25 juin 2015

Succession du comte de Galard

Inventaire des meubles et effets dépendant de la succession de feu messire Alexandre de Béarn, comte de Galard (sic), chevalier, seigneur du Repaire, Saint-Hermine, Le Fa, Sireuil et autres lieux, ce requérant dame Marie-Élisabeth Chesnel, sa veuve, lesdits meubles situés tant en l'hôtel dudit seigneur à Angoulême que dans les maisons de la forge de Rougnac, le Repaire de Rougnac, Château-Chesnel, Saint-Hermine, et dans les domaines en dépendant. A remarquer audit inventaire; douze fauteuils en tapisserie au petit et au gros point, mi-neufs, estimés ensemble 360 livres; — un tableau de moyenne grandeur, peint sur toile, représentant un paysage, estimé 3 livres; treize autres tapisseries en toile peinte, représentant des paysages et des fontaines, estimées 66 livres; — un assortiment d'argenterie comprenant neuf couverts, quatre grandes cuillers, quatre petites, pour sel, six autres petites à café, une à moutarde, deux salières avec leurs couvertures, six flambeaux, deux mouchettes avec leurs porte-mouchettes, un plat à soupe, deux plats à entrées, quatre plats à rôt, ovales, un gobelet avec sa couverture, une écuelle à bouillon avec sa couverture, le tout pesant 61 marcs 5 onces, valant, suivant le cours du change, 66 livres 18 sous le marc, soit pour le tout 2,860 livres 18 sous; — un assortiment de vaisselle d'étain comprenant troisgrands plats, deux moyens et un petit, trois autres petits, trente-huit assiettes, une écuelle à bouillon avec sa couverture, deux « cartes » (quartes), une grande et une petite, cinq tiers, un porte-diner avec sa couverture, une bouilloire avec sa garniture, deux flambeaux, trois gobelets, deux poi....., une soucoupe et seize cuillers, le tout pesant 108 livres, à 15 sous la livre, estimé ensemble 81 livres; — deux lits jumeaux, garnis, composés de leurs bois de noyer, à colonnes, foncés dessus et dessous, avec leur literie, estimés 320 livres; — cinq pends de tapisserie de Flandre, à bestiaux et verdure, mesurant douze aunes, estimés 180 livres; — deux tableaux, l'un de bonne grandeur, représentant Moïse exposé sur les eaux, et l'autre, plus petit, représentant la Ste-Vierge avec l'enfant Jésus, les cadres dorés et gâtés, estimés ensemble 36 livres; — un autre tableau de bonne grandeur, représentant les Égyptiens (sic) adorant le veau d'or y ledit tableau attaché au-dessus de la porte d'un placard et employé ici pour mémoire; — un autre grand tableau, dans un cadre en bois sculpté, représentant Louis XIV, fixé comme le précédent, aussi employé pour mémoire; — un gros calibre de mousquet ou petit canon en fonte de fer, très vieux et troué, de quatre pieds et demi de long ou environ, estimé 4 sous; — deux coffres remplis d'anciens papiers, mémoires, lettres, titres, le tout très ancien, concernant la famille dudit comte de Galard; — une petite couleuvrine de fonte verte, pesant environ cinquante livres, estimée 23 livres; — cinq pentes de tapisseries ancienne à personnages, tirant environ dix aunes , estimées 60 livres; — un fusil de maître, proprement fait, le canon bronzé et incrusté en or, avec sa poche de cuir, estimé 50 livres; — dans la bibliothèque, environ 200 volumes de divers formats, dont l'Histoire ancienne, de Rollin, la Recherche de la vérité, de Malebranche, les Annales d'Aquitaine, la Nouvelle coutume d'Angoumois, le tout estimé 150 livres; — au château de Saint-Hermine : une table à pièces rapportées et dessinées, très antique, estimée 2 livres; — huit estampes de l'Histoire de don Quichotte, avec leurs baguettes, employées ici pour méipoire; — un petit tableau peint sur toile, représentant le Christ avec la Madeleine à ses pieds, dans son cadre doré, écaillé, estimé 2 livres; — dix estampes de l'Histoire de don Quichotte, estimées, avec les huit employées ci-dessus, la somme de 10 livres; — au château de Chesnel , appartenant au seigneur d'Orvilliers, capitaine commandant des vaisseaux du Roi, les meubles appartenant à ladite dame de Galard, renfermés dans une chambre dudit château; — en l'hôtel de ladite dame, divers papiers dont le testament de Marie de St-Hermine, veuve de François de Pindray, écuyer, sieur de Montesgon, du 10 décembre 1750, reçu par Bourbeau, notaire â Poitiers, et divers autres titres de famille. (Sommaire - AD16, Babinet de Rencogne, 1906)

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22 juin 2015

Maintenue de noblesse d'extraction

Poitiers.

• Gabrielle de Nesmond, veuve de Jean Du Rousseau, chev., sgr de Séchère, de Ferrière et de Chabrot.

