François Poutignac, Sieur du Roc, bourgeois, riche marchand de la Rochefoucauld, avait acheté l'ancien fief du Roc ; il était en relations commerciales avec l'Angleterre.

Jean Saulnier, Sieur de l'Isle, bourgeois, avait acheté les droits des dîmes et d'agriers de la duchesse d'Anville-la-Rochefoucauld, sur une terre possédée par Sébastien Jonquet au bourg ; le droit d'agrier avait été prélevé au neuvième des fruits selon la coutume ; mais Jean Saulnier avait prélevé le droit de dîme sur les sixième et septième sillons, au lieu du onzième ; il devra rembourser le trop perçu.

Les Bordet, bourgeois, furent gardes des eaux et forêts d'Angoumois, pendant trois générations ; ils s'enrichirent grâce aux fermes des dîmes du chapitre de la Rochefoucauld sur la Rochette et Agris ; Alexandre Bordet, le dernier des trois, possédait outre son office et sa propriété trois maisons dans la paroisse et divers bâtiments ; par son mariage avec Louise Fureau il était lié à la famille suivante.

Parmi les nombreux Fureau de la région, la branche des Fureau de Villemalet avait su s'élever dans l'échelle sociale ; ils étaient fermiers des tailles de la Rochette et de St-Mary ; ils tenaient des offices ; notaires ou gardes des eaux et forêts ; ils étaient praticiens, marchands et rassemblaient des terres à leur profit ; en 1790, Pierre Fureau l'aîné avait ainsi acheté à Pierre Desclides des vieilles Vaures, tous les biens possédés par ce dernier à la Rochette, bâtiments, terres et bois ; vente faite pour 2.324 livres, versées sur le champ. Pierre Fureau le jeune, fut homme d'affaires à St-Mary où avait vécu enfant, son épouse, Marguerite de la Faye.

Cette famille roturièe avait contracté des alliances flatteuses avec les de Crozan, les Frotier-Tizon, les Lafaye de Champlaurier.

L'arpenteur de 1749 notait « Mrs de Virmallet possèdent des rentes dans la paroisse » ; en effet en 1703, François Fureau avait acheté au roi des agriers sur la Rochette, Agris et Jauldes ainsi que le droit de chasse dans les lieux somus à l'agrier et en braconne ; ce droit de chasse vendu à un roturier devait être assez exceptionnel ; en 1776, ces droits furent retirés aux héritiers Fureau et ils furent indemnisés ; les vieilles gens du village parlent encore d'eux comme des seigneurs de Villemalet ; ils avaient même leur blason : d'argent à chevrons de gueules, accompagné de 3 canettes posées en 2 et 1 ; ne soyons pas surpris de trouver des canettes sur un blason ; elles se voient sur des chapiteaux dans l'égise, sur un modillon autour de l'église et même sur une maison du bourg. Le logis de Pierre Fureau, l'aîné, existe intact avec son porche charentais, daté de 1677 et son vieux colombier carré, à la sortie du village de Villemalet.

A la fin du XVIIIe siècle, cette famille bourgeoise était représentée par les deux cousins.

Pierre Fureau de Villemalet, dit l'aîné.

Pierre Fureau de Fontenelle, dit le jeune ; ce dernier habitait près de la route en face de son cousin.

Ils étaient bien roturiers, quoiqu'on ait dit, et étaient portés sur le rôle des tailles de 1789.

Source : La Rochette, de James Forgeaud.