Paris de L'Espineuil, avec Généalogie Charente Périgord
D'azur à trois étoiles d'or, posées deux et une, et un croissant d'argent en pointe.

I. — Jacques de Paris, marchand de la ville d'Angoulême, marié avec Florence Seguin, d'où : 1° Jean de Paris, qui suit ; 2° Guillaume de Paris, sieur de Magnac, marié avec Marie de Lacoste, d'où Jean de Paris, maire d'Angoulême ; 3° Létice de Paris, mariée avec Philippe Faligon, échevin d'Angoulême ; 4° Anne de Paris, mariée avec Simon Moreau, échevin et maire d'Angoulême.

II. — Jean de Paris, conseiller de l'hôtel-de-ville, marié avec Jeanne Savineau, d'où : 1° Alexandre de Paris, qui suit ; 2° Simon de Paris, conseiller de l'hôtel-de-ville ; 3° Madeleine de Paris, mariée 1) avec Alexandre du Souchet, procureur au siège présidial d'Angoulême 2) avec François Le Musnier, maire d'Angoulême.

III. — Alexandre de Paris, sieur de L'Espineuil, marié d'après acte du 1er décembre 1586, avec Lucrèce Laisné, fille de Clément Laisné, avocat au présidial d'Angoulême, et Marie de Voyon, d'où : 1° François de Paris, qui suit ; 2° Marie de Paris, mariée avec Jean Benoist, sieur de Berguille ; 3° Catherine de Paris, mariée avec Hélie Houlier, échevin et maire d'Angoulême.

IV. — François de Paris, sieur de L'Espineuil, échevin d'Angoulême, marié d'après acte du 7 février 1621, avec Marguerite Thomas, fille de Jean Thomas, échevin d'Angoulême, et Marguerite Clément, d'où Paul de Paris, qui suit.

V. — Paul de Paris, né en 1631, décédé en 1714, sieur de L'Espineuil, juge-magistrat au siège présidial d'Angoumois, marié d'après acte du 19 février 1654, avec Marguerite Bousquet, fille de Daniel Bousquet, sieur de Boismorin, et Marie Béchamil, d'où : 1° Jean de Paris, qui suit ; 2° Paul de Paris, capitaine au régiment de Beauvaisis ; 3° François de Paris, lieutenant du roi à Neuf-Brisach.

VI. — Jean de Paris, sieur de L'Espineuil, marié d'après acte du 11 mai 1683, avec Madeleine Chérade, fille de Clément Chérade, marchand de la ville d'Angoulême, avec Madeleine Cladier, d'où Alexandre de Paris, qui suit.

VII. — Alexandre de Paris, sieur de L'Espineuil, né en 1684, décédé en 1755, marié d'après acte du 14 février 1722, avec Marguerite-Mélanie Nadaud, fille de Philippe Nadaud, sieur de Neuillac, et Marie-Claire du Bourg, sans postérité.

Archives départementales

1527. — Contrat de mariage entre Simon Moreau, fils de Pierre Moreau, marchand, bourgeois d'Angoulême, et de Catherine Couvidat, sa femme, d'une part; et Anne de Paris, fille de Jacques de Paris et de Florence Seguin, sa femne, ledit Jacques de Paris, neveu de sire Jean de Paris, bourgeois et sous-maire d'Angoulême, et de Jacquette Bigot, sa femme, d'autre part.

1528. — Arrentement, moyennant 12 sous 6 deniers de rente, par sire Jacques de Paris, bourgeois et marchand d'Angoulême, à Naudin Fouchier et Guillemette Martin, sa femme, d'une pièce de terre sise en la paroisse de Saint-Yrieix, contenant deux journaux et demi ou environ et tenue de l'abbaye de St-Cybard d'Angoulême.

1531. — Vente, moyennant 45 livres tournois, par Pierre Biron, « barrillier », à maître Jean de Paris et Jeanne savineau, sa femme, du consentement du sieur Jean de Paris, bourgeois, marchand de la ville d'Angoulême, oncle de l'acquéreur, de 70 sous tournois de rente dus annuellement par Nicolas Berthet, marchand dudit Angoulême, sur une maison sise en ladite ville, paroisse St-André, confrontant par le devant à la rue qui va de la traverse de la halle du Palet à la rue du Minage.

1540. — Acte d'échange entre maître Jean de Paris, avocat au siège royal d'Angoulême, et Jehanne Savineau, sa femme, demeurant à Angoulême, d'une part; et Pierre Maurice, fils d'André Maurice, demeurant en la paroisse de Lhoumeau, d'autre part.