• Jacques Du Rousseau, sgr de Séchère et de Ferrière, son fils.

Pièces justificatives : Arrêt du Conseil en faveur de Jean Du Rousseau, sgr de Séchère, et Jacques Du Rousseau, sgr de Fayolle, contre Barthélémy Paris, substitué au lieu et place de Jean Pinet, par lequel ils sont maintenus dans tous les privilèges de la noblesse, en date du 27 juillet 1671, signé Ranchin.

Contrat de mariage de Jean Du Rousseau, sgr de Séchère, compris dans l'arrêt ci-dessus, avec dlle Gabrielle de Nesmond, par lequel il paraît qu'il est fils de Gabriel Du Rousseau et de dame Léonarde Rempenoux, en date du 19 janvier 1670, signé Baruscand, notaire royal en Angoumois.

Contrat de mariage de Jacques Du Rousseau, sgr de Séchère et de Ferrière, avec dame Agnès Poute, par lequel il paraît qu'il est fils de Jean Du Rousseau ci-dessus et de dlle Gabrielle de Nesmond, en date du 12 février 1714, signé Heudebourg, notaire à Pons en Saintonge.

Ordonnance : Maintenus comme noble, écuyer, veuve de noble, le 16 février 1715, signé : de Richebourg.

(Société des archives historiques du Poitou, 1872)

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Lapouge de La Francherie, maître de forges originaire de Savignac en Périgord

Autre gros propriétaire foncier fut de même l'ami de Blanchard, le maître de forges de Bonrecueil, Rudeau, Sous-Puyrigard et Jommelières, « François Delapousge, sieur de La Francherie ». ll était vraisemblablement originaire de Savignac-de-Nontron ; nous avons retrouvé, en effet, de nombreux Delapouge, maîtres de forges ou maîtres poêliers, dans les registres paroissiaux de Savignac- de-Nontron, depuis le XVlle siècle. On peut se demander si ce François Delapousge qui se maria, en 1744, à Savignac, avec « Demoiselle Marie Puybareaux », n'était pas le futur maître de forges. On était maître de forges de père en fils dans la famille Delapousge ; il est vrai qu'il s'agissait de forges à battre et non de fonderies de canons !

Quoi qu'il en fût, François Delapousge était qualifié, dès 1750, de « Juge de la juridiction de Feuillade » (en Charente). Ainsi, voilà un deuxième officier de justice devenu maître de forges, au service de Montalembert tout d'abord. De même que Blanchard de Sainte-Catherine, François Delapousge fut un propriétaire foncier important, et qui veilla toujours à arrondir son patrimoine. Nous avons réussi à reconstituer l'étendue de sa fortune foncière. En une dizaine d'années, de 1751 à 1761, Delapousge acheta le fief de La Francherie (commune de Nontron) qui lui coûta 31 667 livres 10 sols ; il se borna ensuite à arrondir ce gros patrimoine. En même temps il voulut avoir pignon sur rue à Nontron. Pour cela, il acheta 3 maisons, « place de la Cahue », c'est-à-dire au coeur de la petite ville, l'actuelle place de l'Hôtel-de-Ville, où habitaient les principaux bourgeois de Nontron. ll acquit même la petite forge de Sous-Puyrigard avec les domaines qui s'y rattachaient. En somme, Delaspouge était à la tête d'un patrimoine foncier de 50 000 livres environ.

Mais il faut ajouter plusieurs autres métairies, louées à divers propriétaires nobles dans le voisinage de Nontron ou des forges qu'il avait louées. En l 758, la liste était la suivante : François Delapousge exploitait une métairie de La Mothe (près de Nontron) ; le domaine de La Francherie représentait 4 métairies. Dans la province d'Abjat, il exploitait les deux domaines de la Vijonie et de Chez Gouyou. ll occupait le château de Bonrecueil, meublé à ses frais ; il exploitait à titre de ferme les deux métairies voisines de Cornau et de Faucherias, à proximité de la forge de la forge de Rudeau (Saint-Sulpice-de-Mareuil) qu'il exploitait. ll tenait, en outre, comme fermier, cinq domaines agricoles : 3 dans le village de Bemadières, l'autre au Grand Sicaire, et le dernier au village de Petit-Sicaire.

