Au début du XVIIe siècle, deux notaires exerçaient au bourg ; Jehan Benoit qui épousera en secondes noces Catherine Frotier sœur bâtarde du seigneur de la Rochette ; sa maison était en face du cimetière ; son père, autre Jehan Benoit, ancien notaire à la Rochefoucauld mourra au village des Gots ; nous avons du premier nommé un certain nombre de minutes de 1616 à 1632.

L'autre notaire, François Boissier habitait la grande maison à côté de l'école actuelle ; François Gounin, parfois signalé comme notaire habitait au Logis, mais il se fixera très vite à Coulgens ; Léonet Benoit, archer de de la maréchaussée de Saintonge est quelquefois signalé aussi comme notaire.

Un peu plus tard, le notaire Jean Fureau exercera à Villemalet de 1653 à 1666 ; il avait acheté son office à un héritier de Jean Benoit, l'ancien notaire du bourg ; il nous a laissé des minutes fort intéressantes.

Tous les habitants de la paroisse, même les plus humbles, avaient recours au service des notaires ; achats ou échanges de terres, mariages, testaments, donations associations, tout était sujet à un acte notarial, et le lecteur aujourd'hui est surpris de la fréquence et de la modicité des actes passés devant le notaire du village.

En voici quelques-uns :

Un contrat de mariage : le 3 novembre 1625, Marcelle Boissier, fille de François et de Louise Frougier du bourg, épouse Pierre Pineau, fils de Piere et de Marguerite Robin demeurant au moulin de la Rochette ; la future épouse recevra de ses parents : 8 livres en arget, un lit, 4 linceuls dont 2 de drap et 2 d'étoupe, 2 nappes dont une d'étoupe, 4 fourchettes, 2 écuelles, 2 assiettes, une chopine le tout en étain, 4 chefs de brebis femelles, et un coffre de bois. Le tout sera payable deux mois après la bénédiction nuptiale.

Le future époux recevra de ses parents la tierce partie de leurs biens, sans aucune précision.

Inventaire après le décès d'un notable, le notaire Jean Benoit ; le 2 novembre 1632, fut fait l'inventaire et la vente de la moitié de ses biens, l'autre moitié revenant à sa veuve : « 1 châlit de bois de noyer fait de menuiserie, un lit de plume, une couverture de laine blanche, un ciel de lit bleu aussi en laine blanche, une paire de linceuls, un coffre de noyer fermant à clef, un poilon, divers plats en étain, trois chaudrons, 18 serviettes, un linceul de chanvre, un de toile, un méchant coffre, une cassotte, deux linceuls de grosse toile, deux nappes de toile de brin, un lit de plume avec un châlit de noyer, une nappe, 12 serviettes, un buffet, une charrette, quelques chaises, un tabouret, un poêle, une grosse table, 4 fûts de barrique, une barrique de vin, 1 dail bien aiguisé, une nappe d'étoupe ».

Tous ses biens furent adjugés devant la porte de l'église à divers acquéreurs pour 119 livres ; une paire de bœufs valait à cette époque 90 à 95 livres.

Un autre acte plus modeste ; Poivert veut se servir du puits du village des Gots : il sera tenu de le faire creuser à ses frais et dépens de trois pied de profondeur ; alors il aura le même droit de puisage que les autres.

Jehan Fonteneau était Maître arpenteur au mas du Buisson.

Blaise Boissier, sieur de la Fayolle et Léonet Benoit étaient gardes des Eaux et Forêts d'Angoumois ; un peu plus tard, Jean Fureau sera garde traversier des Eaux et Forêts ; un autre Jean Fureau était praticien : nullement médecin, le praticien possédait quelques connaissances juridiques ; un peu homme d'affaires, sa signature se voit souvent au bas des contrats à côté de celle du notaire.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.