur la liste des prêtres qui, d'après leur âge et leurs infirmités, étaient exempts delà déportation ; était âgé de cinquante-cinq ans, lorsque, le 3 ventôse an IV, il fut enfermé à la Visitation ; en 1802, il fut d'abord nommé curé de Saint-Laurent-sur-Gorre, puis revint curé de Maisonnais en 1803 ; — Damet...., mort à l'âge de soixante-deux ans, le 9 octobre 1822 ; — Dubranle ; — Combebessous, mort à Séreilhac ; — Rigaud, finit de signer le 25 novembre 1830 ; — Deschamps (Léonard), 1830-1835, fut ensuite curé de Cussac, où il mourut ; — Jacques Thomas, 1835, mort à l'âge de cinquante-deux ans, le 27 octobre 1856 ; — Pinchaud, 1856-1873 ; — Moreau, 1873.

Le cimetière conserve dans sa partie centrale les restes d'une chapelle dont on ne retrouve plus que les fondations.

Une pierre tombale en calcaire, de 2m 25e de longueur, représentant un chevalier avec son armure, sert aujourd'hui de linteau à la porte d'entrée.

Une famille du nom de Maisonnais habitait dès le XIVe siècle le pays qui forme aujourd'hui l'arrondissement de Rochechouart. Plusieurs de ses membres sont inscrits au Nobiliaire du Limousin, mais le plus illustre est Bertrand de Maisonnais, célèbre par sa science et sa longue expérience dans les affaires. Il fut élevé sur le siège archiépiscopal de l'église de Naples en 1359. Il obtint du pape Innocent VI, son compatriote, le pouvoir d'absoudre, à l'article de la mort, Louis, roi de Naples, qui été lié par des censures. Il se trouva à une assemblée générale tenue, devant le roi et les seigneurs, le 4 avril 1361, et y prononça un fort beau discours. Il mourut le 30 octobre 1362, et fut enseveli dans la grande, église, dans un tombeau de marbre de la chapelle de Saint-Asprenat. En 1370, on transféra son corps et son cercueil près du grand-autel, où est cette inscription :

Ilie jacet corpus Reverendi in Christo patris et Domini domini Bertrandi de Meyshonesio Dei gratta archiepiscopi Neapolitani, qui obiit annb Domini M CCC LXII, Die XXX octob. Primae indict. Cujus anima réquiescat in pace.

« Ici repose le corps de Révérend en Jésus-Christ, père et seigneur Monseignenr Bertrand de Maisonnais, par la grâce de Dieu archevêque de Naples, qui mourut l'an du Seigneur 1362, le 30e jour d'octobre, indiction première. Que son âme repose en paix !»

La seigneurie de Maisonnais, appelée aussi du Domphon, relevait de la Coussière ou de la Vauguyon. Voici la, suite des seigneurs qui l'ont possédée :

Laure de Chabanais, dame de la Coussière, épousa, vers l'an 1200, Louis Pérusse des Cars, seigneur de La Vauguyon, et porta dans cette maison les fiefs du Domphon, paroisse de Maisonnais ; de Mouton, paroisse de Saint-Mathieu ; des Sauvages, paroisse de Dournazac, etc. Gérard de Lambertie, qui vivait en 1280, épousa, d'après les archives de Pompadour, Marie-Anne Pérusse des Cars, dame du Domphon, alias de Moncomo (qu'il faut apparemment lire de Maiçonio), et posséda ces trois fiefs, pour lesquels la famille de Lambertie rendit plusieurs fois hommage aux seigneurs de la Coussière.

On trouve ensuite Pierre Ricos, seigneur de Maisonnais, 1301, fils de Gérald Ricos, chevalier, et de Florence de Campnhac. En 1319 il partagea avec Hélie, son frère, la succession de leur père.

Gérald Ricos, seigneur de Maisonnais, épousa, par acte passé au château de la Vauguyon, le mardi après la Purification 1331, Hélène Relhiera ;

Pierre Ricos, seigneur de Maisonnais, fit un codicille, le jeudi après sainte Quitterie 1364, contenant des legs pour les églises de Maisonnais et de Saint-Barthélémy.

