Souchet (Etienne-André)
Angoulême 4 décembre 1731 - 24 novembre 1824.

L'aîné de deux frères, fils de Pierre, procureur au présidial, et de Marie Mesnard. Homme de loi et avocat sous l'Ancien Régime, après avoir prêté serment d'avocat le 19 août 1754 à Angoulême, et le 1er avril 1756 au parlement de Paris. Il est l'auteur de la "Coutume de l'Angoumois commentée et conférée avec le droit commun du royaume de France", publiée en 1780 en deux volumes, éditée à Paris et précédée en 1776 d'un traité sur l'usure. En 1789, il était colonel de la milice bourgeoise de la ville ; en juillet 1790 il est élu procureur de la commune d'Angoulême, et à plusieurs reprises il s'oppose au maire Perrier de Gurat. En mars 1791 il démissionne de sa fonction à la suite d'un discours du maire prononcé lors de l'installation des juges de paix ; mais le corps municipal ne veut pas prendre position et, quelques jours plus tard, les électeurs réélisent Souchet. En juillet 1791, c'est au directoire du département que le procureur de la commune se heurte en protestant contre la décision de fermer les chapelles des communautés pour donner satisfaction aux exigences des comités révolutionnaires. En novembre 1791, Souchet n'est plus le procureur de la commune, mais on le retrouve dans la même fonction à la fin de 1792. La situation politique est de plus en plus tendue ; en mai 1793 la municipalité et l'assemblée communale en entier trouvent que leur autorité est bafouée par les interventions quotidiennes des comités révolutionnaires, et menacent de démissionner. En juillet 1793 éclate un conflit ouvert entre la commune et le département à la suite de la mise en liberté de prisonniers politiques détenus à la tour du château, décidée par la municipalité. Le maire Resnier et le procureur Souchet sont suspendus par l'autorité départementales, puis traduits à la barre de la Convention nationale. Souchet ne retrouvera plus sa fonction, considéré comme suspect et écarté définitivement de la vie municipale. Il faut attendre sept ans pour voir réapparaître Souchet dans la vie municipale d 'Angoulême, lorsqu'il se présente, le 9 vendémiaire an IX (1er octobre 1800) et exhibe au président de la municipalité, Blandeau, chargé depuis des mois d'expédier les affaires courantes et attendant son successeur, l'arrêté du Premier Consul en date du 18 fructidor qui le nomme maire d' Angoulême. On peut s'étonner de ce choix, à la tête du chef-lieu du département, vu l'âge et le passé du promu. Il est vrai que l'on assiste à un renouvellement complet du corps municipal, avec la volonté évidente d'en écarter ceux qui ont exercé des responsabilités entre 1793 et 1795 et après 1797. La compétence juridique d'Etienne Souchet, même s'il n'exerce plus en tant qu'homme de loi, fait autorité. Sa première décision de maire est de mettre en place l'octroi municipal. Il restera à la tête de la mairie d'Angoulême jusqu'en mars 1804, où il démissionnera sans que l'on en sache les raisons ; peut-être à cause de l'opposition et des critiques du corps municipal à l'égard de sa gestion budgétaire manquant de rigueur. La mésintelligence entre le maire et le conseil est manifeste et éclate à chaque occasion. Retenons que le premier éclairage des rues avec cinq réverbères date de l'administration Souchet. Etienne Souchet disparaît alors de la vie publique ; il n'est pas inscrit sur la liste des soixante notables les plus distingués établie par le préfet Rudler en l'an XIII, c'est-à-dire après la démission du maire. Il mourra à près de 93 ans, laissant un livre de raison où il a consigné les principaux faits de sa famille.

Marié en 1760 avec Elisabeth-Andrée de La Tache, décédée en 1804, il a eu neuf enfants dont quatre moururent en bas âge. En juin 1824 il fait donation entre vifs à ses cinq héritiers, quatre fils et une fille, contre une pension annuelle de 1 000 F. Montant des biens : immobilier, 40 000 F ; mobilier, 1 526 F ; capital de rentes, 6 300 F.

L'aîné de ses fils, Pierre, (1761-1824) était avocat à Bordeaux, et le cadet, Philippe-Jean-Baptiste (1764-1852), maire de Dirac sous l'Empire, avait épousé la fille aînée de Guillaume Lambert, négociant à L'Houmeau.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.