Dussolier.

Avocat, ex-député, né à Nontron en 1799.

C'est en 1830 que M. Dussolier fut envoyé à la Chambre. Sa nomination fut un beau triomphe pour le parti radical auquel il appartient. Il avait fait échouer la candidature du général Lamy, qui passait pour tin des membres les plus compromis du parti de la cour, et qui, jusqu'alors, avait disposé de Nontron comme d'un bourg-pourri.

En 1842, il ne fut point réélu, et c'est M. de Saint-Aulaire fils qui le remplaça.

Il retourna à la Chambre en 1846, et reprit sa place sur les bancs de la gauche.

Après la Révolution de Février, il ne demanda pas, il accepta seulement le commissariat de la Dordogne qui lui était offert par M. Ledru-Rollin. Comme on le trouva trop modéré, il lui fut adjoint deux commissaires, que le département refusa de recevoir. Force fut donc au Gouvernement de les rappeler. Trois nouveaux commissaires furent envoyés à Périgueux vers la fin de mars. Un commissaire général les accompagnait. Quant a M. Dussolier, il fui révoqué et remplacé dans la Dordogne par quatre commissaires, total 7, au moyen desquels les choses marchèrent comme elles purent.

Les concitoyens de l'honorable M. Dussolier réparèrent avec éclat cette injustice en le nommant représentant à l'Assemblée nationale par plus de 103,000 suffrages, c'est-à-dire à la presque unanimité.

Grolhier-Desbrousses.

Avocat, né a Nontron (Dordogne) le 4 octobre 1796. Son père, également avocat, fut maire de Nontron, de 1791 à 1794, c'est-à-dire dans les années difficiles de la Révolution. Il quitta les fonctions de maire pour exercer, peu de temps après celles de procureur de la République.

Le jeune Grolhier commença par la carrière militaire : en 1815, an début des Cent Jours, plein d'un noble enthousiasme, admirateur fervent de Napoléon, il s'enrôla volontairement et quitta le service à la seconde Restauration. Il se retira alors dans ses foyers. Dès ce moment commença, pour lui la vie politique : les Bourbons lui étant profondément antipathiques, il s'associa à toutes les tentatives que l'on fit pour les renverser; il fut affilié aux sociétés secrètes qui s'organisèrent alors. Les persécutions, loin de refroidir son zèle, l'enflammèrent encore; la Restauration et ses hommes n'eurent pas d'ennemi plus déclare. En 1817, il se bat avec un officier de la garde royale, essuie un coups de feu et le laisse pour mort.

Reçu avocat en 1823, les causes politiques sont celles qu'il préfère. En 1830, il est nommé par acclamation capitaine de la garde nationale de Nontron, puis vice-président de la Société Aide-toi le ciel t'aidera. L'élection confirma ces deux nominations. Plus tard, on le nomma commandant de cette garde. Il l'était encore en 1848, après l'avénement de la République. Inutile de dire qu'on le maintint dans ce poste.

On voit que M. Grolhier-Desbrousses n'était guère ami de la monarchie, déchue; garda-t-il bien d'en solliciter la moindre faveur. Le département le regardait comme l'un des chefs de l'opposition. On le savait, du reste, en relation avec Armand Carrel, Odilon Barrot, Ledru-Hollin, etc.

M. Grolhier-Desbrousses paraît appartenir a la ligne du National. Il a obtenu 64,555 voix.

Source : Biographie impartiale des représentants du peuple à l'Assemblée nationale.