28 février 2015

La Légion d'honneur de Marcillaud de Bussac

Marcillaud de Bussac (Henri-Louis), chevalier de la Légion d'honneur, est né à Chabanais (Charente), le 12 juin 1839, fils de M. Jean-Jérôme Marcillaud de Bussac et de Mme Noémie Rougier. Il débuta dans la magistrature par la fonction de juge suppléant au Tribunal civil de Brives (Corrèze), le 16 octobre 1868. Deux ans après, il était nommé, 3 novembre 1870, procureur de la République à Fontenay (Vendée); l'année suivante, 18 mai 1871, il occupait le même siège au tribunal de Melle (Deux-Sèvres). M. Marcillaud de Bussac remplit cette fonction pendant six ans, et, le 30 juin 1887, il était nommé procureur de la République au tribunal de Saint-Jean-d'Angély (Charente-Inférieure). En 1878, 10 août, il passa, toujours au même titre, au tribunal de Bergerac (Dordogne). La carrière de M. Marcillaud de Bussac, qui s'était écoulée ainsi, pendant huit années, dans des fonctions honorables, mais modestes, eu égard à ses mérites, se dessina nettement, pour ne plus s'arrêter, par sa nomination au tribunal de Bordeaux comme substitut du procureur de la République, 8 avril 1879. Après quatre années écoulées, il fut nommé, 6 octobre 1883, juge au Tribunal civil, chargé du service laborieux des ordres et contributions, pendant deux ans. Président du Tribunal civil, Ie 1er juin 1886, M. de Bussac fut nommé conseiller à la cour, le 30 juin 1891, chargé fréquemment des assises. C'est en cette double qualité que M. de Bussac a été nommé chevalier de la Légion d'honneur, vingt-neuf ans de service.

Source : Panthéon de la Légion d'honneur, de Théophile de Lamathière.

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18 février 2015

Un second médecin périgordin à la cour de Louis XV

Denis Pautier de La Breuille (1722-1807)

Après l'étude très complète faite par MM. Géraud Lavergne et R. Dujarric de la Rivière sur le docteur Jean Bouilhac (1), un autre visage de médecin périgordin apparaît à la cour de Louis XV, faisant suite à cet enfant de Montignac que l'estime du Roi maintenait auprès de la famille de France.

Au déclin de son activité, Jean Bouilhac, qui devait s'éteindre le 29 octobre 1769, avait comme assistant et successeur le docteur Pautier de La Breuille, né en 1722 de Raymond Pautier, sieur de La Breuille, maître de forge à la Mothe de Feuillade (2), et de Marguerite Devars. II était l'aîné de dix enfants et mourut à Paris en 1807, après avoir été premier médecin de Madame la Comtesse de Provence, premier médecin de l'hôpital de la Charité et docteur Régent de la Faculté de Médecine de l'Université de Paris.

Sur l'Almanach Royal de 1779. Denis Pautier de La Breuille est également désigné comme premier médecin de feu Monseigneur le Dauphin, de feue Madame la Dauphine, de Madame et Messieurs.

II habitait alors à Paris, rue des Capucines, chez Monsieur Bertin, ministre. Là devait parfois se trouver un groupe du Périgord qui pouvait évoquer les douces vallées de la Vézère et celles plus sauvages des environs de Nontron.

Des frères et sœurs du docteur de La Breuille étaient restés en ce pays ancestral. Son frère, François, né en 1724, marié à Marie Dereire, eut une fille Marguerite, mariée le 4 avril 1783 à Jean de Labrousse, sieur du Boffrand, de la paroisse de Saint-Sauveur de Nontron, avocat au Parlement. Ce dernier était le fils de Jean de Labrousse du Boffrand également avocat et sénéchal de Nontron, sub-délégué de l'Intendance de Bordeaux. Il fut guillotiné en 1793 sur la place de Nontron, ce qui montre que, malgré le calme relatif de notre région dans la période révolutionnaire, le médecin des princes fut davantage en sécurité dans la capitale où il avait accueilli l'un de ses autres frères, le plus jeune de tous, le dixième, qui après avoir été abbé à la cour était devenu vicaire général de Noyon. Ayant échappé à la tourmente, ce bon abbé mourut chez le docteur le 27 frimaire an Xll (19 décembre 1803).