1544. — Cession par honorable homme et sage maître Jean de Paris, maire et capitaine de la ville d'Angoulême, à Simon Moreau, aussi écuyer, demeurant en ladite ville, de 70 sous tournois de rente féodale dus annuellement audit Paris par Jeanne Boullet, veuve de Jean Lamy, Toinette Boullet et autres pour raison de leur village des Boullettes, paroisse St-Éloy, sur les murs d'Angoulême, et à cause d'un « aiguedour appelé anciennement du Pellegrin », assis en ladite paroisse, avec la fontaine et autres appartenances, maisons et vergers, tenant audit village des Boullettes.

1546. — Vente, moyennant 30 livres tournois, par Jean Marin et Marguerite Beneschat, sa femme, à honorable homme et sage maître Jean de Paris, écuyer, avocat au siège royal d'Angoulême, de plusieurs pièces de terre sises à Foulpougne, paroisse de Lhoumeau, et tenues à rente du seigneur de Maumont et de l'abbaye de St-Cybard.

1549. — Transaction entre Anne de Paris, femme de Simon Moreau, d'une part, et maitre Jean de Paris, écuyer, sieur de L'Espineuil, à présent juge de la mairie d'Angoulême, frère de ladite Anne, d'autre part, au sujet des successions de feus Jacques de Paris et Florence Seguin, père et mère des parties, ladite Seguin étant décédée femme en secondes noces d'Hélie Mallat, et aussi de feu Jean de Paris et de feu Pierre de Paris, ce dernier frère de ladite Anne, auxquelles successions ladite Anne avait renoncé, moyennant certaine somme, en faveur dudit sieur de L'Espineuil.

1566. — Vente, moyennant 100 sous, par Héliot Roy, laboureur, à maître Jean de Paris, sieur de Magnac, conseiller magistrat au présidial d'Angoumois, de sept sillons de terre assis au village du Gond, paroisse de Lhoumeau.

1598. — Contrat de mariage entre noble homme maître Jean de Paris, avocat au parlement, fils de noble homme monsieur maître Guillaume de Paris, sieur de Magnac, conseiller du Roi en la sénéchaussée et siège présidial d'Angoumois, et de feue dame Marie Delacoste, d'une part; et demoiselle Françoise Lemusnier, fille de noble homme monsieur maître François Lemusnier, sieur de Lartige, aussi conseiller du Roi et premier président en l'élection d'Angoumois, et de demoiselle Charlotte Laisné, sa femme, d'autre part.

1726. — Vente, moyennant 8,500 livres, par messire Alexandre de Paris, chevalier, seigneur du Courret, Saint-Gervais et autres lieux, et dame Marguerite-Mélanie Nadaud, sa femme, à monsieur maître Jean Bourdage, seigneur de Coulgens, des dîmes inféodées de la paroisse de Saint-Angeau et du lieu noble de Villars.

1730. — Vente, moyennant 70,600 livres, par messire Jean de Paris, chevalier, seigneur du Courret et autres places, conseiller du Roi, lieutenant général, commissaire examinateur et enquêteur en la sénéchaussée et siège d'Angoumois, à messire Étienne-Adrien Chérade, chevalier, seigneur comte de Montbron, baron de Manteresse, La Rochechandry et autres places, et à dame Louise Deval, sa femme, tant de la charge de lieutenant général que de celles de commissaire examinateur et d'enquêteur dont ledit seigneur du Courret était pourvu.

1756. — Vente, moyennant 55,200 livres en principal et 600 livres de pot-de-vin, par messires Paul et Benoît de Paris, écuyers, frères, seigneurs de L'Espineuil et du Trion, demeurant ensemble au bourg de Villefagnan, en Angoumois, tant pour eux que comme ayant charge de messire François de Paris, écuyer, sieur de Boismorin, lieutenant du Roi à Neuf-Brisach, en Alsace, leur frère, tous les trois héritiers de feu messire Alexandre de Paris, vivant écuyer, seigneur du Courret, leur neveu, d'une part ;à messire Arnaud Souc de Plancher, écuyer, seigneur de La Garrelie, La Rousselière et autres lieux, demeurant en son château de La Rousselière, paroisse de Beaussac, en Périgord, tant pour lui que pour dame Madeleine Chérade, sa femme, mineure, d'une part; au profit de demoiselle Anne Dubois de Bellegarde, fille majeure, demeurant à Angoulême, d'autre part.

Bibliothèque généalogique

• François Vigier de La Pile, Histoire de l'Angoumois, 1756.

Cette famille s'est maintenue plus longtemps qu'aucune autre dans le corps de ville et dans les charges du présidial. Elle a été de la maison-de-ville pendant près de cent cinquante ans. On en trouve sept qui ont passé par les différents emplois, dont cinq maires; les autres échevins ou conseillers successivement.

Jean de Paris, conseiller en 1510, ensuite maire les années 1523 et 1544.

Jacques de Paris, conseiller en 1534.

Jean de Paris II, conseiller depuis 1574 jusqu'en 1586.