Ainsi, François Delapousge était à la tête de 4 forges et d'une quinzaine de métairies. ll est évident que ce maître de forges était, comme Blanchard et d'autres, avant tout un gros propriétaire foncier. Ses nombreux domaines étaient pour lui la meilleure source de revenus ; ses forges ne constituaient qu'un complément de ressources. Ainsi, cet exemple signale-t-il clairement que la sidérurgie nontronnaise se situait dans le milieu rural sans lequel elle n'aurait pas pu vivre tant était profond son enracinement dans la vie paysanne régionale. Toutefois, si Delapousge était un rural riche, il dépassait largement la situation ordinaire des exploitants agricoles de la région. Sa qualité de maître de forges lui donna un certain prestige, et aussi la possibilité d'acquérir un fief noble, acheté au comte de Roffignac le 21 mai 1751, celui de La Francherie. ll avait le droit de lever des rentes et de percevoir des revenus féodaux. ll s'intitulait toujours « sieur de La Francherie, fournisseur pour Sa Majesté». Delapousge orna sa « maison noble » de la Francherie de « 6 petits canons de fonte de fer de trois quarts de livres de balles, .peints en vert et montés sur leurs affûts » : vanité de parvenu fournisseur d'artillerie royale, titre qu'il ne manquait jamais de rappeler. [...]

Le marquis, flairant le danger, avait passé un contrat ferme de fabrication avec trois sous-traitants de la vallée du Bandiat, le 30 août 1755. En voici un extrait significatif : « Nous soussignés, Marc René de Montalembert, d'une part, et Jacques Dereix, sieur des Rivières ; François Delapousge, sieur de La Francherie et Louis Blanchard de Sainte-Catherine, d'autre part, consentons et soumettons à exécuter tous les articles qui suivent : Article l : « Nous, dits associés, ferons couler et fabriquer dans les forges de Bonrecueil, la Chapelle (Saint-Robert), Jommelières et Montizon, la quantité de 12 000 quintaux de fonte de fer en canons, par chacun an et, ce, pendant l'espace de trois ans, faisant un total pendant le dit temps la quantité de 36 000 quintaux, à commencer les dites trois années au premier de novembre prochain ». Ce traité ne fut point exécuté ; il fut résilié par Maritz qui passa avec les trois maîtres de forges ci-dessus, trois autres contrats, les 6 décembre 1766, 8 octobre 1756 et 9 octobre 1756. Maritz voulait achever « l'entreprise Montalembert pour la fourniture des canons de Marine ». Les contractants recevaient l'assurance qu'ils étaient « déchargés des engagements avec Montalembert ». Ce dernier ne l'entendait pas ainsi ; en effet, le 27 juillet 1763, il engagea une longue procédure contre Maritz, Blanchard de Sainte-Catherine et Lapouge de La Francherie. L'affaire, connue sous le nom de « litige avec la marine », eut son dénouement en 1768, après l'intervention du Roi. En fait, Montalembert ne remboursa rien et vendit ses deux forges de Ruelle et de Forgeneuve au comte d'Artois, en 1774, lequel les rétrocéda à son frère, Louis XVl. [...]

Turgot signalait, en particulier, le cas « d'un nommé La P. (il faut dire Lapouge à l'évidence), maître de forges à Bourumil (?) près de Nontron, petite ville du Périgord ». Lapouge était accusé d'abus de confiance, n'hésitant pas à faire de « l'usage de faux pour soutirer de l'argent aux prêteurs accusés d'usure ». Et Turgot de préciser : « J'ai sous les yeux des lettres écrites par La P... qui prouvent qu'il a cherché jusqu'au fond du Limousin des particuliers qui pouvaient avoir payé de gros intérêts aux prêteurs d'Angoulême, et qu'il offrait de conduire leurs affaires... Ce même La P..., poursuivait Turgot, qui, ayant fait de grandes entreprises pour la Marine, avait été plus qu'un autre dans le cas d'emprunter à gros intérêts, a écrit plusieurs lettres à différents particuliers , par lesquelles il exige d'eux des sommes considérables , en les menaçant de les dénoncer... Il avait écrit entre autres à un nommé R..., en lui mandant qu'il lui fallait six sacs de mille francs, et qu'on lui remit un billet de 622 livres qu'il avait négocié avec ce R... J'ai été mis sur le grabat, parce que j'étais maître de forges et honnête homme ; il faut que je tâche de me relever ». ll semble que le fils du sieur R. alla trouver Lapouge et le menaça de voies de fait. Lapouge déposa une « plainte au criminel ».

L'affaire de chantage se retourna finalement contre le sieur de La Francherie. Turgot, devenu « principal ministre », ne fut sans doute point étranger à la condamnation des « cabalistes» en 1776. Lapousge de La Francherie, convaincu de faillite frauduleuse, déchu et déshonoré publiquement, dut s'enfuir « hors de la province ». C'est Abraham Robin qui l'affirmait. Son témoignage n'était-il point suspect de partialité, car Robin fut une des victimes de Lapouge ? ll semble bien que non ; nous avons découvert une preuve tangible de la « fuite » de Lapouge, dans le minutier Boyer. Le 8 juillet 1778, le notaire procéda, nous dit-il, « au procès-verbal du fief de La Francherie au requis de Jean Nadaud, dit Joubert, marchand demeurant ci-devant au village de Montageneix", paroisse de Saint-Martial-de-Valette.

Source : Nontron et le pays nontronnais, de Jacques Lagrange.

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