Dans le livre de Stryenski consacré à Marie-Josèphe de Saxe, il est écrit que la Dauphine semblant perdue, le Roi avait fait appel à Tronchin, le célèbre genevois, malgré l'opposition de certains médecins de la cour qui ne voulaient pas en entendre parler. Il n'y eut pas de noirceurs que l'on inventa pour l'éloigner. Madame Tronchin ayant été malade on faisait courir le bruit que sa maladie était contagieuse et qu'il s'agissait d'une espèce de charbon. Sénac, surtout, voulait empêcher Tronchin d'approcher la malade. Cependant, quand Théodore Tronchin fut reçu par Marie-Josèphe, le docteur de La Breuille était présent. C'est lui qui dit à son confrère suisse que la Dauphine dînait habituellement en sept minutes et Tronxhin déclarant que la Dauphine mangeait trop vite, décida qu'il lui faudrait désormais passer quinze minutes à son repas.

Dans le même volume, après son testament, il est donné la liste de tous ceux qui entouraient la Dauphine. Le nom du premier médecin Bouilhac est suivi de celui de La Breuille, en survivance.

Ainsi, le docteur Denis de La Breuille fut bien le continuateur de Bouilhac et, qui plus est, un continuateur totalement périgordin. Egalement célibataire, il était fort admiré dans sa famille et ailleurs où on lui reconnaissait de grands mérites et des qualités de dévouement et de charité que ce soit à Nontron autant qu'en cette Faculté de Médecine à l'Université de Paris « qui tenait ses assemblées dans l'Ecole supérieure, au premier étage qui est de plein pied avec la chapelle » (3).

Par sa nièce. Madame du Boffrand, un fort joli portrait de ce médecin fut conservé à travers les générations qui suivirent. Il est représenté les épaules couvertes d'hermine, tenant du bout des doigts un volume richement relié. La main est fine, le sourire garde l'expression de préciosité qui était à la mode mais à travers laquelle l'intelligence et la douceur du regard attirent la sympathie.

pautier-de-la-breuille

Dans le même salon se trouve la toile où fut peint le frère abbé de Noyon, qui l'a suivi dans les mêmes déplacements. Longtemps au château de Nanthiat, avec d'autres portraits de famille, ces deux tableaux sont finalement venus à Montignac dans la demeure d'une descendante directe de Madame du Boffrand (4).

Le docteur de La Breuille, quoique du Nontronnais, a désormais rejoint (par quelle mystérieuse attirance ?) le pays de celui avec lequel il exerça pendant une partie de sa vie el qui, étant son prédécesseur, fut certainement aussi son ami.

E. Soudois de Bord.

Notes :

1. Voir Bull. de la Soc., t. XXXIX, 1960.
2. Décédé en 1761.
3. Almanach royal de 1779.
4. 4. Mme André Damond, née Devars du Mayne.

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07 février 2015

Un acte d'émancipation

Émancipation d'Antoine-Paul de Ranconnet, marquis d’Escoire, capitaine de cavalerie au régiment de La Rochefoucauld, et de Louis-René de Ranconnet, chevalier, marquis de la Mancelière, page du Roi de la grande écurie, frères, de l’avis de Gilette-Jacquette de Royer, veuve de feu seigneur, comte de Noyan, leur mère; Jacques-Joseph du Cheyron du Pavillon, leur parent au deuxième degré du côté paternel, Charles Chapt de Rastignac, chevalier, seigneur marquis de Laxion, comte de Lambertie, leur parent au 2e degré, du même côté, Louis-Jacques de Chapt de Rastignac, conseiller du Roi en tous ses conseils, commandeur des ordres de Sa Majesté, cardinal, abbé de la Sainte-Trinité de Vendôme, archevêque de Tours, parent au 3e degré du même côté, Jacques-Gabriel de Chapt, chevalier, seigneur marquis de Rastignac, etc., parent au même degré du même côté, Louis-René de Sainte-Hermine, prêtre du diocèse d'Angouléme, conseiller du Roi en tous ses conseils, etc., parent au même degré, du même côté, Louis-Georges comte de Clermont, maréchal des camps et armées du Roi, premier gentilhomme de la chambre du duc d'Orléans, parent du même côté, Blaise-Marie Daydie, chevalier de Malte, brigadier des armées du Roi, parent du 4e au 5e degré, François-Alexandre, comte de Polignac, mestre de camp de cavalerie, etc., François d'Abzac, chevalier, seigneur marquis de Mayac, etc.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1902)

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06 février 2015

Les seigneurs de Romain

Fief de Romain, dont le château dut être construit sur l'emplacement d'une station romaine dès les premiers temps du moyen-âge, d'après ses premières assises et les débris de tuiles romaines qu'on y retrouve encore. Il a dû cependant étre reconstruit vers le XVe siècle, à en juger par le corps de logis, relativement moderne et qui seul a été conservé.

