Boissier, avec Généalogie Charente Périgord
Origine très ancienne, nom provenant de boissière, lieu couvert de bois, clairière, d'après le dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle.

Filiation suivie

I. — Blaise Boissier, né en 1574, décédé en 1624, sieur de Maubras, garde des eaux et forêts d'Angoumois, marié avec Louise Leclerc, d'où : 1° Pierre Boissier, qui suit ; 2° Léonarde Boissier, mariée avec Imbert Ferrand, praticien ; 3° Louise Boissier, mariée avec Jean Broussard, marchand, d'où Pierre Broussard, notaire royal ; Autre Louise Boissier, mariée avec Michel Poumeau, bourgeois ; 5° François Boissier, sieur de Grand-Champ, marié d'après acte du 29 janvier 1647, avec Louise Benoist ; 6° Roch Boissier, garde des eaux et forêts d'Angoumois, marié d'après acte du 11 janvier 1634, avec Catherine Frotier.

II. — Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, marié d'après acte du 14 février 1638, avec Marie Fureau, fille de François Fureau, garde des eaux et forêts d'Angoumois, et Jeanne de Rouffignac, d'où : 1° Roch Boissier, qui suit ; 2° François Boissier, sieur de La Mothe, marié d'après acte du 11 novembre 1682, avec Jeanne Malterre ; 3° Hélie Boissier, maître-apothicaire, marié d'après acte du 3 novembre 1685 avec Jeanne Gesmond, fille de François Gesmond, garde des eaux et forêts d'Angoumois, et Jeanne Gervais, d'où Roch Boissier, lieutenant d'infanterie ; 4° Jean Boissier, bourgeois, marié d'après acte du 17 novembre 1688, avec Marguerite Lériget.

III. — Roch Boissier, sieur de La Fayolle, marié d'après acte du 14 mai 1675, avec Françoise Riffaud, fille de Gilet Riffaud, marchand, et Marie Dumousseau, d'où : 1° Jean Boissier, qui suit ; 2° Catherine Boissier, mariée d'après acte du 27 janvier 1701, avec Jean Grassin, maître-chirurgien, d'où Louis Grassin, né en 1717, décédé en 1791, sieur des Combes, père de Jean Grassin, né en 1752, décédé en 1833, notaire, maire de la commune de Coulgens.

IV. — Jean Boissier, sieur des Combes, garde des eaux et forêts d'Angoumois, marié d'après acte du 18 septembre 1702 avec Marie-Anne Béchamil, fille de Pierre Béchamil, maître-chirurgien, et Elisabeth Benoist, d'où : 1° Jean Boissier, qui suit ; 2° Elisabeth Boissier, mariée d'après acte du 21 août 1725, avec Philippe Constantin, notaire royal, d'où : Jean-Jacques Constantin de Villars, né en 1728, décédé en 1814, lieutenant-général de police à Angoulême ; 2° Elisabeth Constantin, mère de Pierre Fureau de Villemalet, né en 1760, décédé en 1795, général de division ; 3° Louise Constantin, femme de Alexis Lavialle, né en 1735, décédé en 1796, président de l'administration du district d'Angoulême.