Noble et puissant seigneur Jean de Pontville, vicomte de Rochechouart, etc., et noble et puissante dame Anne, vicomtesse de Rochechouart, sa femme, comme ayants-cause et successeurs de feu Pierre Ricos, seigneur de Maisonnais, font un accord, par acte du 22 juin 1473, avec le curé de ce lieu, touchant les dixmes de cette paroisse, que feu Pierre Ricos avait léguées audit curé. Son fils fut François de Rochechouart, né en 1474, qui fut père de Claude, vicomte de Rochechouart, baron d'Aixe, seigneur de Maisonnais, etc., qui vivait en 1538.

Jean Hélie de Colonges, fils d'Antoine Hélie de Pompadour et d'Elisabeth de la Goublaye, dame du Bourdeix, prieur de Bussière-Badil, et, en 1482, premier abbé commendataire de Dalon, acheta le fief de Maisonnais vers 1514. Aussi des membres de sa famille prirent le nom de Hélie de Domphon. Les armes de la famille Hélie sont : d'azur à trois tours d'argent, posées deux et une, maçonnées de sable.

Pierre Jourdain, écuyer, seigneur de Boistillé et de Maisonnais, époux de Françoise Rousseau de Ponthieu, fut maintenu dans sa noblesse en 1667 ; il eut pour fils : 1° Achille Jourdain, qui suit ; 2° Hélie Jourdain, écuyer, seigneur de Maisonnais, etc.

Achille Jourdain, écuyer, seigneur de Boistillé, la Cour-des-Adjots, Maisonnais, la Cour-des-Fontaines, fut maintenu dans sa noblesse en 1699 ; il eut pour fils : 1° Achille Jourdain, qui a continué la postérité; 2° René Jourdain, chevalier de Maisonnais, qui épousa, le 9 janvier 1709, Marie Pricault, de Verneuil.

Mathieu Jourdain, seigneur de la Pouyade et de Maisonnais en partie, et Catherine Autier, son épouse, firent baptiser à Maisonnais leur fille Marie, née le 17 septembre 1701.

Les armes de la famille Jourdain sont : d'argent au tau de gueules.

Robert d'Asnières, écuyer, seigneur de Maisonnais et du Moulin-Paute, qui épousa Marie de Crozant-Paute, vers 1695 [Nobiliaire, I, p. 56].

Nous trouvons encore François de Villedon, écuyer, seigneur de Maisonnais, fils d'Antoine de Villedon et d'Anne de la Rye, qui fut maintenu dans sa noblesse par M. d'Aguesseau, intendant du Limousin, le 2 septembre 1666, et qui avait épousé, le 16 juin 1661, Marie Le Mercier. Les registres paroissiaux nous font voir que la famille Jourdain avait seulement en partie la seigneurie : de Maisonnais à la fin du XVIIe siècle : il est alors à supposer que l'autre co-seigneur était François Villedon. Cette famille, qui s'était répandue dans l'élection d'Angoulême, portait pour armes : d'argent fascé de gueules en ondes à sept piles.

Dans les landes de Maisonnais, on retrouvait encore il y a peu de temps des morceaux d'une voie romaine allant de Périgueux à Poitiers. Aidé des indications de Nadaud, qui habita longtemps la paroisse de Teyjac, nous en avons signalé des traces dans la - vigne de l'Orme, près de Chaufour, commune de Teyjac ; près du bourg d'Etouars ; à la Croix-de-Gondat, commune de Saint-Estèphe ; nous l'avons vue dans le bois de Chareyroux, à travers l'étang Gaulier et à Cluzence, commune de Busserolles ; à Bel-Air, commune de Reilhac-Champniers, où elle est marquée sur, la carte de l'état-major, et d'où elle entre dans la commune de Maisonnais.

Les villages qui composent cette commune sont :

L'Age, — Une branche de la famille Gros, porte le nom de Gros de l'Age.

L'Age (Moulin de), sur le Nauzon, ruisseau qui se jette dans la Tardoire.

L'Allée.

La Besse. — Jacques Roux, écuyer, sieur de la Besse, était mort avant sa femme, Jeanne Hugon, qui fut enterrée, à Saint-Maurice de Limoges, le 26 décembre 1715.

La Borderie.

Chadeleix.

Chadeleix (Moulin de), sur la Tardoire.

Chapelat.

Châteaurocher. — est pittoresquement situé sur un étang, et près le bord du Nauzon. Le château, construit par la famille de Bonneval, est un corps de bâtiments pourvu de quatre tours rondes aux angles, et d'une tour carrée centrale, renfermant l'escalier. La toiture de cette dernière a disparu depuis peu de temps pour faire place à un belvédère.

