05 juillet 2015

Journal de la Côte-d'Or, 20 frimaire an VI

Dijon, le 19 frimaire. — « En Vertu de la loi du 19 fructidor dernier, la commission militaire, séante en notre commune, pour les six départements qui composent la 18e division, a prononcé, les 4 et 7 de cette décade, la peine capitale contre deux individus convaincus d'émigration.

Le premier jugement porte qu'il est constant que François Bardet, dit Larochère, né à Clamecy, département de la Nièvre, ancien officier de milice, âgé de quarante-six ans, est inscrit sur une liste d'émigrés; qu'il est porté sur une liste particulière du département de la Nièvre, et qu'il a été arrêté à Château-Chinon, après les délais fixés par la loi du 19 fructidor.

Les motifs du second jugement sont que Pierre Agnan, dit le chevalier de Rocquard, né à Andoge (sic ?), département de la Charente, ancien capitaine dans Artois, et, depuis la Révolution, officier dans l'armée de Condé, âgé de quarante-sept ans, a émigré; qu'il a porté les armes contre son pays; qu'il n'est rentré que pour voir sa famille, et qu'il a été arrêté près de Beaune, après les délais fixés par la loi.

Tous deux ont marché au lieu du supplice avec le plus grand calme; le dernier surtout a montré un sang-froid et une présence d'esprit qui ne l'a pas abandoné un seul instant; il ne voulait pas même qu'on lui bandât les yeux. La première décharge les a privés tous deux de la vie.

Bardet était sorti de son pays en 1792, et s'était, disait-il, retiré à Lyon, d'où il n'avait aucun certificat de résidence. Il avait avoué à l'administration centrale de la Nièvre qu'il était sorti de la République en 1792 et qu'il savait être inscrit sur la liste des émigrés. Arrêté à Château-Chinon, muni d'un faux passeport sous le nom de Pirot, garçon tailleur, il avait dit à l'agent municipal qu'il n'était rentré en France que pour y revenir chercher quelque agent; que son intention était de retourner en pays étranger pour obéir à la loi.

Bardet a été défendu avec tous les talents qu'on connaît au citoyen Jacquinot, qui, dans cette cause, a encore ajouté à l'idée qu'il avait jusqu'ici donnée de son éloquence. Tous ses moyens dérivaient de ce point de fait que le prénom de l'accusé n'était pas désigné sur la liste des émigrés.

Le chevalier de Rocquard avait quitté la France en 1791; il avait fait contre elle cinq campagnes, dont quatre à l'armée de Condé. Il avait encore dans son portefeuille, lors de son arrestation près de Beaune, son brevet de chevalier de Saint-Louis, dont la croix lui avait été donnée à Mülheim en 1797, des passes signées de Monsieur, du comte d'Artois, du général autrichien, et du duc de Broglie. Il n'était rentré que pour voir sa famille.

Cet émigré n'a point eu, comme l'autre, de défenseur. On a prétendu que la loi ne lui en accordait pas. Mais tout ce qu'elle ne défend pas est permis; les lois pénales doivent surtout être interprétées favorablement, et l'on doit aux malheureux prévenus la dernière consolation d'être au moins défendus. »

(Société d'histoire contemporaine, 1903)

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Les émigrés charentais, 1791-1814

Chérade Adrien Alexandre Etienne, comte de Montbron, fils d'Adrien Etienne, écuyer, comte de Montbron, baron de la Rochandry, lieutenant général d'Angoumois, et de Louise Marie Anne Deval, né 27-3-1731 et ondoyé le même jour; bapt. suppléé 11-11-1748 à St-André d'Angoulême - ép. par contrat du 30-9-1759, reçu Crassac, nre royal à Angoulême (2E 10.136), et célébration religieuse à St-Martial dudit Angoulême, le 15-10 suivant, Elisabeth Le Musnier, fille de Jacques, chevalier, sgr baron de Raix, Rouffignac, Blanzac, etc.., et de Marguerite Chérade, veuve en premières noces de Jean de Lageard, chevalier, marquis de Cherval, grand sénéchal d'Angoumois - dont postérité subsistante.

D'après un acte de notoriété passé devant notaire, (Q XII/10), il serait décédé à Logrono (Espagne), en 1795. Joseph Chérade de Montbron, son fils, réclama le 4e jour complémentaire an X, devant le préfet de la Seine, en vue d'obtenir un certificat d'amnistié pour ledit Adrien Alexandre Etienne Chérade - pas de certificat d'amnistie (Q XII/13 - 9 XX/I - F7/5869 - Pin. IV/70).

Chérade de Montbron Etienne Pierre, fils du précédent, né et ondoyé le 24-1-1762, bapt. suppléé à Grassac 7-8-1763 - ép. 13-2-1787 Marie Henriette Harouard, dont postérité (Pin. IV/70) - cité pour mémoire.

Chérade de Montbron Joseph, frère du précédent - né 24-7-1768 et ondoyé; bapt. suppléé 15-9-1768 à Grassac - + St-Bonnet de Bellac (Haute-Vienne) 4-10-1852 - ép. par contrat du 28 germinal an X, reçu Thion de la Chaume, nre à Paris, Louise Antoinette de Calignon de Vicq, fille de Claude Agnès, chevalier, sgr de la Fraie, Vicq, Tralage, la Côte-Mézières, et de Marguerite Madeleine Jeanne de La Rye, née 15, bapt. 20-2-1777 à Mézières-sur-Issoire (Haute-Vienne) - + St-Bonnet-de-Bellac 4-1-1868 - dont postérité encore subsistante.