V. — Jean Boissier, sieur des Combes, fermier de l'abbaye Saint-Ausone d'Angoulême, marié d'après acte du 27 octobre 1734, avec Louise Benoist, fille de Roch Benoist, sieur du Châtelard, et Marie Valleteau, d'où : 1° Roch Boissier-Descombes, qui suit ; 2° Louise Boissier-Descombes, mariée d'après acte du 8 novembre 1761, avec Philippe Héraud, avocat, d'où Marie-Anne Héraud, belle-sœur de Pierre-Armand Pinoteau, né en 1769, décédé en 1834, général de brigade ; 3° Marie-Anne Boissier-Descombes, mariée d'après acte du 3 février 1756, avec Laurent Delisle, maître-chirurgien, oncle par alliance de René Doche, né en 1760, décédé en 1834, député de la Charente à l'assemblée législative ; 4° Anne Boissier-Descombes, mariée d'après acte du 8 mai 1757, avec Charles-Joseph Ducluzeau, greffier des eaux et forêts d'Angoumois ; 5° Marie Boissier-Descombes, mariée d'après acte du 5 février 1782, avec Jean Lhoumeau, marchand ; 6° Jean Boissier-Descombes, bourgeois, propriétaire du logis du Châtelard à Puyréaux, marié d'après acte du 9 février 1766, avec Marie-Catherine Plaignaud ; 7° Laurent Boissier-Descombes, né en 1759, décédé en 1829, bourgeois, propriétaire, député aux États provinciaux, capitaine de la garde nationale, maire de la commune d'Agris, marié d'après acte du 23 février 1784, avec Marie Arondeau ; 8° Marie Boissier-Descombes, mariée d'après acte du 5 novembre 1776, avec Jacques Meslier, avocat ; 9° Anne Boissier-Combes, mariée d'après acte du 11 juillet 1780, avec François Pantet, bourgeois.

VI. — Roch Boissier-Descombes, né en 1749, décédé en 1807, lieutenant des chasses du comte d'Artois, député/maire/procureur/commissaire pendant la Révolution, marié 1) avec Marthe Orillac, décédée en 1777, d'où Marie-Denise Boissier-Descombes, mariée d'après acte du 12 janvier 1790, avec Jean Rivaud, né en 1765, décédé en 1803, général de division et propriétaire de l'hôtel de Bardines à Angoulême 2) avec Marie Boissier, d'où Alexandre Boissier-Descombes, né en 1782, décédé en 1813, chef de la bande responsable de l'attaque de la diligence de Churet.

Archives départementales

1626. — Vente par Louise Clerc, veuve de Blaise Boissier, vivant garde des eaux et forêts, d'une pièce de terre appelée Le Parc, paroisse de La Rochette.

Vente par Héliot Ferrand à Jacques Boissier, d'une pièce de vigne au lieu dit La Terrière, paroisse de La Rochette.

1638. — Transaction entre Jacques Lemercier, écuyer, sieur de La Borde et de La Trimouille, demeurant audit lieu noble de La Borde, et Pierre Boissier, praticien, au sujet de la ferme de la métairie dudit lieu de La Borde.

1644. — Partage par dame Louise Le Clerc, veuve Blaise Boissier, vivant garde des eaux et forêts, entre Roch Boissier, aussi garde des eaux et forêts, Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, et François Boissier, sieur de Grand-Champ, ses enfants, de tous ses biens meubles et immeubles, sous certaines conditions et réserves spécifiées dans l'acte.

1649 — Transport par Roch Frotier­ Tizon, écuyer, sieur de La Rochette, tant pour lui que pour Clément Frotier-Tizon, son fils, à Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, de toutes les rentes leur appar­tenant à cause de leurs seigneuries de Terrebourre, Chez-Pouillac et Villards.

1656-1657. — Vente par François Gervais, avocat, maître particulier des eaux et forêts d'Angoumois, à Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, d'une pièce de terre près le village des Barrières.

Vente par Pierre Dufouilloux à François Boissier, notaire à La Rochette, d'une grange sise au village des Foucauds, paroisse d'Agris.

1708-1713. — Vente par Jean Saulnier, laboureur, à Jean Boissier, sieur des Combes, garde des eaux et forêts d'Angoumois, de trois lopins de terre près le village des Chabrouleaux.

1720-1722. — Procès-verbal à la requête de Jean Boissier, sieur de L'Aubépin, des dégâts commis dans un champ de blé d'Espagne lui appartenant.

1731-1734. — Donation par Élizabeth Béchemilh, fille majeure, demeurant au village de La Motte, paroisse de Jaudes, à maître Philippe Constantin, notaire royal, et demoiselle Élizabeth Boissier, sa femme, nièce et filleule de ladite Béchemilh, en reconnaissance des bons services à elle.

