I. — Jean Arnauld, fils aîné d'autre Jean Arnauld, fut l'auteur de la branche de Bouëx. Il conserva la mairie d'Angoulëme qu'avait son père lors de sa mort; il en fut jugé digne, quoique fort jeune encore, et il la garda jusqu'en 1686. Il fut conseiller du roi, lieutenant particulier au siège présidial d'Angoumois. Il avait acquis la réputation d'être fort habile, actif et soigneux dans les affaires. En 1693 il se présenta de nouveau pour remplir la charge de maire d'Angoulême en concurrence avec Chérade. Mais victime de plusieurs dénonciations, il fut éconduit. Il fut tué traitreusement par le sr de Roismond, qui l'attaqua près d'Orléans, sur le chemin de Paris d'où il revenait. Le refus que nos rois ont toujours fait d'accorder la grâce de ce meurtrier, malgré sa noble origine et la puissance de ses protections, est un trait de justice qui mérite de trouver place dans leur histoire. Le 24 mai 1683, il fit l'acquisition du château et de la terre de Bouëx (près Angoulême), avec tous ses droits de justice, et telle qu'elle avait été donnée, en 1452, à Jean de Livenne par François de Roye de Larochefoucault, comte de Roussy, sr de Marthon. Il épousa Jeanne Dexmier de Chenon, dont trois enfants : 1° Arnauld de Bouëx qui suit; 2° Mme de Charras, épouse du marquis de la Laurencie Charas; 3° Mme de Chenon, épouse de Charles-César Dexmier, marquis de Chenon, lieutenant-général d'épée de la province d'Angoumois.

II. — Arnauld de Bouëx, sgr de Bouëx, Mère, Vouzan, Les Bournis, La Bigrie, enclaves de Garat, maitre des requêtes, conseiller particulier du roi en tous ses conseils, fut un des hommes les plus remarquables de son époque. A vingt-huit ans il était conseiller au parlement et à vingt-neuf ans maître des requêtes. Il fut très remarquable dans la grande affaire de Cartouche et de ses complices, affaire dont il était le rapporteur. Très en faveur auprès de Mme de Prie, maltresse du régent, il se rangea de son parti contre le Blanc, ministre de la guerre, et partageant la mauvaise fortune de Mme de Prie, il fut exilé dans sa terre de Bouëx, où il resta jusqu'à sa mort, 1749. Il avait épousé Mlle Guyot de Chenizot, fille du célèbre avocat au Parlement. Il en eut : 1° Arnauld de Chesne, qui suit; 2° Arnauld de Méré, chevalier, sgr de Mère, qui mourut sans être marié, laissant sa fortune à M. de Vouzan, son frère, et à Mlle de Viville, sa sœur; 3° Arnauld de Vouzan, sr de Vouzan, La Bergerie, Le Châtelard, épousa sa cousine, Mlle de Charras. Il perdit ses deux enfants et laissa sa fortune à M. de Chesne, son frère; 4° Mlle Arnauld de Bouëx (Anne-Françoise-Catherine), mariée à son cousin, Arnauld de Viville.

III. — Arnauld de Chesne, sgr de Chesne et de Bouëx, lieutenant des maréchaux de France, épousa Mlle de Puleu, dont il n'eut pas d'enfants. Possesseur de la belle terre de Chesne, près Paris, il fut obligé de la démembrer pour faire honneur aux dettes de son père, et racheter la terre de Bouëx, également compromise. Il resta à Bouëx pendant l'émigration, et fut nommé président de son district. Mort en l'an VIII de la République, il laissa pour héritier de son nom et de sa fortune Louis Arnauld de Viville, son neveu.

Source : Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges, de Joseph Nadaud.