A propos de la cloche donnée à l'église de Champoulet par le lieutenant Arnauld de Chesne, voici quelques mots sur sa famille :

Jean-Noël Arnauld, seigneur de Chesne et de Saint-Ezoges, lieutenant des maréchaux de. France en la sénéchaussée et siège présidial d'Angoulême, avait recueilli la terre de Chesne, située près de Rogny et de Châtillon-sur-Loing, dans la succession de sa mère Catherine-Angélique Guyot, épouse de Noël Arnauld de Bouëx, le fameux maître des requêtes qui instruisit l'affaire de Cartouche. Celle-ci la tenait de Nicolas Guyot, seigneur de Chesne, avocat au Parlement, secrétaire du roi maison et couronne de France et de ses finances, son père, marié à Antoinette Le Pelletier, mort en 1733.

Jean-Noël Arnauld témoigna un vif attachement à l'église de Saint-Ezoges, qui était située dans sa seigneurie de Chesne. Il servait une pension de cent écus au curé Le Cavelier, qui, grâce à ses largesses, put décorer l'église et y approprier deux chapelles.

Le grand-père de Jean-Noël, auteur de la branche de Bouëx, Jean Arnauld, lieutenant particulier en la sénéchaussée et siège présidial d'Angoumois, maire d'Angoulême, fut assassiné, près d'Orléans, par un sieur Raymond. En décembre 1698, un jugement du Tribunal de votre ville condamna le meurtrier à 1.000 livres d'amende, dont moitié pour la paroisse sur laquelle avait été commis le crime et moitié pour celle de Saint-André d'Angoulême, à l'effet de fonder une messe à perpétuité ; à une indemnité de 60.000 livres envers la famille de la victime et à la publication de cette sentence à 200 placards. Ces faits résultent d'une correspondance dont j'ai eu communication, mais qui n'est plus à ma disposition.

A. Dujarric-Descombes, vice-président de la Société historique et archéologique du Pèrigord.

(Société archéologique et historique de l'Orléanais, 1916)