Vente par Pierre Ferrand, marchand, à François Boissier, sergent royal, demeurant en la paroisse d'Agris, d'une pièce de terre labourable sise en ladite paroisse.
 
1738-1739. — Bail à ferme par Hélie Boissier, praticien, de présent engagé au service de Sa Majesté avec monsieur de Guitard, capitaine d'infanterie, à maître François Boissier, sergent royal, de tous les biens-fonds et héritages appartenant audit Hélie Boissier, du chef de Roch Boissier, son père, dans les paroisses d'Agris et de La Rochette.

Cheptel à moitié croît, pour un an, de 2 vaches de six ans estimées 120 livres, et de 2 boeufs de tire estimés 160 livres, consenti à un laboureur de la paroisse de Brie et à sa femme par Jean Boissier, sieur des Combes, garde en la maîtrise des eaux-et-forèts d'Angoumois.

1759. — Arrentement par Clément Boissier, sieur de Beaumont, soldat, à François Boissier, sergent royal, d'une maison tombant en ruines, au lieu des Barrières, paroisse d'Agris.

1769. — Bail à ferme de la moitié des dîmes de la paroisse de Brie, consenti moyennant 1,200 livres, chacun an, à Jean Boissier, sieur des Combes, bourgeois, et à Robert Machenaud, sieur des Plantes, aussi bourgeois, par ladite abbesse.


Bibliothèque généalogique

• Pierre Dubourg-Noves, Châteaux, manoirs et logis : La Charente, 1993.

Maison Boissier-Descombes. Cette demeure, qui ne fut pas noble, est située au village de « Chez Masset ». Elle appartenait, en 1752, à Jean Boissier, sieur Descombes, garde des Eaux et Forêts. C'est une belle demeure du XVIIIe siècle, avec une aile principale et une autre, plus courte, en retour. Elle possède deux niveaux sur cave, et un en surcroît. Les fenêtres sur rez-de-chaussée sont en arc bombé, celle de l'étage, rectangulaires ; au-dessus, se voient de petites lucarnes. Une belle porte avec imposte sous arc bombé, dans un avant-corps à angles arrondis sous un entablement à moulures saillantes, occupe le centre de la façade. Le logis a été pour moitié modernisé tristement, et reste pour l'autre dans son état ancien, avec plusieurs cheminées Louis XV à trumeau peint. La margelle du puits est datée de 1744. Cette maison avoisinait le cimetière des chiens de la meute des la Rochefoucauld, qui y étaient enterrés avec une plaque de cuivre mentionnant leur nom et leur pédigrée. Tout vestige de cette intéressante sépulture semble avoir malheureusement disparu.

• Jane-Marcelle Delahaye, Notes historiques sur Agris, paroisse d'Angoumois, 1975.

La famille Boissier (le nom de Boissier est l'équivalent de Forestier) est à l'origine une famille de gardes des Eaux et Forêts. On remonte dans la généalogie de cette famille jusqu'à la fin du XVIe siècle où vit Blaise Boissier, garde, époux de Louise Clerc (ou Le Clerc) dont la fille Léonarde Boissier est baptisée le 12 octobre 1614 dans l'église d'Agris. Elle a pour marraine Léonarde Laisné, femme de Roch Frotier Tison, escuyer, sieur de La Rochette et de Sigougnes. Blaise Boissier fait un échange d'héritage en 1622 et meurt peu après puisque Louise Clerc est déclarée veuve dans un bail à ferme qu'elle fait en 1624 à Georges Saulnier clerc de plusieurs rentes dont une seigneuriale et foncière due à la seigneurie de Ribérolles et que ledit Boissier avait affermée de la demoiselle Marsay. En 1644, Louise Le Clerc partage ses biens avec ses enfants : Roch Boissier, aussi garde des Eaux et Forêts ; Pierre Boissier, sieur de La Fayolle ; François Boissier, sieur de Grand-Champ.

Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, époux de dame Marie Furaud de Villemalet, habite aux Cailles, paroisse d'Agris, en 1656 puis aux Maubras en 1661. Le 26 novembre 1670, il lui est fait par Jean de Guitard, écuyer, sieur de La Borie et de Ribérolles autorisé de maître Pierre de Saunières « son tuteur onéraire », un bail à ferme « de la maison noble de Ribérolles avec les métairies du Logis, du Gainard (?), de La Moussière, de Chez Gaillou, autrement Chez Micheau, et généralement de toutes les dépendances de la seigneurie de Ribérolles sauf le corps de logis qui est au-dessus du portail et entrée de ladite maison de Ribérolles, dans lequel ledit seigneur entend faire son habitation, en allant et venant, et y loger ses meubles, ledit bail moyennant 1 400 livres par an, payables savoir, une moitié à la fête de Saint-Jean, l'autre moitié à la fête de Noël ».

Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, et Marie Furaud vivent encore lors du mariage de leur plus jeune fils, François Boissier, sieur de La Mothe, domicilié chez Caille, paroisse d'Agris, avec Jeanne Malterre, en 1682.

Au début du XVIIIe siècle, s'élevait, au village des Barrières, paroisse d'Agris, la maison du maître-apothicaire Hélie Boissier, fils aîné de feu Pierre Boissier, sieur de La Fayolle, époux de Jeanne Gesmon. Il avait acheté cette maison en 1702, ainsi qu'une terre au lieu-dit La Loupe, de Bezaud Noël, sieur du Parc, et de Marie Dubournais, son épouse, du Puyssaguet, le tout relevant de la seigneurie de Ribérolles. La porte de la maison de l'apothicaire était surmontée d'une inscription latine servant d'enseigne. En voici le texte qui fut communiqué à la Société Archéologique et Historique de la Charente (1936, p. XXXIII) :

ECCE DOMUS PHARMACOPOLÆ
MEDICAMENTA SUNT
DEORUM MANUS

(Ici la maison du pharmacien. Les médicaments sont la maison des dieux.)

La maison existe toujours, du moins en partie, au lieu-dit Les Barrières, et l'inscription est encore lisible sur une pierre en forme de demi-cercle encastrée dans le mur au-dessus d'une petite porte donnant dans la cour.

Veuf de Jeanne Gesmon, décédée à l'âge de trente-sept ans et enterrée le 29 juin 1697 dans la chapelle Saint-Paul de l'église d'Agris, Hélie Boissier épouse en secondes noces Marie Lériget, fille de Jean Lériget, sieur de La Taillandière et de Larchier (mort ainsi que sa femme avant 1705). Son frère, Jean Boissier, sieur de Laubespin (terre en agris), a épousé Marguerite Lériget, sœur aînée de Marie, tandis que Jean Lériget, fils, s'unit en 1716 à Françoise Boissier, sœur des précédents.

De son premier mariage, Hélie Boissier, maître-apothicaire, a un fils, Roch Boissier, sieur de La Fayolle (parfois dit René), qui épouse le 28 novembre 1715 Madeleine Lériget, fille de Pierre Lériget, sieur de Beaumont. La sœur de Madeleine Lériget, Anne Lériget, est mariée à Barthélemi Gadon, praticien en 1718, puis juge assesseur de la châtellenie de Saint-Mary en 1724 et procureur au siège de La Rochefoucauld en 1725. Les deux sœurs, Madeleine et Anne, et leurs époux, Roch Boissier, sieur de La Fayolle, et Barthélemi Gadon, se partagent en 1718 les biens de la succession de dame Madeleine de Garoste, leur mère et belle-mère, femme (ou veuve) de Pierre Lériget. En 1727, Hélie Boissier et Marie Lériget partagent avec Roch Boissier, fils de Jeanne Gesmon, première femme d'Hélie, plusieurs fonds dépendant de la succession de celle-ci. A sa mort, Hélie Boissier, âgé d'environ quatre-vingts ans, est enterré dans l'église d'Agris le 10 juillet 1736. Roch Boissier meurt avant 1741, date à laquelle Madeleine Lériget est dite veuve dans un acte de vente. Décédée à Villemalet dans la maison de son fils Hélie, elle est inhumée le 11 février 1756 dans la chapelle Saint-Paul de l'église d'Agris, âgée d'environ soixante-dix ans.