Ce fief appartenait alors à la famille Panet, d'après les actes suivants : Du 12 octobre 1451, transaction, reçue Poyalibus, notaire, entre Hélie Panet, seigneur de Romain, et Catherine de Born, sa femme, et le monastère de Saint-Pardoux-la-Rivière; — Du 10 octobre 1452, devant P. de Podiozillon, notaire, autre transaction entre les mêmes et par laquelle la prieure du dit monastère s'engage il faire célébrer toutes les années et toutes les vigiles de nostre dame un obit ou service pour le repos de l'âme des prédécesseurs et successeurs dud. seigneur de Romain; »(Archives du monastère.) — Du 14 octobre 1454, hommage au sire d'Albret par Pierre Brun, dans lequel figure comme témoin noble Hélie Panet, seigneur de Romain, nobilis Helie Panete, dominus de Romanh; — Enfin, d'après Doat, dans les reconnaissances de rentes de la prévôté de Thiviers, reçues en 1476 au profit d'Alain d'Albret, celui-ci fut représenté par Hélie Panet, seigneur de Romain, et par MM. Jean des Maisonneuves et Hélie de Puyzillon, licenciés, ses commissaires (Pau).

En 1490 et le 21 juillet, noble Alzias Flamenc, seigneur de Romain, fit un échange avec Jean de Lioncel, commandeur de Condat pour l'ordre de Malte (Lespine, v. 35). — Le dit Flamenc était devenu seigneur de Romain par son mariage avec Marguerite Panet, pour et au nom de laquelle il reçut des trois frères Barret, à la date du 17 décembre 1493 et devant Podioregnerii, notaire, une reconnaissance de rente sur la troisième partie de la moitié des villages de Vachaumard, paroisse de Saint-Saud, et de Freysenc, paroisse de Romain, sous le cens annuel de deuxboisseaux de froment, cinq boisseaux de seigle et deux d'avoine, mesure de Nontron; dix sous de monnaie courante, une géliIle; cinq sous pour les quatre cas, c'est-à-dire pour aider au paiement de la rançon du seigneur, au cas où il serait fait prisonnier de guerre; aux dépenses du mariage de sa fille, celles de l'entrée de son fils sous les armes et au cas où le dit seigneur ferait le voyage d'outre-mer enfin à raison de douze deniers d'acapte payabIes à chaque mutation de seigneur ou de tenancier.

Le 22 avril 1494, devant le même notaire, le dit Alzias Flamenc, au dit nom, consentit un bail à métairie perpétuelle et à moitié fruits sur la moitié du repaire de Paugnac et les trois quarts des villages de La Coste et de Veyvale, paroisse de Romain.

Enfin, et en 1493, noble Alzias Flamenc avait rendu au vicomte de Limoges l'hommage de la dite seigneurie de Romain (Pau).

Des maisons Panet et de Flamenc, cette seigneurie passe aux mains de celle de Colonges, par suite du mariage de Guy-Hélie de Colonges avec Jeanne Flamenc, ainsi qu'il résulte d'un acte d'association et bail à métairie du 5 janvier 1528, reçu Charpateau, notaire, et consenti par ces derniers à Janot Brachet.

Du mariage de Jeanne de Flamenc avec Guy-Hélie de Coulonges naquirent deux filles, dont l'une, Jeanne, se maria le 10 octobre 1530 avec Raymond de Lambertie, escuyer, maistre de camp et commandant de vingt enseignes de cent hommes chacune, suivant contrat passé au chaiteau de Romain et signé Baylle, notaire; la seconde mariée à François de Campniac, qualifié de seigneur de Romain dans un acte du 15 février 1526, portant reconnaissance de rente sur les dits villages de Vachaumar et de Fressenc. Ce dernier se maria en secondes noces avec Anne de Commarque, dont il eut une fille, Marguerite, qui se maria le 2 mai 1562 avec François de Montferrand.

Du premier de ces deux mariages provinrent trois fils, Jean, Bardin et Jacques. Jean figura en 1557 dans le rôle du ban et de l'arrière-ban des noble; de la sénéchaussée du Périgord, en ces termes « Jehan Campnhac, fils de feu François, escuyer, en son vivant seigneur de Romain, habitant en son chasteau de Romain en Périgord, a offert faire le service en personne. » Par contrat du 18 septembre 1560, passé au lieu et château de Lavallade devant Me de Puyardy, notaire, il racheta de Jean Brun, escuyer, seigneur de Lavallade, le village de La Peyre, paroisse, de Saint-Bartholmieu, vendu à ce dernier par les dits Bardin et Jacques de Campniac le 9 juin 1559, et ce par voie de retrait lignager et pour la somme de douze vingt-six livres. Le dit Jean de Campniac s'était marié avec Anne de Larivière, une rccunnaissance de rente reçue Charpateau, notaire, le 9 janvier 1594 et passée au dit château de Romain, en faveur de Anne de Larivière, « damoyselle, veufve de feu Jehan de Campniac, escuyer, seigneur de Romain et fournisseur des guerres et de l'artillerie du Roy. » Pierre de Campniac, leur fils, écuyer, seigneur de Romain, se maria le 4 janvier 1605 avec Marguerite du Faure, fille de François, seigneur de Lussas, et de Noblette de La Rivière (Nadaud), et, le 4 avril 1646, il rendit hommage de la dite seigneurie de Romain au seigneur de La Coussière-Saint-Saud, dont elle relevait (Lespine).