Une famille portant le nom même de ce lieu l'habitait primitivement, avant qu'il passât dans la famille Guyot, puisque nous voyons, en 1556, Michelle de Châteaurocher qui épouse Clément Guyot, fils de Martial Guyot et d'Anne Milly. Les armes de la maison Guyot sont : d'or à trois perroquets de sinople, deux et un. [Nobiliaire, I, p. 249.]

Au siècle suivant, il était possédé par la famille Vigier de Saint-Mathieu : Charles, vicomte de Saint-Mathieu, qui avait épousé Isabeau Doyneau, ne laissa qu'une fille unique, Elisabeth Vigier, qui le porta à Henri de Bonneval, en l'épousant, en 1623. Leur fils, Pierre de Bonneval, chevalier, était vicomte de Bonneval et seigneur de Châteaurocher, lorsqu'il épousa, par contratdu 9 février 1652, Catherine des Cars, Dlle de Ségur, puis comtesse de Beauvais, Lussac, Fontroubade. Les armes de la famille de Bonneval sont : d'azur au lion d'or armé et lampassé de gueules. [Nobiliaire, I, 225, 369.]

La maison du Mas ne tarda pas à le posséder : Laurent du Mas épousa avant 1658 Pétronille de Bonneval. Puis nous voyons encore François du Mas, chevalier, fils de Perrot du Mas et de Gabrielle Hauteclaire, qui était seigneur de la Serre, de Peyrat, et de Châteaurocher, et qui épousa : 1° Honorée de Langlade, dont naquit Sibille du Mas, et 2°, en 1676, Thérèse Roux, fille de Jean et de Jacquette de Pressac. La familledu Mas porte : de gueules, coupé, aupremier, à une tour d'argent maçonnée de sable ; au deuxième, à la croix d'argent, cantonnée de quatre fleurs de lis d'or. [Nobiliaire, III, 199.]

Châteaurocher passa ensuite dans la famille du Lau : Gabriel du Lau, seigneur de Savignac, épousa, en 1688, Sibille du Mas, fille de François, sieur de Châteaurocher.

Philippe du Lau, écuyer, sieur de Châteaurocher, épousa Elisabeth d'Hautefaye, dont Suzanne, née, à Champniers, le 19 juillet 1719. Les armes de la famille du Lau sont : d'or,àun arbre tige et feuille de sinople, à un lion passant de gueules, à l'orle d'argent chargé de dix-huit tourteaux d'azur. [Nobiliaire, III, p. 58.]

Enfin il est entré dans la famille Roux de Lusson. Le 15 janvier 1722, Jean Roux de Lusson, écuyer, seigneur de Reilhac et autres places, épousa DUo Suzanne du Lau de Châteaurocher, fille de Philippe et d'Elisabeth d'Hautefaye (registres paroissiaux de Maisonnais). Cette famille porte : d'azur à trois fasces d'argent, la première accompagnée en chef de trois fleurs de lis d'or.

Les Dognons.

L'Ecanie. — Parmi les propriétaires de ce fief nous trouvons : noble Pierre Chazaud, sieur de Bois-Bertrand et de l'Ecanie, avocat au Parlement, juge sénéchal de la Vauguyon, qui se maria, en 1662, avec Marguerite de la Ramière. [Nobiliaire, I, p. 437.] — Jean François d'Asnière, écuyer, sieur de Villechenonet l'Ecanie, épousa vers 1695, Marie-Thérèse Chazaud. [Nobiliaire, I, p. 56.] — François de l'Ecanie épousa, le 18 septembre 1714, Elisabeth Roux, fille de Gabriel Roux de Lusson, seigneur de Reilhac. — Robert d'Asnière, sieur de l'Ecanie, 1723. [Registres Paroissiaux.]

L'Ecanie (Moulin de), sur la Tardoire.

Fontfroide (Moulin de), sur la Tardoire.

Gouenaix.

Grandcamp. — Village près duquel passait l'ancienne voie romaine de Périgueux à Poitiers.

La Grange.

La Guérite.

Labraud.

Chez-Levrault.

Maisonnais (Moulin de), sur la Tardoire.

La Maisonnette.

Mauron.