Simon de Paris, fils du précédent, reçu en sa place de conseiller, depuis 1586 jusqu'en 1606.

Jean de Paris III, maire trois fois, les années 1604, 1620 et 1629.

François de Paris, conseiller en 1626, ensuite échevin jusqu'en 1653.

Il y en a eu deux branches, celle de Maignac et celle de l'Epineuil. La première a fini par deux filles : l'une, nommée Catherine de Paris, mariée avec Hélie Houllier, dont je parlerai dans son lieu, et l'autre dans la maison de l'Etang de Sigogne.

La branche de l'Epineuil a produit plusieurs grands magistrats, entre autres Jean de Paris, quatrième du nom, mort à Villefagnan, où il s'était retiré après avoir exercé fort longtemps la charge de conseiller au présidial avec un applaudissement général. C'était un grand homme de bien; on le consultait de toutes parts dans les affaires les plus épineuses; il était le protecteur des pauvres et un sage conseil pour tout le monde.

Son fils aîné, Jean de Paris, cinquième du nom, seigneur du Couret, a tenu la charge de conseiller pendant longtemps, et, après la mort d'Etienne Chérade, son beau-frère, il prit celle de lieutenant général, qu'il a exercée avec une grande intégrité et une assiduité exemplaires jusqu'à son décès.

Alexandre de Paris, son fils, n'a pas voulu prendre le parti de la robe; il a épousé Marguerite-Madeleine Nadaud, dont il n'a point d'enfants. Il a servi quelque temps, à l'exemple de ses trois oncles, dont un a été capitaine dans Beauvoisis, sous le nom de l'Epineuil ; l'autre a imprimer ici, chez Pierre Marchand, en 1643, servi dans Anjou, sous le nom de Triou, et le troisième, nommé le sieur de Boismorant, est actuellement lieutenant colonel du même régiment.

• Châteaux, logis et demeures anciennes de la Charente, 2005.

Au logis de l'Épineuil, on a rénové la façade au XIXe siècle, la date de 1889 en témoigne sur un linteau. Cette façade ne manque toutefois pas d'intérêt, tous les linteaux et les trumeaux étant ornés de figures géométriques. La tour d'escalier en vis, qui se trouvait à l'extérieur dans l'ancienne construction, se retrouve aujourd'hui, et c'est dommage, arasée et englobée dans la nouvelle. En retour d'équerre existe une partie de l'ancien logis surmontée d'une couverture à la Mansart datant du XVIIIe siècle. Dans le brisis, s'ouvrent deux lucarnes à frontons curvilignes entrecoupés surmontés d'acrotères. Les communs sont contemporains et de l'ancien logis et ne présentent aucun intérêt particulier. En 1568, l'Épineuil appartient à Alexandre de Paris qui en fournit le dénombrement de 5 janvier. Cette famille conserve les lieux pendant tout le XVIIe siècle et une partie du XVIIIe siècle. Le 6 avril 1756, Paul, Benoît et François de Paris, écuyers, frères, vendent l'Épineuil à Pierre Paul Le Clerc de la Verrie, écuyer, gendarme de la garde ordinaire du roi. Celui-ci, le 15 novembre 1764, rend l'hommage « au devoir d'une livre de cire à muance de vassal ou de seigneur », et fournit son dénombrement à l'abbé de Saint-Cybard à cause du fief et de la seigneurie de l'Épineuil. Le 3 juin 1765, lui et son épouse, Catherine Lhoumeau, vendent l'Épineuil à André François Benoist, sieur des Essards, changeur pour le roi. Ce dernier en fait dresser l'état par procès-verbal le 7 août suivant. Le 22 octobre 1775, Jean Pierre Guimbertaud, curé de Saint-Yrieix, achète le domaine où il décède en 1788. Ses meubles sont vendus le 23 novembre 1790. Le 6 novembre 1775, il avait fait faire l'état de son acquisition. Deux portails permettent l'accès au domaine. La fuie où l'on monte par un escalier de pierre extérieur, surmonte des latrines. D'autres latrines existent dans une petite cour. Une tour s'élève dans un coin du jardin près du portail et une seconde tour dans un autre coin. Le logis semble composé de deux parties. Une première partie en rez-de-chaussée, surmontée de greniers accessibles par un escalier extérieur en pierre, renferme le salon d'été qui a vue sur le jardin, la cuisine et une petite chambre. Le sol du salon est en petits cailloux. Depuis la cuisine, on accède dans la seconde partie, dans le salon d'hiver, le vestibule avec un sol en petits pavés, la salle où la cheminée est « boisée » et la cave. Dans le vestibule, un escalier en pierre monte à l'étage, dans trois chambres et un cabinet, et se poursuit jusqu'au second étage pour aller dans des greniers. Dans un des greniers existe une petite cloche. La couverture de cette seconde partie est faite de tuiles plates.