« Entre Léonard Bernard, sieur de Lajarte, substitut du procureur d'office de la présente juridiction, demandeur en réparation de crime, d'homicide commis sur la personne de Jacques Trasleprat, contre Françoise Rousseau, prisonnière ès prisons de la présente jurisdiction, défenderesse et accusée. Veu... etc... Nous, assisté du conseil soussigné, ayons déclaré et déclarons la dite Françoise Rousseau duement atteinte et convaincue d'avoir homicidé le dit Jacques Trasleprat, son mari, à coup de pistolet ; en réparation de quoi la condemnons à faire amende honorable, nue, en chemise, la corde au cou, tenant en ses mains une torche de cire ardente du poids de deux livres, au-devant la principale porte et entrée de l'église paroissiale du bourg de Varaignes, où elle sera emmenée et conduite par l'exécuteur de la haute justice, ayant un écriteau devant et derrière, avec les mots : Homicide de son mari ; et là étant, nue-tête et à genoux, déclarer que, méchamment, elle a homicidé le dit Trasleprat, son mari, dont elle s'en repent et en demande pardon à Dieu, au Roy et à la Justice ; ce fait, aura le poing de la main droite coupé, sur un poteau qui sera placé audevant de la dite église après quoi sera conduite, par le dit exécuteur, en la place publique du présent bourg de Varaignes ; où elle sera à une potence, dressée à cet effet, pendue et étranglée jusqu'à ce que mort s'ensuive et, cela fait, son corps jeté sur un bûcher ; pour y être brûlé jusques à entière consommation, et ses cendres jetées au vent par le dit exécuteur. Condamnons ladite Rousseau à une amende de cent livres, envers le seigneur de la présente jurisdiction, et aux dépens de la procédure, que nous avons liquidés à quatre-vingt-quinze livres dix sols onze deniers, sans y comprendre nos épices et assistance des gradués. Ainsi signés : Gros-Delage, gradué assistant ; de Mazerat, gradué assistant ; Lajarte Bernard, juge, et Depeyris, greffier. A été la présente sentence, prononcée et remise au greffe de la châtellenie de Varaignes, par nous Thomas Bernard, sieur de Lajarte, juge-sénéchal civil et criminel de ladite jurisdiction, avec la procédure... »

Cette sentence, du 23 novembre 1751, fut confirmée, sur appel, par arrêt de la cour du Parlement de Bordeaux, du 20 décembre suivant.

(Société historique et archéologique du Périgord, 1892)