Mas-Veyraud (Grand-). — Le 17 août 1743, Maximilien de Crozant, écuyer, sieur des Rivières, le Bois, etc., et sa femme, Jeanne de la Verg-ne, demeurant au bourg de Vilhonnour, vendirent la métairie du Mas-Veyraud à Jean-Baptiste Garrigou, sieur du Mas-Veyraud, et à Jean Garrigou, sieur de la Nègrerie. Elle est encore de nos jours dans cette famille.

Mas-Veyraud (Petit-).

Ménagerie.

Le Puy. — Le château du Puy était composé d'un corps de bâtiments accompagné de tours qui ont été démolies de nos jours. — Sallique de Fontlebon était seigneur du Puy et de la ChapelleSaint-Robert ; il épousa Marie de la Boissière le 10 juillet 1583. Ce fief était encore dans la même famille en 1727, lorsque Louise de Fontlebon, veuve de Mre Charles Bertrand, épousa Mre Armand-François du Lau, chevalier, seigneur de Châteaurocher. La famille de Fontlebon porte : d'argent à trois aigles de sable, deux en chef et mie en pointe.

Raux.

Chez-Reveillou.

Sableronne. — Sablanoze en 1483, et Salanoza. — C'était un prieuré-cure en 1310, qualifié cure régulière en 1483. Le prieur des Salles-la-Vauguyon y faisait les nominations de 1475 à 1727. En 1612, cette paroisse avait encore le titre de prieuré, ayant pour patron la sainte Vierge. Elle fut unie au prieuré de la Nouzille, paroisse.de Saint-Auvent, avant l'année 1745. François de Rochechouart-Pontville y fonda en 1514 une messe à dire chaque semaine [Nobiliaire, IV, p. 67]. Son église ou chapelle était en ruine dès 1620. Aujourd'hui ses restes sont à peine visibles au sommet d'une prairie à l'ouest du village. On a extrait du cimetière qui l'entourait des pierres tombales en calcaire que l'on voit encore à plusieurs portes du village.

Talonnât.

Tramer. — Une branche de la famille Gros porte le nom de Gros-Tramer.

La Vauguyon. — Les ruines de ce château, sur la rive droite de la.Tardoire, dominent à mi-côte le lit encaissé de cette petite rivière. L'enceinte principale est un grand quadrilatère de 40 mètres de côté, flanqué aux angles de fortes tours rondes extérieurement et carrées à l'intérieur. Ces tours forment, à chaque étage, des appartements carrés de 6 mètres de côté. Lorsqu'on se place dans la large embrasure de leursfenêtres, la vue s'étend agréablement sur un riche paysage, qu'embellissent la forêt et la Tardoire. La porte, privée de sa herse, regarde le nord. Elle était surmontée d'un majestueux donjon carré, que précédait un pontlevis. Un fossé large et profond, qu'on remplissait d'eau bu qu'on desséchait à volonté, l'entourait complètement. Le terre-plein, qui sur trois côtés servait de chaussée à ce lac, formait encore une ligne de défense difficile à enlever, surtout à l'est et au midi, où ses murailles ressemblent aux remparts d'une ville fortifiée.

L'intérieur se compose de deux vastes corps de bâtiments. Celui de la façade forme au centre une grande salle, dont la voûte gothique à nervures prismatiques et un beau pendantif central existent encore, quoique en bien mauvais état. Elle occupe toute la grandeur du donjon, qui surmonte la porte, et mesure intérieurement 6m50 de côté. A gauche sont les habitations ; à droite, une chapelle, composée de deux travées mesurant ensemble 12m60 de longueur sur 6m30 de largeur. L'arrachement des voûtes nous montre des nervures rondes recouvertes d'une baguette, qui font connaître approximativement la date de cette construction : elle doit être de la fin du XIVe siècle ou du commencement du xve.

Le second corps de bâtiment occupe tout le côté de l'est. Il recouvre de vastes caves, encore accessibles aujourd'hui. Au midi et au couchant, deux courtines, portant des galeries intérieures, relient la tour d'angle aux autres constructions. Une promenade crénelée, complètement démolie aujourd'hui, surmontait ce vaste ensemble de bâtiments.