Inscrit sur la liste des émigrés de la Charente, réclame la radiation de son nom le 25 pluviôse an III et présente un certificat de sa résidence à Versailles du 5-2-1792 au 8 prairial an III - rayé provisoirement par l'administration du département de la Charente, 25 nivôse an V - Il fit sa déclaration devant le préfet de la Seine, le 27 floréal an X et fut amnistié le 4 messidor an X (F7/5869 - Pin. IV/71).

Galard Siméon de, fils de Thibaud, chevalier, sgr d'Argentine, Bellevue, Nadaillac, les Rousselières, et de Marie Marguerite Dutillet, né 30-3-1775, bapt. même à St-Paul d'Angoulême - + à l'hôpital de l'armée de Condé et inhumé le 21-9-1793 au cimetière de Schifferstadt.

Galard de Béarn Philippe Paul de, frère du précédent, né 15-3-1776, bapt. même jour à St-Paul d'Angoulême - Inscrits l'un et l'autre sur le premier supplément de la liste des émigrés, sous la date du 27-9-1793, leur père déclara que le premier, Siméon, serait mort à l'armée, devant Mayence, sans pouvoir en apporter la preuve, et que le second, Philippe Paul dit Thibaud, entré en qualité de volontaire dans le 7e régiment d'infanterie, au second bataillon et de la 5e division, serait mort à l'armée contre les rebelles de Bretagne, à la Vendée, suivant son extrait mortuaire du 1er germinal an III.

Le chanoine Le Garrec, dans Les vrais martyrs de Quiberons, dans sa critique de la liste officielle royaliste, gravée sur le monument de la Chartreuse d'Auray, signale la double inscription P.P. de Béarn et Jean Béarné. La première pourrait évoquer le nom de Philippe Paul (de Galard) de Béarn. La seconde correspondrait à peu près à Jean Béarné, condamné à Vannes le 16 thermidor an III. Jean Béarné se dit originaire de Bergeac, domicilé à Paris, âgé de 53 ans, ancien commandant d'un bataillon de troupes provinciales, sort en 1794. Philippe Paul de Galard de Béarn avait 19 ans en 1795. Comment pourrait-il y avoir identification entre lui et Jean Béarné et Jean de Galard de Béarn ? Ni Siméon, ni Philippe Paul de Galard de Béarn ne figurent sur les listes d'amnistie - l'indemnité attribuée aux émigrés ou à leurs ayant droit fut réclamée par Alexandre Laurent, Jean Baptiste et Pierre Emery de Galard de Béarn, frères de Siméon et Pierre Paul. M. Pinasseau, à la suite d'autres auteurs, signale l'émigration de Théodore, chevalier de Galard de Béarn, frère des précédents. Ce Théodore n'a jamais existé.

Lors de la déclaration de la succession de Marie Marguerite Dutillet, Thibaud de Galard de Béarn, son mari, fait état du partage effectué au département de la Charente, le 29 frimaire an VII, avec la République, à cause de l'émigration prétendue de Siméon et Philippe Paul, dit Thibaud, ses deux enfants. (Q XII/26 - Q XIII/13 - Q XLVI/66 f. 189 - Pin. IV/130).

Source : Les émigrés charentais, 1791-1814, de Pierre Bureau.

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01 juillet 2015

Mémorial des victimes de la Révolution

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††† Mémorial des victimes de la Révolution †††

• Élie-François de Labrousse de Belleville (1753-1794), ex-officier de cavalerie, guillotiné. (1)

• Jean de Labrousse du Bosfrand (1753-1794), ex-subdélégué de Nontron, guillotiné. (2)

• Madeleine-Élisabeth de Maulmont (1758-1794), femme d'émigré, guillotinée. (3)

• Claire-Madeleine de Lambertye (1753-1794), femme d'émigré, guillotinée. (4)

• Guillaume Pastoureau (1752-1794), prêtre, déporté. (5)

• Jean Sauvo (1764-1794), prêtre, déporté. (6)

Notes :

1. Élie-François Labrousse-Belleville, ex-noble, avait regretté la suppression « de la ci-devant qualité de noble » et manifesté l'intention d'aller à Coblentz.

2. Jean Labrousse du Boffrand l'aîné, ex-noble, accusé d'autres propos (contre-révolutionnaires).

3. Maumont (Madeleine-Elisabeth), veuve Lassoudière, trente-cinq ans, née à Mâche (Creuse), ex-noble, domiciliée à Saint-Mary (Charente).

4. Le Limousin & la Marche au Tribunal révolutionnaire de Paris, tome I, p. 275-280.

5. Plaque commémorative dans l’église de Nontron

6. Sauvo de Fontbelle (Jean), né à Hautefaye (24) (L434/435); chanoine semi-prébendé, peut-être simple clerc tonsuré; avait prêté en retard le SLE, déporté, mort sur le Washington en octobre 1794.

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