La famille Boissier se perpétue avec Jean Boissier, sieur des Combes, garde des Eaux et Forêts, dont on retrouve le nom entre 1720 et 1748 dans plusieurs actes d'achat de terres. Sans doute est-ce lui qui, en 1761, est dit fermier général de l'abbaye de Saint-Ausone d'Angoulême quand il fait avec le prieur-curé de la paroisse de Brie, un bail à ferme à Pierre Rossignol, laboureur, des dîmes de la paroisse de Brie. En 1789 le nom de Boissier, sieur des Combes, sera soudé en Boissier-Descombes. A Agris, le sieur Laurent Boissier, de La Brousse, est alors le plus riche propriétaire terrien de la paroisse.

• Stéphane Calvet, Les grandes affaires criminelles de la Charente, 2011.

« Le sieur Descombes père, sans état avant la révolution et retiré à la campagne, vivait de ses rentes, sa fortune personnelle était de 130 000 à 140 000 francs. S'étant prononcé pour les principes de la Révolution, il fut appelé à la place de procureur syndic du District de La Rochefoucauld à celle de maire de sa commune et depuis à celle de percepteur des contributions. Ses opinions politiques et ses relations ont toujours été bonnes. Quant à sa probité on ne saurait lui faire le moindre reproche. »

Une étude dans les différentes registres paroissiaux et dans l'état civil montre, en outre, qu'il dispose d'un solide réseau de parentèle et de clientèle à travers tout le département de la Charente. Possédant plusieurs propriétés, il est lié aux Fureau de Villemalet, ainsi qu'à la famille Frottier de La Rochette. Son mariage, célébré à Saint-Projet-Saint-Constant le 7 décembre 1790, permet également de voir qu'il compte parmi ses amis un certain Constantin-Villars, lieutenant général de police à Angoulême. Enfin il a été, par sa sœur Marie Denise, le beau-frère du général de division Rivaud, l'une des plus grandes gloires locales de cette époque. Honnête et raisonnable, Boissier-Descombes père est cependant mis à l'index dès qu'on évoque sa conduite privée. Rudler affirme ainsi : « Le mauvais exemple qu'il a donné à ses enfants par ses mœurs dissolues et l'attachement aveugle qu'il avait pour son fils sont les sources de ses malheurs (...). Sa fortune se trouve réduite à 50 000 ou 60 000 francs. Outre son fils et une fille mariée, il est encore chargé de cinq enfants ». Il est vrai que ces derniers sont tous issus d'un mariage contracté en 1790 avec sa cousine germaine Marie Boissier avec laquelle il a vécu un long moment en concubinage. Né le 22 octobre 1783, Antoine est donc le fruit d'une union illégitime. Marcel Reible certifie même que la première épouse du père Boissier-Descombes se serait suicidée en raison des frasques amoureuses de son époux. Mais une fois de plus, aucun document d'époque ne nous permet d'infirmer ou de confirmer cette hypothèse. Il est certain néammoins que l'homme a eu des enfants illégitimes avec sa cousine germaine, ce qui peut paraître scandaleux dans le monde de la notabilité de l'époque. Quoi qu'il en soit, le préfet de la Charente estime que cette immoralité serait à l'origine de la mauvaise conduite du fils dont il dresse un portrait peu flatteur.

• Revue de Saintonge & d'Aunis, 1938.