Le préau, ou cour intérieure, est d'une remarquable grandeur. C'est sur ses murailles qu'on trouvait des peintures à la fresque dont les inscriptions étaient en caractères du XVIe siècle. Elles représentaient « une série de grands portraits de famille, avec les noms, les titres et les armoiries des nobles damés et des seigneurs alliés à la maison des Cars de la Vauguyon ». Le temps les efface avec rapidité ; bientôt il n'en restera pas la moindre trace. Quelques-uns ont lu au bas de ces peintures le nom de Champigny, d'autres celui du comte d'Artois ; actuellement on ne les y retrouve plus.

Nous trouvons pour la première fois le nom de la Vauguyon en 1188. A cette époque, Charles, seigneur de Pérusse, épousa Anne de Malassac, dame de la Vauguyon. On peut suivre dans le Nobiliaire, aux articles Pérusse des Cars, Stuer de Caussade et de Quèlin, la série des propriétaires de ce château depuis ce moment jusqu'au jour où il fut vendu, en 1719. Le premier acquéreur semble être Vincent Le Blanc, grand-audiencier de France. Mais tout ne lui réussit pas, car à sa mort, en 1729, nous voyons une saisie faite sur la terre de la Vauguyon, formant sa succession, pour défaut d'un payement de 200,000 livres, reste du prix avec intérêts, pour M. Pierre-Jacques de Law, président de la Cour des comptes, aydes et finances de Normandie. En 1789, la terre de la Vauguyon était possédée par MM. Lafordie et de Confolens (3).

Le château de la Vauguyon fut pris par les Anglais ; mais, en 1381, ils en furent chassés par Bertrand du Guesclin et autres capitaines, auxquels la ville de Limoges avait fourni des hommes et de l'argent pour débarrasser la province de ses ennemis. A la prise de ce château par les Anglais, et lorsque du Guesclin le reprit, les murailles et les tours-eurent beaucoup à souffrir. Une partie fut même détruite par l'incendie. Aussi remarque-t-on, surtout vers le sud-est, un bon nombre de pierres rougies par le feu, qui ont été employées dans la reconstruction qui suivit ces événements. C'est probablement de 1450 à 1460 que ces réparations furent faites par Gautier de Pérusse, seigneur des Cars, la Vauguyon, etc., sénéchal du Limousin.

Nous voyons qu'en 1586 le duc de Mayenne, un des chefs de la Ligue, fut accueilli au château de la Vauguyon.

Par lettres-patentes du mois de juillet 1586, Henri III érigea la terre de la Vauguyon en comté, et il fit cette érection, non-seulement en faveur de Jean des Cars, seigneur de la Vauguyon, et de ses enfants, mais encore avec dérogation à l'édit de 1566, qui réunissait à la couronne tous les duchés, comtés et marquisats, lorsqu'il n'y avait pas d'enfants mâles.

Ce château n'a pas été détruit sous Richelieu, comme l'ont assuré plusieurs auteurs (4). Richelieu est mort en 1642, et nous voyons assez longtemps après lui cette habitation féodale conserver toute sa splendeur : en 1694, on y transporta avec beaucoup de pompe, dans la chapelle dont j'ai parlé plus haut, les restes de Marie Stuer de Caussade, comtesse de la Vauguyon, marquise de Saint-Mégrin, dame de Varagne, etc., qui était morte au mois d'octobre 1693, au château de Saint-Mégrin, en Saintonge. Pour les années suivantes, les registres paroissiaux de Maisonnais constatent la présence de « très haut et très puissant messire Nicolas Estuer de Caussade, prince de Carency, comte de la Vauguyon », et de tous les officiers et serviteurs attachés à sa maison.

Ce ne fut qu'après la vente de 1719 que la splendeur de cette habitation diminua, mais le château ne fut pas démoli. La Révolution ne respecta pas ce monument : là, comme à Montbrun, il y eut des actes de vandalisme indignes d'une nation civilisée. Le peuple pilla et démolit tout. Mais le plus coupable dans ces actes de sauvagerie n'était peut-être pas le peuple, car, peu de jours avant, l'autorité avait fait afficher l'arrêté suivant, dont on trouve un exemplaire, imprimé en placard, à la Bibliothèque Nationale, sous le n° 957 de la série L. 41 :

a Arrêté des Représentants du peuple dans les départements de la Corrèze et de la Haute- Vienne :

