René Doche-Delisle
Saint-Claud 21 septembre 1760 - Lichères 14 octobre 1834.

Fils de Pierre Doche, chirurgien, et de Léonarde Gueri. Avocat au parlement de Paris jusqu'en 1790, où il revient pour épouser à Lichères Marie Delisle, d'où son patronyme composé qui n'a rien à voir avec la ville de Lille où biographes et dictionnaires du XIXe siècle l'ont fait naître. En juillet 1790 il est nommé administrateur du conseil du département en voie de formation, mais un an plus tard il siège comme administrateur dans le deuxième conseil du district de Confolens, ce qui ne peut s'expliquer que par une démission du premier mandat, ou une sortie par tirage au sort. En septembre 1791, juge au tribunal civil de Confolens ; en mars 1792 il est le premier en Charente à être admis, après un examen devant un jury départemental, à exercer la fonction de notaire public à Lichères. En octobre 1797, après le coup d'Etat anti-royaliste de Fructidor, il refuse la place d'administrateur du département. Il exerce la fonction de commissaire du Directoire exécutif près l'administration municipale du canton de Mansle, lorsque le 24 germinal an VI il est élu au Conseil des Cinq Cents. Il y intervient assez souvent, en particulier pour demander plus de fermeté face à l'opposition qui monte dans l'été de 1799. Il est le seul représentant de la Charente à protester contre le coup d'Etat du Dix-Huit Brumaire, ce qui lui vaut d'être arrêté le 23, mais remis en liberté très peu de temps après. Sur sa demande il est nommé directeur des contributions directes de la Charente et il restera à la tête de ce service jusqu'en 1815, en même temps qu'inspecteur pour le cadastre. Inscrit sur la liste des soixante de l'an XIII.

Son ralliement au Consulat lui fait écrire et publier avec l'appui du préfet une brochure intitulée "La supériorité de la Constitution de l'an VIII sur celle de l'an III". Appréciation du préfet, en 1807, sur ce fonctionnaire : "Attaché à l'ordre des choses, beaucoup de talents". Il perd sa place lors de la deuxième Restauration seulement, sans doute 9 la suite d'un engagement politique dans un éphémère comité de fédérés qui, en juin 1815, se prononçait à Angoulême en faveur de Napoléon. Auparavant, en janvier 1815, le préfet Milon de Mesne écrivait à son sujet : "A eu une opinion révolutionnaire très exagérée dont le souvenir se perd difficilement dans ce département, mais depuis les premiers moments de la Restauration il en est complètement revenu, manifeste les meilleurs principes... fait très bien servir les agents sous ses ordres".

De 1815 à 1830, il ne remplit plus aucune fonction publique. En 1831, il est nommé membre du conseil d'arrondissement de Ruffec et en janvier 1832, à son décès, il est maire de la commune de Lichères. Membre actif de la Société d'Agriculture du département, dont il fut le secrétaire général et l'archiviste. Initié très jeune dans une loge parisienne avant 1789, il joua un rôle important dans la maçonnerie charentaise sous l'Empire.

De son premier mariage, un fils, lieutenant, décédé, célibataire à 23 ans. Veuf, il avait épousé en secondes noces Marie-Françoise Guery, dont il eut cinq enfants. La déclaration de succession en 1835 indique une fortune faite surtout d'acquêts des communautés successives, pour une valeur globale qui approche de 47 500 F. Contributions directes : de l'ordre de 400 F.

Source : Grands notables du Premier Empire, de Jean Jézéquel.