Ce titre pourrait faire croire à un roman ; pas du tout, c'est un récit d'histoire locale, une histoire de brigands. L'affaire se passe sous Napoléon Ier, en 1807. Une diligence transportant une somme très importante à l'adresse de la Banque de France, part d'Angoulême pour Paris, et se trouve attaquée près du pont de Churet, non loin de son lieu de départ, par plusieurs individus conduits par un nommé Boissier-Descombes, fils d'un gros propriétaire de la région. C'est une affaire banale. Mais elle devient intéressante lorsqu'on s'aperçoit des ménagements dont bénéficient Boissier et ses acolytes. Le chef de la bande, condamné à 24 ans de bagne, ne subit pas la flétrissure de la marque ; on essaie de le faire évader du fort du Hâ, on se résout enfin à l'envoyer au bagne de Rochefort où il mourut en 1813.

M. Reible s'est demandé quelle pouvait être la cause de tant de mansuétude à l'égard d'un voleur de grand chemin. Il en trouva l'explication aux Archives de la Charente et aux Archives nationales. Des documents irréfragables lui permirent de constater que parmi les nombreux fonctionnaires mêlés au procès, certains d'entre eux étaient affiliés à la Franc-Maçonnerie, de même qu'un nommé Boissier-Descombes, sans prénom, le père du condamné sans doute ou même celui-ci.

Ce petit livre, plein de détails intéressants, est précieux pour l'histoire locale. Il donne, en un style expressif et coloré, un aperçu sérieux de la vie sociale, politique et judiciaire au début du XIXe siècle.

• Mémoires de l'Académie celtique, 1807.

Tout est ici encore une fois celtique, et les choses et les mois; c'est donc dans le celtique qu'il faut chercher à retrouver ces derniers, qui n'ont de latin et de grec que la finale, encore pas toujours; car le breton et le gallois ont, comme le latin, beaucoup d'adjectifs en us. Or la langue celtique m'offre trois élymologies du nom d'Esus, plus ou moins vraisemblables, entre lesquelles je vous laisse à choisir, Messieurs. Celle qui s'accorde le mieux peut-être avec notre bas-relief, dans lequel on voit un Dieu au milieu d'un bois, qui émonde un arbre comme un bûcheron, c'est celle de Gwez, Goez, en construction wez ou oez, qui se contractent facilement en ez, lequel devient Esus, en ajoutant la finale latine us, et signifie sauvage, rustique, farouche, féroce, sylvestris, ferus, adjectif formé du substantif gwez, arbres, bois, comme l'adjectif latin sylvestris ou sylvester, et le français sauvage, sont formés du substantif latin sylva; comme encore nos mots français forestier, boisier, d'où le nom propre boissier, homme qui travaille et vit dans les bois, et bûcheron, ont été dérivés, l'un du mot forest, l'autre du mot bois, et le troisième des mots bûcher, bûche, bosc ou bois. L'Esus des Celtes serait donc alors le Silvanus, ou le dieu Silvain des Romains, mot dérivé, comme on sait, de Sylva, forêt. Ce qui le confirme, outre l'analogie du nom, c'est que ce dieu est représenté sur plusieurs monumens comme l'Esus de nos autels druidiques, une serpe à la main, un habit rustique qui lui descend jusqu'aux genoux, et des arbres à ses côtés. Nonnus le représente comme un renverseur d'arbres et un perce-forêts, nom d'un héros de la mythologie druidique. Sur une pierre de la chaussée, il est placé entre deux arbres, et tient d'une main une serpe. Sur une médaille il est nu, tient d'une main le pedum, et de l'autre la serpe, avec le mot Silvain; on le voit sur un jaspe de Stosch debout sous deux arbres, tenant de la main droite une serpe; enfin sur un bas-relief de Beger, il tient dans la droite une serpe, dans la gauche une branche de pin, et auprès sont d'autres pins, dont cette branche paraît détachée. Silvestris et Silvanus étaient aussi les épithètes de Mars, et Rusticus d'Hercule. On offrait, selon Caton, des vœux dans la forêt à Mars Silvanus; les Romains et les autres peuples latins appelaient Mars Silvestris.


Liens web

- Le procès de l'attaque de la diligence.

- Comment on équipait un lieutenant au début du XVIIIe siècle.