» Les Représentants du peuple dans les départements de la Corrèze et de la Haute-Vienne, considérant que les troubles excités par l'aristocratie expirante et le fanatisme aux abois n'avaient d'autre but que de rétablir l'ancien régime, les dixmes, les rentes, les corvées, et qu'il est essentiel de détruire les anciens châteaux, qui dans ces circonstances deviendraient autant de repaires pour ces scélérats, sans cependant que. sous ce prétexte, les bâtiments nécessaires à l'agriculture puissent être détruits ni dégradés,

» Arrêtent ce qui suit :

» 1° Les propriétaires des ci-devant châteaux-forts, dans les départements de la Corrèze et de la Haute-Vienne, seront tenus de les faire détruire dans le courant de la seconde décade du mois nivôse, et seront réputés châteaux-forts tous ceux qui sont défendus par des tours, des mascoulies, des fossés ou ponts-levis ;

» 2° Dans le cas où ladite démolition ne serait pas effectuée dans ledit délai, tous les citoyens sont invités à les démolir, chacun dans leur commune respective, sans que cependant sous ce prétexte les habitants desdites communes puissent sortir de leur territoire, pour se prêter secours ;

» 3° Tous les citoyens desdites communes qui ne sont point logés, ou dont les bâtiments ont besoin de réparations urgentes, prendront parmi ces matériaux tout ce qui leur sera nécessaire, et le partage en sera fait entr'eux par les officiers municipaux, en raison de leurs besoins respectifs ;

» 4° Les officiers municipaux veilleront de tout leur pouvoir à ce qu'il ne soit commis aucun pillage, ni détruit d'autres bâtiments que les châteaux, les bâtiments nécessaires à l'agriculture devant être conservés en entier ;

» 5° Les citoyens sont tous invités à célébrer les décades par là démolition desdits châteaux, en y mettant le plus grand ordre pour éviter tout accident ; s '

» 6° Les agents nationaux, tant des districts que des communes, veilleront de tout leur pouvoir à l'entière exécution du présent arrêté.

» Tulle, le 8 nivôse, l'an second de la république française une et indivisible.

» NOTA. — Il ne faut pas confondre les maisons de campagne qui ont des petites tours faites en cul-de-lampe, ou dont l'escalier est placé dans une tour : ces maisons ne doivent pas être détruites.

(Signé) : » Brival.

» BORIE, secrétaire. »

A Tulle, chez P.-J.-M. Vachet, imprimeur du département.

Depuis ce jour, les ruines de cet intéressant château forment une carrière où sont allés puiser, comme le permettait l'arrêté cidessus, tous ceux qui ont eu besoin de bâtir. Les pierres de taille, enlevées les premières, ont occasionné la chute des plus beaux morceaux de cette riche construction.

Près du château de la Vauguyon existait une chapelle portant le nom de Notre-Dame-de-Lorette. Les derniers vestiges de ce petit édifice ont disparu de nos jours. Sa fête patronale était la Nativité de la sainte Vierge. Les seigneurs de la Vauguyon, qui l'avaient bâtie, y fondèrent deux vicairies. Ils y firent les nominations jusqu'en 1709, époque après laquelle le château fut vendu ; ce fut ensuite l'évêque de Limoges qui posséda ce droit, et nous le lui voyons exercer en 1757.

Je suis porté à croire que cette chapelle a été construite par Arnoul de Pérusse, seigneur de la Vauguyon, grand-maréchal d'Eglise, à qui le pape Innocent VI, son compatriote, avait confié le soin de bâtir les murs d'Avignon. En effet, le célèbre miracle par lequel la maison de la Bienheureuse Vierge Marie avait quitté la Palestine le 10 mai 1291, et s'était en dernier lieu fixée sur le rivage de l'Adriatique, à Lorette, le 10 décembre 1294, venait de s'acomplir lorsque naquit Arnoul. C'est en mémoire de cet événement qu'il voulut donner le nom de Lorette à cette modeste chapelle, probablement la première qui ait été élevée en France sous ce vocable. Il la plaça à 500 mètres de son château, sur un monticule de la forêt, imitant de loin la montagne de lauriers des bords de l'Adriatique.

Le pont au-dessous du château de la Vauguyon porte l'inscription suivante : 1865, BOBY DE LA CHAPELLE, PRÉFET.

Vaud. — Une branche de la famille Gros porte le nom de Grosde-Vaud. Verinelles. Vieux-Château.

(Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1883)