D'autre part, le dit Bardin de Campniac s'était marié avec Anne Vigier, qui en était veuve en 1601, d'après une transaction passée par elle le 14 décembre de cette année, comme tutrice de Claude de Campniac, leur fils. Ce dernier fut le même Claude de Campniac que nous retrouvons plus tard qualifié de seigneur de La Motte-de-Romain, y habitant, à trois chapeaux de triphon d'or en champ d'azur, d'après le catalogue des nobles du Périgord de 1665. (Lesp.) Claude de Campniac se maria avec Gabrielle Mosnier de Planeaux, avec laquelle il figure dans des actes du 20 janvier 1682 et 3 décembre 1685. — Leur fils, Jean de Caignat (Campniac), se maria, suivant contrat du 23 novembre 1693, où il est qualifié de chevalier, seigneur de Romain, avec demoiselle Jeanne de Maumont, fille de messire François du Maumont, chevalier, seigneur de Maumont, Lastérie et le Chupdeau et de dame Marie de Lambertie. Après la mort de sa première femme, Jean de Campniac se remaria, le 1er mai 1701, avec dame Marie-Jacquette de Pindray, dame de Bretanges, veuve de Claude de Conan. Du premier de ces mariages provint Michel de Campniac, chevalier, seigneur de Lasteirie, Maumont et autres places, lequel se maria avec Suzanne de Conan, damoiselle de La Bouchardière, fille des dits Claude et de Pindray, suivant contrat du 15 juillet 1721. Du second mariage naquit, entr'autres enfants, François de Campniac, chevalier, seigneur de Bretanges, habitant avec son père au château de Romain, d'après un acte de transaction passé entre le père et ses deux fils le 6 mai 1735. Du mariage de Michel de Campniac provint une fille, Marie, qui fut unie à messire Nicolas de Roux, chevalier, seigneur de Vignéras qui, en 1741, demeurait en son château de Lasteirie, en Poitou, d'après une quittance du 21 avril dans laquelle il figure avec son beau-père, Michel de Campniac, qualifié de chevalier seigneur baron de Montbrun, en Poitou, et du dit Romain, habitant en son château de Montbrun, avec lequel il était, du chef de sa femme, héritier de Marie Daydie, veuve de François de Lambertie, et de Marie de Lambertie, leur fille, veuve du marquis de Choiseul.

En conséquence, la seigneurie de Romain passa à la famille de Roux, d'après les actes suivants : Du 2 septembre 1751, passé au château de Romain, messire Nicolas de Roux, écuyer, seigneur de Romain, Vignéras et autres places, afferma à la famille Faure une de ses métairies des Pinquelis (autrefois Puypellat) pour la durée de sept années et moyennant la somme de 240 livres par an, deux septiers de seigle pour tenir lieu des rentes, la récolte entière des marrons, la moitié du produit des vignes, cinq douzaines d'œufs à chaque fête de Pâques, quatre paires de poulets à celles de Saint-Jean-Baptiste, quatre douzaines de fromages à celles de Notre-Dame d'août et à la charge enfin de faire tous les ans huit charrois à la demande du bailleur et pour son compte. Quant aux principales récoltes de l'époque, elles se déduisent suffisamment de la nature des semences fournies et qui consistaient en quinze septiers de seigle, un septier de blé noir, deux boisseaux et une coupe de chènevis. Les animaux sont indiqués dans le cheptel, évalué la somme de quatorze vingt-huit livres, en bœufs, vaches, suites, cochons, charrettes et outils aratoires, plus quarante chefs de brebis. Nicolas de Roux paraît avoir eu un fils qui figure sous le nom de Roux-Romain dans la liste des émigrés de 1793 pour le district de Nontron, et une fille qui, mariée avec M. de La Barthe, vendit, il y a quarante années environ, le château de Romain et ses dépendances.

(Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1880)

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