La saline Galliot

En 1645, Christophe Galliot avait eu des sacs de sel saisis à l'initiative du maire François Normand. Il habitait alors dans sa maison située entre la fontaine du dizier, l'église saint Jacques et les cimetières de l'Houmeau. Le sel avait été saisi devant son écurie.

(A cette époque, le pré du dizier, vaste espace entre la maison Galliot et le fleuve Charente servait de port de décharge pour le sel. De plus, il n'existait aucune « muraille » délimitant cet espace ce qui ne sera plus le cas dans les années suivantes).

A partir de 1675, et le décès de Mathieu Galliot, le domaine de la famille Galliot sera morcelé.

Le 7 juin 1682 (2 E 314) Guillemine de La Salmonie, veuve de Christophe Galliot, frère de Mathieu, affermait à Pierre Lambert, maître de gabarre, sa saline, proche de la fontaine du dizier.

« A loué et affermé par ses présentes au dit Lambert stipulant et acceptant une saison à elle appartenant située au dit l'Houmeau consistant en deux chambres basses, deux chambres hautes, deux greniers au dessus deux écuries et deux greniers à foin et la cave qui est au dessous les écuries, le chai dans lequel la dite dame De La Salmonie a fait sa saline dans laquelle il y a une séparation de tables (planches) qui sépare le dit chaix et la dite saline comme ainsi l'atelier qui est proche et joignant le jardin de la dite De La Salmonie, le jardin dépendant de la dite maison ».

En effet, tout l'espace situé entre le fleuve Charente et la Grande traverse de l'Houmeau (rue de Paris actuelle), avec d'un côté l'Eglise paroissiale et de l'autre la rue du village du Gond avait été arrenté le 15 novembre 1648 (2 E 886) par Daniel Galliot le père de Mathieu et de Christophe Galliot et constitua pendant longtemps le patrimoine Galliot et c'est donc Guillemine De La Salmonie qui émietta ce patrimoine renfermant des locaux, des salines et le pré du dizier (1682) puis 1686.

Le 15 janvier 1686, le saline passa aux mains de Hélie Peynet, nouveau fermier (2 E 315).

Il y restera quelques années puisque le 25 juin 1690 (2 E 317) le pré du dizier sera dissocié de la saline, Hélie Peynet devant alors maintenir le pré en culture, ce qui ne devait pas faciliter le travail des gabarriers.

La saline Galliot poursuivait sa fonction, et le chai sera longtemps un haut lieu commercial dans le faubourg, où l'on trouvait du sel, mais aussi du papier, des barriques et des cercles de barriques, des raies (roues de charrettes). en 1702, le pré, affermé par le sieur Respinges était encombré de bois bordage, de pierres, de canons. Sa mise en culture n'avait pas été couronné de succès.

La saline Galliot a totalement disparu de nos jours, car comme elle se trouvait proche de la fontaine du dizier, elle donnait sur le chemin qui « conduisait de la fontaine au cimetière ». Celui-ci constituait la limite avec le pré et c'est à partir de lui que fut édifié après 1757, un mur qui matérialisera la propriété achetée aux héritiers Galliot par la famille Marchaix (1732) et ensuite par Jean Armand Dervaud (marié Marie Thérèse Henry) le 9 août 1757 (2 E 266).

Dès lors il ne sera plus fait de distinction : le pré du dizier enclos de murailles, constituera pour sa plus grande superficie, le parc du logis que nous pouvons apercevoir encore aujourd'hui (entreprise Barouilhet : comptoir du pneu).

Source : Le commerce du sel dans la seconde moitié du XVIIe siècle entre Tonnay-Charente et port de l'Houmeau, de Jacques Combeau.