Thibaud de La Brousse, écuyer, le plus jeune des fils de Thibaud Ier, sieur de Rubeyroles, naquit en 1575 et devint en 1630 seigneur d'Athis; il fut marié, le 21 juillet 1615, par contrat passé devant Bassinette, notaire à Verteillac, à Dauphine de Ladoire du Mayne dont il eut plusieurs enfants. Il était déjà, lors de son mariage, enseigne des gardes du corps, emploi dans lequel il venait de succéder à son frère Thibaud de Puyrigard.

Le 16 octobre 1616, il reçut une commission du roi pour se rendre sur-le-champ à la Rochelle. De graves différends et d'aigres altercations s'étaient élevés entre les maire, échevins et habitants de cette ville, et le duc d'Épernon, gouverneur de la province.

La cour craignait que l'on se portât de part et d'autre à des voies de fait. Thibaud fut chargé de faire aux deux partis commandement, au nom du roi, de n'entreprendre aucune chose par ladite voie de fait, et défense de faire pour ce aucunes assemblées, ni levées de gens de guerre.

Il s'acquitta de cette mission avec une fermeté qui en assura le succès.

Le 26 novembre de la même année, il reçut du roi une commission pour opérer la démolition des clôtures et fortifications du château de Rochefort.

Le 28 du même mois, il reçut une autre commission du roi pour faire sortir du château de Surgères les gens de guerre qui l'occupaient et de le garder sous l'autorité de Sa Majesté jusqu'à ce qu'il en eût été autrement ordonné.

Thibaud avait obtenu, le 20 mai 1617, des lettres de Committimus qui l'autorisaient à porter devant la cour des requêtes du Palais, à Paris, toutes actions contre ses débiteurs de dix livres et au-dessus, avec défenses aux tribunaux ordinaires d'en connaître.

Le 18 février 1619, il reçut une commission du roi à l'effet de se transporter le plus diligemment que faire se pourrait ès provinces de Limousin, Périgord, Angoumois et autres lieux circonvoisins desdits pays, pour faire commandement, de par sa Majesté, à tous ceux qui se trouveraient assemblés levés en armes, soit seigneurs, gentilshommes ou autres, de, se séparer incontinent et de se retirer en leurs maisons, avec inhibition et défenses de faire ci-après lesdites assemblées, ou lever aucuns gens de guerre sans avoir commission expresse signée du roi, contresignée d'un secrétaire d'Etat et scellée du grand sceau.

En récompense de ses services il avait été gratifié, le 26 mars 1619, d'une charge de l'un des cent gentilshommes ordinaires du roi, compagnie du seigneur de Crévant.

Le roi l'honora, le 29 janvier 1620, de son ordre de Saint-Michel, dont le cordon lui fut conféré par les mains du comte de Tresmes. En 1621, Sa Majesté lui confia le commandement du château Trompette, à Bordeaux, dont les maires et jurats lui conférèrent le droit de bourgeoisie le 12 octobre de l'année suivante. Une commission du roi, du 24 juillet 1621, lui fut donnée pour faire démolir les fortifications qui avaient été élevées autour de la place de Montflanquin. La reine Marie de Medicis, mère de Louis XIII, lui confia, le 10 juin 1623, le commandement des ville, château et faubourgs de Saumur; il obtint, le 30 mai 1626, le brevet de lieutenant français dans la compagnie des Cent-Suisses de la garde du roi, en remplacement du sieur de Contades; et, le 26 juin 1629, celui de conseiller, maître d'hôtel ordinaire du roi, qui lui accorda, le 9 décembre suivant une pension de 1,500 livres. Dans ce brevet, il est qualifié capitaine-lieutenant et prit, à dater de cette époque, la qualification de seigneur d'Athis dans les actes et, plus tard, celle de baron d'Athis. Dans une pièce du 23 juillet 1631, rappelant une fondation faite par lui à Nontron, il est déjà qualifié de seigneur d'Aras et il y est dit qu'il veut être enterré lui et les siens, à Nontron, sous le maître-autel de l'église des Frères mineurs; il maintint cette clause dans un autre acte du 14 février 1654.

Le même roi Louis XIII lui demandait en mariage, en 1659, pour un sieur de Montesson, sa fille Jeanne, dont l'union projetée avec un de Taleyrand, comte de Grignol, n'avait pas eu lieu.

Il fut nommé, sous le règne suivant et pendant la régence de la reine Anne d'Autriche, le 14 juillet 1643, conseiller aux conseils d'Etat et privé. Le 15 novembre de la même année, se trouvant malade à Périgueux, il y déposa chez de la Barre, notaire, son testament écrit sous sa dictée par un sieur Alexandre. Le 15 juin 1655, lui et son fils traitèrent, en faveur de ce dernier, de la charge de lieutenant dans la compagnie des Cent-Suisses, dont était pourvu le sieur de Chambort; et, le 10 juillet suivant, le roi lui accorda une pension de 2,000 livres, dont le brevet fut enregistré au contrôle général des finances le 24 décembre, et à la chambre des comptes le 17 janvier 1656. Enfin Thibaud, son fils, non encore émancipé et par lui spécialement autorisé à cet effet, accepta, en 1658, l'affectation hypothécaire faite par Louis du Plessis de la Merlière, d'une somme de 10,390 livres, résultant d'une obligation du 2 avril 1655. Il survécut peu de temps à ce dernier acte, mourut dans son château de Verteillac en Périgord, le 7 septembre 1658, et fut enterré à Verteillac, bien qu'il eût établi, dans deux actes de fondation de 1631 et 1654, qu'il voulait qu'il fût dressé trois vases ou tombeaux devant le grand autel de la grande église de Nontron, et qu'il y eût également fondé des messes à perpétuité pour lui, ses prédécesseurs et ses successeurs.

A l'extérieur, Thibaud fut souvent employé dans des négociations importantes et spécialement lors du mariage du roi Louis XIII.

Source : de La Brousse de Verteillac... seigneurs de la Tour-Blanche de La Brousse... marquis d'Athis, comtes, puis marquis de Verteillac, Impr. Jules Boyer (Saint-Ouen).